Chine : conservation des sols et revenus des habitants

Dernière mise à jour : Mars 2007
L'IDA en action : Environnement - Un effort de conservation des sols double les revenus des habitants du Plateau du Loess en Chine
Un effort de conservation des sols double les revenus des habitants du Plateau du Loess en Chine
Liens :
Qu'est-ce que l'IDA ?
Liens en anglais :
- Fiche sur l'environnement 
- Fiche sur les ressources en eau 
- Diaporama : Le plateau du Loess
La Chine a cessé le 1er juillet 1999 d'être admise à bénéficier des concours de l'IDA.
- La Banque mondiale en Chine
- Autres anciens emprunteurs de l'IDA.

Défi à relever

Situé dans le nord-ouest de la Chine et comptant au total 50 millions d'habitants, le plateau du Loess tire son nom du sol même qui le compose : une terre sèche et poudreuse, balayée par le vent. Dans cette région, des siècles de surexploitation et de surpâturage s'étaient traduits par une érosion quasiment record et une pauvreté généralisée.

La démarche suivie

En lançant un des plus vastes programmes de lutte contre l'érosion jamais entrepris dans le monde, deux projets ont cherché à mettre fin à la dégradation de ce plateau et à refaire de cette région défavorisée de Chine une zone de production agricole viable à long terme.

Résultats

Plus de 2,5 millions de personnes vivant dans quatre des provinces ou régions les plus pauvres du pays (les provinces du Shanxi, du Shaanxi et du Gansu, et la région autonome de Mongolie-Intérieure) ont échappé à la pauvreté. L'établissement de pratiques culturales viables a permis de multiplier par deux les revenus des agriculteurs, de diversifier les emplois et de régénérer l'environnement.

Principales réalisations :
- Doublement des revenus : Grâce au renforcement et à la diversification de la productivité agricole, les ménages vivant dans les zones couvertes par les projets ont vu leurs revenus passer d'environ 70 dollars par personne et par an à quelque 200 dollars.
- Protection des ressources naturelles : Sous l'effet du pâturage non contrôlé, de l'agriculture de subsistance, de la collecte de bois de feu et de la culture sur les pentes, des secteurs entiers du plateau avaient été dévastés. Les projets ont encouragé la régénération naturelle des herbages et du couvert forestier et arbustif sur les terrains en pente auparavant cultivés. La reconstitution de la flore et l'interdiction de pâturage ont permis au couvert végétal permanent de passer de 17 à 34 % des surfaces totales.
- Réduction considérable de la sédimentation des cours d'eau : Le volume des sédiments se déversant du plateau dans le fleuve Jaune a diminué de plus de 100 millions de tonnes par an. Un meilleur contrôle des alluvions a réduit les risques d'inondations, et un réseau de petits barrages permet désormais d'accumuler des ressources en eau en période de faibles pluies pour les habitants des villes et les agriculteurs.
- Augmentation des taux d'emploi : L'adoption de modes plus rationnels de culture en terrasses et la diversification de la production agricole et animale ont généré de nouveaux emplois au niveau et en dehors des exploitations. Durant la période couverte par le second projet, le taux d'emploi est passé de 70 % à 87 %. Et les possibilités de travail pour les femmes se sont nettement accrues.
- Consolidation des approvisionnements alimentaires : Avant les projets, de fréquentes sécheresses entraînaient de mauvaises récoltes au niveau des cultures de pente, ce qui obligeait parfois les autorités à fournir une aide alimentaire d'urgence. L'adoption de techniques de culture en terrasses a permis non seulement d'accroître les rendements moyens, mais aussi d'en réduire les variations. La production agricole a évolué, des produits de haute valeur venant s'ajouter à la gamme jusqu'alors limitée de denrées céréalières peu coûteuses. Durant la période couverte par le second projet, la production de céréales par habitant est passée de 365 à 591 kilos par an.
- Les projets ont sensiblement contribué à la restructuration du secteur agricole ainsi qu'au processus d'ajustement à un environnement économique axé sur le marché, et ils ont établi les conditions voulues pour une conservation durable des ressources en eau et des sols.
- Avant même que les projets ne prennent fin, l'équilibre écologique avait été rétabli dans une vaste région considérée par beaucoup jusque là comme un cas désespéré.
- L'établissement de cultures en terrasses a nécessité la pose de routes qui ont permis l'accès dans ces zones des véhicules, des engins agricoles et de la main-d'œuvre. Le contrôle et la récupération des alluvions ont transformé des terres auparavant improductives en zones de cultures valables, contribué à accroître les réserves d'eau à l'intention des communautés et des agriculteurs, et réduit les risques d'inondations. La pratique des cultures en terrasse a par ailleurs réduit l'apport nécessaire de main-d'œuvre et permis aux exploitants d'entreprendre d'autres activités génératrices de revenus.

Contribution de l’IDA

- Premier projet : Apport financier de 149 millions de dollars, sur les 252 millions représentant le coût effectif du projet, auquel s'ajoute un apport de contrepartie du pays pour 103 millions de dollars.
- Second projet : Apport financier de 50 millions de dollars, auquel viennent s'ajouter une contribution de la BIRD pour 99 millions et un apport de contrepartie du pays pour 90 millions.
- Les transformations intervenues sur le plateau du Loess au plan physique et économique montrent de la façon la plus claire qui soit ce qu'il est possible d'accomplir grâce à une étroite collaboration avec les responsables nationaux, à de bonnes politiques, à un appui technique et un processus actif de consultation et de participation des populations. Les ressources mises en œuvre par l'IDA — sous forme d'investissements directs, d'apports de conseils sur les politiques à suivre et d'assistance technique, d'activités de formation et de renforcement des capacités, ainsi que de l'implication et des changements de comportements suscités au niveau des habitants des zones des projets — ont permis de démontrer l'efficacité d'un modèle qui a amélioré l'existence et les moyens de subsistance de plus de 2,5 millions de personnes (et de bien d'autres encore dans la mesure où il a été transposé ailleurs).
- Les services de formation et d'appui ont contribué à renforcer les capacités de recherche et développement appliquées aux techniques de culture en sec, à l'amélioration des herbages, à la gestion des vergers et du bétail, et au travail de suivi et d'évaluation en termes d'impact.

Prochaines étapes

Les principes suivis dans le cadre de ces projets ont été largement adoptés et transposés ailleurs. On estime ainsi que jusqu'à 20 millions de personnes ont profité de l'application de cette approche dans le reste du pays.

En savoir plus

Projet de réhabilitation du plateau du Loess I (1994-2002) et II (1999-2005)
Documents du projet I et II




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