Maintenir le cap des réformes

Le Président Wolfowitz en visite au Nigéria
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19 juillet 2006 — Combattre la corruption, améliorer le climat des affaires et les échanges, fournir un appui aux pays victimes de conflits : trois séries de mesures clés à prendre pour aider l’Afrique à aller de l’avant. Tel est le message essentiel que le président de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz, a livré dans le discours qu’il a prononcé dans la capitale du Nigéria, Abuja, lors du septième Sommet Leon Sullivan.

M. Wolfowitz a également félicité le Nigéria pour les réformes qu’il a engagées, et il l’a encouragé ainsi que les autres pays d’Afrique à maintenir le cap à cet égard, cela constituant à ses yeux une nécessité pour le continent s’il veut encourager l’investissement privé. « Maintenir les réformes est un impératif absolu », a-t-il déclaré. « Le Nigéria a en perspective, l’année prochaine, une élection primordiale. Il faut absolument que le prochain président, quel qu’il soit, maintienne l’élan ainsi acquis sur le front des réformes. »

Tout en décrivant l’Afrique comme un continent en marche, M. Wolfowitz a estimé qu’il n’en est pas moins confronté à de gros obstacles, notamment ceux que présentent le VIH/SIDA et le paludisme. « Un million d’enfants, en Afrique subsaharienne pour la plupart, meurent chaque année du paludisme », a t il dit. « Cela représente environ 3 000 décès par jour. Ça donne à réfléchir. Tel est le nombre d’enfants qui meurent chaque jour du paludisme, et le paludisme est une maladie qui peut être évitée. Il peut être éradiqué en Afrique subsaharienne, et il doit y être éradiqué. »

Une chose qui est claire, a-t-il ajouté, c’est que les dirigeants africains répondent à leurs administrés, « et les peuples d’Afrique exigent le changement ». Devant son auditoire, composé notamment de dirigeants politiques et de chefs d’entreprise africains, M. Wolfowitz a insisté sur le fait que de bonnes politiques gouvernementales sont essentielles pour obtenir des succès et encourager le secteur privé.

Citant l’exemple de la Corée du Sud, qu’il a décrit comme un des cas de réussite qu’on peut citer au plan mondial, il a déclaré que les politiques suivies par les gouvernements « font toute la différence ». « Et elles font la différence de bien des façons. Je citerai notamment le fait que de mauvaises politiques gênent le secteur privé, alors que de bonnes politiques donnent au secteur privé, aux hommes d’affaires et aux particuliers l’occasion de récolter les fruits de leur propre créativité et de leur propre intelligence et, ce faisant, de créer des emplois et de procurer des opportunités pour les autres. »

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Dans le cadre de la visite qu’il effectue à Abuja pour participer au septième Sommet Sullivan, le président de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz, rencontre la ministre des Affaires étrangères du Nigéria, Ngozi Okonjo-Iweala, au cours d’une réunion avec l’équipe économique du gouvernement.
© Banque mondiale / Tony Nwosu

La preuve que l’Afrique est un continent en marche réside dans les données économiques, a encore dit M. Wolfowitz, ajoutant à cet égard : « L’année dernière, l’ensemble du continent africain a connu une croissance de 5 %, ce qui constitue un chiffre plutôt satisfaisant. Et ce que je trouve plus impressionnant encore, c’est qu’il y a quelque 15 pays qui, au cours des dix dernières années, ont maintenu des taux de croissance positive de 4 % ou plus sur une période de dix ans. »

Dans ce groupe, a-t-il ajouté, les deux pays les plus performants, avec des taux de croissance de l’ordre de 8 à 10 %, ont été le Mozambique et le Rwanda. Le second de ces pays, a-t-il fait remarquer, a connu l’un des plus épouvantables génocides qui aient eu lieu depuis la Deuxième guerre mondiale, tandis que le premier a subi des années de guerre civile.

« ll y a eu beaucoup de changement dans le domaine de la sécurité, et le Rwanda et le Mozambique ont démontré ce que des peuples qui ont subi les ravages de la guerre peuvent faire quand ils finissent par connaître la paix », a-t-il dit. « La Tanzanie et le Burkina démontrent les gros avantages qu’ont les pays qui ont eu la chance de connaître la paix tout au long de leur histoire. Et le Libéria, où je vais me rendre à la fin de cette semaine, est un pays auquel une chance est finalement donnée, du fait qu’il connaît effectivement la paix. »

Quant à l’Éthiopie, a-t-il dit, si elle parvenait à une situation de paix, elle « ne serait plus le pays le plus pauvre au monde ». Il a tenu à souligner pour finir que le nombre de conflits en cours sur le continent, de 16 il y a quatre ou cinq ans, est à présent tombé à six.

Le président de la Banque a par ailleurs rendu hommage aux efforts entrepris dans les pays de la région pour mettre fin à la corruption, soulignant à cet égard que tous les gouverneurs africains de la Banque, lors des réunions qu’il a tenues avec eux, ont parlé de la nécessité d’améliorer la gouvernance et de lutter contre la corruption. Il a également félicité le Nigéria d’être parvenu à recouvrer 500 millions de dollars de fonds qui avaient été détournés par le régime précédent et qui peuvent à présent être utilisés pour venir en aide à la population.

M. Wolfowitz a en outre parlé du dynamisme du secteur privé et raconté à cet égard la visite qu’il avait effectuée en Tanzanie dans une usine de moustiquaires mise en place dans le cadre d’un partenariat public-privé, visite qui lui avait permis de constater à quel point le secteur privé peut aider les pays à dispenser aux pauvres les services dont ils ont besoin. Il a en outre souligné que la Banque est déterminée à contribuer à améliorer l’infrastructure en Afrique.

« Le Rwanda et tous les autres pays africains ont besoin d’un approvisionnement fiable en électricité », a-t-il noté. « Cela représente un gros défi pour la Tanzanie, et nous allons travailler au côté du Gouvernement tanzanien pour l’aider à arranger cela. » M. Wolfowitz a par ailleurs encouragé les pays africains à poursuivre leurs efforts en vue de mettre fin à la lourdeur de leurs réglementations, ajoutant à ce sujet qu’il incombe à la communauté internationale de prêter plus rapidement assistance aux pays qui sortent d’un conflit, comme par exemple le Libéria.




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