Toutes les règions en dèveloppement sont vulnèrables aux impacts du changement climatique, pour des raisons diverses. Les problèmes communs à l’ensemble des pays en dèveloppement – ressources humaines et financières limitèes, institutions fragiles – sont des èlèments dèterminants de leur vulnèrabilitè. Toutefois, d’autres facteurs gèographiques et historiques s’avèrent tout aussi importants.
Afrique
L’Afrique subsaharienne est une région naturellement fragile (dont les deux tiers sont constitués de déserts ou de terres arides), très exposée aux sécheresses et aux inondations. Or, le changement climatique devrait accroître la fréquence de ces phénomènes. Les économies de la région sont fortement dépendantes des ressources naturelles. La biomasse fournit 80 % des approvisionnements nationaux en énergie primaire. L’agriculture pluviale contribue pour environ 30 % au PIB et emploie prés de 70 % de la population. Le caractère inadapté des infrastructures pourrait entraver le processus d’adaptation au changement climatique, compte tenu notamment des capacités limitées de stockage d’eau, malgré des ressources abondantes. Le paludisme, premiére cause de mortalité dans la région, gagne progressivement les zones d’altitude où il ne sévissait pas auparavant.
Brochure sur l’Afrique | Communiqué sur l'Afrique
Asie de l'Est et Pacifique
En Asie de l’Est et dans le Pacifique, la densité élevée des populations établies en zone côtiére et sur les îles basses – plus de 130 millions de personnes en Chine et environ 40 millions au Viet Nam, soit plus de la moitié de la population – est un des principaux facteurs de vulnérabilité. La forte dépendance de la région, et en particulier des pays les plus pauvres, à l’égard de l’agriculture en est un autre. À mesure que s’intensifient les pressions qui s’exercent sur les terres, l’eau et les forêts, sous l’effet de l’accroissement démographique, de l’urbanisation et de la dégradation de l’environnement liée à une industrialisation rapide, la variabilité accrue du climat et l’augmentation des phénoménes météorologiques extrêmes vont compliquer la gestion de ces ressources. Dans le bassin du Mékong, par exemple, la saison des pluies sera marquée par des précipitations plus importantes, tandis que la saison sèche s’allongera de deux mois. La grande dépendance des économies de la région à l’égard des ressources marines – la valeur des récifs coralliens d’Asie du Sud-est qui sont bien gérés est estimée à 13 milliards de dollars – est un autre facteur de vulnérabilité, d’autant que ces ressources subissent déjà de nombreuses pressions liées à la pollution industrielle, à l’aménagement des zones côtières, à la surpêche et au ruissellement des pesticides agricoles et des nutriments.
Vidéos sur la Chine (a) | Communiqué sur l'Asie de l'Est et Pacifique (a)
Europe et Asie centrale
En Europe orientale et Asie centrale, la vulnérabilité au changement climatique tient aux effets persistants du passif hérité de la période soviétique, qui se caractérise par une mauvaise gestion de l’environnement et par l’état médiocre d’une grande partie des infrastructures de la région. À titre d’exemple, la hausse des températures et le recul des précipitations observés en Asie centrale vont aggraver les conséquences environnementales catastrophiques de la disparition de la partie sud de la mer d’Aral (provoquée par le détournement des cours d’eau pour l’irrigation des cultures de coton exploitées dans cette région de climat désertique) : le sable et le sel libérés par l’asséchement des fonds marins sont transportés par les vents jusqu’aux glaciers d’Asie centrale, accélérant la fonte des glaces due à la hausse des températures. Les infrastructures et les logements vieillissants, mal conçus et mal entretenus, également hérités de l’ére soviétique et de la période de transition qui a suivi, sont mal adaptés pour résister aux tempêtes, aux fortes chaleurs et aux inondations.
AmÈrique latine et CaraÃbes
Les écosystèmes les plus vitaux d’Amérique latine et des Caraïbes sont menacés.
Premièrement, les glaciers des zones tropicales des Andes semblent condamnés à disparaître, ce qui changera le calendrier et l’intensité du débit des ressources en eau dans plusieurs pays et pourrait compromettre l’approvisionnement, dès 2020, d’au moins 77 millions de personnes et aussi des centrales hydroélectriques qui fournissent plus de la moitié de l’électricité de nombreux pays d’Amérique du Sud. Deuxièmement, le réchauffement et l’acidification des océans vont provoquer des épisodes de blanchiment des coraux de plus en plus fréquents et risquent, à terme, d’entraîner la disparition des récifs coralliens des Caraïbes, qui servent d’habitat aux populations juvéniles de près de 65 % des espèces de poissons du bassin des Caraïbes et offrent une protection naturelle contre les marées de tempête, sans parler de leur attrait touristique vital pour la région. Troisièmement, les dommages qu’ont subis les zones humides du golfe du Mexique ont accentué la vulnérabilité du littoral face à des ouragans dont la violence et la fréquence ne cessent d’augmenter. Enfin, la plus catastrophique des conséquences du réchauffement climatique dans la région pourrait être un dépérissement massif de la forêt pluviale amazonienne, dont de vastes zones seraient converties en savane, ce qui aurait de graves conséquences pour le climat de la région, voire de la planète toute entière.
Moyen-Orient et Afrique du Nord
Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, région la plus aride du monde, l’eau est la ressource la plus menacée, et les disponibilités en eau par habitant devraient, selon les prévisions, diminuer de moitié d’ici à  2050 même sans prendre en compte les conséquences des variations climatiques. La région n’a guère de solutions pour accroître ses réserves en eau, puisque prés de 90 % de ses ressources en eau douce sont déjà stockées dans des réservoirs. Les effets conjugués de l’aggravation des pénuries d’eau et de la variabilité accrue du climat sont une réelle menace pour le secteur agricole, qui consomme environ 85 % des ressources en eau de la région. Cette vulnérabilité est d’autant plus grande que la population et les activités économiques se concentrent principalement dans les zones côtières exposées aux risques d’inondation, et que les pénuries d’eau pourraient encore accentuer les tensions sociales et politiques.
Asie du Sud
En Asie du Sud, les ressources naturelles subissent déjà des pressions considérables et sont sensiblement dégradées en raison de facteurs géographiques, de niveaux de pauvreté élevés et de la forte densité de population. Le changement climatique aura probablement un impact sur les ressources en eau en agissant sur le régime des moussons, qui fournissent 70 % des précipitations annuelles sur une période de quatre mois, et en entraînant la fonte des glaciers himalayens. La hausse du niveau des mers suscite de vives préoccupations dans cette région où les zones côtières sont nombreuses et densément peuplées, où les plaines agricoles sont menacées par les intrusions de sel et où l’on compte un grand nombre d’îles de faible altitude. Si les scénarios climatiques les plus pessimistes venaient à se produire, la hausse du niveau des mers pourrait submerger une grande partie des Maldives et inonder 18 % de la superficie du Bangladesh.