YouThink! fiche thématique - Condition féminine

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Condition féminine
L’identité sexuelle telle qu’elle est perçue au niveau social et culturel et la condition
qui y est attachée
© Ryan Rayburn | The World Bank

De quoi s’agit-il ?

La notion de « genre Â» renvoie aux rôles qui sont assignés aux hommes et aux femmes par la société, ainsi qu’aux comportements acquis et aux attentes qui y sont associés. Il s’applique donc aux hommes comme aux femmes, chacun des deux sexes se définissant par le rôle social qui lui est assigné. Néanmoins, lorsque l’on emploie ce terme, on pense habituellement à la condition des femmes et aux inégalités dont elles sont victimes dès leur naissance en raison même de leur genre.

Bien que les femmes aient réussi à prouver qu’elles étaient aussi intelligentes et capables que les hommes, dans de nombreux pays, elles ne sont toujours pas traitées comme leurs égales. Souvent, les filles et les femmes ne se voient pas conférer les mêmes droits, opportunités, responsabilités et choix que les garçons et les hommes.

En quoi suis-je concerné(e) ?

Les femmes représentent la moitié de la population mondiale. La discrimination envers les filles et les femmes affecte tous les membres d’une société et a un impact négatif sur le développement économique. Les pays dans lesquels les femmes jouissent des mêmes droits que les hommes sont plus riches. Ils prospèrent davantage, se développent plus rapidement et possèdent de meilleurs systèmes de gouvernance (la gouvernance étant elle-même un facteur important de croissance et de développement).

Inversement, les inégalités entre les sexes ont tendance à être plus importantes parmi les populations pauvres, comme l’a montré une publication de la Banque mondiale consacrée à l’importance de la problématique du genre dans le développement.

Comme l’illustre une étude menée en Inde auprès de villageois, les hommes dépensent souvent une grosse partie de leurs revenus pour leurs besoins personnels (cigarettes, boisson, jeux), alors que les femmes en consacrent la totalité aux besoins de la famille (nourriture, soins médicaux, frais de scolarité et habillement des enfants) — cette étude était citée dans La voix des pauvres (en anglais), une publication de la Banque mondiale réalisée à partir d’un recueil d’entretiens effectués sur plus de 60 000 personnes pauvres (femmes et hommes) à travers le monde.

En Afrique, où la majorité de la population vit de l’agriculture, les femmes assument au moins 70 % des travaux des champs mais n’ont guère leur mot à dire dans la manière dont l’argent est dépensé.

Selon les travaux de recherche de la Banque mondiale, si les pays d’Asie du Sud, d’Afrique et du Moyen-Orient avaient offert autant de chances de scolarisation aux filles qu’aux garçons, comme l’ont fait les pays d’Asie de l’Est entre 1960 et 1992, leurs revenus par habitant auraient augmenté de 0,5 % à 0,9 % par an.

Dans les sociétés qui se soucient aussi bien du bien-être des hommes que de celui des femmes et des enfants, les pauvres ont plus de chances de sortir de la misère et d’améliorer leurs conditions de vie.

Cycle de vie des inégalités

Il y a dans le monde des femmes qui, toute leur vie, se verront refuser le droit à :

  • la liberté personnelle : Dans certains pays, tels que le Ghana, les femmes sont la propriété légale de leur époux. Dans d’autres pays, les femmes ne peuvent quitter la maison ou trouver un emploi sans l’accord de leur conjoint
  • l’éducation : Il y a moins de filles que de garçons qui sont scolarisées ou qui terminent leur cycle primaire ou secondaire (alors que les recherches ont démontré qu’investir dans l’éducation des filles contribue à améliorer de manière significative les perspectives économiques d’un pays).
  • un salaire égal Ã  travail égal : Dans plusieurs pays en développement, la législation et la réglementation du travail découragent activement le travail des femmes. Lorsqu’elles obtiennent un emploi, les femmes peuvent s’attendre à un salaire inférieur (jusqu’à 27 % de moins) à celui des hommes pour le même travail, quels que soient leur expérience et leur niveau d’éducation.
  • des droits juridiques : Les limites de leur statut légal affecte de nombreux aspects de la vie des femmes : dans certains pays, les femmes ne peuvent pas emprunter de l’argent parce qu’il leur est légalement interdit de posséder des terres, elles ne peuvent pas prendre des décisions sur l’éducation de leurs enfants ni faire des choix pour leur propre vie affective ou sexuelle. Lorsque les femmes dépendent juridiquement, donc économiquement, de leur époux ou d’autres parents de sexe masculin, elles n’ont pas d’autre choix que de se contenter de ce qu’on leur accorde. En Ukraine, en Lettonie et en Macédoine, par exemple, des lois contre le viol existent, mais aucune femme ne prend la peine de porter plainte car elles savent que les autorités n’agiront pas.
  • une représentation politique : Bien qu’elles soient tout à fait à même de représenter leurs concitoyens, les femmes sont sous-représentées à tous les niveaux des instances gouvernementales des pays en développement. Sans cette représentation politique, il n’est guère possible d’attirer l’attention sur les législations qui limitent les opportunités des filles et des femmes.

Des barrières tenaces

De plus, la lutte contre les discriminations sexuelles se heurte souvent à des traditions locales fortement enracinées : même lorsque les lois sont modifiées, les gens continuent de s’accrocher à leurs convictions culturelles.

À titre d’exemple, dans les années 60, l’Inde a interdit la coutume de la dot, une pratique qui exige que la future mariée apporte des biens à son mari si elle souhaite se faire épouser. Cette tradition est toutefois tellement ancrée dans la société indienne que la plupart des jeunes mariées continuent d’apporter une dot. Les choses changent lentement et les médias relatent les cas de jeunes mariées qui se rebellent contre cette pratique et la dénoncent aux autorités.

Que fait la communauté internationale ?

Lors de la quatrième Conférence mondiale des femmes à Pékin, en 1995, la communauté internationale s’est mise d’accord sur un programme d’action visant à améliorer les conditions de vie des femmes et des filles. Les participants à la conférence ont admis que le progrès et le développement n’étaient pas possibles si la moitié de la population d’un pays subissait des inégalités.

La Banque mondiale et d’autres organisations actives en matière de développement sont devenues de grands défenseurs de l’égalité entre les hommes et les femmes dans tous les aspects de la vie. Entre 2006 et 2010, la Banque mondiale a alloué plus de 65 milliards de dollars (soit 37 % de l’ensemble de ses prêts et dons) à des projets liés à l’égalité des sexes dans les secteurs de l’éducation, de la santé, de l’accès à la propriété, des services financiers et agricoles, de l’emploi et des infrastructures.

La communauté internationale commence également à s’intéresser aux problèmes spécifiques auxquels sont confrontés les garçons. Par exemple, dans certains pays d’Europe centrale, d’Amérique latine et des Caraïbes, de nombreux garçons abandonnent leurs études, surtout au niveau du cycle secondaire. Souvent, ils ne perçoivent pas l’importance de rester à l’école et préfèrent chercher du travail, mais nombre d’entre eux se laissent alors attirer par des activités illégales.

Que puis-je faire ?

Si vous êtes une fille ou une femme, ne vous sous-estimez jamais. Croyez en la valeur de votre contribution au développement du monde qui vous entoure.

oursuivez vos études et ne renoncez pas à vos rêves, quelles que soient les épreuves sur le chemin de la réussite. Si vous êtes un garçon ou un homme, respectez les femmes comme vous-même. Ayez conscience des inégalités, même si elles sont insidieuses.

La problématique du genre dans votre pays et dans le monde vous intéresse ? De nombreuses organisations interviennent dans ce domaine pour offrir aux femmes et aux hommes les mêmes chances dans tous les aspects de la société.

Consultez les sites suivants pour vous informer davantage sur les inégalités liées au sexe :

  • L'IWHC (Coalition internationale pour la santé des femmes) travaille au développement de politiques et de programmes en matière de santé et de population. Elle soutient également la recherche de financements destinés à la promotion et à la protection des droits et de la santé des filles et des femmes à travers le monde, notamment en Afrique, en Asie, en Amérique latine et dans les pays engagés dans une transition postsocialiste.
  • Le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) est présent dans 158 pays. Il intervient en sensibilisant les populations à la santé et au VIH/sida et encourage l’égalité entre les sexes en aidant à réduire les violences faites aux femmes.
  • L’organisation Women Thrive Worldwide (en anglais) soutient les politiques économiques internationales et les droits des femmes à travers le monde, dans le but de sortir ces dernières de la pauvreté, mais également de supprimer la misère au sein de leurs communautés et de leur pays.

Pour en savoir plus : Genre et égalité hommes-femmes