Moyen-Orient et Afrique du Nord

Informations financières

Région Moyen-Orient et Afrique du Nord 

Prêts BIRD et crédits IDA >>

Diaporama

Région Moyen-Orient et Afrique du Nord : diaporama

Diaporama >>

Région Moyen-Orient et Afrique du Nord : carte

Si la région Moyen-Orient et Afrique du Nord a mieux résisté à la crise économique et financière que les régions plus intégrées dans l’économie mondiale, les efforts de réduction de la pauvreté s’en sont néanmoins durement ressentis. La croissance du PIB régional a chuté, de 3 % en 2008 à 1,9 % en 2009, mais devrait remonter à 4,4 % en 2010. La crise s’est manifestée de diverses manières selon les groupes de pays.

L’aide de la Banque mondiale

La Banque mondiale a considérablement renforcé ses programmes dans la région pour faire face à la crise. Les nouveaux engagements de la BIRD sont passés de 1,6 milliard de dollars pour l’exercice 2009 à 3,5 milliards de dollars pour l’exercice 2010, les opérations de prêt à l’appui des politiques de développement (DPL) représentant environ la moitié du total. Les concours de l’IDA ont augmenté de près de 25 % pour atteindre 200 millions de dollars, exclusivement à titre de dons.

Faire face à la récession dans les pays membres du CCG
et les pays dont l’économie est liée à celle de ce groupe

La baisse de la production et des prix pétroliers a eu un impact négatif sur les pays membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui ont réagi vigoureusement en puisant dans leurs abondantes réserves financières. Les perspectives de ces pays sont étroitement liées à la demande d’hydrocarbures.

Le programme d’assistance technique remboursable de la Banque joue un rôle de plus en plus stratégique dans les pays du CCG. Le Bahreïn et le Qatar ont signé de nouveaux accords-cadres, et le Koweït a élaboré une nouvelle stratégie de partenariat avec la Banque mondiale. La Banque a également engagé un suivi économique systématique et fourni un appui à la diversification économique. Elle a organisé un atelier de visualisation de l’avenir pour Oman et appuie les travaux consacrés à la réforme de la fonction publique, à la politique des technologies de l’information et à l’éducation au Koweït. Les pays exportateurs dont l’économie est diversifiée et liée à celle des pays du CCG, tels que Djibouti, la Jordanie et le Liban, ont subi les contrecoups de la crise mais leur économie devrait rebondir à mesure que les pays du CCG se rétablissent.

Répondre aux besoins des autres pays exportateurs de pétrole

Dans les autres pays exportateurs de pétrole, la chute des prix du pétrole a été en partie compensée par l’accroissement de la production, l’importance du gaz naturel, ou les deux. Ces pays devraient amorcer une légère reprise en 2010, à moins que des événements politiques ne viennent déstabiliser les pays clés.

En Algérie, la croissance des secteurs autres que celui des hydrocarbures s’est poursuivie au cours de l’exercice 2010, soutenue par de vastes programmes d’investissement public financés par les revenus des hydrocarbures. La Banque a repris ses opérations dans le pays, en apportant une aide à la diversification économique ; à la définition, au suivi et à l’évaluation des politiques sociales, économiques et de dépenses publiques ; et à la réduction des disparités géographiques.

En Iraq, le premier prêt-programme pour la viabilité des finances publiques (DPL), d’un montant de 250 millions de dollars, vise à atténuer l’impact de la crise budgétaire, à améliorer la viabilité des finances publiques et à réduire la vulnérabilité budgétaire et socioéconomique à une baisse soudaine des recettes pétrolières.

En Libye, la Banque continue d’apporter son soutien aux réformes du secteur public et de l’économie. Un mémorandum d'accord détaillé, signé en août 2009, prévoit la mise en œuvre d’un programme d’activités dans le cadre de l’assistance technique remboursable, qui portera sur la gestion des dépenses publiques, le développement du secteur privé, l’amélioration du cadre de l’activité des entreprises et l’ouverture d’un bureau de liaison à Tripoli.

La République arabe syrienne devrait poursuivre la réforme progressive de son économie. La République du Yémen a reçu un financement de l’IDA de 205 millions de dollars au cours de l’exercice 2010, dont 60 millions de dollars à titre de financement complémentaire pour le projet de Fonds social. D’autres opérations d’investissement dans ce pays visent à élargir l’accès de la population rurale aux marchés et aux services (40 millions de dollars), à financer le développement des villes portuaires (35 millions de dollars), à lutter contre la schistosomiase (25  millions de dollars), à améliorer l’accès aux services urbains (22 millions de dollars), à apporter un appui institutionnel au Fonds de protection sociale (10 millions de dollars) et à améliorer l’enseignement supérieur (13 millions de dollars).

Aider les pays exportateurs à économie diversifiée en Afrique du Nord

Les pays exportateurs qui ont une économie diversifiée et liée à celle des pays européens ont initialement moins souffert de la crise que les autres pays de la région, mais leur croissance s’en est ressentie, et le rythme de leur reprise dépendra de l’évolution de la situation en Europe.

En République arabe d’Égypte, au Maroc et en Tunisie, la Banque a mené des activités rapides d’analyse et de conseil et poursuivi son travail de longue haleine dans les domaines de la lutte contre la pauvreté, de la protection sociale et des subventions.

En Égypte, l’appui de la Banque comprenait un troisième DPL pour la réforme du secteur financier, d’un montant de 500 millions de dollars, destiné à renforcer ce secteur et à en améliorer l’efficacité, ainsi qu’un projet de 300 millions de dollars visant à améliorer l’accès des micro et petites entreprises au crédit, à atténuer l’impact de la crise sur ces entreprises, à promouvoir la croissance et la création d’emplois, et à créer un système financier sans exclusive. Le projet d’expansion de l’aéroport du Caire, qui se chiffre à 280 millions de dollars, permettra de décongestionner le trafic aérien et de développer le tourisme en Égypte. D’autres grandes opérations de prêt d’investissement ont été approuvées au cours de l’exercice, notamment le projet de centrale électrique de Gizeh-Nord (600 millions de dollars) et le projet de développement de l’énergie éolienne (70 millions de dollars).

Le Maroc a surmonté les contrecoups de la crise grâce à une politique macroéconomique judicieuse et à un programme de relance bien ciblé. Un DPL d’un montant de 200 millions de dollars soutient les efforts déployés par le gouvernement pour élargir l’accès des ménages et des petites et moyennes entreprises au crédit, tout en assurant la stabilité du système financier. Un nouveau DPL pour la réforme de l’administration publique (100 millions de dollars) et un DPL pour la réforme de l’éducation (60 millions de dollars) s’inscrivent dans le cadre d’un programme de réformes à long terme. Un prêt d’investissement de 370 millions de dollars financera des projets de développement rural et dans le secteur de l’eau.

La Tunisie a continué à bien gérer son économie malgré la crise mondiale, qui a entraîné une baisse sensible de ses exportations vers l’Europe. La nouvelle stratégie de partenariat de la Banque avec ce pays consiste essentiellement à soutenir son évolution vers une économie à forte valeur ajoutée et fondée sur le savoir. La Tunisie continue de recourir de manière sélective aux prêts de la BIRD et fait davantage appel aux DPL pour mettre en œuvre sa stratégie de développement. La Banque a également approuvé des projets qui ne sont pas directement liés à la crise, tels que le projet d’hydraulique de Tunis-Nord (52 millions de dollars) et le projet de développement rural intégré (36 millions de dollars).

Aide à la Cisjordanie et à Gaza

La Cisjordanie a bénéficié d’une bonne gestion économique et d’un appui important de la part des donateurs, ce qui lui a permis de maintenir une croissance annuelle d’environ 5 %. La situation à Gaza reste plus difficile, et la priorité est accordée au soutien humanitaire et à la fourniture des services sociaux essentiels. La Banque intervient à l’aide de subventions destinées au renforcement des institutions économiques, au financement de services alimentaires et publics pour faire face à la crise, ainsi que des projets de développement dans les secteurs de l’éducation et du développement municipal, en plus d'un programme actif de travaux d’analyse dans ces domaines et d’autres.

Pour en savoir plus sur la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, consulter le site banquemondiale.org/mena.


Moyen-Orient et Afrique du Nord : La rÉgion en bref

Population totale 0,3 milliard
Croissance démographique 1,8 %
Espérance de vie à la naissance 71 ans
Mortalité infantile pour 1 000 naissances 29
Taux d’alphabétisation des filles 86%
Nombre de personnes porteuses du VIH/SIDA 0,5 million
RNB par habitant $3,594
Indice du PIB par habitant (1999=100) 127
Nouveaux engagements pour l’exercice 10 
BIRD USD 3 523 millions
IDA USD 214 millions
Décaissements pour l’exercice 10 :
BIRD USD 2 119 millions
IDA USD 188 millions
Portefeuille de projets en cours d’exécution au 30 juin 2010 : USD 8,7 milliards

Note : Les données concernant l’espérance de vie à la naissance, la mortalité infantile pour 1 000 naissances vivantes et le taux d’alphabétisation des filles se rapportent à 2008 ; le nombre de personnes porteuses du VIH/SIDA porte sur 2007 ; les autres indicateurs portent sur 2009 et sont tirés de la base de données des Indicateurs sur le développement dans le monde. Les données sur le VIH/SIDA proviennent du Rapport sur l’épidémie mondiale de sida 2008 publié par l’ONUSIDA et l’OMS.

Promouvoir la durabilitÉ des ressources
en eau et amÉliorer l’accÈs au rÉseau de distribution et d’assainissement au maroc

Face à l’insuffisance et à l’irrégularité des précipitations, le Maroc a beaucoup investi dans la construction de barrages, l’accroissement de la capacité d’approvisionnement en eau et l’installation de systèmes d’irrigation à grande échelle. Grâce à l’augmentation des dépenses publiques dans l’infrastructure de distribution d’eau et d’assainissement, 87 % des Marocains ont aujourd’hui accès à l’eau potable, contre 50 % en 2004. Le Maroc est en bonne voie de dépasser les objectifs de développement pour le Millénaire (ODM) relatifs aux services d’approvisionnement en eau et d’assainissement.

Cette amélioration systématique de l’offre ne s’est cependant pas accompagnée de mesures de contrepartie pour assurer la durabilité des ressources en eau. Le Maroc devait adapter ses stratégies de gestion de l’eau pour faire face à des problèmes tels qu’un déficit hydrique croissant, le manque d’accès aux services, la croissance démographique et le changement climatique.

En 2007, afin d’aider le gouvernment à relever ces défis, la Banque a approuvé un DPL de 100 millions de dollars à l’appui de la réforme du secteur de l’eau. Avant d’accorder ce prêt, la BIRD a fourni un appui pour l’important travail d’analyse et de renforcement des capacités nécessaire. Ces activités, conjuguées à un dialogue interministériel sans précédent, ont permis de lancer un programme de réforme qui a sensiblement amélioré les services fournis grâce à une bonne gestion de la demande d’eau, aux économies d’eau réalisées, à la protection des ressources et au développement équitable des services dans les communautés rurales pauvres.

Le gouvernement a mis davantage l’accent sur les politiques de gestion de l’eau et la recherche d’autres options telles que le dessalement et le recyclage des eaux. Le programme national d’économie d’eau d’irrigation, lancé en 2008, vise à accroître le rendement hydraulique de 30 à 50 % en adoptant des techniques qui réduisent la consommation d’eau dans les systèmes d’irrigation classiques. Pour accroître les ressources en eau d’irrigation et préserver les eaux souterraines, le Groupe de la Banque mondiale aide le Maroc à mettre sur pied un partenariat public-privé novateur visant à construire une usine de dessalement dans la région de Souss-Massa. (En savoir plus)

Investir dans l’Énergie solaire concentrÉe
dans la rÉgion Moyen-Orient et Afrique du Nord

L’énergie solaire concentrée (ESC) est un moyen essentiel pour réduire la dépendance à l’égard des combustibles fossiles et les émissions de gaz à effet de serre. Mais le captage de l’énergie solaire est plus onéreux et plus aléatoire que l’exploitation des sources d’énergie classiques. La collaboration internationale est donc nécessaire pour accélérer le déploiement des technologies ESC à l’échelle mondiale grâce à des programmes d’incitation ciblés qui encouragent leur adoption à grande échelle.

Pour ce faire, le Fonds pour les technologies propres dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord a approuvé durant l’exercice 2010 un cofinancement de 750 millions de dollars dans le cadre d’un plan d’investissement qui mobilisera 4,85 milliards de dollars supplémentaires auprès d’autres sources pour accélérer le déploiement de l’énergie solaire concentrée en Algérie, en Égypte, en Jordanie, au Maroc et en Tunisie.

La région Moyen-Orient et Afrique du Nord est particulièrement bien placée pour atténuer les changements climatiques. Aucune autre région ne dispose d’un ensemble de conditions aussi favorables : ensoleillement abondant, faibles précipitations et terres vierges plates aux abords des routes et des réseaux de transport et de distribution de l’électricité. En outre, les économies d’échelle nécessaires au déploiement mondial de l’énergie solaire concentrée peuvent être réalisés à des coûts moindres dans cette région que partout ailleurs. Le plan d’investissement permettra à la région d’exploiter son potentiel en finançant le déploiement d’une capacité de production supplémentaire d’environ 1 gigawatt (soit environ 15 % de la capacité mondiale prévue).

Le projet réduira les émissions de dioxyde de carbone d’environ 1,7 million de tonnes par an – ce qui représente environ 1 % du volume total des émissions de CO2 dans le secteur énergétique des cinq pays en question. S’il est concluant et reproduit à plus grande échelle, le programme produira des avantages mondiaux encore plus appréciables. Conjugués avec les accroissements de capacité prévus aux États-Unis, en Europe et ailleurs, les réductions de coût et le savoir institutionnel générés par le programme contribueront à accélérer et étendre la diffusion de la technologie ESC dans d’autres pays qui disposent d’un vaste potentiel dans ce secteur.





Permanent URL for this page: http://go.worldbank.org/LK1G20VXD0