Qu'est-ce que l'IDA?
Dernière mise à jour: Juillet 2009
L’Association internationale de dĂ©veloppement (IDA) est l’institution de la Banque mondiale qui aide les pays les plus pauvres de la planète. Créée en 1960, l’IDA vise Ă rĂ©duire la pauvretĂ© en accordant des dons et des prĂŞts sans intĂ©rĂŞt destinĂ©s Ă financer des programmes de nature Ă stimuler la croissance Ă©conomique, Ă attĂ©nuer les inĂ©galitĂ©s et Ă amĂ©liorer les conditions de vie des populations.
L’action de l’IDA complète celle de l’autre guichet de prĂŞt de la Banque mondiale—la Banque internationale pour la reconstruction et le dĂ©veloppement (BIRD)—qui fournit aux pays Ă revenu intermĂ©diaire des services de conseil et des capitaux pour financer leurs dĂ©penses d’Ă©quipement. La BIRD et l’IDA partagent le mĂŞme personnel et le mĂŞme siège et Ă©valuent les projets suivant les mĂŞmes normes rigoureuses.
L’IDA est l’un des principaux bailleurs d’aide aux 79 pays les plus dĂ©shĂ©ritĂ©s de la planète, dont 39 se trouvent en Afrique. C’est la principale source de financement par les donateurs des services sociaux de base dans les pays les plus pauvres.
L’Association prĂŞte des fonds (appelĂ©s crĂ©dits) Ă des conditions concessionnelles. Autrement dit, les crĂ©dits de l’IDA ne portent pas intĂ©rĂŞt, et les remboursements sont Ă©talĂ©s sur une pĂ©riode de 35 Ă 40 ans, y compris un diffĂ©rĂ© d’amortissement de 10 ans.
Depuis sa crĂ©ation, l’IDA a accordĂ© au total 207 milliards de dollars de crĂ©dits et de dons, au rythme de 12 milliards de dollars par an en moyenne ces dernières annĂ©es, dont la majeure partie, soit environ 50 %, va Ă l’Afrique.
RĂ©trospective des rĂ©alisations des pays et des donateurs rendues possibles par l’IDA au cours de la dernière dĂ©cennie. Cliquez ici
En Arménie, le programme de réforme judiciaire soutenu par l'IDA a permis au pays de mettre en place les éléments fondamentaux d'un appareil judiciaire moderne. La construction ou la rénovation de 12 palais de justice, l'installation d'un logiciel de gestion des dossiers, la refonte des programmes de formation judiciaire et la production d'une émission télévisée destinée à faire connaître au grand public les droits reconnus par la loi, soit autant de réalisations qui ont quelque peu redonné confiance dans le système. Un projet faisant suite au précédant vise à lutter contre la corruption qui persiste. Au Bangladesh, le nombre de filles fréquentant les écoles secondaires a plus que triplé en 15 ans grâce aux allocations perçues au titre des frais de scolarité. L'action de l'IDA a permis de faire passer à l'échelle un programme étatique et contribué à lancer un mécanisme de financement direct transparent et novateur, qui a depuis lors été repris ailleurs. Au Nicaragua, la souplesse dont l'IDA a fait preuve a permis de réorganiser sans délai un projet routier en cours d'exécution pour répondre aux besoins urgents nés des dégâts considérables causés par l'ouragan Mitch. Un tronçon de la route panaméricaine, voie principale d'acheminement des exportations, a été remis en état, ainsi que plus de 3 000 km de routes permettant de rétablir les liaisons entre les communautés rurales et de relancer une économie en perte de vitesse. En Tanzanie, les crédits au secteur privé ont augmenté de 250 % en six ans. L'IDA a financé la transformation de la plus grande banque d'épargne qui appartenait à l'État en une banque privée de microfinancement, améliorant ainsi l'accès des petites et micro entreprises au système financier officiel. Au Viet Nam, le raccordement au réseau électrique de 2,7 millions de personnes a contribué à la transformation des communautés rurales. Un projet d'énergie en milieu rural financé par l'IDA sur une période de six ans a permis d'étendre le réseau national. L'intervention à long terme de l'IDA dans le secteur de l'énergie électrique vient appuyer le vaste programme d'électrification entrepris par les pouvoirs publics.
Pour en savoir plus : L'IDA en action  Clip vidéo : « Partenaires du changement » (2 mn 48 s, en anglais)
L’admissibilitĂ© d’un pays Ă bĂ©nĂ©ficier des ressources de l’IDA dĂ©pend avant tout de sa pauvretĂ© relative, laquelle correspond Ă un RNB par habitant infĂ©rieur Ă un seuil prĂ©dĂ©fini et actualisĂ© chaque annĂ©e (soit 1 135 dollars pour l’exercice 2010).
L’IDA accorde aussi son aide Ă des pays, dont plusieurs petites Ă©conomies insulaires, affichant un RNB par habitant supĂ©rieur au plafond d’accès opĂ©rationnel Ă ses ressources, mais n’ayant pas une signature d’une qualitĂ© suffisante pour pouvoir emprunter Ă la BIRD.
Certains pays, comme l’Inde, l’IndonĂ©sie et le Pakistan, tout en Ă©tant admis Ă bĂ©nĂ©ficier des concours de l’IDA compte tenu de leur revenu par habitant, ont par ailleurs une signature d’une qualitĂ© suffisante pour pouvoir emprunter dans une certaine mesure Ă la BIRD. Ces pays sont appelĂ©s pays « mixtes ».
79 sont actuellement admis Ă emprunter Ă l’IDA. Collectivement, ces pays comptent 2,5 milliards d’habitants, soit la moitiĂ© de la population totale du monde en dĂ©veloppement. Sur ce nombre, 1,5 milliard disposeraient d’un revenu infĂ©rieur ou Ă©gal Ă 2 dollars par jour pour subsister.
Nouveaux crĂ©dits de l’IDA par rĂ©gion : Afrique sub-saharienne.......56% Asie de Sud..........................30% Asie de l'Est et Pacifique......9% Europe et Asie centrale.........3% Moyen-Orient et Afrique du Nord.......................................1% AmĂ©rique Latine et CaraĂŻbes................................1%
Nouveaux crĂ©dits de l’IDA par secteur : Infrastructure.......................39% Secteur social......................26% Droit et admi. publique..........19% Agriculture............................13% Industrie.................................4% Finance...................................3%
Les crĂ©dits de l’IDA ont une Ă©chĂ©ance de 20, 35 ou 40 ans, assortie d’une pĂ©riode de grâce de 10 ans, Ă l’issue de laquelle les remboursements du principal commencent. Les ressources de l’IDA sont allouĂ©es aux pays emprunteurs en fonction de leur niveau de revenu, ainsi que de l’efficacitĂ© avec laquelle ils gèrent leur Ă©conomie et exĂ©cutent les projets de l’IDA en cours. Les crĂ©dits de l’IDA ne portent pas intĂ©rĂŞt, mais sont consentis moyennant une modeste commission de service Ă©quivalant actuellement Ă 0,75 % des fonds dĂ©caissĂ©s. Conditions actuelles des prĂŞts de l’IDA (a).
Durant l’exercice 09 (qui a pris fin au 30 juin 2009), les engagements de l’IDA ont totalisĂ© 14 milliards de dollars, dont 18 % sous forme de dons. Les nouveaux engagements pour l’exercice 09 ont portĂ© sur 176 nouvelles opĂ©rations. Depuis 1960, l’Association a accordĂ© 207 milliards de dollars Ă 108 pays. Le volume annuel des prĂŞts est en constante augmentation et aurait reprĂ©sentĂ© en moyenne 12 milliards de dollars environ au cours des trois dernières annĂ©es.
Les concours de l'IDA permettent de financer des opérations en faveur de l'éducation primaire, des services de santé de base, des services d'assainissement et d'approvisionnement en eau propre, des principes de sauvegarde environnementale, de l'amélioration du cadre d'activité des entreprises, des infrastructures et des réformes institutionnelles. Ces projets permettent de créer les conditions nécessaires à la croissance économique, à la création d'emplois, au relèvement des revenus et à l'amélioration des conditions de vie. Aperçu de certains projets de l'IDA
L’Association encourage tout particulièrement une croissance diversifiĂ©e, en particulier : - des politiques Ă©conomiques judicieuses, le dĂ©veloppement rural, l’entreprise privĂ©e et des pratiques Ă©cologiquement durables - l’investissement dans le capital humain, l’Ă©ducation et la santĂ©, en particulier la lutte contre le VIH/SIDA, le paludisme et la tuberculose - l’expansion de la capacitĂ© de l’emprunteur Ă fournir des services de base et Ă assurer l’utilisation responsable des ressources publiques - le redressement des pays Ă l’issue de troubles civils, d’un conflit armĂ© ou d’une catastrophe naturelle, et - promotion des Ă©changes et de l’intĂ©gration rĂ©gionale
L’Association conduit des travaux d’analyse afin d’enrichir la base de connaissances qui permet de concevoir des politiques judicieuses de rĂ©duction de la pauvretĂ©. Elle conseille les gouvernements sur les moyens Ă mettre en œuvre pour diversifier la croissance Ă©conomique et protĂ©ger les pauvres des chocs Ă©conomiques.
L’IDA coordonne Ă©galement l’aide des donateurs pour allĂ©ger le fardeau des pays pauvres qui n’ont pas les moyens de gĂ©rer leur service de la dette. L’Association a mis au point une formule pour allouer des dons aux pays menacĂ©s de surendettement, conçue pour aider les pays Ă maintenir un degrĂ© d’endettement soutenable.
Alors que la BIRD lève la majeure partie de ses ressources sur les marchĂ©s des capitaux internationaux, l’IDA est principalement financĂ©e par les contributions des gouvernements des États membres les plus riches. Les prĂ©lèvements opĂ©rĂ©s sur le revenu de la BIRD et les remboursements par les emprunteurs des crĂ©dits antĂ©rieurs de l’IDA constituent une source de financement supplĂ©mentaire pour l’Association.
Reconstitution des ressources de l’IDA Tous les trois ans, les bailleurs de fonds se consultent pour reconstituer les ressources de l’Association. Leurs contributions reprĂ©sentent environ 60 % du montant de 27,3 milliards de DTS (41,6 milliards de dollars) de la Reconstitution d'IDA-15, qui financera des projets sur la pĂ©riode de trois ans se terminant le 30 juin 2011.
Au total, 45 pays ont annoncĂ© des contributions Ă IDA-15, le nombre le plus Ă©levĂ© de l’histoire de l’IDA. Les plus larges contributions viennent du Royaume-Uni, des États-Unism du japon, de l'Allemagne, de la France, du Canada, de l'Italie et de l'Espagne. Pour en savoir plus sur Ies donateurs et les partenaires de l’IDA, cliquer ici
Les contributions des donateurs au titre de la Quinzième reconstitution des ressources de l’IDA (IDA-15) finance les projets de l’Association durant la pĂ©riode de trois ans de juillet 2008 Ă juin 2011. Il s'agit d'annĂ©es essentielles pour achever les objectifs de dĂ©veloppement pour le MillĂ©naire.
Contributions totales aux reconstitutions des ressources de l’IDA (a) PDF
Contributions des donateurs Ă l'IDA 14 (a) PDF
La Banque internationale pour la reconstruction et le dĂ©veloppement (BIRD), mieux connue sous le nom de Banque mondiale, a Ă©tĂ© créée en 1944 pour aider l’Europe Ă se relever des ravages engendrĂ©s par la Deuxième guerre mondiale. Le succès de l’entreprise a amenĂ© la Banque, en l’espace de quelques annĂ©es, Ă tourner son attention vers les pays en dĂ©veloppement. Au dĂ©but des annĂ©es 50, force Ă©tait de constater que les pays en dĂ©veloppement les plus pauvres devaient bĂ©nĂ©ficier de conditions plus favorables que celles que pouvait offrir la Banque si l’on voulait qu’ils puissent emprunter les capitaux nĂ©cessaires Ă leur dĂ©veloppement.
Ă€ l’initiative des États-Unis, un groupe de pays membres de la Banque a dĂ©cidĂ© de crĂ©er une institution qui puisse accorder des prĂŞts aux pays les plus pauvres, aux conditions les plus avantageuses possibles. Ses fondateurs voyaient dans cette nouvelle institution, baptisĂ©e « Association internationale de dĂ©veloppement », le moyen pour les nantis de ce monde de venir en aide aux plus dĂ©shĂ©ritĂ©s. Mais ils souhaitaient Ă©galement que l’IDA soit gĂ©rĂ©e avec la mĂŞme rigueur qu’une banque. D’oĂą la proposition formulĂ©e par le prĂ©sident des États Unis Dwight D. Eisenhower, et entĂ©rinĂ©e par les autres pays, que l’IDA fasse partie intĂ©grante de la Banque mondiale (BIRD).
Les statuts de l’IDA sont entrĂ©s en vigueur en 1960. Les premiers prĂŞts de l’IDA, appelĂ©s crĂ©dits, ont Ă©tĂ© approuvĂ©s en 1961 en faveur du Chili, du Honduras, de l’Inde et du Soudan.
Depuis la crĂ©ation de l’IDA, trente cinq pays ont Ă©tĂ© reclassĂ©s parmi les pays ne pouvant plus emprunter Ă l’Association. Certains de ces pays ont depuis fait l’objet d’un « reclassement inverse », autrement dit ils ont rĂ©intĂ©grĂ© le groupe des pays admis Ă bĂ©nĂ©ficier des ressources de l’IDA. Voir la liste des pays ne pouvant plus emprunter Ă l’IDA. (a)