Yémen : L'éducation des filles pour atteindre des...

Dernière mise à jour : septembre 2009
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L'histoire de Raysa

Raysa vit à Uzlat Bani Zyad, dans le quartier de Al-Hada, l'une régions les plus conservatrices et démunies du Yémen. C'est une région tribale où la vengeance, les mariages précoces et les comportements socioculturels à l'égard des filles sont des problèmes majeurs. Les gens pensent communément que cela ne vaut pas la peine d'investir dans l'éducation des filles puisqu'elles vont ensuite dans la maison de quelqu'un d'autre et qu'en outre éduquer les filles constitue un déshonneur pour la tribu. Raysa nous livre son témoignage.

« J'étudiais dans une école où il n'y avait pas de femme enseignante et où j'étais la seule élève fille. Dans la classe, les garçons me tiraient les cheveux. Je me suis mariée quand j'étais en classe de cinquième. Mon beau-père ne m'autorisait pas à utiliser des contraceptifs. J'ai donc donné naissance à neuf enfants. On m'a dit d'arrêter d'aller à l'école pour m'occuper de mes enfants et de mon foyer.

Avec le soutien de mon mari, j'ai insisté pour continuer mes études. Je devais emmener mes enfants avec moi à l'école et faire un trajet d'environ 8 km à pied. De nombreuses filles de ma communauté ont refusé mon amitié parce que j'étudiais avec des garçons. Elles pensaient que je faisais quelque chose de honteux. Après avoir terminé mes études, j'ai travaillé comme enseignante bénévole à l'école d'Al-Jihad. Quand je suis entrée dans l'école, il n'y avait que 10 filles qui étudiaient mais après que j'ai commencé à enseigner, le nombre de filles est passé à 72.

J'ai bénéficié du plan d'embauche de femmes enseignantes dans le cadre du Projet de développement de l'éducation primaire (BEDP, son sigle en anglais). Ce plan a eu un impact très important sur ma vie sociale et économique. Aujourd'hui, mon rôle ne se limite pas seulement à enseigner mais aussi à défendre le droit des filles à l'éducation. Je profite de chaque réunion entre amis pour parler de l'importance d'éduquer et d'envoyer les filles à l'école.»

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