
Les deux tiers des habitants de Djibouti, petit pays de la Corne de l'Afrique, vivent dans la capitale éponyme. Le reste de la population, essentiellement composé de bergers, vit dans un désert rocailleux. Les disparités entre zones urbaines et rurales concernant la qualité de l'éducation et les performances scolaires sont majeures. Le gouvernement est également confronté aux problèmes du fort taux d'abandon scolaire, du niveau élevé des salaires des enseignants et du manque de données qui rend difficile la gestion des dépenses et la prise de décisions politiques. De plus, les compétences des jeunes diplômés ne sont pas à la hauteur des besoins du marché du travail. Les grands projets récemment menés dans le pays (par exemple, les projets d'extension du port ou de construction d'hôtels) n'ont pas généré un grand nombre d'emplois pour les Djiboutiens et n'ont donc pas permis d'apporter une réponse à la question du fort taux de chômage dont souffre le pays.

L'IDA aide Djibouti à travers plusieurs stratégies distinctes : (i) ouvrir des écoles pour les enfants nomades des zones rurales isolées, augmenter l'accès à l'éducation de base et en améliorer la qualité ; (ii) assurer que formation et éducation sont en adéquation avec les besoins de l'économie locale ; et (iii) améliorer la gestion et l'efficacité du système éducatif.

Le pourcentage d'élèves ayant achevé leur cycle d'éducation primaire sans redoublement est passé de 52% en 2003/2004 à 71% en 2008/2009.
Principales réalisations :
- Les taux d'abandon scolaire ont globalement régressé. Cependant, le taux d'abandon est plus important pour les filles (1,6%) que pour les garçons (0,8%).
- Le taux brut de scolarisation à l'école primaire a atteint 71% (67% pour les filles) en 2008/2009, contre 52% en 2003/2004, selon le département de la planification du ministère de l'Education. Au collège, le taux d'inscription des filles est passé de 24% en 2003/2004 à 45% en 2008/2009. En 2008/2009, 86% des 100 000 élèves scolarisés étaient inscrits au niveau élémentaire.
- Les progrès dans la gestion et l'efficacité du système éducatif ont permis une plus grande mixité. Aujourd'hui, la quasi-totalité des écoles possèdent une association de parents d'élèves ou un comité de gestion. Le taux, surprenant, d'enseignants ayant bénéficié d'une formation en service entre 2006 et 2009 est de 90%. Toutefois, les dépenses courantes non salariales n'ont atteint que 9,2% du budget du ministère de l'Education en 2009, alors qu'elles représentaient 6,6% en 2006 (échouant à atteindre l'objectif du ministère, fixé à 15%), ce qui signifie que la part des salaires est encore trop élevée.
- Le secteur de l'éducation reste une priorité du gouvernement, qui lui a alloué 23,3% du budget de l'Etat en 2009 (soit 8,4% du PIB), une proportion très élevée si on compare avec des pays dans la même situation.
- Les investissements en infrastructures scolaires commencent à porter leurs fruits, mais des disparités subsistent. Le pourcentage actuel des écoles raccordées au réseau électrique est de 97% en zones urbaines, mais chute à 49% dans les zones rurales. Dans lez zones urbaines, 92% des écoles ont accès à l'eau contre 73% dans les zones rurales. Le pourcentage des écoles équipées de toilettes séparées pour les filles est de 79 et 75% respectivement en zones urbaines et rurales.

- Le Deuxième Projet d'Amélioration et d'Accès aux Écoles, mené par l'IDA (2006-2010), dont la phase II est financée à hauteur de 30 millions de dollars, soutient la mise en œuvre du programme de réformes du système de l'éducation défini par le gouvernement djiboutien. Une troisième phase devrait débuter en 2011 ; elle se concentrera sur les populations les moins privilégiées et sur l'amélioration des compétences au sein de la jeunesse djiboutienne.
- l'IDA a également fourni en 2008 une assistance technique de plus de 100 000 dollars afin d'aider le gouvernement à préparer une stratégie de développement des compétences en collaboration avec l'Agence Française de Développement (AFD). L'objectif est de renforcer l'adéquation entre formation professionnelle et besoins du marché du travail et de faire progresser les possibilités de formation et d'éducation post-primaire, afin d'atteindre les objectifs du programme Éducation Pour Tous (EPT).

En plus des prêts accordés par l'IDA, le gouvernement djiboutien a reçu 8 millions de dollars dans le cadre du Fonds Catalytique de l'Initiative pour l'accélération de l'éducation pour tous (EFA/FTI) (2006-2010), en vue de soutenir des activités complémentaires au projet de l'IDA. La Banque mondiale est en charge de la gestion de ce fonds fiduciaire dont elle assure le suivi.
Le Fonds de Développement de Programmes d'Éducation (FDPE), rattaché au programme EFA/FTI, a également fourni 150 000 dollars afin de financer des études. Celles-ci, qui ont déjà commencé à améliorer la collecte et l'analyse des données, se pencheront prochainement sur les questions d'efficacité et de qualité précédemment évoquées.
Un comité technique conjoint donateurs-gouvernement se réunit régulièrement pour contrôler les progrès effectués dans la mise en œuvre du programme de réformes du système éducatif et assurer le suivi du Fonds Catalytique (FC). Parallèlement à l'IDA et au FC, plusieurs partenaires (la Banque africaine de développement, la Banque islamique de développement, la France, le Japon, les États-Unis, le Programme alimentaire mondial et l'UNICEF) fournissent des ressources financières ou un support technique destinés à la mise en œuvre du programme de réformes, et notamment l'amélioration de l'accès à l'éducation.

L'IDA continuera à travailler avec le ministère de l'Éducation, ainsi qu'avec les donateurs internationaux, à la préparation de la prochaine demande de Fonds Catalytique (2010). L'objectif sera de maintenir la priorité donnée à l'amélioration de la qualité de l'éducation, en fournissant aux enfants des fournitures scolaires et en équipant les écoles de puits, de panneaux solaires et de dortoirs pour les enfants nomades, ainsi qu'en mettant en place des actions de soutien destinées aux enfants avec des besoins spéciaux et des programmes d'alimentation à l'école.
Le renforcement des partenariats avec le secteur privé est devenu l'an dernier une priorité gouvernementale. Le ministère de l'Éducation a récemment noué un partenariat avec une entreprise de construction brésilienne impliquée dans la construction du nouveau port de Djibouti, afin de proposer des stages ou des emplois aux élèves des écoles supérieures techniques ou professionnelles. Le ministère de l'Éducation cherche à étendre ce type de partenariat à d'autres secteurs (qui pourraient inclure le tourisme) grâce à l'assistance technique de la Banque mondiale.