L’Association internationale de développement (IDA) est l’institution de la Banque mondiale qui aide les pays les plus pauvres de la planète. Créée en 1960, l’IDA vise à réduire la pauvreté en accordant des dons et des prêts sans intérêt destinés à financer des programmes de nature à stimuler la croissance économique, à atténuer les inégalités et à améliorer les conditions de vie des populations.
L’action de l’IDA complète celle de l’autre guichet de prêt de la Banque mondiale—la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD)—qui fournit aux pays à revenu intermédiaire des services de conseil et des capitaux pour financer leurs dépenses d’équipement. La BIRD et l’IDA partagent le même personnel et le même siège et évaluent les projets suivant les mêmes normes rigoureuses.
L’IDA est l’un des principaux bailleurs d’aide aux 80 pays les plus déshérités de la planète, dont 39 se trouvent en Afrique. C’est la principale source de financement par les donateurs des services sociaux de base dans les pays les plus pauvres.
L’Association prête des fonds (appelés crédits) à des conditions concessionnelles. Autrement dit, les crédits de l’IDA ne portent pas intérêt, et les remboursements sont étalés sur une période de 35 à 40 ans, y compris un différé d’amortissement de 10 ans.
Depuis sa création, l’IDA a accordé au total 182 milliards de dollars de crédits et de dons, au rythme de 10 milliards de dollars par an en moyenne ces dernières années, dont la majeure partie, soit environ 50 %, va à l’Afrique.
Rétrospective des réalisations des pays et des donateurs rendues possibles par l’IDA au cours de la dernière décennie. Cliquez ici
En Arménie, le programme de réforme judiciaire soutenu par l'IDA a permis au pays de mettre en place les éléments fondamentaux d'un appareil judiciaire moderne. La construction ou la rénovation de 12 palais de justice, l'installation d'un logiciel de gestion des dossiers, la refonte des programmes de formation judiciaire et la production d'une émission télévisée destinée à faire connaître au grand public les droits reconnus par la loi, soit autant de réalisations qui ont quelque peu redonné confiance dans le système. Un projet faisant suite au précédant vise à lutter contre la corruption qui persiste.
Au Bangladesh, le nombre de filles fréquentant les écoles secondaires a plus que triplé en 15 ans grâce aux allocations perçues au titre des frais de scolarité. L'action de l'IDA a permis de faire passer à l'échelle un programme étatique et contribué à lancer un mécanisme de financement direct transparent et novateur, qui a depuis lors été repris ailleurs.
Au Nicaragua, la souplesse dont l'IDA a fait preuve a permis de réorganiser sans délai un projet routier en cours d'exécution pour répondre aux besoins urgents nés des dégâts considérables causés par l'ouragan Mitch. Un tronçon de la route panaméricaine, voie principale d'acheminement des exportations, a été remis en état, ainsi que plus de 3 000 km de routes permettant de rétablir les liaisons entre les communautés rurales et de relancer une économie en perte de vitesse.
En Tanzanie, les crédits au secteur privé ont augmenté de 250 % en six ans. L'IDA a financé la transformation de la plus grande banque d'épargne qui appartenait à l'État en une banque privée de microfinancement, améliorant ainsi l'accès des petites et micro entreprises au système financier officiel.
Au Viet Nam, le raccordement au réseau électrique de 2,7 millions de personnes a contribué à la transformation des communautés rurales. Un projet d'énergie en milieu rural financé par l'IDA sur une période de six ans a permis d'étendre le réseau national. L'intervention à long terme de l'IDA dans le secteur de l'énergie électrique vient appuyer le vaste programme d'électrification entrepris par les pouvoirs publics.
L’admissibilité d’un pays à bénéficier des ressources de l’IDA dépend avant tout de sa pauvreté relative, laquelle correspond à un RNB par habitant inférieur à un seuil prédéfini et actualisé chaque année (soit 1 065 dollars pour l’exercice 08).
L’IDA accorde aussi son aide à des pays, dont plusieurs petites économies insulaires, affichant un RNB par habitant supérieur au plafond d’accès opérationnel à ses ressources, mais n’ayant pas une signature d’une qualité suffisante pour pouvoir emprunter à la BIRD.
Certains pays, comme l’Inde, l’Indonésie et le Pakistan, tout en étant admis à bénéficier des concours de l’IDA compte tenu de leur revenu par habitant, ont par ailleurs une signature d’une qualité suffisante pour pouvoir emprunter dans une certaine mesure à la BIRD. Ces pays sont appelés pays « mixtes ».
Quatre vingt pays sont actuellement admis à emprunter à l’IDA. Collectivement, ces pays comptent 2,5 milliards d’habitants, soit la moitié de la population totale du monde en développement. Sur ce nombre, 1,5 milliard disposeraient d’un revenu inférieur ou égal à 2 dollars par jour pour subsister.
Afrique sub-saharienne.......49% Asie de Sud..........................34% Asie de l'Est et Pacifique......10% Europe et Asie centrale.........4% Moyen-Orient et Afrique du Nord.......................................2% Amérique Latine et Caraïbes................................2%
Nouveaux crédits de l’IDA par secteur :
Secteur social....................30% Droit et admi. publique...............................23% Industrie...............................18% Infrastructure......................22% Agriculture............................7%
Les crédits de l’IDA ont une échéance de 20, 35 ou 40 ans, assortie d’une période de grâce de 10 ans, à l’issue de laquelle les remboursements du principal commencent. Les ressources de l’IDA sont allouées aux pays emprunteurs en fonction de leur niveau de revenu, ainsi que de l’efficacité avec laquelle ils gèrent leur économie et exécutent les projets de l’IDA en cours. Les crédits de l’IDA ne portent pas intérêt, mais sont consentis moyennant une modeste commission de service équivalant actuellement à 0,75 % des fonds décaissés. Conditions actuelles des prêts de l’IDA (a).
Durant l’exercice 07 (qui a pris fin au 30 juin 2007), les engagements de l’IDA ont totalisé 11,9 milliards de dollars, dont 19 % sous forme de dons. Les nouveaux engagements pour l’exercice 07 ont porté sur 189 nouvelles opérations. Depuis 1960, l’Association a accordé 182 milliards de dollars à 108 pays. Le volume annuel des prêts est en constante augmentation et aurait représenté en moyenne 10 milliards de dollars environ au cours des trois dernières années.
Les concours de l'IDA permettent de financer des opérations en faveur de l'éducation primaire, des services de santé de base, des services d'assainissement et d'approvisionnement en eau propre, des principes de sauvegarde environnementale, de l'amélioration du cadre d'activité des entreprises, des infrastructures et des réformes institutionnelles. Ces projets permettent de créer les conditions nécessaires à la croissance économique, à la création d'emplois, au relèvement des revenus et à l'amélioration des conditions de vie. Aperçu de certains projets de l'IDA
L’Association encourage tout particulièrement une croissance diversifiée, en particulier : - des politiques économiques judicieuses, le développement rural, l’entreprise privée et des pratiques écologiquement durables - l’investissement dans le capital humain, l’éducation et la santé, en particulier la lutte contre le VIH/SIDA, le paludisme et la tuberculose - l’expansion de la capacité de l’emprunteur à fournir des services de base et à assurer l’utilisation responsable des ressources publiques - le redressement des pays à l’issue de troubles civils, d’un conflit armé ou d’une catastrophe naturelle, et - promotion des échanges et de l’intégration régionale
L’Association conduit des travaux d’analyse afin d’enrichir la base de connaissances qui permet de concevoir des politiques judicieuses de réduction de la pauvreté. Elle conseille les gouvernements sur les moyens à mettre en œuvre pour diversifier la croissance économique et protéger les pauvres des chocs économiques.
L’IDA coordonne également l’aide des donateurs pour alléger le fardeau des pays pauvres qui n’ont pas les moyens de gérer leur service de la dette. L’Association a mis au point une formule pour allouer des dons aux pays menacés de surendettement, conçue pour aider les pays à maintenir un degré d’endettement soutenable.
Alors que la BIRD lève la majeure partie de ses ressources sur les marchés des capitaux internationaux, l’IDA est principalement financée par les contributions des gouvernements des États membres les plus riches. Les prélèvements opérés sur le revenu de la BIRD et les remboursements par les emprunteurs des crédits antérieurs de l’IDA constituent une source de financement supplémentaire pour l’Association.
Reconstitution des ressources de l’IDA Tous les trois ans, les bailleurs de fonds se consultent pour reconstituer les ressources de l’Association. Les contributions des donateurs représentent plus de la moitié des 33 milliards de dollars mobilisés au titre de la Quatorzième reconstitution des ressources de l’IDA (IDA-14) qui finance les projets de l’Association durant la période de trois ans qui prendra fin le 30 juin 2008.
Les annonces de contribution les plus importantes à IDA 14 proviennent des États-Unis, du Royaume-Uni, du Japon, de l’Allemagne, de la France, de la Suède, de l’Italie et du Canada, mais des pays moins riches contribuent également à financer l’IDA. Pour en savoir plus sur Ies donateurs et les partenaires de l’IDA, cliquer ici
Contributions totales aux reconstitutions des ressources de l’IDA (a) PDF
La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), mieux connue sous le nom de Banque mondiale, a été créée en 1944 pour aider l’Europe à se relever des ravages engendrés par la Deuxième guerre mondiale. Le succès de l’entreprise a amené la Banque, en l’espace de quelques années, à tourner son attention vers les pays en développement. Au début des années 50, force était de constater que les pays en développement les plus pauvres devaient bénéficier de conditions plus favorables que celles que pouvait offrir la Banque si l’on voulait qu’ils puissent emprunter les capitaux nécessaires à leur développement.
À l’initiative des États-Unis, un groupe de pays membres de la Banque a décidé de créer une institution qui puisse accorder des prêts aux pays les plus pauvres, aux conditions les plus avantageuses possibles. Ses fondateurs voyaient dans cette nouvelle institution, baptisée « Association internationale de développement », le moyen pour les nantis de ce monde de venir en aide aux plus déshérités. Mais ils souhaitaient également que l’IDA soit gérée avec la même rigueur qu’une banque. D’où la proposition formulée par le président des États Unis Dwight D. Eisenhower, et entérinée par les autres pays, que l’IDA fasse partie intégrante de la Banque mondiale (BIRD).
Les statuts (a) de l’IDA sont entrés en vigueur en 1960. Les premiers prêts de l’IDA, appelés crédits, ont été approuvés en 1961 en faveur du Chili, du Honduras, de l’Inde et du Soudan.
Depuis la création de l’IDA, trente quatre pays ont été reclassés parmi les pays ne pouvant plus emprunter à l’Association. Certains de ces pays ont depuis fait l’objet d’un « reclassement inverse », autrement dit ils ont réintégré le groupe des pays admis à bénéficier des ressources de l’IDA. Voir la liste des pays ne pouvant plus emprunter à l’IDA. (a)