Soudan

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  • Que fait la Banque pour soutenir le processus de paix et de redressement au Soudan ?
  • La priorité de la Banque au Soudan est de soutenir l'accord de paix global qui a été conclu en 2005, mettant fin à 21 années de conflit entre les autorités de Khartoum et le Mouvement populaire de libération du Soudan (MPLS). Le problème qui se pose à ce pays est d'accélérer la mise en œuvre de plusieurs dispositions de l'accord qui ont pris du retard, en ce qui concerne notamment le statut de la zone riche en pétrole d'Abyei, la ligne de démarcation entre nord et sud, ou la gestion transparente des recettes pétrolières. Il convient par ailleurs de renforcer les capacités de l'administration publique au Sud-Soudan et d'améliorer les prestations de services et les moyens de subsistance dans les zones marginalisées. En toile de fond de ces problèmes, la poursuite des violences au Darfour est un élément qui continue de menacer les perspectives de paix et de stabilité durables.

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  • Qu'avez-vous fait pour contribuer à la reconstruction dans les parties du Soudan qui cherchent à vivre en paix ?
  • Avant la conclusion de l'accord de paix de 2005, la Banque a entrepris avec l'Organisation des Nations Unies, le Gouvernement soudanais et le MPLS une mission d'évaluation conjointe qui a défini les besoins du pays pour une période intérimaire de six ans. Le document final de cette mission, intitulé « Cadre pour la transition, la reconstruction et l'éradication de la pauvreté », a été présenté à une conférence des donateurs qui s'est tenue en avril 2005 à Oslo (Norvège). Des engagements de l'ordre de 4,5 milliards de dollars ont été annoncés à l'issue de cette conférence, dont 2 milliards pour les programmes de développement. À ce titre, 508 millions de dollars étaient alloués à deux fonds fiduciaires pluridonateurs nouvellement établis et administrés par la Banque, fonds destinés à soutenir les efforts de développement entrepris respectivement par le Gouvernement d’unité nationale et par le Gouvernement du Sud-Soudan. Les premiers dons destinés au Sud-Soudan ont été accordés en novembre 2005, et les accords relatifs à ceux destinés au gouvernement national ont été signés en janvier 2006. En février 2007, le fonds pour le Sud-Soudan avait accordé dix dons ou dons additionnels pour un montant global de 138 millions de dollars, le Gouvernement du Sud-Soudan ayant contribué pour sa part 195 millions aux projets en question. Celui établi pour le Gouvernement d'unité national avait quant à lui accordé six dons pour un montant global de 89,6 millions de dollars, la contribution de contrepartie du gouvernement s'élevant à 141,7 millions. Les projets ainsi financés vont de la remise en état des bâtiments gouvernementaux à la réalisation de travaux routiers ou d'ouvrages d'alimentation en eau salubre.

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  • Au Sud-Soudan, une des régions les moins développées du monde, est-ce que la situation s'améliore de façon tangible ?
  • Un des premiers dons a permis de fournir, avec l'appui de l'UNICEF, 40 000 pochettes de documentation éducative et 950 000 manuels destinés aux écoles primaires. À titre d'appui aux administrations publiques, le projet a assuré la fourniture de véhicules automobiles, de motos, de générateurs et de meubles de bureau. Par ailleurs, des bureaux préfabriqués, équipés de générateurs pour l'alimentation en électricité, ont été mis en place pour permettre au gouvernement de s'acquitter de ses fonctions essentielles. D'autres programmes cruciaux sont aussi en bonne voie : un don finance ainsi l'entretien de 580 kilomètres de routes en gravier, de même que les opérations de déminage pouvant s'avérer nécessaires ; un autre porte sur l'achat accéléré de 700 000 moustiquaires, ainsi que la fourniture de médicaments et de matériel médical pour le traitement des maladies qui représentent le fardeau majeur qu'ait à subir la population.

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  • Est-ce que cela veut dire que la Banque recommence à financer des projets au Soudan ?
  • L'Association internationale de développement (IDA) ne pourra accorder une aide financière au Soudan qu'à partir du moment où ce pays aura réglé ses arriérés. Le Soudan a en effet accumulé des arriérés de 422 millions de dollars envers l'IDA et de 1,7 milliard de dollars envers le Fonds monétaire international (FMI), au titre d'une dette extérieure globale qui se chiffre à 26 milliards de dollars en valeur actuelle nette. Ce sont les fonds fiduciaires pluridonateurs qui financent actuellement son processus de développement et de redressement. L'appui au renforcement de ses capacités et à la mise en œuvre de son programme de réforme fait ainsi l'objet d'un don de 4,5 millions de dollars du Fonds fiduciaire d'intervention en faveur des LICUS (pays à faible revenu en difficulté), qui met l'accent sur le développement institutionnel des systèmes fiduciaires et de gestion de l'aide dans le nord aussi bien que dans le sud. Cela vient compléter l'effort de renforcement des capacités mené au moyen de deux dons, d'un montant global de 3 millions de dollars, du Fonds d'aide aux pays sortant d'un conflit administré par la Banque.

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  • Comment se caractérisaient auparavant vos relations avec le Soudan ?
  • Dans les années 70 et 80, suite à un accord de paix conclu en 1979, nous avons joué un rôle actif de partenaire de développement pour le Soudan. Nous lui avons fourni un appui dans tous les secteurs, en privilégiant cependant l'infrastructure et le développement rural, notamment dans le cadre d'un important programme d'irrigation destiné à soutenir la production de coton et de céréales dans la région située entre le Nil bleu et le Nil blanc.

    Une fois que la guerre civile a repris, l'effort international d'aide au développement s'est réduit et les donateurs se sont concentrés sur l'assistance humanitaire. Pour notre part, nos décaissements de prêts en faveur de ce pays ont cessé en 1993. Le Soudan est depuis janvier 1994 dans la catégorie des pays dont les prêts sont classés improductifs.

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Mise à jour : Mars 2007




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