L’effondrement des échanges mondiaux a lourdement pesé sur la croissance en Afrique subsaharienne qui est tombée à 1,1 % en 2009 contre plus de 5 % en moyenne sur les cinq années précédentes. Dans un premier temps, à mesure du repli des flux de capitaux mondiaux, l’impact de la crise a été plus marqué pour les pays comme l’Afrique du Sud dont le marché financier est plus intégré aux marchés financiers mondiaux. Par la suite, avec l’effondrement des échanges, l’impact s’est propagé aux pays exportateurs de pétrole (comme l'Angola) et de produits de base (comme le Botswana et la Zambie). Le recul du tourisme ainsi que la baisse des envois de fonds des travailleurs émigrés et du niveau de l’aide publique au développement ont également eu un impact défavorable sur la région. Dans l’ensemble, la croissance du PIB aurait chuté de 4 points de pourcentage et le produit national brut (indicateur tenant compte de l’effet des termes de l’échange) a chuté de 3,7 points de pourcentage entre 2008 et 2009, selon les estimations. L’Afrique du Sud a connu trois trimestres consécutifs de croissance négative avec une production en repli de 2,8 % en rythme annualisé au deuxième trimestre 2009. La croissance du pays est toutefois retournée en territoire positif au troisième trimestre avec un gain de 0,9 % tandis que le PIB du Kenya augmentait de 5,8 % (moyenne corrigée des variations saisonnières) au deuxième trimestre 2009, laissant penser que la reprise est en cours. La croissance du Nigeria a été favorisée par la performance relativement solide des secteurs agricole et des hydrocarbures. Toutefois, au vu du niveau important de prêts non productifs, le secteur financier devrait tirer la croissance du pays vers le bas à court terme. 
Le net repli des prix du pétrole qui a accompagné la récession a entraîné une baisse de la balance des opérations courantes des pays exportateurs de pétrole de la région (de plus de 10 % du PIB pour des pays comme l’Angola, le Gabon et le Nigéria). La reprise devrait être modeste, le PIB gagnant 3,8 % et 4,6 % en 2010 et 2011 respectivement. Les perspectives restent toutefois incertaines et l’ampleur de la reprise dépendra grandement de la croissance des principaux marchés d’exportation. Leur rebond devrait se traduire par une augmentation de la demande extérieure et par une reprise des flux d’IDE. Les revenus des pays dépendant des envois de fonds des travailleurs émigrés devraient rester limités en raison notamment de la persistance d’un chômage élevé aux États-Unis et dans l’Union européenne.
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