
En 1999, la part de l’agriculture dans le Delta du Mékong a représenté 30 % du Produit intérieur brut (PIB) du Viet Nam et plus de 80 % de ses exportations de riz. Cependant, en l’absence d'infrastructure appropriée, les nombreux réseaux d’irrigation et les canaux du Delta restaient en période de saison sèche à la merci d’une intrusion d’eau de mer en provenance de la mer de Chine méridionale, menaçant la viabilité des terres arables. Pendant la saison des pluies, le risque d’inondation mettait en danger les récoltes. Une mauvaise alimentation en eau potable et un système de transport inadapté en milieu rural contribuaient également à réduire les niveaux de production et les revenus des populations rurales.

Le Projet de gestion des ressources en eau du Delta du Mékong, financé par l’IDA, consistait à développer les infrastructures de contrôle de l’eau afin de la préserver de l’intrusion de l’eau saline et promouvoir l’irrigation, le drainage des terres, la protection contre les inondations et la mise en place en milieu rural d'une meilleure alimentation en eau potable. Cinq zones dotées d’un sous-projet et couvrant plus de 500 000 hectares ont été choisies pour développer la productivité agricole et les revenus ruraux.

L’approvisionnement en eau douce destinée à l’irrigation s’est fortement amélioré, tout comme la capacité de contrôler la salinité et les inondations dans le Delta.
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Points importants :
- On estime qu'environ 1 million de personnes ont bénéficié des résultats du projet, en matière d’alimentation en eau potable et d’amélioration des installations sanitaires.
Le taux de connexion aux sources d’eau potable a augmenté (de 30 à 40 % de la population du Delta en 1999 à 75 % à la fin 2007).
- Les revenus des agriculteurs ont doublé en moyenne entre 1999 et 2007, passant de 300 000 dongs (VND) (moins de 500 dollars) à 625 000 dongs (environ 1 000 dollars).
- La productivité des récoltes s’est améliorée, avec un rendement moyen pour une double récolte de riz passant de 4,7 tonnes/hectare en 1999 à 5,3 tonnes/hectare en 2007.
- La mise en place de vannes d’écluses a permis de contenir les inondations saisonnières, donnant ainsi la possibilité aux agriculteurs de mener à terme leurs récoltes. En tout, 41 vannes d’écluses principales et 125 secondaires ont été construites. Plus de 1 000 km de canaux primaires et secondaires ont également été creusés ou élargis.
- Afin de protéger les villes des inondations, 234 kilomètres de digues ont été aménagés.
- Le Delta est désormais mieux préparé à résister à l’élévation du niveau de la mer et aux catastrophes climatiques.
- Le doublement du montant de la redevance sur l’eau, envisagé dans le projet, n’a pas eu lieu : un décret du gouvernement a exempté depuis janvier 2008 tous les fermiers et les contribuables privés du paiement de taxes sur l’eau.

- Un crédit de l’IDA de 102 millions de dollars a financé un peu plus des deux tiers du montant total du projet qui s’élève à 148 millions de dollars.
- Un contrôle régulier et des réunions avec les autorités locales ont permis d’accélérer le processus d’acquisition des terres destinées à la construction de nouvelles infrastructures et à la réimplantation des familles affectées par ces changements.

- Pendant la mise en œuvre du projet, AusAid a fourni un don d’assistance technique d’un montant de 300 000 dollars, afin de permettre l’étude de la gestion des ressources en eau sur l’ensemble du Delta. Le gouvernement étudie actuellement les recommandations issues de cette étude. Elles portent sur de nouvelles réformes institutionnelles qui aideraient à améliorer l’utilisation de l’eau à usage agricole.

- Les acquis du projet devraient être durables, à condition que le fonctionnement et la maintenance des infrastructures fassent l'objet d'un suivi efficace. Étant donné la décision d’exempter les agriculteurs des redevances sur l’eau, d’importantes subventions seront nécessaires pour entretenir les infrastructures nouvellement créées. D’un autre côté, les agriculteurs dont la subsistance dépend de l’irrigation et du drainage des terres sont ainsi à même de continuer à utiliser réellement les nouvelles installations.
- Des investissements supplémentaires dans des digues et des vannes d’écluse pourraient aider le Delta à faire face aux conséquences du changement climatique (sécheresses, inondations élévation du niveau de la mer).
- Des investissements dans les domaines de l’agro-industrie, du marketing et des technologies de l’information peuvent également contribuer à optimiser les effets des infrastructures hydrauliques agricoles.