Évolution récente

Financement du développement dans le monde 2009 : Asie de l'Est et Pacifique
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Dans un contexte de fort ralentissement de la demande mondiale et d’un arrêt brutal des flux de capitaux, la croissance des pays en développement d'Asie de l'Est et du Pacifique a ralenti pour s'établir à 8 % en 2008, alors qu’elle avait atteint un niveau record de 11,4 % en 2007.
La forte baisse s'est produite malgré l'assouplissement des politiques et autres mesures prises par les autorités dans la plupart des pays pour soutenir l'activité.

Avec des exportations en forte baisse, les entreprises ont agi afin de réduire la production et les investissements, tandis que les ménages ont freiné leur consommation dans un climat de licenciements et d'incertitude économique.
Les pays les plus dépendants des exportations, en particulier de produits ou sur des marchés uniques, ont vu leur activité chuter plus rapidement et, en général, plus drastiquement.

La croissance a commencé à ralentir dans la plupart des pays au cours du deuxième trimestre de 2008 et s’est fortement affaiblie avant le quatrième trimestre, quand tous les nouveaux pays industrialisés (NPI), y compris Hong Kong en Chine, la République de Corée, Singapour et Taïwan en Chine, sont entrés en récession et quand la production a baissé en Malaisie, aux Philippines et en Thaïlande, selon des mesures de croissance annuelle corrigées en fonction des variations saisonnières (désaisonnalisé).
Le rythme d'expansion économique a davantage ralenti au cours du premier trimestre de 2009, le PIB de plusieurs NPI connaissant alors une baisse à deux chiffres et la croissance dans la région en cours de développement pour atteindre 3,5 % (désaisonnalisé).

Pourtant, des indicateurs à fréquence élevée, tels que la production manufacturière, ont suggéré que le rythme du déclin commençait à ralentir.

La Chine reste en meilleure situation dans la région et dans l'économie mondiale, avec des signes indiquant que la chute de l'activité économique pourrait y atteindre un creux.
Le pays supporte la crise financière et économique mieux que beaucoup d'autres car il ne s'appuie pas sur un financement extérieur, ses banques ont été largement épargnées par la crise financière internationale et il dispose de l'espace budgétaire et macro-économique permettant la mise en œuvre de fortes mesures de relance.

Un important programme d’investissements publics, équivalent à 12 % du PIB de 2008, a été annoncé fin 2008.
Associée à un assouplissement monétaire et à d’autres mesures, la demande nationale paraît être au plus bas, compensant partiellement la faible demande externe et les effets d’un effort antérieur pour combattre une surchauffe.

La croissance du PIB réel est descendue à une valeur la plus basse en 10 ans, à 6,1 % au premier trimestre de 2009 (sur un an), par rapport à 9 % pour 2008 dans son ensemble et à un record de 13 % en 2007.

Le ralentissement en Indonésie est survenu relativement tard et, jusqu'à présent, a été plus modéré que dans de nombreux autres pays de la région.
Bien que l'expansion de toutes les composantes du PIB ait ralenti à la fin de 2008, la croissance de l'exercice s'élève à 6,1 %, un rythme qui a peu changé depuis 2007.

Mais le déclin des exportations et le ralentissement de la consommation et des dépenses d'investissement ont provoqué un ralentissement de la croissance qui s’élève à 4,4 % pour le premier trimestre de 2009 (sur l’année).
En Thaïlande, la contraction de la demande étrangère, combinée à l'impact de l'incertitude politique, pèse lourdement sur l'activité économique, transformant le lent essor du début de 2008 en une contraction d'ici le quatrième trimestre à 22 % (désaisonnalisé), tandis que la production a continué de décliner à un rythme annualisé de 7,3 % au cours du premier trimestre de 2009. 

Le Cambodge a connu le ralentissement de croissance le plus fort de l'Asie de l'Est et de la région du Pacifique en développement.
Les exportations, dont la plupart consistent en vêtements expédiés aux États-Unis, ont beaucoup souffert, tout comme le secteur du bâtiment après une forte correction à la baisse des prix des logements, ainsi que des prêts et du tourisme.

La croissance du PIB réel a ralenti à 6,7 % 2008, suite à 10,2 % de gains en 2007.
Par contre, la croissance a beaucoup moins ralenti au Vietnam en 2008, car le gouvernement a réagi à la menace d'une surchauffe de l'économie nationale de façon décisive à partir de la fin de 2007.

En réponse au premier choc de la crise actuelle, les autorités ont mis en mars 2008 l’accent sur la stabilisation plutôt que sur la croissance.
En novembre 2008, elles ont de nouveau soutenu l'activité économique grâce à d’importantes réductions des taux d'intérêt, des injections de liquidités et à un plan de relance fiscale.

Le ralentissement de la croissance a été limité à 6,2 % en 2008, comparativement à 8,5 % en 2007. 

Grâce au déclin de l’inflation (les prix à la consommation ont baissé de façon substantielle dans l’Asie de l’Est, la hausse des prix alimentaires et du carburant de 2007-2008 étant largement annulée à la mi-2009) et en réponse à l’affaiblissement de l’activité économique et aux effets de la crise financière internationale, les autorités monétaires de nombreux pays ont baissé leurs taux d'intérêts directeurs et mis en place d’autre mesures destinées à soutenir les liquidités nationales et la disponibilité du crédit.
Dans un contexte de saine gestion bancaire dans la plupart des pays, ces mesures ont garanti que les liquidités en monnaies locales sont restées largement suffisantes et les taux interbancaires ont diminué ou sont restés stables.

Les actions politiques ont inclus : des réductions des taux des banques centrales dans tous les pays à revenu moyen et le Vietnam ; des réductions des taux minimum de réserves obligatoires (Chine, Indonésie pour les dépôts en dollars, Malaisie, Philippines et Vietnam) ; l'augmentation des taux payés sur les réserves obligatoires (Indonésie et Vietnam) et ; des extensions de la couverture et des échéances des obligations des banques centrales.
La banque centrale de Chine a également apporté des liquidités en rachetant plus tôt des actifs en monnaie locale. Plusieurs pays ont également étendu leurs systèmes de garantie des dépôts afin de couvrir la plupart ou la totalité de ceux-ci.

Les pays à revenu intermédiaire d'Asie de l'Est ont fait activement appel à la politique budgétaire pour stimuler la demande intérieure.
Dans l'ensemble, les plans de relance sont équivalents à 3,6 % du PIB régional, et il faut rajouter 1,7 % de PIB pour les mesures à mettre en œuvre en 2009 et la plupart de celles qui seront mises en œuvre en 2010.

Le rôle des stabilisateurs automatiques est plus faible en Asie de l'Est que dans d’autres régions, ce qui laisse la détérioration des soldes budgétaires globalement en ligne avec celle des pays les plus développés.
Néanmoins, les pays en développement d'Asie de l'Est ont été plus vigoureux que d'autres groupes dans la mise en place d’un soutien à l'activité économique.

Tous les pays à revenu intermédiaire ont mis en place des plans de relance budgétaire sélectifs.
Les pays à faible revenu, qui ont le plus souvent peu ou pas de marge de manœuvre budgétaire et des capacités d'absorption et administratives faibles ou limitées, ont essayé d’obtenir une augmentation de l'aide extérieure pour libérer des fonds pour d'autres dépenses.

Des réductions sélectives des taux d'imposition et des augmentations des dépenses se sont ajoutées à une baisse des revenus due à une croissance plus faible et à une baisse des prix des marchandises, et ont contribué à la hausse des déficits budgétaires dans la région.

Les plus fortes hausses ont été enregistrées en Chine et en Thaïlande, pays considérés comme ayant la plus grande marge de manœuvre fiscale.
Il existe d'importantes variations entre les plans fiscaux, notamment en termes de taille et de réductions d'impôts par rapport à l’augmentation des dépenses ou d'autres mesures, et selon le fait que les propositions ciblent seulement 2009 ou 2009-2010.

Les plans en Chine et aux Philippines incorporent des mesures qui doivent être financées à la fois par les secteurs public et privé.
En revanche, le plan de la Malaisie comprend d’importantes garanties de crédit et des investissements en actions qui ne contribuent pas au déficit public.

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Publié le 22 juin 2009
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La production a fortement baissé en Asie de l’Est, mais le creux de la vague semble atteint

Production industrielle, % de variation(taux annuel CVS)

** Les données de production récentes pour la Chine présentent des distorsions du fait que le calendrier du Nouvel An chinois varie d’une année sur l’autre, ce qui complique la présentation des chiffres CVS. Source : Données de la Banque mondiale, par le biais de Thomson/Datastream.

Les perspectives de l’Asie de l’Est sont très tributaires de la Chine

Croissance du PIB (%)

Source : Données et projections de la Banque mondiale.