YouThink! fiche thématique - Corruption

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Corruption
Défaut de probité ou d’honnêteté prenant souvent la forme de pots-de-vin
© Ryan Rayburn | La Banque mondiale

De quoi s’agit-il ?

La corruption correspond à un abus de pouvoir public à des fins personnelles. Les pots-de-vin, le détournement de biens publics, le népotisme (privilégier des membres de sa famille lors de l’attribution de postes ou de contrats) ou l’abus de pouvoir dans le but d’influencer la formulation des lois ou règlements pour en tirer un bénéfice personnel sont autant d’exemples classiques de corruption.

En quoi suis-je concerné(e) ?

Selon une estimation de la Banque mondiale, le manque à gagner imputable aux activités illégales est compris entre 1 000 et 1 600 milliards de dollars chaque année dans le monde. La corruption diminue les richesses nationales d’un pays et fait baisser le niveau de vie. La corruption vous est préjudiciable, même si vous n’y êtes pas directement confronté. Quelques exemples :

  • Un environnement corrompu dissuade les entreprises étrangères de s’installer dans le pays, qui voit alors son niveau de richesse général diminuer.
  • Le gouvernement d’un pays en proie à la corruption aura moins d’argent disponible pour payer les fonctionnaires et acheter des fournitures (livres, médicaments, ordinateurs…).
  • La corruption détourne l’argent des services publics, au préjudice de leur qualité (écoles, cliniques, routes, assainissement, police).
  • La corruption permet aux individus qui ont de l’argent ou des relations de contourner la loi ou les politiques gouvernementales à leur avantage.
  • La corruption instille un sentiment général de défiance à l’égard de l’État.

Les pays qui viennent à bout de la corruption peuvent voir leur revenu national multiplié par quatre sur le long terme. Les entreprises connaissent une croissance jusqu’à 3 % plus rapide et la mortalité infantile peut diminuer de 75 %.

Quatre facteurs favorisent la corruption :

  • Défaillances de l’État : les individus se livrent à la corruption lorsque les systèmes sont dysfonctionnels, et qu’ils doivent outrepasser la loi ou les procédures pour arriver à leurs fins.
  • Risques encourus limités : le manque de transparence (cas des fonctionnaires qui n’ont à expliquer ni la nature, ni le déroulement, ni la raison de leurs actions par exemple) et les failles dans l’application de la loi (absence de sanctions à l’encontre des autorités qui abusent de leur pouvoir) rendent possible une certaine forme d’impunité.
  • Précarité des fonctionnaires : un employé inquiet quant à son avenir professionnel ou dont le salaire ne permet pas de couvrir ses dépenses sera plus enclin à accepter des pots-de-vin pour compléter ses revenus.
  • Comportements ou circonstances incitant le citoyen ordinaire à enfreindre la loi : les populations peuvent tenter de contourner les lois émanant d’un pouvoir qu’ils ne considèrent pas légitime. La pauvreté ou les pénuries de produits indispensables tels que les médicaments favorisent également l’illégalité.

Que fait la communauté internationale ?

Les questions de corruption et de bonne gouvernance concernent tous les acteurs de la communauté internationale, aussi bien les donateurs, que les organisations non gouvernementales (ONG) ou les pouvoirs publics et citoyens des pays en développement et des pays industrialisés. Pour éradiquer la corruption, il est essentiel d’en neutraliser les causes. Parmi les moyens mis en œuvre par la communauté internationale pour enrayer la corruption, citons notamment :

  • le soutien aux pays qui sollicitent de l’aide pour combattre la corruption ;
  • la participation aux efforts internationaux de lutte contre la corruption ;
  • la vigilance extrême en matière de fraude et de corruption dans les projets financés par des donateurs.

Lorsqu’elle prévoit d’octroyer un prêt à un pays, la Banque mondiale accorde une place centrale à la lutte contre la corruption. Lancée en septembre 2007 par la Banque mondiale et l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC), l’initiative StAR (Stolen Assets Recovery) vise à aider les pays en développement à récupérer les biens détournés par les dirigeants corrompus, à les réinvestir dans des programmes de développement efficaces et à lutter contre les paradis fiscaux à l’échelle internationale.

Que puis-je faire ?

La corruption ne cessera que si nous décidons d’y mettre un terme. Faites les bons choix :

  • Ne proposez, ni n’acceptez aucun pot-de-vin.
  • Fondez chacune de vos décisions sur l’intégrité.
  • Dénoncez les actes de corruption dont vous êtes témoin.

Vous pouvez également :

  • faire pression sur les pouvoirs publics de votre pays pour les inciter à modifier le système et à promulguer des lois protégeant les dénonciateurs ;
  • contacter la presse locale lorsque vous constatez des actes de corruption ;
  • participer aux campagnes de lutte contre la corruption et de bonne gouvernance dans le monde.

Pour en savoir plus : Lutte contre la corruption
Vice-présidence de la déontologie institutionnelle