Deuxième Table ronde avec la société civile sur la crise alimentaire mondiale organisée par la Banque

Disponible en: Español, العربية, English

Le président de la Banque mondiale, M. Zoellick, a organisé le 15 juillet 2008 une deuxième table ronde sur la crise alimentaire mondiale à laquelle ont participé des représentants des NU, du FMI et des OSC. L’objectif de la rencontre était de faire un compte-rendu sur la réunion du G8, et sur les actions que la Banque, les OSC et les bailleurs de fond ont réalisé au cours du dernier mois afin d’aider les personnes vulnérables et d’augmenter les fonds disponibles pour les mesures de sécurité alimentaire. Les OSC ont soulevé un certain nombre de questions et fait des recommandations, y compris le besoin de restreindre l’écart entre les engagements de financement des donateurs et les actions au niveau pays, d’encourager les médias à s’intéresser encore davantage à la crise alimentaire mondiale, et de mieux intégrer les OSC aux efforts de coordination des donateurs et des NU.

Cette réunion fait suite à la première table ronde OSC organisée le 23 mai. Au cours de cette dernière, les OSC ont recommandé que des rencontres similaires de parties intéressées soient organisées au niveau pays afin que les OSC, les gouvernements, le Groupe de la Banque mondiale, les NU et les autres agences, partagent l’évaluation des besoins, analysent les options de politiques dans le domaine de la sécurité alimentaire, et renforcent leur collaboration au niveau opérationnel. La Banque a invité plusieurs OSC à participer à l’identification des participants et à l’organisation de l’ordre du jour. (a)

Plus de 30 dirigeants d’OSC de pays développés ou en développement, et des hauts fonctionnaires du FMI, des NU et du Groupe de la Banque mondiale, ont participé à la deuxième table ronde, présidée par Ngozi Okonjo-Iweala, directeur général (voir la liste des participants) (a). Des OSC basées dans 8 différents endroits (Genève, Paris, Bangladesh, Ukraine, etc.) ont suivi la réunion par vidéoconférence. Les questions traitées incluaient le réexamen du rôle de l’État dans l’agriculture, la finalisation du Cycle de Doha, et le besoin d’associer les OSC au Cadre intégré d’action du groupe de travail de haut niveau des NU.

RBZ CSO Roundtable

M. Zoellick a indiqué que le « double phénomène de l’augmentation des prix des denrées alimentaires et du carburant est rentré dans une zone dangereuse ». Il a fait un compte-rendu du sommet du G8 auquel il a participé. Il a insisté sur les besoins à moyen terme, sur l’amélioration de la productivité et sur la suppression des restrictions aux exportations. M. Sam Worthington, PDG d’InterAction, a salué l’intervention de M. Zoellick, et a indiqué que les OSC sentaient qu’il existait un manque de leadership au niveau du système de réponse globale ainsi qu’une faible confiance des personnes dans les institutions clés pertinentes et dans leur volonté de s’investir dans cette crise. Cependant, tout en faisant l’éloge du rôle que joue le Groupe de la Banque mondiale, il a indiqué que son objectif et sa portée devaient être bien conçus.

Entre-temps, Ray Offenheiser, directeur général d’Oxfam America, a demandé au Groupe de la Banque mondiale s’il envisageait la possibilité de communiquer publiquement son action pour faire face à la crise alimentaire. Ceci pourrait en effet renforcer sa crédibilité en tant que leader dans la réponse globale à ce problème. Il s’agit d’un thème devenu récurrent parmi les activistes des OSC.

RBZ CSO RoundtableLes OSC ont souligné l’urgence et la gravité de la crise qui, d’après elles, pourrait déclencher l’instabilité politique dans certains pays. Elles ont réitéré qu’elles pouvaient jouer un rôle plus significatif dans la réponse à la crise alimentaire, et que plusieurs d’entre elles travaillent déjà sur des questions de sécurité alimentaire à court et à long terme. Cependant, elles ont fait appel à des idées sur la manière dont elles pourraient collaborer au niveau global, régional et national, pour obtenir un impact plus important. Certains ont indiqué que les OSC et la Banque mondiale pourraient travailler ensemble afin d’attirer davantage l’attention des médias sur la crise.

Les OSC ont également demandé que les mesures de protection sociale, telles que les subventions ou les programmes de transfert de liquidités conditionnelles, soient renforcées, tout en affirmant le besoin d’une perspective de développement à long terme. Dr. Mahbub Hossain, directeur général de BRAC au Bangladesh, a indiqué que les OSC, y compris BRAC, avait un rôle important à jouer, en particulier au niveau de la production de riz. M. Zoellick a ensuite demandé de quelle manière la Banque pouvait faciliter la suppression des barrières et s’assurer que l’assistance aux groupes vulnérables soit efficace, vu l’urgence de la crise. La Banque essaye, au niveau du soutien qu’elle apporte, de réagir aussi rapidement que possible, et de passer de l’action au travail de terrain en suivant cette même dynamique (veuillez consulter le site Web sur la crise des prix des denrées alimentaires de la Banque).

Lors de la réunion technique qui a suivi la rencontre, l’équipe du développement rural et de l’agriculture du Groupe de la Banque mondiale a fait un compte-rendu aux participants sur les avancements réalisés depuis que le Programme de réponse à la crise alimentaire mondiale (GFRP) a été approuvé le 29 mai, et que le Fonds d’affectation multi donateurs (FAMD) a été créé. Environ 44 millions de dollars de nouvelles subventions ont été approuvés dans le cadre du GFRP en Haïti, au Libéria, à Djibouti, au Tadjikistan, et au Yémen, 10 millions de dollars en crédits IDA pour la république du Kirghizstan, 10 millions de dollars pour le Honduras et plus de 156 millions de dollars en nouvelles subventions destinées aux opérations dans d’autres pays (21 au total).

RBZ CSO RoundtableM. Tom Arnold, PDG de l’ONG irlandaise Concern Worldwide, et qui préside également le Groupe sur la sécurité alimentaire européenne, a souligné la condition critique de 2,6 millions de Somaliens qui ont besoin d’une assistance urgente. De même, il a demandé de quelle manière les pays producteurs de pétrole pouvaient participer davantage à l’assistance aux pays vulnérables faisant face à la crise des produits alimentaires. Entre-temps, Victor Mhoni, directeur général de Malawi Civil Society Network on Agriculture and Food Security, a demandé au Groupe de la Banque mondiale de participer au renforcement des subventions dans le cadre du système de protection sociale, l’idée étant d’accorder l’aide aux « pauvres productifs » qui ne sont pas couverts par le programme actuel puisque ce dernier se centre uniquement sur les personnes les plus pauvres.

Cette table ronde est devenue une plate-forme stimulant le dialogue entre le Groupe de la Banque mondiale, les OSC, les NU et le FMI, sur la crise alimentaire. Nous avons l’espoir qu’elle se traduira rapidement par des partenariats réels sur le terrain se centrant sur les résultats pour les personnes dont la subsistance est gravement atteinte par la crise alimentaire. Le programme de travail des différentes parties intéressées au cours des mois à venir devrait être défini.

Ordre du jour de la réunion
Liste des participants
Première Table ronde avec les organisations de la société civile sur la crise alimentaire organisée par la Banque
Site Web de la Banque sur la crise alimentaire




Permanent URL for this page: http://go.worldbank.org/QYVNFI2J80