Entretien avec le président tanzanien, Jakaya Mrisho Kikwete

Disponible en: Ř§Ů„عربية, English, Español

Le Président de la République-Unie de Tanzanie, Jakaya Mrisho Kikwete, a accordé un entretien aux services de la Banque mondiale en mars 2007. Voici la transcription de ses propos. 

« C’est le financement pour le développement qui a fait de nous ce que nous sommes aujourd'hui. Je peux le dire honnêtement, car l’aide au développement nous a vraiment aidés à compléter les efforts que nous menons au niveau local. Du fait que nous sommes une nation pauvre à tous les niveaux possibles de développement, et dotée de faibles capacités en termes de ressources, c’est le financement du développement qui a fait la différence. Vous voyez de meilleures routes dans ce pays aujourd’hui, mais cela s’est fait avec l’aide au développement. On parle de tout un tas de réalisations dans le secteur de l’éducation, celui de la santé. Dans beaucoup de ces secteurs, celui de l’énergie essentiellement, ça a été l’apport du financement du développement. Cela a donc joué un rôle tout à fait primordial pour notre croissance.

L’IDA ? L’IDA a été pratiquement tout, du fait que la Banque mondiale a été notre plus gros soutien dans le cadre de nos efforts de développement pour ce pays. Je crois qu’aucune institution, à titre individuel, ne nous a accordé autant d’aide au développement que la Banque mondiale. Et l’IDA, son guichet concessionnel, a été extraordinaire de par l’appui qu’elle nous a fourni.

Si la reconstitution de l’IDA est bien assurée, nous verrons plus d’appui, car nous avons encore besoin d’énormément d’appui, sans aucun doute. Nous n’avons pas atteint un point où nous pouvons dire que nous n’avons plus besoin de beaucoup d’appui. Et donc nous en appelons vraiment aux pays donateurs pour qu’ils assurent une bonne reconstitution de l’IDA, et qu’il y ait ainsi plus de ressources auxquelles nous puissions accéder pour nos efforts de développement.

Nous étions, comme vous le savez peut-être, une économie dirigée, une économie à planification centrale, mais nous avons engagé des réformes à partir de la fin des années 80. Nous sommes ainsi passés aujourd’hui d’une économie centralisée à une économie de marché. Et bien entendu, nous avons décidé de serrer les dents, comme on dit, et cela a porté ses fruits. Aujourd’hui, il y a une plus grande stabilité macroéconomique dans ce pays. Le taux de croissance est bon. Les indicateurs sociaux se présentent également bien en matière d’éducation. La scolarisation primaire est aujourd’hui à 96,1 %, et regardez où on était : à 59 % en 2000. Plus de gens ont maintenant accès aux services de santé, mais il y a encore un gros défi qui se pose à nous.

Le principal défi, pour moi, est de savoir comment atteindre de plus hauts niveaux de croissance, car si nous pouvions parvenir à 8-10 % de croissance, maintenus sur une période de dix années, il est probable que cela ferait vraiment la différence. Nous avons vraiment à cœur de faire des progrès en agriculture, pour la modernisation de l’agriculture, car 80 % de nos habitants vivent dans les zones rurales. L’agriculture, l’élevage et la pêche sont leurs principaux moyens de subsistance. Mais c’est une agriculture paysanne, une agriculture de subsistance — les gens vivent au jour le jour. C’est un élevage de subsistance, une pêche de subsistance à partir de pirogues. Les gens ne gagnent vraiment pas beaucoup.

Nous savons que nous avons une solide base de matière premières, de ressources agricoles, minérales, forestières. Au moins, nous avons les matières premières de base pour pouvoir faire démarrer le secteur manufacturier, le secteur de la transformation. Voilà quels sont les domaines, et les choses que nous essayons de faire. Nous essayons de voir ce que nous pouvons faire pour développer notre secteur touristique, améliorer notre tourisme.

La situation a évolué, mais nous sommes encore un des pays les plus pauvres. Nous devons faire plus. Quand on compare avec le passé, nous sommes dans une meilleure situation qu’avant, mais nous en sommes encore à des niveaux très très faibles de développement. » 




Permanent URL for this page: http://go.worldbank.org/RIC0LK2BH0