
L’intensification de la crise financière en septembre 2008 a entraîné un important renversement des flux de capitaux sortant des pays en développement pour revenir vers des pays à revenu élevé, notamment les États-Unis.
La nécessité de rapatrier des actifs liquides pour couvrir des pertes ailleurs et une augmentation du parti pris des investisseurs mondiaux pour leur pays ont entraîné la dépréciation de presque toutes les devises des pays en développement face au dollar américain.
L’effondrement des prix des matières premières a également joué un rôle dans la dépréciation des taux de change des pays en développement exportateurs de matières premières tels que l’Argentine, le Brésil et la Russie ainsi que pour les pays à revenu élevé exportateurs de matières premières tels que l’Australie et le Canada.
Au cours de la période immédiatement après la crise, seules quelques devises s’appréciaient ou maintenaient leur position face au dollar. Parmi celles-ci, on compte le yuan chinois et les devises de plusieurs exportateurs de pétrole dont le taux de change est arrimé au dollar américain.
Les devises de bon nombre de pays en développement se sont dépréciées de 20 % ou plus, mais l’ampleur de la dépréciation a été beaucoup moins grave en termes de taux de change effectif réel, étant donné que la plupart des devises ont perdu du terrain face au dollar américain de manière simultanée.7
La dépréciation des devises des pays en développement a fait en sorte que les prix en devises locales de bon nombre de matières premières ont beaucoup moins diminué que le prix en dollars américains de ces mêmes matières premières.
À titre d’exemple, les prix brésiliens du blé et du pétrole échangés sur les marchés internationaux ont diminué de 12 % et de 25 % respectivement entre juillet 2008 et février 2009, tandis que ces matières premières ont vu leur prix chuter de 25 % et 65 % respectivement en dollars américains.
De plus, les dépréciations ont augmenté ce qu’il en coûte en devises locales pour rembourser des dettes libellées en dollars américains.
Même si une dépréciation de ces devises améliorera la compétitivité des pays touchés, leur capacité à en tirer parti en augmentant leurs exportations sera diminuée par la faiblesse actuelle de la demande mondiale.
7 Le taux de change effectif réel est un indice du taux de change d’un pays par rapport à celui de ses principaux partenaires commerciaux (pondéré en fonction des proportions des exportations et des importations) et corrigé pour tenir compte de l’inflation.
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