Note de synthèse : Impact de la crise financière mondiale sur les pays en développement

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Éléments clés:              Chapitre 1 (a) [741 KB] | Texte intégral (a) [9 MB]

  • L’intensification de la rĂ©cession mondiale, la montĂ©e du chĂ´mage et l’instabilitĂ© des cours des produits de base en 2008 et 2009 compromettent les efforts de lutte contre la pauvretĂ©. La rĂ©cente crise alimentaire a fait tomber des millions de personnes dans la misère. La dĂ©tĂ©rioration des perspectives de croissance dans les pays en dĂ©veloppement va ralentir encore le recul de la pauvretĂ©.
  • La relance Ă©conomique nĂ©cessitera des mesures efficaces pour redonner confiance dans le système financier et enrayer la baisse de la demande mondiale. Bien que la responsabilitĂ© de rĂ©tablir la croissance mondiale incombe avant tout aux pays riches, les marchĂ©s Ă©mergents et les pays en dĂ©veloppement ont un rĂ´le essentiel Ă  jouer dans l’amĂ©lioration des perspectives de croissance, le maintien de la stabilitĂ© macroĂ©conomique et le renforcement du système financier international.

La crise la plus grave depuis celle de 1929

  • Le monde doit aujourd’hui faire face Ă  la plus grave crise du crĂ©dit et la plus forte rĂ©cession depuis la crise de 1920. Dans la deuxième moitiĂ© de 2008, l’économie mondiale s’est retrouvĂ©e au point mort. Le taux de croissance annuelle du PIB mondial a ralenti Ă  2 % après s’être maintenu Ă  5 % en moyenne sur la pĂ©riode 2003-07.
  • Les Ă©changes internationaux se sont effondrĂ©s au dernier trimestre 2008 et on s’attend Ă  un recul des exportations mondiales en 2009, pour la première fois depuis 1982.
  • Le PIB des pays riches devrait, selon les projections, diminuer de 3,8 % en 2009 après avoir progressĂ© de 0,9 % en 2008. Dans les pays en dĂ©veloppement, la croissance devrait ralentir Ă  1,6 % en 2009, contre 6,1 % en 2008.

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Les pays en développement sont durement touchés par la crise
  • Bien que la crise soit apparue dans les pays riches, elle frappe durement les pays en dĂ©veloppement par le biais du commerce et des marchĂ©s financiers.
  • MĂŞme si les modes de propagation peuvent varier, les marchĂ©s Ă©mergents comme les pays Ă  faible revenu seront gravement touchĂ©s.
    • La contraction du commerce mondial, le flĂ©chissement de la demande intĂ©rieure et la nette rĂ©duction de l’accès aux financements extĂ©rieurs devraient ralentir fortement la croissance des marchĂ©s Ă©mergents, de 6,1 % en 2008 Ă  1,5 % en 2009, ce qui reprĂ©sente le taux de croissance le plus faible depuis les annĂ©es 90.
    • Si les pays Ă  faible revenu ont Ă©tĂ©, dans l’ensemble, moins touchĂ©s par la crise financière, le ralentissement des exportations et la chute des prix des produits de base Ă  l’exportation pèseront plus lourdement sur les perspectives de croissance en 2009. Par exemple, la croissance en Afrique subsaharienne sera ramenĂ©e Ă  1,7 %, contre 5,5 % en 2008.
  • La situation financière se dĂ©grade dans l’ensemble des pays Ă©mergents et des pays en dĂ©veloppement en raison du flĂ©chissement des recettes intĂ©rieures, de l’augmentation des dĂ©penses consacrĂ©es aux programmes sociaux pour faire face Ă  la crise et de la dĂ©tĂ©rioration des termes de l’échange pour les exportateurs de produits de base.
  • Bien que les possibilitĂ©s de trouver des financements semblent s’amĂ©liorer depuis le dĂ©but de 2009 pour les emprunteurs souverains, les conditions de financement demeurent très difficiles pour les entreprises des pays en dĂ©veloppement.
  • Les apports nets de capitaux privĂ©s aux marchĂ©s Ă©mergents ont reculĂ© de 7,3 % du PIB en 2007 Ă  4,9 % en 2008 et devraient devenir nĂ©gatifs en 2009, selon les projections.
  • Les envois de fonds sur salaires vers les pays en dĂ©veloppement ont ralenti au troisième trimestre 2008 et devraient reculer encore en 2009, de l’ordre de 5 Ă  8 %.
  • Le montant total des recettes en devises des pays pauvres accusera une nette baisse en 2009, crĂ©ant un dĂ©ficit de financement d’au moins 25 milliards de dollars.

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Le recul de la pauvreté a ralenti
  • Les crises alimentaire et financière ont freinĂ© le recul de la pauvretĂ©. La pauvretĂ© reculera en 2009, mais selon les prĂ©visions de la Banque mondiale, quelque 55 millions de personnes de plus que prĂ©vu avant la crise auront moins de 1,25 dollar par jour (en paritĂ© de pouvoir d’achat pour 2005) pour vivre.
  • Le premier ODM – faire reculer la pauvretĂ© – peut encore ĂŞtre atteint Ă  l’échelon mondial, mais la crise fait peser de nouveaux risques et il y a de fortes de chances que cet objectif ne soit pas atteint dans l’ensemble des pays Ă  faible revenu.

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L’aide publique au développement doit augmenter pour aider les pays à faire face à la crise

  • La communautĂ© internationale doit agir rĂ©solument pour aider les pays Ă  faible revenu qui ne peuvent pas faire face Ă  la crise sans alourdir la charge supportĂ©e par les plus dĂ©munis. Il est donc plus urgent que jamais d’accroĂ®tre l’aide publique au dĂ©veloppement.

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La riposte des pouvoirs publics à la crise doit être adaptée à la situation de chaque pays

  • Les mesures macroĂ©conomiques mises en place pour faire face Ă  la crise de confiance sur les marchĂ©s financiers et limiter ses retombĂ©es sur l’économie rĂ©elle doivent ĂŞtre adaptĂ©es Ă  la situation de chaque pays.
    •  Les pays ayant des fondamentaux solides pourraient disposer de la marge de manĹ“uvre nĂ©cessaire pour mettre sur pied un plan de relance monĂ©taire et budgĂ©taire. Plusieurs pays Ă©mergents ont pris des mesures cette annĂ©e pour stimuler l’activitĂ© Ă©conomique grâce Ă  une politique d’expansion monĂ©taire et budgĂ©taire mais des incitations supplĂ©mentaires pourraient s’avĂ©rer nĂ©cessaires en 2010.
    •  Les pays dont la situation macroĂ©conomique est moins solide — ceux qui sont confrontĂ©s Ă  des dĂ©ficits budgĂ©taires et courants insoutenables, Ă  une diminution des financements extĂ©rieurs et Ă  une importante dette extĂ©rieure – auront une moins grande marge de manĹ“uvre. Ils risquent de ne pas avoir d’autre solution que de s’employer en prioritĂ© Ă  amĂ©liorer leur situation budgĂ©taire et leurs comptes extĂ©rieurs, tout en essayant d’attĂ©nuer les rĂ©percussions sur les perspectives de croissance intĂ©rieure.
  • Les responsables ne doivent pas perdre de vue les prioritĂ©s Ă  long terme. Il importe de supprimer progressivement les subventions impossibles Ă  maintenir et d’affiner les mĂ©canismes de protection sociale. Des mesures souples et bien ciblĂ©es, telles que le soutien direct des revenus (sous forme de transferts conditionnels de liquiditĂ©s, comme dans les programmes Progresa/Oportunidades au Mexique et Bolsa Escola au BrĂ©sil) et les programmes de protection-travail (comme ceux utilisĂ©s pour prĂ©venir les famines ou y faire face en Afrique subsaharienne), peuvent aider les pauvres tout en limitant les dĂ©penses publiques.

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Il faut agir sur plusieurs fronts pour résoudre les problèmes du système bancaire

  • Advanced, emerging and developing countries should take comprehensive action to resolve liquidity and solvency problems in the banking system.
  • La crise financière a mis en lumière de nombreuses lacunes dans les cadres de supervision nationale. Si bon nombre des enseignements tirĂ©s de la crise concernent essentiellement les pays Ă  industrialisation plus ancienne, ils s’appliquent aussi dans la plupart des cas aux marchĂ©s Ă©mergents et aux pays en dĂ©veloppement.
  • Les mesures visant Ă  renforcer le système financier doivent s’articuler autour de quatre volets d’action :
    • Renforcement des institutions
    • Consolidation du cadre de planification des interventions d’urgence et de gestion des crises
    • AttĂ©nuation des risques de contagion transfrontalière et des effets de dĂ©bordement
    • Adoption d’un système de surveillance financière fondĂ© sur une optique macroĂ©conomique plus large
  • Le Programme d’évaluation du secteur financier, une initiative conjointe du FMI et de la Banque mondiale, a aidĂ© Ă  formuler des conseils en matière de surveillance prudentielle et de rĂ©glementation des marchĂ©s en temps de crise. Ces Ă©valuations examinent en dĂ©tail les complĂ©mentaritĂ©s et les arbitrages Ă  faire entre stabilitĂ© financière et dĂ©veloppement. Depuis 2007, 21 Ă©valuations (essentiellement des mises Ă  jour) ont Ă©tĂ© effectuĂ©es.
    Ces évaluations sont disponibles sur Internet à l’adresse suivante : http://www.imf.org/external/np/fsap

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