La Banque mondiale organise une table ronde avec les organisations de la société civile pour débattre de la crise alimentaire

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Food prices crisis mtg. with CSOs - May 2008 picture 1La Banque mondiale, le FMI et l’ONU mobilisent actuellement une campagne internationale pour répondre à la hausse des prix des produits alimentaires qui menace de plonger dans la famine des millions de pauvres. Reconnaissant le rôle vital joué par la société civile face à cette crise, la Banque mondiale a invité, dans le cadre d’une table ronde sur la crise mondiale des prix alimentaires, des représentants de l’ONU, de la Banque mondiale et du FMI ainsi que les dirigeants d’une trentaine d’organisations de la société civile à participer à une série de discussions.

La rencontre, qui a eu lieu le 23 mai 2008, était présidée par Ngozi Okonjo-Iweala, directeur général du Groupe de la Banque mondiale, en présence de Robert B. Zoellick, président du Groupe de la Banque mondiale, Dominique Straus-Kahn, directeur général du FMI, Anne Veneman, directeur exécutif de l’UNICEF, et David Nabarro, coordinateur adjoint de l’équipe spéciale de l’ONU sur la crise alimentaire mondiale, qui ont tous brièvement pris la parole à l’ouverture de la séance.

Food Prices Crisis mtg. with CSOs - May 2008 - picture 2Au cours d’une discussion qui soulignait l’urgence d’une intervention face à la crise alimentaire, les responsables de la société civile ont demandé que les besoins des femmes et des enfants soient traités en priorité dans les efforts pour lutter contre la malnutrition.

Ils ont présenté des évaluations honnêtes de la situation alimentaire et proposé des solutions pratiques pour répondre aux besoins à la fois immédiats et à long terme. 

Voici quelques-unes des opinions exprimées:

  • Dean Hirsch, prĂ©sident de World Vision, a dĂ©clarĂ© que 35 millions d’enfants de moins de 2 ans risquaient de souffrir de malnutrition, mais que la collaboration entre les agences reprĂ©sentĂ©es pouvait assurer des ressources suffisantes et produire des rĂ©sultats.

  • Sam Worthington, PDG d’InterAction, a remerciĂ© M. Zoellick d’avoir « tirĂ© la sonnette d’alarme » sur la crise alimentaire, mais a vivement encouragĂ© la Banque et les pays vulnĂ©rables Ă  faire preuve d’un plus grand engagement dans le domaine de l’agriculture.

  • Devinder Sharma, du Forum sur la biotechnologie et la sĂ©curitĂ© alimentaire en Inde, a dit que la politique suivie par la Banque avait trop fait confiance aux marchĂ©s, ce qui avait contribuĂ© Ă  l’effondrement du secteur agricole dans certains des pays touchĂ©s. 

  • Sam Bickersteth, un des reprĂ©sentants d’Oxfam GB, a reconnu l’action immĂ©diate de la Banque qui a proposĂ© un mĂ©canisme d’intervention rapide et a encouragĂ© ce dialogue dès l’apparition de la crise alimentaire.

  • Leonid Kozachenko, prĂ©sident de la ConfĂ©dĂ©ration agraire ukrainienne, a encouragĂ© la Banque Ă  faire pression en faveur de nouveaux changements de politique pour stimuler une hausse de la productivitĂ© agricole dans son pays. Il a fĂ©licitĂ© la Banque pour les efforts qu’elle avait dĂ©ployĂ©s, tout en notant qu’il restait encore beaucoup Ă  faire. 

  • Mme Seck Wore, prĂ©sidente de l’ONG sĂ©nĂ©galaise Coalition CONGAD, s’est livrĂ©e Ă  un plaidoyer passionnĂ© pour demander Ă  la direction de la Banque d’aider les organisations de la sociĂ©tĂ© civile sĂ©nĂ©galaise qui assistent les fermiers pour le stockage et la conservation des rĂ©coltes. 

  • Geert Engelen de la plate-forme europĂ©enne SouverainetĂ© alimentaire, a lu une dĂ©claration prĂ©conisant que « le droit Ă  la nourriture passe avant les rĂ©glementations sur le commerce » et a recommandĂ© la restructuration des agences responsables de la politique alimentaire. 

  • Haji Gambo, coordinateur national du programme "Better Life Program for the African Rural Woman in Nigeria » (Une vie meilleure pour la femme rurale africaine au NigĂ©ria), a demandĂ© au Groupe de la Banque mondiale de crĂ©er un fonds d’affectation spĂ©ciale chargĂ© d’accorder des crĂ©dits aux femmes africaines en zone rurale.

  • M. Zoellick s’est rĂ©joui de la poursuite du dialogue avec les organisations de la sociĂ©tĂ© civile et a convenu, avec Ken Hackett, prĂ©sident de Catholic Relief Services, que cet Ă©change d’idĂ©es devait ĂŞtre « reproduit » Ă  l’échelle nationale. Il a dĂ©crit dans les grandes lignes les initiatives politiques adoptĂ©es par la Banque, ses partenaires et la communautĂ© internationale pour rĂ©pondre au problème. « La Banque prĂ©voit une intervention rapide pour aider les 15 pays les plus vulnĂ©rables », a-t-il annoncĂ©, soulignant Ă  quel point il Ă©tait important, Ă  moyen et Ă  long terme, que des politiques soient adoptĂ©es dans un maximum de 28 pays qui ont encore des barrières douanières.

Mme Veneman a observé que le véritable impact du dialogue se ressentira dans la collaboration et la reproduction qui devrait s’ensuivre. Elle a souligné la nécessité de privilégier les femmes et les groupes vulnérables dans cette crise, et de ne pas ignorer les questions telles que la tendance des envois de fonds qui ont une incidence sur le bien-être d’un grand nombre d’habitants de pays en développement. M. Straus-Khan a déclaré que le problème immédiat était de nourrir ceux qui ont faim et, sur le moyen terme, de pouvoir financer l’investissement nécessaire à l’accroissement de la production, tout en renforçant les filets de protection sociale. Sur le long terme, il sera nécessaire d’examiner les causes du problème, qui vont du coût élevé de l’énergie à la médiocrité des politiques suivies, et la manière dont elles agissent l’une sur l’autre. Le FMI, a-t-il déclaré, est déjà en train d’analyser ces facteurs.

Food Price Crisis mtg. with CSOs - May 2008 - picture 3Chargé de résumer la discussion, M. Nabarro a mis en relief sept messages clés : a) la définition des problèmes et les impacts différentiels qu’ils occasionnent ; b) le besoin d’adapter les réponses aux contextes locaux ; c) un cadre d’interventions doit être développé par les agences internationales ; d) ce cadre doit identifier les domaines d’intervention, qui vont de l’évaluation des besoins à la recherche sur les maladies végétales et animales ; e) l’adaptation aux réactions sur le terrain selon les besoins ; f) le besoin de comprendre les processus politiques sous-jacents ; et g) le besoin de mobiliser des ressources supplémentaires. M. Nabarro a précisé les huit types d’intervention que le groupe de travail de l’équipe spéciale de l’ONU sur la crise alimentaire mondiale avait identifiés dans le cadre de son plan d’action global.

En conclusion, Mme Okonjo-Iweala a qualifié la session d’enrichissante et informative et elle a promis que le mécanisme d’intervention rapide de la Banque serait bientôt opérationnel. Elle a dit qu’elle était heureuse que le dialogue démarre dans d’aussi bonnes conditions et a suggéré que des dialogues similaires soient engagés à l’échelle des pays. Mme Okonjo-Iweala a promis que la direction de la Banque prêterait une attention particulière aux thèmes soulevés dans la discussion, comme la vulnérabilité des femmes et des enfants face à la crise des prix alimentaires.

Pour en savoir plus:
Liste des participants (a)
Ordre du jour de la rencontre (a)
Site Web de la Banque mondiale sur la crise alimentaire




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