Résumé des perspectives

Financement du développement dans le monde 2009 : Résumé des perspectives
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La crise financière s’est déclenchée en septembre 2008 après plus d’un an de turbulences financières s’est transformée en une crise mondiale de l’économie réelle.
L’activité économique a chuté abruptement au cours du dernier trimestre de 2008 et du premier trimestre de 2009, tant dans les pays à revenu élevé que dans les pays en développement.

Le chômage est en hausse et la pauvreté devrait donc augmenter dans les économies en développement, entraînant une importante détérioration des conditions de vie des pauvres et des plus vulnérables de ce monde.

Le déclenchement de la crise financière a provoqué une vaste liquidation des investissements, une importante perte de richesse à l’échelle mondiale, un resserrement des conditions de crédit et une augmentation généralisée de l’incertitude.
La hausse des coûts d’emprunt et le resserrement des conditions de crédit, jumelés à l’augmentation de l’incertitude, ont entraîné un exode mondial vers la qualité, a poussé les sociétés à réduire leurs dépenses d’investissement et les ménages à repousser l’achat de gros articles.

Cette augmentation rapide de l’épargne préventive a causé une importante baisse des investissements internationaux, de la production, du commerce et du produit intérieur brut (PIB) au cours du quatrième trimestre de 2008, et la tendance s’est poursuivie au cours du premier trimestre de 2009.
Les plus importantes baisses d’activité économique ont été enregistrées par les pays spécialisés dans la production de biens durables et d’équipement et par les pays ayant de grandes vulnérabilités macroéconomiques préexistantes.

Cet environnement international soudainement très faible a accéléré la baisse des prix des matières premières qui avait débuté à la mi-2008.
À la fin du mois de mai 2009, le prix du pétrole était en baisse de 60 % par rapport à son sommet et les prix des matières premières autres que le pétrole, notamment ceux des produits alimentaires faisant l’objet d’échanges internationaux, étaient en baisse de 35 %.

La baisse des prix des carburants  et des produits alimentaires a dans une certaine mesure atténué l’impact de la diminution de l’activité économique sur la pauvreté et a contribué à réduire les pressions exercées sur les comptes courants des pays en développement importateurs de pétrole, alors que les pays en développement exportateurs de pétrole ont enregistré une diminution de leur surplus allant jusqu’à 17 % de leur PIB.

Des politiques ont été rapidement adoptées en réaction à la crise et même si ces dernières n’étaient pas toujours bien coordonnées, elles ont permis de prévenir une défaillance encore plus prononcée des institutions financières, et par conséquent, d’éviter un effondrement encore plus important de la production.
En l’absence d’aide de la part du secteur public, les pertes massives subies par les banques d’investissement et autres institutions auraient contraint les banques commerciales à réduire considérablement leurs prêts, ce qui aurait forcé les sociétés à réduire leurs investissements et leur production de manière encore plus marquée.

Au contraire, les prêts bancaires ont continué à croître jusqu’à tout récemment, bien que cette croissance ait été bien moins rapide que par le passé.

Ces interventions politiques ont cependant un coût.
Nous nous attendons à ce que les équilibres budgétaires se détériorent d’environ 3 % du PIB dans les pays à revenu élevé et d’environ 4,4 % du PIB dans les pays en développement.

À long terme, une augmentation de l’endettement des pays à revenu élevé pourrait entraîner une hausse des coûts d’emprunt et avoir un effet d’éviction sur les emprunteurs des secteurs public et privé des pays en développement.

La diminution de l’activité économique combinée à des flux de capitaux bien moindres vers les pays en développement place un bon nombre de pays à faible revenu et à revenu intermédiaire dans une situation financière extrêmement difficile.
De nombreux pays ont du mal à générer suffisamment de devises étrangères sur leurs exportations ou leurs emprunts pour couvrir leur demande en importations.

Dans l’ensemble, les besoins en emprunts des pays en développement devraient dépasser les apports nets de capitaux de 350 à 635 milliards de dollars (voir chapitre 3).

Bon nombre de pays sont en mesure de combler cet écart de financement en puisant dans les réserves de devises internationales qu’ils avaient accumulées pendant les périodes fastes.
Cependant, la viabilité de cette stratégie est incertaine.

Depuis septembre 2008, 16 pays ont dépensé 20 % ou plus de leurs réserves de devises étrangères et les réserves actuellement détenues permettent de couvrir moins de 4 mois d’importations dans 18 pays.

Les problèmes relatifs à l’alourdissement des déficits courants et à la détérioration des positions fiscales sont plus graves dans les régions de l’Europe et de l’Asie centrale, en partie parce qu’on s’attend à ce que la récession y soit la plus profonde, mais également parce que bon nombre de pays de ces régions avaient déjà des déficits courants de plus de 10 % (en pourcentage du PIB) et/ou d’importantes dettes gouvernementales avant même le début de la crise.
Si, comme cela semble probable, le financement est difficile à obtenir pour ces économies, une importante diminution de la demande intérieure et une dépréciation marquée du taux de change seront nécessaires pour revenir à un équilibre budgétaire intérieur et extérieur.

Malgré une rapide baisse du PIB des pays à revenu élevé au cours du premier trimestre de 2009, un certain nombre d’indicateurs laissent entrevoir le début d’une reprise économique. Parmi les facteurs indiquant le début d’une reprise, on compte une stabilisation et même un redressement des marchés boursiers, de modestes améliorations des exportations de certains pays, une reprise de la demande des consommateurs et les effets à venir des mesures fiscales délibérées visant à stimuler la demande.

Cependant, à l’heure actuelle, les indicateurs couramment utilisés varient considérablement d’un pays à l’autre ; les données pour les États-Unis et la Chine suggérant davantage une reprise économique que celles des pays d’Europe de l’Ouest et des autres régions en développement.

De plus, plusieurs facteurs indiquent que le ralentissement se poursuit.
Le taux de chômage continue à augmenter dans l’ensemble du monde, les prix des logements sont encore en baisse dans bon nombre de pays (accentuant les effets négatifs sur la richesse), les bilans des banques demeurent fragiles et le secteur financier a encore besoin de beaucoup plus de consolidation et de recapitalisation.

Par conséquent, le moment et la vigueur d’une éventuelle reprise de l’économie mondiale demeurent très incertains.

En effet, de nombreux pays doivent faire face à des pressions grandissantes sur leur devise et leur secteur bancaire.
Plusieurs pays en développement à revenu élevé ou intermédiaire ont déjà conclu des ententes spéciales d’emprunt avec le Fonds monétaire international (FMI) pour empêcher que la détérioration de leurs positions fiscales et extérieures ne devienne incontrôlable.

Les projections de référence présentées dans ce numéro de Global Development Finance tablent sur une reprise beaucoup plus discrète qu’après une récession normale, en partie parce que ce ralentissement fait suite à une crise financière qui semble être plus longue et plus profonde que d’ordinaire, et en partie parce que le ralentissement actuel a touché presque tous les pays du monde, écartant le scénario plus classique selon lequel une zone géographique isolée ayant connu un ralentissement peut en partie assurer sa reprise en ciblant ses exportations vers des pays en meilleure santé financière et dont la croissance est rapide. Dans le cadre de nos projections de référence, le PIB mondial, après avoir reculé d’un taux record de 2,9 % en 2009, rebondit d’un modeste 2,0 % en 2010 et de 3,2 % en 2011 (tableau 1.1).
La consolidation dans le secteur bancaire, la poursuite des effets négatifs sur la richesse, les taux élevés de chômage et l’aversion au risque devraient continuer à nuire à la demande au cours de la période.

Les taux de croissance des pays en développement demeurent plus élevés (étant donné une plus forte croissance sous-jacente de la productivité et de la population), mais ils demeurent relativement modestes à 1,2 %, 4,4 % et 5,7 %, respectivement entre 2009 et 2011.
Étant donné les pertes de productivité déjà absorbées, et parce que le PIB n’atteindra son taux potentiel de croissance qu’en 2011, l’écart de production (ou la différence entre le PIB actuel et son niveau potentiel), le chômage et les pressions déflationnistes devraient s’accentuer entre 2009 et 2011.

Une reprise plus robuste est possible, alimentée par les importantes initiatives fiscales, monétaires et sectorielles qui ont été mises en place.
Une reprise bien plus faible est également envisageable.

Dans ce dernier scénario, l’impact négatif du secteur financier sur la croissance économique, qui est un facteur clé des projections de base, devrait être plus intense tandis qu’une confiance encore plus faible nuira à la reprise des investissements discrétionnaires et des dépenses des ménages et entraînera une croissance encore plus faible.
De plus, les pressions exercées sur les comptes courants seront exacerbées par une faible reprise, ce qui pourrait obliger un certain nombre de pays (notamment en Europe et en Asie centrale) à entreprendre un processus d’ajustement beaucoup moins ordonné, caractérisé par une importante dépréciation de leur devise et par des coupes difficiles dans leur demande intérieure.




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