Décentralisation au Burkina Faso

Dernière mise à jour : Mars 2007
L'IDA en action : Développement communautaire - Dans les zones rurales défavorisées du Burkina, jeter les bases de la décentralisation

Le défi à relever

La population du Burkina Faso est rurale à 80 %, et 51 % des ruraux vivent en dessous du seuil de pauvreté (contre 16 % pour les citadins), 75 % des pauvres en question dépendant des cultures vivrières pour subsister. Le développement rural ne permettrait pas seulement de réduire la pauvreté ; c'est lui qui offre le plus de chances de stimuler la croissance par la mise en œuvre de microprojets agricoles.

La démarche suivie

Le gouvernement a entrepris un effort de décentralisation à long terme donnant lieu au regroupement de villages au sein de communes autonomes (une forme de collectivité locale) dotées des moyens voulus pour élaborer et gérer leurs propres programmes de développement, et pour mobiliser les ressources nécessaires grâce à un surcroît de recettes locales et à des transferts budgétaires de l'État. Le Projet de développement rural communautaire appuyé par l'IDA avait pour but de donner l'élan initial à ce processus, en aidant l'État à établir de nouvelles municipalités et en apportant un financement direct pour des investissements en infrastructures matérielles et sociales entrepris à l'initiative des communautés. Son objectif était de couvrir 2 000 villages, sur les 8 000 que compte le pays.

Résultats

Le projet a couvert plus de 3 000 villages (soit un tiers de plus que le chiffre envisagé) répartis dans 26 des 45 provinces que compte le pays. Les activités de renforcement des capacités ont été couronnées de succès, permettant l'établissement de programmes de développement local à la fois réalistes et de haute qualité, ainsi que la mise en œuvre au niveau communautaire d'investissements qui témoignent d'un haut degré de prise en charge par les populations locales.

Principales réalisations :
- Au total, 302 communes rurales ont été établies, et des élections locales organisées pour en désigner les responsables. La moitié des villages du pays se sont dotés de comités villageois, et un effort de renforcement des capacités en matière de planification, d'exécution et de suivi a été mené.
- Près de 5 millions de journées de formation ont été assurées pour permettre ce renforcement des capacités au plan local.
- Un montant de 39 millions de dollars a été décaissé pour financer 12 000 microprojets.
- Avec la mise en place de 1 700 puits communautaires, près d'un demi-million de personnes (450 000 pour être plus précis) disposent à présent d'une alimentation en eau salubre correspondant à la norme admise de 20 litres par personne et par jour.
- En outre, 600 centres d'alphabétisation ont été mis en place, ce qui permettra en moyenne à 30 000 adultes par an d'apprendre à lire et à écrire dans leur propre langue locale.
- Des centaines de projets d'infrastructures sociales ont été mis en œuvre. La construction de salles de classe et de logements pour les personnels enseignants et infirmiers a permis aux villages d'attirer du personnel de qualité et de disposer ainsi d'écoles et de cliniques en état de fonctionner.
- Un effort de sensibilisation et de renforcement des compétences a été mené pour la protection de l'environnement et l'amélioration de la fertilité des sols. Au rang des réalisations à mettre au compte des microprojets figurent 75 000 fosses à purin permettant la production d'environ 370 000 tonnes d'engrais organiques par an, ainsi que 28 000 hectares de terres protégées grâce à des mesures de lutte contre l'érosion.
- Pour promouvoir les activités génératrices de revenus, une formation spécialisée a été dispensée dans des domaines comme les pratiques d'agriculture irriguée en saison sèche, la pisciculture, l'élevage à petite échelle et la gestion forestière.
- La loi de 2004 sur les collectivités territoriales (modifiée en 2006) a établi les communes rurales, et les premières élections se sont tenues à ce niveau en avril 2006.

Contribution de l’IDA

- Apport financier de 66,7 millions de dollars entre 2000 et 2007.
- Sur ce montant, 39 millions de dollars ont été affectés à des investissements à l'échelon communautaire.
- L'IDA a appuyé le processus de concertation mené pour la rédaction de la loi de décentralisation de 2004 qui a institué plus de 300 communes rurales.
- Elle continue de fournir au pays les compétences de niveau mondial dont il a besoin pour mettre en œuvre un programme à grande échelle de développement à l'initiative des communautés, ainsi que le savoir-faire technique voulu pour l'aider à établir ses nouvelles instances locales.

Partenaires

Le gouvernement, les communautés locales, le Fonds international de développement agricole (FIDA), les Pays-Bas et le Danemark ont contribué à étendre le programme à un plus grand nombre de villages, et fourni le cofinancement qui a permis de couvrir l'intégralité des coûts du projet, soit 115 millions de dollars au total.

Prochaines étapes

Le gouvernement appuie résolument le processus de développement mené à l'initiative des communautés, et veut en étendre le champ au-delà des 26 provinces actuellement couvertes, tout en accroissant le niveau de ressources par habitant disponibles à l'appui de projets de plus grande envergure susceptibles d'avoir un impact plus marqué. À mesure qu'elles prennent confiance, les populations des villages élaborent des projets plus ambitieux, et les femmes, en particulier, sollicitent un appui pour des activités rémunératrices de plus en plus diverses. L'IDA financera un projet de deuxième phase consistant principalement à aider les 300 communes rurales à mettre au point leurs programmes de développement.

En savoir plus

Projet de développement rural communautaire (2000-2007)
Documents du projet | Article (en anglais)




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