Le fléchissement des exportations et le ralentissement du développement de la demande intérieure ralentiront la croissance du PIB réel dans les pays en développement de l'Asie de l'Est, qui passe à 5 % en 2009 par rapport à 8 % en 2008, malgré un assouplissement monétaire et budgétaire certain. La morosité de la demande intérieure reflète le ralentissement de la croissance ou la baisse des dépenses d'investissements par le secteur privé, qui n'est que partiellement compensée par une hausse des dépenses publiques d'investissements dans les pays à revenu intermédiaire. Dans le même temps, les dépenses des ménages déclinent, les soldes d’épargne de précaution étant consolidés dans un contexte de montée du chômage et de ralentissement des augmentations de salaires (se référer au tableau ci-dessous). Grâce à la Chine, la croissance en Asie de l'Est et dans la région du Pacifique en développement sera la plus rapide parmi les régions du monde. La contribution de la région au PIB mondial reste la plus importante, à égalité en termes de dollars avec la somme des contributions des trois autres régions ayant des effets positifs : l’Asie du Sud, le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne. Étant donné que le PIB nominal des pays en développement de l'Asie de l'Est représente à peine un dixième de la production mondiale, la contribution de la région au PIB mondial marginal ne compensera que partiellement la chute de la production dans les pays développés. Si l’on exclut toutefois la Chine, la performance des pays en développement d'Asie de l'Est devrait être terne. Cela s’explique par l'ouverture des économies de la région et par l'étroitesse des réseaux de production organisés pour desservir les marchés des États-Unis (et dans une moindre mesure, du Japon). Mais tout comme ces caractéristiques structurelles ont causé la chute de la croissance de ces pays pendant le ralentissement mondial, elles serviront également de soutien à leurs performances lors de la reprise de la croissance mondiale. L’évolution dans la région en 2009 sera fortement influencée par la Chine (se référer à la figure à la première page). La baisse de la demande mondiale entraînera une chute des exportations de la Chine cette année, la première baisse depuis des décennies. Néanmoins, une relance monétaire et budgétaire de grande envergure devrait contribuer à compenser en partie la baisse des exportations et à contenir le ralentissement de la croissance, estimé à 6,5 % dans son ensemble pour 2009, en baisse par rapport aux 9 % de 2008. Avec une croissance inférieure à son potentiel, l'excédent de capacité est susceptible de freiner les investissements fondés sur le marché et de conduire à une pression à la baisse sur les prix après plusieurs mois de baisses mensuelles de l'indice des prix à la consommation. Pourtant, la Chine va encore connaître une croissance plus rapide que la plupart des autres pays dans le monde en 2009, y compris tous les pays en développement d’Asie de l'Est. En effet, hormis la Chine, le PIB de la région présente une baisse de 0,2 % en 2009, le plus lent depuis la crise de la fin des années 1990. En Malaisie et en Thaïlande, parmi les autres pays à revenu moyen de la région, la production devrait se contracter en 2009 en raison d'une baisse des exportations et des investissements. En Malaisie, le PIB réel devrait chuter de 4,4 %, résultat de la dépendance élevée et peu diversifiée des exportations d'électronique, de pétrole, d'huile de palme brute, qui ont toutes fortement chuté, et de son marché intérieur relativement faible. En Thaïlande, la chute des exportations, aggravée par l'incertitude politique accrue, devrait provoquer la contraction de la production à un taux de 3,2 %, à la suite de l'expansion la plus lente des pays en développement de l'Asie de l'Est pendant 2008. Certains pays à revenu faible sont les pays les plus affectés. La décélération de la croissance en Mongolie a été particulièrement rapide, l'effondrement des prix à l'exportation ayant dévoilé une situation budgétaire insoutenable avec peu d'épargne restant de l'essor des prix des matières premières de 2007-2008 et des transferts sociaux surdimensionnés et non ciblés. Alors que les autres grands exportateurs de produits de base ont laissé leurs monnaies se déprécier quand les termes des échanges se sont détériorés, les autorités mongoles ont défendu la détermination du taux de change de leur monnaie par référence au dollar US, ce qui a conduit à une perte substantielle des réserves de change et finalement à un fort ajustement forcé. Au-delà de 2009, la possibilité d’une reprise plus rapide dans la région sera aidée par la Chine, mais dépendra en fin de compte du rythme de la reprise dans les économies avancées. Même dans l'hypothèse d’un début de reprise de la croissance dans les pays développés en 2010, un important écart de production demeurera pendant plusieurs années, y compris un taux de chômage élevé et la faiblesse de la consommation et des importations, ainsi que le maintien de la pression à la baisse sur les prix des produits manufacturés. De plus, une reprise en 2010 devrait être relativement modérée, à 6,6 %, soit une hausse par rapport au creux de 5 % de 2009, car les consommateurs dans les pays développés s'adaptent à des niveaux inférieurs de richesse et les banques terminent le processus de désendettement. Les perspectives d’une croissance mondiale plus faible, en contraste avec la moyenne des dix dernières années, augmentent l'importance du rééquilibrage par la Chine de son modèle de croissance, qui doit s'éloigner de la dépendance sur la fabrication destinée à l’exportation, renforcer le rôle des services, stimuler la consommation intérieure et, inévitablement, les importations. 
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