
L’agriculture est un secteur clé au Nicaragua. Au cours des années 90, le gouvernement a fortement réduit sa politique d’intervention dans l’agriculture. Mais cette libéralisation ne s’est pas accompagnée de crédits ou d’assistance technique pour les agriculteurs. Peu de foyers ont accès aux services publics et la plupart des producteurs agricoles ne possèdent aucune ressource à investir dans la recherche ou la formation aux technologies modernes. La recherche agricole et les activités de vulgarisation ne répondent plus aux besoins de l’agriculture, de même les relations entre les chercheurs et les agriculteurs se sont atrophiées au cours des dernières décennies. Les ressources publiques disponibles à la fin des années 90 étaient pour le moins limitées. Il devenait donc essentiel d’aligner la recherche sur les besoins prioritaires des producteurs, particulièrement les petites et moyennes entreprises agricoles qui n’avaient pas les moyens de financer elles-mêmes ces travaux, et de renforcer les liens entre la recherche et la formation agricoles.

Le projet « Technologie agricole » visait à répondre à ce problème en permettant la mise en œuvre d’un système efficace à base d’innovations, de connaissances et de technologie agricole, correspondant aux besoins des agriculteurs. L’objectif du projet consistait principalement à offrir aux communautés et foyers ruraux un meilleur accès aux innovations et à des services de gestion durable des ressources agricoles, forestières et naturelles afin de stimuler la productivité. Ce projet constituait l’instrument de soutien principal du gouvernement à l’égard des petites et moyennes entreprises agricoles et a grandement contribué aux résultats décrits ci-dessous.

Sur toute la durée du projet, les récoltes des cultures de base (maïs, haricots et riz) ont augmenté de 23 % en moyenne, la plus forte hausse parmi les six pays d’Amérique centrale. Selon des enquêtes effectuées dans des fermes typiques, les revenus des agriculteurs ont augmenté de 25 à 84 %.
Principales réalisations :
- La productivité du maïs a augmenté de 37 % et celle des haricots de 63 % entre 1999 et 2003.
- Le Nicaragua est maintenant en mesure de satisfaire 85 % de la demande interne de graines de céréales de base certifiées.
- À la fin du projet, un tiers des petites et moyennes entreprises agricoles étaient en contact direct avec des services de vulgarisation, et 70 à 90 % d’entre elles se déclaraient satisfaites de la qualité des services fournis (d’après les enquêtes menées auprès des bénéficiaires) et ont adopté les technologies améliorées conseillées. Plus de 68 000 producteurs ont bénéficié des services financés par le projet.
- Lors d’une enquête d’évaluation du projet menée auprès de 200 agriculteurs, tous ont signalé une augmentation de productivité d’au moins 60 % ; 55 % d’entre eux ont indiqué une réduction des coûts d’au moins 25 % et 45 % ont signalé une augmentation du prix de vente de 20 % en raison d’une meilleure qualité de la production.
- Grâce à des fonds de subvention concurrentiels, plus de 240 nouvelles entités (ONG, groupes de producteurs et autres) ont été impliquées dans la recherche et les services agricoles.
- L’effet le plus important sur le long terme du projet est la meilleure sécurité alimentaire, particulièrement pour les plus pauvres.
- Par ailleurs, le projet a également des répercussions extrêmement positives sur l’environnement, comme l’a démontré une étude sponsorisée par la FAO. En particulier, le projet était l’une des interventions qui ont permis de réduire sensiblement l’agriculture sur brûlis, réduisant ainsi de 80 % la fréquence des incendies. Il a également encouragé l’utilisation de pesticides naturels ainsi que d’engrais biologiques, ce qui a permis de limiter les coûts de production.

- Le projet a été conçu en fonction de l’expertise internationale de l’IDA dans le secteur de l’agriculture et de son expérience dans d’autres pays d’Amérique latine (notamment le Chili, la Colombie, l’Équateur et le Venezuela). Il est la suite d’un premier projet intitulé « Technologie agricole et gestion des terres » lancé au Nicaragua et se base sur les expériences acquises dans ce pays.
- En tant que donateur clé, l’IDA a obtenu que d’autres donateurs bilatéraux et multilatéraux participent financièrement au projet en créant une structure d’assistance pouvant être soutenue par de nombreux bailleurs de fonds.
- Le coût total du projet s’est monté à 41,8 millions de dollars, dont 24,04 millions en provenance de l’IDA, 6,81 millions en provenance du gouvernement et 1,36 million en provenance des communautés bénéficiaires. Ont soutenu financièrement ce projet le Fonds International pour le développement de l’agriculture (1,81 million de dollars) ainsi que les gouvernements de la Suisse (2,31 millions de dollars) et des Pays-Bas (4,56 millions de dollars).

Malgré de récents progrès, le pays est toujours confronté à la plupart des défis rencontrés au début du projet. Les résultats obtenus grâce à ce projet doivent être maintenus et appliqués à plus grande échelle. Un deuxième projet intitulé « Technologie agricole » (12 millions de dollars) doit commencer le 15 septembre 2006. L’objectif visé est d’utiliser les ressources limitées de l’IDA pour obtenir une assistance externe soudée et efficace afin de soutenir tout le secteur rural. En particulier, ce projet consiste principalement à offrir aux communautés et foyers ruraux un meilleur accès aux innovations et à des services de gestion durable des ressources agricoles, forestières et naturelles afin de stimuler la productivité agricole.