Assemblées annuelles 2006

Atelier préparatoire Banque mondiale –Organisations de la Société Civile - Singapour, 28-29 mars 2006

En prélude aux Assemblées annuelles, la Banque mondiale rencontre les OSC de la zone Asie-Pacifique en vue de s’enquérir des intérêts de celles d’entre elles qui désirent participer aux Assemblées et de s’assurer qu’elles seront bien entendues lors des discussions se tenant à l’occasion des Assemblées annuelles. 

Une réunion préparatoire entre la Banque Mondiale, le FMI et une douzaine d’Organisations de la Société Civile de la région Asie – Pacifique s’est tenue à Singapour les 28 et 29 Mars  Vous trouverez ci-après le rapport sur ces discussions, la liste des participants, ainsi que le résumé des travaux de groupes.

Atelier Préparatoire de la Société Civile en prélude aux Assemblées annuelles 2006 Banque mondiale /Fonds Monétaire International, à Singapour les 28 et 29 Mars 2006

Hôtel Marina Mandarin, Singapour

Résumé Final des travaux

28 Mars
Aperçu
Séance d’ouverture
Séance de l’après-midi

29 Mars
Restitution en séance plénière des travaux de groupes

Prochaines étapes convenues
Résumé des travaux de groupes (a)

Liste des participants (a)


 

Aperçu

Les représentants de 20 Organisations de la Société Civile (OSC) de 11 pays asiatiques, la Banque mondiale, le Fonds Monétaire International, la Banque Asiatique de  Développement, le Secrétariat de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) et le Gouvernement de Singapour ont pris part à un atelier de deux jours, organisé par l’équipe chargée de la Société Civile à la Banque mondiale et le Bureau de Liaison des ONG du FMI. Le but de l’atelier était de discuter du rôle de la Société Civile dans les Assemblées annuelles 2006, qui se tiendront à Singapour, d’identifier les thèmes et idées spécifiques qui constituent une préoccupation majeure pour les Organisations de la Société Civile asiatiques. Ces thèmes et idées feront l’objet de discussion avec la Banque mondiale et le FMI, au cours des Assemblées, aux fins de définir un processus de concertation avec la Société Civile, en pleine évolution.


SÉANCE D’OUVERTURE
M. Peter Stephens, Représentant la Banque mondiale à Singapour, a souhaité la bienvenue à tous les participants au nom des équipes de la Banque mondiale et du FMI. Il a ensuite présenté les objectifs de l’atelier et a souligné que le présent atelier et les Assemblées annuelles de Singapour offraient l’occasion de discussions animées, pertinentes et engagées sur des questions qui devraient permettre à l’Asie de maintenir sa croissance et de lutter contre la pauvreté. Il a affirmé que la Banque mondiale et le FMI considèrent cette réunion préparatoire comme étant une activité s’inscrivant dans le cadre du processus d’engagement actuel. Il a ajouté qu’elle se poursuivra pour prendre en compte les préoccupations de la Société civile, même après les Assemblées annuelles de septembre.

M. Peter a, par la suite, invité les participants à se présenter, à dire leurs intérêts pour l’atelier et ce qu’ils en attendent.

Don Marquez de ANGOC, Filomena Santa Ana de Social Watch/Philippines et Lauro Purcil de Printing House for the Blind ont signalé la tenue de 3 réunions préparatoires aux Philippines, avec un panel représentatif et transversal de 20 Organisations de la Société Civile, dont des ONG, des groupes sectoriels, des groupes environnementalistes, des syndicats, des organisations du monde des affaires et autres. Ces organisations ont été choisies pour représenter leurs corporations à l’atelier. Elles ont fait circuler un document de trois questions d’intérêt majeur que les groupes philippins souhaitent évoquer au cours des discussions.

Ces questions se résument ainsi qu’il suit :

• Égalité et Croissance. La Banque mondiale et les Organisations de la Société Civile travaillent à la réalisation d’un objectif commun, à savoir, l’égalité. Cependant, leurs stratégies diffèrent, d’où la nécessité de mieux les coordonner.
• Partenariats. Certes, la Banque mondiale consulte les OSC mais ces dernières se sentent frustrées parce qu’elles ignorent si leurs recommandations seront mises en œuvre et comment cela se fera.
• Financement pour le Développement. Les OSC philippines demandent que la remise de la dette soit étendue aux pays en développement à revenus moyens et également aux pays exposés aux catastrophes naturelles.

Selon Don Marquez, les Organisations de la Société Civile philippines souhaitent disposer d’un cadre pour s’organiser et ont formulé leur demande hors du centre de conférence de Singapour (où se tiendront les Assemblées annuelles). Carolyn Reynolds, de la Banque mondiale, a indiqué que son Institution et le FMI évoqueront la question avec le Comité d’organisation du gouvernement hôte.

Lauro Purcil s’est dit satisfait de la représentation des personnes handicapées à cette réunion.  Il a déclaré que les personnes handicapées souhaitaient évoquer deux problèmes majeurs, notamment la gestion des connaissances et le partage d’informations en matière de transparence.

Dian Kartika Sari de INFID et Nila Ardhianie de Amarta ont affirmé que les Organisations de la Société Civile indonésiennes avaient également tenu des réunions préparatoires, dont des réunions sectorielles entre groupes confessionnels, groupes du monde des affaires, groupes d’étudiants et ONG. A l’issu de ces rencontres, les points que les Organisations de la Société Civile indonésiennes souhaitent discuter avec la Banque mondiale et le FMI se résument comme suit: efficacité de l’aide, en particulier, le fonctionnement du modèle de Projet de Développement du Kecataman (KDP) en Indonésie; pauvreté et égalité; participation des citoyens et rétroactions sur les programmes de prêts de la Banque mondiale; lien entre les cadres visant à assurer la durabilité de la dette; les objectifs de développement du millénaire; l’index du développement humain; les conditionnalités; et les engagements de la Banque mondiale vis-à-vis du secteur privé. Dian a également transmis une doléance des Organisations de la Société Civile indonésiennes qui souhaitent mener des campagnes, lors des assemblées annuelles. Elle a relevé que certains groupes envisagent d’organiser une réunion alternative, en septembre, dans l’Île de Batam, située non loin de Singapour.

Ek Seiden et Haidy Ear-Dupuy, du Forum des ONG cambodgiennes, ont souligné que les Organisations de la Société Civile du Cambodge n’avaient pas encore tenu de réunion pour discuter des thèmes prioritaires devant faire l’objet de débats. Ils ont, toutefois, indiqué qu’un nombre important d’Organisations de la Société civile cambodgiennes étaient préoccupées par la corruption et souhaitaient que la Banque mondiale mette beaucoup plus l’accent sur la transparence et la responsabilité, en particulier en ce qui concerne la gestion des ressources naturelles et les droits des populations. Il est impérieux que les Organisations de la Société Civile et les bailleurs de fonds exercent une pression sur le gouvernement cambodgien, afin d’instaurer plus de transparence et de responsabilité avant que le gouvernement ne devienne financièrement autonome vis-à-vis des bailleurs, grâce aux revenus du pétrole. Ils ont également fait cas des préoccupations des OSC cambodgiennes relatives à la décentralisation et à la nécessité de développer des processus démocratiques tout en assurant une éducation civique et juridique au niveau provincial. Il s’agit là d’une question qui doit être traitée dans le cadre du processus de Réduction de la Pauvreté dans le pays.


Huang Homing, de l’Association Chinoise pour la Coopération entre ONG (CANGO), a signalé la tenue d’une réunion préparatoire le 16 mars à Beijing, avec plus de 20 ONG chinoises, y compris des ONG communautaires et des ONG intervenant dans les domaines de la sexospécificité, de l’environnement, du développement rural, de l’assistance juridique, des soins de santé et de l’emploi.  Les 8 questions principales retenues par les ONG chinoises et susceptibles de faire l’objet de discussions avec la Banque mondiale et le FMI sont:
• Croissance économique et égalité : Des préoccupations relatives à la croissance rapide en Chine qui s’accompagne d’un élargissement spectaculaire du fossé entre riches et pauvres. Le système chinois de calcul du nombre de personnes vivant dans la pauvreté est très conservateur. Lorsque le calcul se fait avec des systèmes plus modernes, on dénombre en réalité, beaucoup plus de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté.

 Droit à l’éducation : Disparités entre les zones rurales et urbaines : Il existe beaucoup moins d’opportunités d’éducation dans les zones rurales, surtout pour les filles.

• Création d’emploi: 30% des diplômés d’université sont au chômage et les femmes sont victimes de discrimination en matière d’embauche.

• Participation de la Société Civile dans les projets de développement financés par la Banque mondiale et la BAD.

• Dégradation de l’Environnement: La mondialisation, l’urbanisation, et l’industrialisation et les problèmes qu’elles engendrent constituent autant de défis pour  l’environnement et la gestion des ressources naturelles en Chine.

• Groupes vulnérables : La Chine compte quelque 150 millions de travailleurs immigrés. Cette situation  pose des défis, notamment en termes d’éducation et de protection de leurs enfants. Le groupe spécifiquement vulnérable, qui a besoin d’une attention particulière, est celui que constituent l’immense majorité des personnes handicapées.
 
• Questions liées à l’emploi : assurance de base, sécurité sociale et salaires, surtout pour les travailleurs immigrés.

Pour Paul Martel, du Conseil pour le Développement International (CID) de la Nouvelle Zélande, les Organisations de la Société Civile de son pays sont davantage préoccupées par le sort des personnes pauvres des petits États insulaires du Pacifique. Si certains de ces pays sont confrontés à des défis de développement similaires à ceux du  reste de l’Asie, (la corruption par exemple), un bon nombre d’entre eux font face à des défis tout à fait différents. Peter Stephens a relevé que la Banque souhaitait étendre son programme d’action communautaire aux groupes vivant dans la région du Pacifique, et qu’il était convenu qu’elle collaborerait avec le CID et l’ACFID à cet effet. Au nombre des autres préoccupations des OSC de la Nouvelle Zélande, figurent : les stratégies de Réduction de la Pauvreté, les micro-enterprises, les conditionnalités et la réforme des Institutions de Bretton Woods.

Srilaporn Buasai, du Fonds de Recherche Thaïlandais, a indiqué que la situation en Thaïlande est très différente de celle des autres pays de la région. En effet, le Gouvernement thaïlandais a inscrit l’éradication de la pauvreté au centre de ses priorités et est accompagné dans ses efforts par de nombreuses organisations de la Société Civile. Elle a également fait mention des récents mouvements de protestations des OSC contre le Premier Ministre Thaksin. Au nombre des points qui pourront faire l’objet d’éventuels échanges entre les OSC, la Banque mondiale et le FMI, figurent:
• La réforme agraire
• La réduction de la dette
• La création d’emplois
• La micro entreprise
• L’accès des populations défavorisées
aux ressources naturelles afin d’assurer leur alimentation, leur logement, etc. (Exemple : Les peuples de la forêt)
• La gestion du processus de transition des sociétés agraires aux sociétés urbaines
• La création d’emplois et les politiques salariales
• Le renforcement des capacités de gestion des populations locales
• L’impact des Accords de libre échange (ACL) sur les pauvres, notamment les agriculteurs
• Les travailleurs venus des pays voisins et immigrés en Thaïlande


Srilaporn Buasai pense qu’il serait intéressant pour les OSC de partager avec des groupes d’autres pays asiatiques, leurs expériences en matière de politiques, de pratiques et d’innovations relatives à ces questions.

Mona Dave, du Centre de facilitation commerciale de l’Association des Travailleuses Indépendantes (SEWA) en Inde, a indiqué qu’elle représentait une organisation de 700000 membres. Les préoccupations des membres de la SEWA se présentent comme suit : 
• Sexospécificité et commerce: avec la création de nouveaux marchés à travers la mondialisation, les femmes et les pauvres sont le plus souvent victimes de discrimination. Comment les femmes et les entreprises collectives féminines peuvent-elles être intégrées au commerce? Quelle peut être l’utilité de la technologie à cet effet? Quel peut être le soutien de la Banque mondiale ?
• Partenariats: Il est nécessaire d’établir des partenariats entre les organisations communautaires, la Banque mondiale, l’OMC, et les autres acteurs, ainsi que des partenariats entre le secteur publique et le secteur privé.
• Le renforcement des capacités des entrepreneurs pour leur permettre d’intégrer le marché mondial: Comment faire pour réduire la pauvreté et créer des alternatives d’emplois?

Ved Arya du SRIJAN (Inde) a déclaré qu’aucune rencontre des organisations de la société civile n’a été organisée dans son pays avant l’atelier, et qu’il représentait, de ce fait, son organisation. Il a avoué que les OSC chinoises et indiennes avaient en commun certains problèmes qui méritaient d’être discutés  avec la Banque mondiale et le FMI. Il s’agit notamment de :
• l’augmentation des opportunités d’emploi à la lumière des changements intervenant sur le marché international du travail.
• l’Appui aux femmes et aux groupes marginalisés.
• l’urbanisation, notamment les questions liées à l’accès à l’électricité, à l’eau et à la terre. Le travail de la Banque en matière de barrages et d’infrastructures en Inde a engendré des conflits et il existe des préoccupations quant à l’impact de la privatisation. La Banque mondiale doit s’engager davantage aux cotés des dirigeants des pays pour les questions liées aux ressources en eau tout en étant engagée de manière plus constructive avec la société civile. Par ailleurs, il est nécessaire d’appuyer les organisations communautaires pour leur permettre de jouer un rôle plus important dans la gestion de leurs ressources en eaux.
• Accès aux soins de santé primaire et à l’éducation : la Banque mondiale et le gouvernement doivent œuvrer pour une plus grande participation des OSC dans la mise en œuvre des stratégies d’inclusion. Dans le domaine de l’éducation, les gouvernements des États indiens ne sont pas en mesure de mettre en pratique l’Initiative Accélérée.
• Lutte contre la corruption et promotion de la transparence.

Tout comme ses prédécesseurs, Laurence Gray de World Vision pour la région Asie-Pacifique, a plaidé pour qu’une attention plus soutenue soit accordée aux questions de responsabilisation et de transparence, au droit foncier, à la gestion des ressources naturelles, à l’urbanisation, ainsi qu’aux besoins spécifiques des États du Pacifique, des femmes et des personnes handicapées. Il a également soulevé d’autres préoccupations qu’il souhaite voir discuter par les groupes.
Il s’agit de : 
• Le VIH/SIDA en Asie: les différents pays d’Asie disposent de capacités et stratégies diverses dans la lutte contre la pandémie. Une attention plus soutenue doit être accordée à ce défi.
• Les questions transfrontalières : la Banque mondiale doit jouer un rôle important dans la résolution des questions régionales tels que ceux du delta du Mékong, de la migration liée au travail et du trafic des personnes.
• Décentralisation et engagement des OSC.
• Travail au sein des communautés en détresse ou en proie à des conflits internes à l’instar du Myanmar, de la Papouasie Nouvelle Guinée et d’Aceh. Il est important de considérer et de reconnaître les cas où l’aide pourrait exacerber la situation ou créer des distorsions tout en envisageant des moyens pour permettre aux bailleurs de fonds de travailler plus efficacement avec les OSC dans ces domaines.

Keiko Kiyama de l’ONG Japan Emergency (JEN) a indiqué qu’une rencontre avec des OSC Japonaises a été organisée avant la tenue de l’atelier et que les questions suivantes ont été discutées :
 Nécessité d’un renforcement des capacités des OSC Japonaises
• Élargissement de la fracture sociale au Japon, les pauvres perdant leurs droits à l’éducation et à la sécurité sociale
• Préoccupations relatives à la protection de l’environnement et nécessité de mener un plaidoyer efficace en faveur de l’environnement.

Paul O’Callaghan du Conseil Australien pour le Développement International (ACFID) a distribué un résumé écrit des préoccupations majeures des membres de l’ACFID identifiées d’un commun accord au cours de leur réunion préparatoire.
Voici, en substance, la teneur de ce document:
1. Droit de protestation : Nous demandons un engagement spécifique de la Banque mondiale et du Gouvernement singapourien, à garantir aux ONG locales et internationales le droit de protester légitimement et pacifiquement hors des lieux de réunions de la BM et du FMI pendant les Assemblées annuelles.

2. Transparence et responsabilité: Suite à la suspension des programmes de la BM dans certains pays, dans le cadre des efforts de lutte anti-corruption, nous voudrions nous assurer que de telles mesures prennent pleinement en compte l’impact sur les communautés vulnérables. Par ailleurs, nous recommandons le renforcement du rôle du Médiateur Conseiller (CAO) et les autres mécanismes d’évaluation pour plus de responsabilisation dans les activités de la BM (vis-à-vis des bénéficiaires et des bailleurs).

3. Politique environnementale : nous demandons à la BM de veiller à la protection des populations et de l’environnement dans le cadre des projets importants comme les barrages. Nous demandons la tenue d’une rencontre appropriée avec les populations locales et l’indemnisation de ces dernières, notamment les communautés pauvres qui doivent être déplacées. Avec les nombreux autres barrages qui sont prévus en Asie du Sud-Est, nous exhortons la BM à procéder à une évaluation minutieuse de leur durabilité en termes de développement et d’avantages pour les populations pauvres et marginalisées des différents pays d’accueil de ces projets.

4. Croissance favorable aux pauvres : nous demandons à la BM de recentrer ses politiques sur l’aide aux plus pauvres, à travers un engagement ferme en faveur de l’éducation primaire gratuite, l’accès à l’eau et aux soins de santé primaire. A ce sujet, nous demandons une clarification de la position de la BM concernant les politiques des «utilisateurs payeurs». Nous souhaitons obtenir de plus amples informations sur le degré d’implication de la BM dans les activités ultérieures des micro-entreprises. Par ailleurs, nous exhortons la BM à accélérer la mise en œuvre du MDRI et à s’engager en faveur du principe de l’allégement de la dette, au-delà de la durée du présent programme.

5. Engagement des OSC : nous demandons à la BM de démontrer que les programmes de la Société Civile s’articulent de manière adéquate autour du processus d’élaboration des politiques de la BM. De nombreuses ONG s’inquiètent du fait que le Forum Politique Mondial de la BM par exemple, constitue essentiellement un exercice de relations publiques et que peu de recommandations des OSC sont prises en compte dans les politiques ultérieures de la BM. Aussi, demandons-nous également à la BM de prendre en compte les différentes options des OSC, en n’omettant pas le fait que les OSC demeurent exclues des forums officiels de concertations de la BM.

Au cours de l’atelier, Paul a également insisté sur les questions suivantes :
• L’équité: Les OSC australiennes ont bien accueilli le contenu du rapport 2006 de développement mondial de la Banque sur l’équité et le développement. Elles se sont toutefois demandées comment les recommandations étaient mise en œuvre. Elles pensent qu’une attention particulière devrait être accordée aux préoccupations des groupes vulnérables, surtout au regard des multiples changements qui s’opèrent dans certains pays asiatiques.
• Les Îles du Pacifique : Paul O’Callaghan et Paul Martell pensent que les nations insulaires du pacifique sont des interlocuteurs importants dont la voix mérite d’être entendue, au regard des nombreux défis de développement auxquels ils sont confrontés. Ces défis diffèrent d’un État à un autre et se nomment (i) nécessité d’accès aux marchés de l’emploi dans les pays voisins et envois de fonds; (ii) Inhibition de l’initiative privée par le secteur public qui embauche la quasi-totalité des travailleurs (une situation non pérenne d’ailleurs); et (iii) la mauvaise coordination entre les agences de donateurs

Reungrawee Ketphol du Local Information Center for Development au Nakornrachasima, Thailand a souligné l’importance des medias indépendants et des autres moyens d’information du public comme clé du développement. La bonne gouvernance requiert des mécanismes ouverts et transparents pour le partage de l’information et pour permettre aux citoyens de s’exprimer.

Abdul-Muyeed Chowdhury du BRAC, Bangladesh a, en sa qualité de représentant du BRAC et président de la plus grande fédération d’ONG au Bengladesh, énuméré les principales préoccupations de la  société civile du Bengladesh. Celles – ci comprennent: la lutte contre la corruption; l’amélioration de la gestion des ressources naturelles, la réponse aux catastrophes naturelles et la protection des droits des populations autochtones. Pour lui, il est nécessaire pour la Banque et le FMI de veiller à ce que les politiques et les projets de développement ne soient pas abandonnés en cas de changement de gouvernement. Par conséquent, un consensus sur les priorités de développement doit se faire avec toutes les agences et aux différents niveaux du gouvernement. La Banque a également besoin de renforcer sa collaboration avec la Société Civile et de promouvoir un dialogue ouvert entre les États membres et leurs OSC.

Hiroshi Takizawa de ICFTU-APRO a certes abondé dans le même sens que beaucoup de participants, mais s’est toutefois préoccupé de la question de la stabilité des monnaies et des filets de sécurité sociale.  Il a terminé en soulignant la nécessité d’instaurer un dialogue plus ouvert entre les syndicats et les ONG de développement.

Gillian Koh,  de l’Institut des Sciences politiques (IPS) de Singapour, a parlé de la tendance des OSC de Singapour à intervenir dans trois principaux domaines : 1) les groupes travaillant avec les personnes âgées (par exemple Tsao Foundation) et engagés dans un plaidoyer en faveur de la sécurité sociale et de l’accès aux soins de santé; 2) les groupes environnementalistes que sont les groupes des “verts” qui mettent l’accent sur la conservation du patrimoine naturel et les groupes des “bruns” qui se focalisent sur la lutte contre la pollution; et 3) les groupes de promotion féminine qui se penchent particulièrement sur les questions relatives au commerce sexuel, à la traite des enfants, et au plaidoyer en faveur de l’égalité des sexes.

L’Institut souhaite collaborer avec d’autres OSC asiatiques sur des projets spécifiques, notamment: 
• L’Entreprenariat Social: Gillian a noté que l’entreprenariat social reste un nouveau concept au Singapour et dans plusieurs parties de l’Asie, mais dont l’importance ira crescendo avec  le développement futur de l’Asie, et cela, au regard de l’inégalité grandissante, de la faible capacité financière des gouvernements à faire face au nombre croissant de pauvres et de personnes marginalisées et de l’explosion des OSC en quête de soutien financier. Elle propose de réaliser une étude dans 3 à 4 villes afin d’analyser le développement de l’entreprenariat social ainsi que les opportunités et les défis qui y sont associés.

• Étude de la Société Civile en Asie: elle propose de présenter la société civile de chaque pays asiatique, dans une brochure qui pourrait être utile pour les hommes d’affaires, d’autant plus que ces derniers cherchent à comprendre le climat politique de chaque pays avant d’y investir. Ce document pourrait, également,  contribuer à responsabiliser davantage les entreprises. 

• Tan Kee Wee de IPS aimerait savoir si d’autres OSC asiatiques souhaitent collaborer à l’effort de réduction de la pornographie infantile et a suggéré que ce thème soit traité  au cours d’un des séminaires se tenant lors des prochaines rencontres annuelles.

Peggy Kek de Singapore International Foundation a dit tout l’intérêt de sa structure à travailler avec d’autres OSC asiatiques sur des questions telles que :
• Les bonnes pratiques internationales en matière de gouvernance du secteur non lucratif.
• Le rôle des médias dans la promotion d’une société civile plus vivace, et l’identification de moyens à même de favoriser le développement ce secteur.
• Le partage des expériences et des leçons tirées de l’effort de reconstruction post-tsunami dans lequel le gouvernement singapourien et les organisations de la société civile se sont engagés conjointement, avec une faible coordination de l’État. Cette expérience pourra-t-elle servir à d’autres pays? Y a-t-il une possibilité pour l’État et les ONG de coopérer dans le domaine humanitaire ?
Simonetta Nardin, du bureau de liaison des ONG du FMI, a fait un bref exposé sur les réunions annuelles, les différentes activités pouvant intéresser les OSC et la procédure de demande d’accréditation.

Peter Stephens et Carolyn Reynolds de la Banque mondiale ont remercié les participants pour leurs idées et interventions au cours de la session du matin. Ils ont par ailleurs relevé une synergie, voire un chevauchement entre les différents sujets. Ils ont, donc, proposé aux participants de s’accorder sur un certain nombre de questions et recommandations prioritaires à discuter avant, pendant et après les rencontres annuelles. Si ces derniers y parvenaient, alors, eux, feraient en sorte que les responsables de la Banque et du FMI participent à la table des discussions. Ils ont noté que les assemblées annuelles sont un ‘’supermarché’’ d’activités où des centaines de rencontres ont lieu et auxquelles prennent part des milliers de participants venant des États, du secteur privé, de la presse, du monde académique et de la société civile. Ces assemblées, représentent une belle opportunité de plaidoyer pour les OSC, mais elles nécessitent auparavant, une sélection et une planification pour plus d’efficacité. Le personnel des représentations résidentes de la Banque pourra travailler avec les OSC pour mieux cibler leurs interventions.

Peter et Carolyn disent également avoir pris bonne note des préoccupations de certains participants concernant la possibilité pour les groupes de tenir une assemblée paisible hors du centre de conférence pendant les rencontres annuelles.  La Banque, le FMI et l’État singapourien reconnaissant  l’importance de cette question qui est présentement en discussion au niveau des autorités. Paul O’Callaghan a souligné que certaines OSC pourraient se retrouver dans l’incapacité de participer aux rencontres annuelles si cette question n’est pas traitée comme il se doit.



SESSION DE L’APRES MIDI

Les défis majeurs dans la lutte contre la pauvreté en Asie

Gillian Brown, du service de Développement social de la Représentation de la Banque mondiale à Bangkok a ouvert la session de l’après-midi. Elle a commencé par relever les progrès réalisés au cours des dernières années sur les indicateurs de développement social en Asie. Elle a ajouté que les chiffres sur la participation des femmes à la vie politique sont particulièrement intéressants. En effet, en dépit des 1,6% d’augmentation du nombre de femmes parlementaires en Asie, depuis le début des années 1990, il y a eu un changement notable dans les institutions et les politiques, pour ce qui est des questions de sexospécifité, et cela, grâce en grande partie, au plaidoyer mené par les OSC.

Gillian a aussi parlé de l’engagement croissant de la Banque dans la promotion de la responsabilisation sociale. Dans certains pays, il est plus facile pour les OSC d’obliger la Banque à rendre compte que d’obliger le gouvernement à le faire. Bien qu’il soit important pour la Banque de rendre compte, cela ne devrait pas se faire au détriment de l’obligation des gouvernements de rendre compte de leurs actions à leurs administrés. Elle a demandé au groupe de déterminer le rôle que la Banque devrait jouer pour favoriser une plus grande responsabilisation sociale.  Il existe différents outils, modèles et mécanismes de responsabilisation sociale (ex : textes associatifs et information publique). La Banque peut aider à vulgariser les leçons tirées et les bonnes pratiques dans les pays. Elle peut également aider à trouver de meilleurs cadres de réglementation pour l’engagement civique, afin de protéger les citoyens et les OSC qui demandent des comptes à leurs gouvernements. Les OSC devraient davantage aider la Banque à définir son propre rôle dans ce domaine. Carolyn Reynolds a ajouté que le Président Wolfowitz était très intéressé de savoir comment la Banque peut œuvrer à une plus grande responsabilisation. Cette disponibilité du premier responsable de la Banque, offre ainsi aux OSC une véritable opportunité de faire des suggestions qui seront considérées avec le plus grand sérieux par l’administration de la Banque.

Mona Dave de SEWA, pour sa part, a dit son intérêt pour le partage des leçons retenues entre la Banque mondiale/BAD et les OSC en vue d’une collaboration plus efficace entre ces structures. Elle a, également, soulevé la nécessité d’avoir en place de nouveaux mécanismes de financement afin d’aider les OSC à travailler avec les Banques multilatérales de développement (MDB). Elle a terminé ses propos en faisant remarquer que très souvent, les leçons apprises des programmes de développement communautaire n’étaient pas bien internalisées et renforcées.

Haidy Ear-Dupuy du forum des ONG cambodgiennes a dit combien elle était intéressée par les actions de la Banque, visant à protéger davantage les OSC qui critiquent le gouvernement ou qui se lancent dans des questions politiques ou sensibles (ex : plaidoyer en faveur des activistes des droits de l’homme  arrêtés au Cambodge).

Ved Arya de SRIJAN, a, pour sa part, attiré l’attention du groupe sur la nécessité  d’examiner  les procédures visant à créer des cadres d’échanges entre la Banque, le FMI et les OSC au delà des rencontres annuelles et, même des discussions exceptionnelles lors des visites des  cadres de la Banque aux pays en développement. Il a toutefois souligné l’importance des ressources et des structures pour un processus plus efficace que par le passé.

Abdul-Muyeed Chowdhury de BRAC a souligné la nécessité d’une approche conjointe Banque et FMI pour s’assurer que les questions soulevées lors des assemblées annuelles sont reprises par les donateurs bilatéraux au niveau des pays, si nécessaire.

Lauro Purcil de la Philippine Printing House for the Blind a lancé un appel aux groupes afin qu’ils incluent dans leurs discussions les intérêts et les préoccupations des personnes handicapées, notamment la pleine participation et l’ inclusion, les concepts d’universalité et d’accessibilité.

Le reste de l’après-midi a été consacré aux discussions de groupes sur les thèmes de développement, proposés par les représentants des OSC. Ces thèmes comprenaient : la participation et la gouvernance locale, l’urbanisation et la gouvernance, l’implication des OSC dans les programmes de la Banque et du Fonds, la gestion des ressources naturelles, la dette, l’égalité de sexes et le commerce, le développement des compétences par le marché et l’entreprenariat social. 



Compte rendu des travaux de groupes en séance plénière.
Mercredi 29 mars 2006
(Résumé des débats)

 

Paul O’Callaghan de l’ACFID a dirigé le groupe, lors des discussions sur les prochaines dispositions relatives aux assemblées annuelles. Il a affirmé que, pour avoir déjà participé aux assemblées annuelles 2005 à Washington, il y aura un grand nombre de sujets qui retiendront l’attention des délégués et de la presse. Il est clair que certains sujets intéresseront, à la fois, les OSC, la Banque et la presse (exemple : la corruption et la gouvernance).

Quant aux autres questions, il faudra peut être aller plus loin pour poser un problème, en débattre, formuler habilement un thème et demander l’avis des personnes autorisées.

Le but d’un tel exercice est d’avoir un auditoire. Aussi, a-t-il a encouragé les OSC à mettre l’accent sur ce qu’ils veulent réaliser et à définir les auditoires qu’ils veulent influencer le plus.

 

Carolyn Reynolds de la Banque mondiale a revu les différentes options pour l’engagement de la société civile dans les assemblées annuelles:

.           Forum des OSC : Le Forum des OSC est provisoirement prévu pour les 14 et 15  septembre, au centre de conférence Sun Tec. Selon le degré d’intérêt des OSC, ce Forum pourrait durer deux jours seulement ou s’étendre sur toute la période des assemblées annuelles dont la fin est prévue pour le 20 septembre. Les sujets et le nombre de sessions seront fonction de la demande et des propositions spécifiques des OSC. Bien que les principaux participants soient habituellement des responsables d’OSC, de la Banque ou du FMI, Carolyn Reynolds a fait remarquer que les responsables gouvernementaux pouvaient également être appelés à prendre la parole et à y participer. Ces sessions retiennent souvent l’attention de la presse.

.           Programme des séminaires (16 au 18 septembre)  : Certains représentants d’OSC interviendront aux sessions déjà programmées, et certaines des idées qui sortiront de cette conférence pourraient être introduites aux sessions POS. Cependant, nombre des questions de la société civile pourraient ne pas convenir pour le programme POS dont une grande partie intéresse le secteur privé. Toutes les personnes accréditées aux assemblées annuelles pourront participer au POS, gratuitement.

.           Assemblée publique: Cette rencontre est un forum ouvert. Elle offre aux OSC la possibilité de poser des questions aux responsables du FMI et de la Banque ainsi qu’aux ministres qui siègent aux comités d’élaboration des politiques de Banque mondiale et du FMI, au Comité de Développement (CD) et au Comité monétaire et financier international (CMFI). Les OSC peuvent, s’ils le souhaitent, orienter les débats sur des sujets spécifiques plutôt que de laisser l’ordre du jour complètement ouvert comme par le passé.

.           Conférences bilatérales pour les OSC et leurs délégations ministérielles/gouvernementales et Directeurs exécutifs  : Les OSC organisent ces conférences directement, mais la Banque/le Fonds peuvent, sur demande, jouer un rôle de facilitateur.

.           Conférence de presse et accès à la presse  : Les OSC peuvent tenir leurs conférences de presse et participer à d’autres conférences de presse selon l’espace disponible. Le personnel de la Banque/du Fonds facilitera leurs contacts/interviews avec les journalistes.



 AUTRES DISPOSITIONS

Les participants des OSC ont convenu d’organiser d’autres débats avec les OSC de leurs pays respectifs pour :

              .          Revenir sur ces discussions et les prochaines dispositions.

  .          Déterminer si les OSC veulent s’engager aux côtés de la Banque  et du FMI pour la planification des activités des assemblées annuelles, et comment ?

.           Obtenir un feedback sur les sujets proposés pour les séminaires et sur tout autre sujet d’intérêt pour la société civile.

.           Décider qui doit représenter la société civile dans chaque pays au niveau du groupe de planification et à la Conférence annuelle (NB : tout représentant d’OSC intéressé peut postuler pour une accréditation à l’assemblée annuelle).

 

Les représentations résidentes de la Banque peuvent prendre part à l’organisation de ces rencontres, mais compte tenu des contraintes de temps, ils doivent le faire aussi rapidement que possible. Les conclusions de cette rencontre doivent être partagées à l’avance avec les homologues d’autres pays. L’Équipe de la Société civile de la Banque essayera également de mettre les OSC d’Asie en contact avec les OSC du monde qui, voudraient travailler avec elles pour les préparatifs.

 

Programme des Conférences annuelles :

.           Avril/mai : Conférences supplémentaires entre les OSC et la Banque/ le Fonds au plan national pour faire le rapport sur l’atelier, et également envoyer des propositions de sujet par e-mail. Les points centraux doivent essayer de circonscrire leurs sujets et les rendre plus spécifiques en ayant à l’esprit les types d’auditoires qui seront aux rencontres annuelles ainsi que les sujets qui conviendront pour un débat. Ils doivent indiquer le type d’aide et de participation souhaités auprès de la Banque/ du Fonds.

.           Fin mai  : Organisation d’une vidéoconférence par l’Équipe de la Société civile avec les participants intéressés afin de faire un rapport aux uns et aux autres et à la Banque sur des propositions de sujet plus spécifiques. La conférence ABCD (du 29 au 30 mai) pourrait être une occasion pour certaines personnes d’avoir une autre rencontre directe.

.           Juin - août  : les OSC travaillent avec la Banque et le FMI pour peaufiner le programme du Forum des OSC et les autres activités/dialogues à travers des rencontres pratiques et directes si nécessaires. La Banque se propose de faciliter les communications entre les participants en cas de besoin et propose également aux OSC d’utiliser l’espace du forum de discussion sur le site de Singapour 2006 mis à leur disposition à des fins de coordination et de planification. Le forum de discussion est accessible à l’adresse suivante : http://app.singapore2006.org/forum/index.asp.

.           Septembre  : Les activités des assemblées annuelles 2006 de la Banque/du FMI auront lieu du 13 au 20 septembre au Singapour. Le Forum OSC commence le 14 septembre.

 

Les participants suivants ont accepté servir de responsable thématique afin de circonscrire les sujets et de faire des propositions plus spécifiques pour les séminaires :

1.                  Paul O’Callaghan – Participation de la population et Gouvernance locale

2.                  Laurence Gray – Urbanisation et Gouvernance

3.                  Nila Ardhianie et Carolyn Reynolds – Implication des OSC dans les opérations de la Banque et du Fonds

4.                  Dian Kartika Sari et Men Santa Ana – Allègement de la Dette

5.                  Ved Arya – Développement des Compétences par le Marché

6.                  Gillian Koh – Entreprenariat social

7.                  Haidy EAr-Dupuy et Mona Dave – Sexospécificité et échanges commerciaux

8.                  Don Marquez et Ek Seiden – Gestion des Ressources naturelles

9.                  Paul Martell – Corruption et transparence (notez que ce sujet n’avait pas encore fait l’objet de débat).

 

Don Marquez a suggéré que les participants réfléchissent à un thème général qui pourrait englober les sujets qui seront débattus au Forum des OSC.

 

Concernant le sujet sur le rassemblement pacifique, Paul O’Callaghan a informé le groupe qu’il en avait discuté avec les responsables du gouvernement singapourien lors de la conférence. Il a ajouté que le gouvernement singapourien est conscient des préoccupations des OSC qui désirent prendre part à un rassemblement pacifique avec des pancartes à l’extérieur du lieu de la conférence. Il a dit au groupe que le gouvernement paraissait favorable à cette idée et plancherait là-dessus incessamment.

 

Après avoir remercié les participants Peter Stephens et Carolyn Reynolds ont clos la session.

 

Informations complémentaires :

Assemblées annuelles 2006 – information pour les OSC

Site web des Assemblées annuelles au Singapour (Banque mondiale/FMI)

Site web du Gouvernement hôte

 

 




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