L’Asie du Sud est engagée sur la voie d’une croissance économique durable, avec une épargne nette ajustée en hausse et un taux d’épargne positif. La région est bien placée pour réduire de moitié, d’ici 2015, le nombre de personnes n’ayant pas accès à l’eau potable, mais ne parviendra pas à réaliser la cible équivalente pour l’accès à de meilleurs services d’assainissement de base. En 2000, la région représentait moins de 6 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
Cette carte illustre le fardeau des maladies environnementales dans la région, exprimé en années de vie corrigées de l’incapacité (AVCI). Une AVCI = une année complète de pleine santé perdue.
Les infections liées à l’environnement se conjuguent avec la malnutrition, et diminuent les résultats du développement humain et économique. Au Pakistan, les infections transmises par l’eau, compte tenu de leurs effets sur la malnutrition, engendrent des pertes annuelles en résultats scolaires représentant 4,2 % du PIB.
La malnutrition affecte à la fois le système immunitaire et la capacité de résistance aux risques environnementaux (résultant par exemple d’un mauvais assainissement). Alors que la proportion des retards de croissance chez les enfants de moins de cinq ans a chuté en Asie du Sud de 50,8 % (1990) à 34,5 % (2005), la malnutrition pourrait resurgir dans les ménages pauvres du fait de la persistance des prix alimentaires élevés.
La pollution de l’air à l’intérieur des habitations est à l’origine d’infections respiratoires et de décès, en particulier chez les enfants. L’Asie du Sud compte pour 37 % des maladies dues à la pollution de l’air à l’intérieur des habitations. Le Népal est le quatrième des 10 premiers utilisateurs mondiaux de produits de biomasse.
Le manque d’accès à l’électricité est lui aussi un important facteur de risque sanitaire. Plus de 55 % des ruraux d’Asie du Sud n’ont pas accès à l’électricité (plus de 93 % en Afghanistan).
La pollution atmosphérique constitue un risque pour les adultes comme pour les enfants. C’est un problème très préoccupant dans les zones urbaines des pays à croissance rapide, tels que l’Inde.
Les changements climatiques et l’Asie du Sud
L’Asie du Sud pourrait être confrontée à des risques sanitaires majeurs du fait du changement climatique, en raison d’une augmentation de la malnutrition, des maladies diarrhéiques et du paludisme.
La fonte précoce des neiges et l’amenuisement du tampon glaciaire dans l’Hindu Kush et l’Himalaya auront une incidence sur le caractère saisonnier des approvisionnements en eau pour de vastes segments de la population indienne. Du fait de l’élévation du niveau de la mer, les zones inondables du Bangladesh devraient s’accroître de 23 à 29 %, voire davantage, si la température mondiale augmente de 2ºC.
Le changement climatique viendra probablement aggraver les stress hydriques dans le monde. En Asie du Sud, les ressources internes en eau douce sont d’ores et déjà inférieures à 2000 mètres cube par habitant.
Des assurances doivent impérativement être prises pour se préserver des catastrophes naturelles, notamment au Bangladesh.
Progrès enregistrés en matière de viabilité environnementale
En 2004, 16 % de la population d’Asie du Sud n’avaient pas accès à l’eau potable (contre 29 % en 1990), mais 63 % ne disposaient pas de services d’assainissement de base.
Au cours des deux prochaines décennies, l’Inde comptera pour beaucoup dans la demande énergétique mondiale.
L’Inde est le troisième des 10 principaux pays dont les activités industrielles sont à l’origine de la pollution de l’eau, avec des émissions supérieures à 1,5 million de kg par jour.
L’Asie du Sud a une épargne nette ajustée positive, une condition nécessaire pour une croissance économique durable.
La région compte moins de 0,06 hectares de forêt par habitant. Son couvert forestier n’a toutefois pas beaucoup reculé entre 2000 et 2005.
Les terres agricoles qui constituent 51 % de la richesse naturelle totale de la région, soit 2 600 dollars par habitant, ont perdu de la valeur dans les pays pauvres du monde entier. Leur valeur est particulièrement sujette aux impacts des changements climatiques.