
Avant 1998, en dépit de ressources abondantes, l'approvisionnement en eau de l'Arménie était mal assuré, et l’entretien et l'exploitation du réseau laissaient fortement à désirer. Pour la quasi-totalité des Arméniens, le service d'eau courante n'était assuré que quelques heures par jour et dans des conditions médiocres (manque de pression, faible qualité de l'eau, et niveau important de pertes et de gaspillage). Dans les zones urbaines, deux entreprises publiques en étaient chargées, desservant respectivement Erevan et les autres agglomérations.

- Dans le cadre du Projet de développement municipal (1998-2006), l'IDA a aidé le pays à transférer à un opérateur étranger privé la gestion du service d'eau d'Erevan.
- Cette expérience ayant été concluante, le Projet de gestion municipale des ressources en eau et des eaux usées (2004-2009) a privatisé dans des conditions analogues les services d'eau dans les autres villes, représentant 33 % environ de la population totale du pays.
- Le Projet de gestion de l'eau et des eaux usées à Erevan (2005-2011) s'appuie quant à lui sur les réformes antérieures, et poursuit le processus de renforcement de l'alimentation en eau de la capitale tout en luttant contre pollution de l'environnement.

Le niveau de qualité, de fiabilité et de rendement des services d'alimentation en eau s'est amélioré de façon spectaculaire dans les secteurs d'Erevan que couvrent ces services, et qui représentent une population de l'ordre de 1,3 million d'habitants. Un progrès s'est également amorcé en dehors de la capitale.
Principales réalisations :
- À Erevan, la période d'alimentation en eau est passée en gros de 7 heures à 18,5 heures par jour, et le service est assuré 24 heures sur 24 dans 70 % de la ville.
- En dehors d'Erevan, 16,5 % de la population de la zone couverte par le deuxième service public d'eau urbaine a désormais accès en permanence à l'eau courante.
- Le taux de recouvrement des factures est passé de 20 % à 79 % durant les dix dernières années.
- Le contrôle de la qualité est mieux assuré, du matériel de chloration moderne et des mesures de sécurité améliorées étant en place au niveau de toutes les sources d'eau.
- La consommation d'énergie a diminué d'environ 48 % grâce au recours à des systèmes d'alimentation par gravité, à de meilleurs rendements, et à la réduction du nombre de pompes de suralimentation utilisées dans les grands immeubles d'habitation.
- Une composante du projet mise en œuvre avec le concours du Fonds japonais de développement social a porté sur la rénovation des systèmes de plomberie interne de 1 808 résidences à Erevan, ce qui a permis de réduire les pertes d’eau de quelque 35 %.
- L'utilisation de compteurs est quasiment généralisée à Erevan, ce qui se traduit par une nette réduction du gaspillage et par des économies pour les ménages sur leurs factures mensuelles.

- Apport financier couvrant l'essentiel du coût total des trois projets, qui s'élève à 83,6 millions de dollars. (Les contributions de contrepartie se sont établies à 10,5 millions de dollars.)
- L'IDA a tiré parti de toute l'expérience qu'elle a accumulée d'un pays à l'autre en matière d'approvisionnement en eau, et contribué à mettre au point un partenariat public-privé efficace. L'appui d'ordre financier et consultatif fourni par la Banque a favorisé la participation d'opérateurs privés en réduisant les risques que pouvaient présenter à leurs yeux ces projets en termes d'investissement.
- Les leçons tirées du renforcement des services d'eau à Erevan ont permis, par extrapolation, d'étendre le même type de services à un plus grand nombre d'habitants vivant en dehors de la capitale.
- D'autres bailleurs de fonds ont été amenés par ce biais à s'intéresser à ce secteur de l'eau ; c'est ainsi que la KfW, la Banque de développement allemande, finance actuellement des investissements en matière d'alimentation en eau au niveau de l'entreprise publique chargée de ces services dans les villes du nord du pays.
- Un appui supplémentaire est fourni aux plus petites communautés par le Fonds d’investissement social que finance l'IDA.
- Les crédits de l'IDA à l'appui des réformes ont permis d'améliorer la réglementation en matière d'alimentation en eau. La commission de contrôle arménienne a désormais autorité sur le secteur de l'énergie et sur celui de l'eau.

L'Arménie semble bien placée pour atteindre d'ici 2015 les objectifs de développement pour le Millénaire en matière d'eau et d'assainissement. D'importants investissements resteront toutefois nécessaires pour assurer la remise en état de ses infrastructures déficientes dans ces domaines, de même que pour permettre au processus de renforcement de ses capacités institutionnelles et financières de se poursuivre. On peut également envisager d'étendre au-delà des zones desservies par les deux principaux opérateurs les services actuellement assurés à l'échelon central.