Viet Nam : Renouveler les forĂŞts de mangrove

 
Dernière mise à jour : juillet 2009
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Viet Nam : Renouveler les forêts de mangrove pour sécuriser les ressources
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Le défi à relever

Le typhon Linda, qui s’est abattu sur les provinces du sud du Viet Nam en novembre 1997, a montrĂ© brutalement Ă  quel point les cĂ´tes du Delta du MĂ©kong Ă©taient abĂ®mĂ©es. Pendant les annĂ©es 90, la zone des forĂŞts de mangrove a Ă©tĂ© dĂ©truite Ă  un rythme alarmant au profit de la production de bois de construction et de charbon. Pourtant, ces forĂŞts reprĂ©sentent un lieu de reproduction important pour les organismes aquatiques et une barrière naturelle contre les typhons. Parallèlement, un dĂ©veloppement anarchique d’élevage de crevettes s’est mis en place, contribuant Ă  aggraver la disparition de la mangrove. Peu Ă  peu, l’apparition rĂ©currente de maladies au sein de ces Ă©levages a provoquĂ© la paupĂ©risation de nombreux fermiers, ne leur laissant pas d’autre choix que d’exploiter la mangrove elle-mĂŞme. La viabilitĂ© de la forĂŞt se trouvait dès lors remise en question.

La démarche suivie

Le Projet de dĂ©veloppement et de protection des zones humides cĂ´tières, que soutient l’IDA, a choisi une approche globale, basĂ©e sur le long terme, pour protĂ©ger les zones humides cĂ´tières de quatre provinces : Ca Mau, Bac Lieu, Soc Trang et Tra Vinh. La forĂŞt de mangrove a Ă©tĂ© replantĂ©e et l’on a dĂ©cidĂ© de s’attaquer aux causes Ă  l’origine de sa destruction. Une zone de protection totale a Ă©tĂ© mise en place pour protĂ©ger l'espace reboisĂ© de la forĂŞt ; les populations pauvres et sans terre dĂ©placĂ©es de la zone ont Ă©tĂ© rĂ©installĂ©es dans une zone tampon oĂą elles ont pu entreprendre une activitĂ© agricole Ă  petite Ă©chelle (Ă©levage de bĂ©tail et aquaculture). Elles ont bĂ©nĂ©ficiĂ© de formation, de certificats attestant de leurs droits Ă  exploiter les terres, de nouvelles maisons, d’aide sociale et de crĂ©dits.

Résultats

Grâce au projet, 4662 hectares de mangrove ont Ă©tĂ© reboisĂ©s dans la zone de protection totale, auxquels s’ajoutent 983 hectares dans la zone tampon. AssociĂ©e aux programmes forestiers complĂ©mentaires du gouvernement, cette initiative a permis la reforestation de plus de 95 % des terres dĂ©nudĂ©es dans la zone de protection totale. Parallèlement, plus de 1400 foyers pauvres ont Ă©tĂ© relocalisĂ©s dans de nouvelles maisons situĂ©es dans les implantations de la zone tampon, oĂą ils ont Ă  leur disposition Ă©coles, cliniques, routes, approvisionnement en eau potable et assainissement.

 

Points importants :
- Ă€ Ca Mau, la province la plus mĂ©ridionale, l’érosion cĂ´tière a diminuĂ© de 40 % entre 2000 et 2007. Grâce au projet, la biodiversitĂ© se remet peu Ă  peu de son appauvrissement. On constate une rĂ©apparition et une augmentation des ressources aquatiques telles que les crabes et les palourdes.

- Le projet s’est appuyĂ© sur un système de rĂ©compenses et de sanctions afin de protĂ©ger les zones nouvellement reboisĂ©es. Des contrats de protection et d’entretien de la forĂŞt ont Ă©tĂ© signĂ©s avec les communautĂ©s locales, et les violations du droit forestier en vigueur sur 470 km de ligne cĂ´tière sont passĂ©es de 1757 incidents en 2002 Ă  318 en 2006.

- La formation, l’utilisation de fermes modèles Ă  titre de dĂ©monstration et l'apport de crĂ©dits ont aidĂ© Ă  promouvoir les ressources locales et Ă  dĂ©velopper les opportunitĂ©s Ă©conomiques pour les familles pauvres qui ont Ă©tĂ© rĂ©installĂ©es. Un enquĂŞte menĂ©e deux ans après la relocalisation auprès des foyers a montrĂ© que le niveau de vie des populations s’était amĂ©liorĂ©. La pauvretĂ© avait quasiment diminuĂ© de moitiĂ© parmi les foyers interrogĂ©s, le taux de pauvretĂ© ayant chutĂ© de 10 points de pourcentage.

- Ă€ la lumière des changements socio-Ă©conomiques constatĂ©s dans la zone de couverture du projet, qui ont appelĂ© Ă  une hiĂ©rarchisation et un meilleur choix des interventions, le projet a subi une restructuration en 2004. Par ailleurs, il Ă©tait nĂ©cessaire de mieux prendre en compte le programme de plantation de mangrove mis en Ĺ“uvre sur une bien plus vaste Ă©chelle par le gouvernement. Le champ d’application de l’aide technique a Ă©tĂ© rĂ©duit et son coĂ»t est passĂ© de 11,3 Ă  7,3 millions de dollars, tandis que les activitĂ©s de formation et de lutte contre la pauvretĂ© dans les foyers les plus pauvres et le dĂ©veloppement des sites de rĂ©implantation des populations dĂ©placĂ©es dans la zone tampon sont devenus des thèmes prioritaires.

Contribution de l’IDA

Le financement de l’IDA a atteint 22,7 millions de DTS (droits de tirage spĂ©ciaux) du coĂ»t total du projet, soit 31,8 millions de dollars, tandis que l’Agence danoise de dĂ©veloppement international (DANIDA) a contribuĂ© pour 7,3 millions de dollars Ă  financer un dispositif global d’assistance technique. La contribution du gouvernement vietnamien s’est Ă©levĂ©e Ă  16,3 millions de dollars.

Prochaines

Les autorités gouvernementales locales se sont engagées à poursuivre la formation et les activités d’aide sociale à destination des foyers déplacés, une fois que le projet aura été mené à terme.

 

L’expĂ©rience qu’ont acquise les professionnels chargĂ©s de la reforestation leur permet dĂ©sormais de planter des palĂ©tuviers beaucoup plus grands, grâce Ă  des techniques de pointe, dans des environnements contraignants non protĂ©gĂ©s par les digues. Il s’agit d’un acquis particulièrement important Ă  un moment oĂą le changement climatique expose les communautĂ©s vivant dans les zones cĂ´tières Ă  de plus grands risques de catastrophes naturelles. Dans les zones oĂą les espaces de mangrove dĂ©gradĂ©s ont Ă©tĂ© restaurĂ©s grâce Ă  une reforestation, les acquis seront consolidĂ©s par l’installation de nouvelles digues et des rangĂ©es supplĂ©mentaires d’arbres, permettant ainsi de dĂ©velopper la zone de protection totale.




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