Les organisations de la société civile (OSC) de cinq pays asiatiques ont rencontré M. Paul Wolfowitz et Mme Kathy Sierra, respectivement président et Vice présidente chargée des infrastructures de la Banque mondiale, le 29 mai 2006. Cette rencontre s’est tenue en marge de la conférence annuelle de la Banque mondiale sur le développement économique (ABCDE) à laquelle participaient les officiels des deux groupes bancaires, à Tokyo. M. Wolfowitz et Mme Sierra ont passé près de deux heures avec les OSC qui étaient reliés au centre d’apprentissage à distance de Tokyo. Les représentants des OSC de la capitale japonaise, ainsi que celles de Hanoi, de Bangkok, de Canberra et de Jakarta ont pris par à cette discussion franche et amicale. Dans son allocution d’ouverture, M. Wolfowitz a souligné l’importance des OSC en ces termes: «Les organisations de la société civile jouent un rôle important, d’abord au niveau des prestations de services et ensuite dans leur capacité à demander des comptes à leurs gouvernements et aux agences de financements (telle que la Banque mondiale), sur les résultats en matière de développement». C’est pour cette raison, leur a-t-il dit que: «Nous aimerions savoir ce que vous pensez de nos initiatives en matière d’infrastructures… et ce qui, à votre avis, doit être fait ou amélioré dans ce domaine.» | Mme Sierra est revenue sur les cinq «leçons apprises» et a demandé aux OSC de réagir par rapport au contenu du rapport et de dire si la Banque a effectivement tiré les bonnes conclusions. Cela, a-t-elle ajouté, «permettra certainement d’améliorer nos appuis dans le domaine du développement des infrastructures tout en ciblant mieux nos interventions de manière à gérer au mieux les risques inévitables dans ce genre de travail». | 
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Cette activité à l’endroit des OSC, s’inscrit dans le cadre du programme de la vice-présidence, visant à obtenir des différents acteurs un retour d’informations sur le dernier rapport publié et intitulé: Infrastructure: les leçons tirées des 20 années d’engagement de la Banque mondiale. Le rapport a été produit, à la demande de M. Wolfowitz, l’année dernière, peu après sa prise de fonction. Il tire cinq grandes conclusions sur le travail de la Banque, dans le secteur des infrastructures, et montre comment la Banque essaie d’intégrer ces leçons dans son travail. Un large éventail de Questions Pour leur part, les OSC ont posé des questions diverses allant de l’impact des projets d’infrastructures sur les plus pauvres des pauvres, à l’intégration des leçons apprises dans le travail de la Banque, en passant par la manière dont les infrastructures, une fois installées, pouvaient être utilisées de manière autonome et durable. Selon M. Wolfowitz, la Banque doit probablement «faire un travail plus exhaustif, plus consistant et plus approfondi pour mesurer, voire évaluer les résultats de son travail, au fur et à mesure». Pour lui, «la mesure la plus importante et probablement la plus difficile à obtenir est, sans contexte, celle de la valeur ajoutée c’est à dire, la différence que nous apportons dans la vie des personnes que nous souhaitons aider. C’est probablement plus facile avec les projets de petite envergure que les grands projets, mais nous avons tout intérêt à le faire». En réponse à l’une des questions posées, Mme Sierra a affirmé que la Banque n’était pas en train de s’enfermer dans une attitude doctrinaire et n’avait pas l’intention de se retirer des projets d’infrastructures appuyant des reformes sectorielles: «Qu’il s’agisse de secteur public ou privé, nous voulons voir un environnement politique qui prévoit le recouvrement des coûts. Nous voulons voir en place, des systèmes assurant la prise de responsabilité et soutenus par des organes régulateurs extérieurs. Nous aimerions voir plus de concurrence là où c’est possible parce que nous savons que la suppression des monopoles constitue un moyen d’avoir plus de qualité à moindre coût. Dans ce domaine, il n’y a pas une formule unique qui peut servir dans tous les cas. Il faut que nous fassions preuve de pragmatisme.» Le besoin en infrastructures dites « sociales », par opposition aux infrastructures physiques, y compris les tribunaux ou les systèmes d’information, a fréquemment été exprimé. A cette préoccupation, M. Wolfowitz a répondu: «Il y a évidemment des investissements publics très rentables mais qui doivent plutôt être classés dans le volet «gouvernance A la question de savoir comment s’assurer que les infrastructures profitent aux pauvres M. Wolfowitz a parlé «d’extensibilité», mais dans un sens figuré, autre que celui utilisé au sein de la Banque mondiale. « Je crois que la question est surtout de savoir si ce qui semble efficace dans le contexte d’un pays développé, perd en tout ou en partie cette efficacité à cause des lourdeurs diverses qui pourraient être associées avec une mise à grande échelle dans un pays moins développé? des projets de biomasse ou de production électrique à petite échelle qui prennent en compte la problématique de la distribution, paraissent être de meilleurs véhicules». Quelques liens utiles (en anglais): Transcription de la discussion Participants à la discussion Fichier Vidéo (bientôt sur le site) Conférence annuelle de la Banque mondiale pour l’économie du développement (ABCDE), “Repenser l'infrastructure pour le développement”. "Infrastructure: Leçons apprises au cours des deux dernières décennies d’engagement de la Banque mondiale ", Document de travail de la Banque mondiale, Janvier 2006 Document synthèse --- « Infrastructure: Leçons apprises au cours des deux dernières décennies d’engagement de la Banque mondiale» Banque mondiale et Infrastructure |