
Dakar a souffert de pénuries d’eau dans les années 1990, époque à laquelle la Société nationale d’exploitation des eaux du Sénégal (SONEES) se trouvait dans une situation financière précaire. Pour aggraver la situation, le pays accusait un retard dans ses investissements, pourtant indispensables en ce qui concerne le renouvellement des réseaux de distribution et l’augmentation des capacités de production. Réformer le secteur de l’eau pour améliorer la compétitivité de l’économie figurait donc en tête des priorités du Sénégal.

L’IDA a proposé son assistance au Sénégal dans le cadre du Projet sectoriel « Eau » (PSE). L’objectif consistait à favoriser l’implication du secteur privé, à contribuer à l’amélioration de l’état de santé de la population ainsi qu’à la réduction de la pauvreté, tout en assurant la pérennité du secteur.
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Les actions spécifiques du projet ont consisté notamment à :
- Concevoir une stratégie visant à partager l’eau entre les ménages, l’industrie et l’agriculture;
- Renforcer la capacité du ministère de l'Hydraulique à contrôler l’exploitation des ressources aquifères et celle de la Société nationale d’exploitation des eaux du Sénégal en matière de politique et de stratégie;
- Consolider l’Office National de l’Assainissement du Sénégal (ONAS), qui venait d’être créé, et développer une stratégie en vue de l’amélioration de l’assainissement urbain et périurbain;
- Réduire les fuites d’eau dans le système de distribution d’eau de l’arrondissement de Grand-Dakar (de 27 à 15%) et augmenter la capacité de production d’eau de la région de 34% (pour passer d’une capacité de 202 000 à 266 000 mètres cubes par jour);
- Augmenter l’efficacité du système existant de traitement des eaux usées de Dakar;
- Développer l’assainissement dans les villes secondaires et promouvoir la réutilisation de l’eau municipale, après traitement, pour l’irrigation;
- Déléguer la gestion du sous-secteur de l’hydraulique urbaine à un opérateur privé à travers un contrat d’affermage.

Le projet a permis d’augmenter l’accès à l’eau en développant les réseaux de distribution grâce à la construction de 81 000 nouveaux branchements sociaux (34 000 étaient initialement prévus) et de 400 colonnes d’alimentation. Ainsi, environ un million de personnes supplémentaires (soit deux fois plus que le nombre prévu au départ) ont eu accès à l’eau potable.
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Points forts
- La qualité de l’eau potable a été améliorée grâce à la construction de quatre nouveaux systèmes de chloration et la remise à neuf de deux autres systèmes existants.
- L’eau est maintenant conforme aux normes internationales prescrites et l’accès à l’assainissement a été élargi grâce à la création de 13 000 nouveaux branchements (alors que l’objectif avait été évalué à 10 000).
- Depuis 2003, le secteur de l’hydraulique urbaine est autonome au niveau financier et peut couvrir ses dépenses opérationnelles et en capital sans subventions directes du gouvernement.
- En 1996, une entreprise d’exploitation privée (la SDE) a racheté les opérations quotidiennes de la SONES et a installé des systèmes d’assistance modernes pour la facturation, l’encaissement, l’enregistrement des usagers et l’entretien des systèmes d’alimentation en eau. La SDE a respecté ses obligations en matière d’investissement concernant la réhabilitation de canalisations, de branchements et de compteurs à eau. Le ratio d’encaissement est passé de 95 à 98%.

Une aide financière a été apportée sous la forme d’un crédit de l’IDA d’un montant de 100 millions de dollars. L’IDA a aussi accompagné les réformes et le processus de recherche de consensus entre le gouvernement, la SONEES (la holding) et la SDE (l’entreprise d’exploitation privée). Elle a apporté des conseils sur la façon de maintenir un bon équilibre entre les réformes institutionnelles, le renforcement des capacités, le programme des investissements et la restauration de la viabilité financière du secteur de l’eau. L’IDA a aussi coordonné les apports financiers d’autres partenaires de développement et a mené le dialogue avec les clients.

Les organismes qui ont participé au financement de cette entreprise étaient l’Agence française de développement, l’Allemagne, l’Agence belge de coopération au développement, le Nordic Development Fund (Fonds de développement nordique) et la Banque arabe pour le développement économique. Il y a eu une bonne coordination entre les donateurs pendant la préparation du projet, ce qui a ouvert la voie à un dialogue unifié avec le gouvernement sénégalais.

Le modèle financier démontre que ce secteur peut s’autofinancer dans les prochaines années, à condition que les ajustements du tarif de l’eau suivent le taux d’inflation. De plus, la pérennité des réalisations du projet se perçoit à travers l’important soutien de la communauté des donateurs (220 millions de dollars) en vue de poursuivre le Projet sectoriel « Eau » à long terme, qui a aussi attiré d’importants financements commerciaux (25 millions de dollars).
Les objectifs de développement pour le Millénaire (ODM) seront atteints dans le secteur de l’hydraulique et de l’assainissement urbains du Sénégal. Toutefois, le prochain défi sera de soutenir le sous-secteur de l’hydraulique en milieu rural, pour lequel une nouvelle stratégie et un plan d’action ont été élaborés, en vue de la réalisation des ODM, dans le cadre du Projet sectoriel « Eau » à long terme.
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