Le Groupe de la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) ont organisé une série de réunions avec les fédérations syndicales mondiales

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 Rogerio Studart (Administrateur pour le Brésil), Robert Zoellick et Guy Ryder (secrétaire général de l'ITUC)  à la réunion de haut niveau

Pendant la semaine du 12 janvier 2009, le Groupe de la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) ont organisé une série de réunions avec les fédérations syndicales mondiales sur les thèmes suivants : crise financière mondiale, réformes des structures de gouvernance et parité hommes-femmes.   Quelques 80 dirigeants de la Confédération syndicale internationale (ITUC) et 10 confédérations syndicales mondiales représentant environ 168 millions de travailleurs ont pris part à ces réunions (voir la liste des participants).   Ils ont tenu des séances de travail avec le président de la Banque mondiale, M. Robert Zoellick, le directeur général du FMI, M. Dominique Strauss-Khan, et les Administrateurs des deux institutions, et ont participé à des ateliers tripartites avec les chefs de service et le personnel de la Banque. 

 

La première moitié de la semaine (12 et 13 janvier) était consacrée à un atelier sur la parité hommes-femmes au cours duquel ont été examinées des questions liées à la parité et au marché du travail (voir le programme).  La deuxième moitié de la semaine (14 et 15 janvier) était consacrée à une réunion de haut niveau entre les dirigeants des trois institutions (voir le programme).   
 

Ces réunions interviennent dans un contexte d'approfondissement des relations que le Groupe de la Banque mondiale et le FMI entretiennent avec les organisations syndicales mondiales depuis les 6 dernières années.    Il existe un programme de travail conjoint qui prévoit des ateliers techniques annuels sur des questions d'interêt commun (règlementations du travail, DSRP, VIH/sida, réforme du régime de retraite), le détachement de délégués syndicaux à la Banque, des points focaux pour le personnel de la Banque mondiale et l'ITUC, des réunions bisannuelles de haut niveau, et  l'échange permanent d'informations. La réunion de haut niveau, la quatrième du genre depuis 2002, a rassemblé les représentants des organisations syndicales aux échelons les plus élevés. 

 

Cinq représentants syndicaux ont jusqu'ici été détachés à la Banque dans les services suivants :   Protection sociale (HDNSP), Gouvernance du secteur public (PRMPS), Passation des marchés (LCOPR), Société civile (EXTIA), et Transports (ECSIE).   D'une durée de 2 à 12 mois, ces détachements dont la portée variait ont été tous considérés comme des initiatives utiles qui ont débouché sur des résultats concrets. 

 

Atelier sur la parité hommes-femmes

 

 Atelier Banque mondiale - ITUC sur la parité hommes-femmes

Cet atelier s'est ouvert sur une présentation du Plan d'action du Groupe de la Banque mondiale pour la promotion de la démarginalisation économique des femmes.   Les représentants des services de diverses régions de la Banque ont présenté les efforts entrepris à ce jour à l'appui de l'emploi des femmes et de leurs entreprises.  Puis ont suivi des séances de travail sur les formules syndicales de prise en compte de la parité, les conséquences de la réforme du marché du travail sur les travailleuses, les pratiques non-discriminatoires dans les processus de passation des marchés, et le passage des adolescentes de la vie scolaire à la vie professionnelle.

Quelque 30 représentants d'organisations syndicales à travers le monde ont pris part à cet atelier et ont notamment approuvé les politiques et le travail de la Banque dans le domaine de la parité, bien que certains se soient inquiétés du fait que certaines politiques macroéconomiques de la Banque (dérèglementation du travail, libéralisation des échanges, etc.) peuvent affaiblir les efforts accomplis pour intégrer les femmes au marché du travail officiel et nuire au principe de parité salariale.  Jyoti Macwan, secrétaire générale de la Self Employed Women’s Association (SEWA), une organisation de femmes de premier rang en Inde,     " a salué la Banque qui privilégie l'activité entrepreneuriale chez les femmes, l'une des stratégies clés de leur démarginisalisation ".   

 

Réunion de haut niveau

 

Cette réunion a débuté par une séance de travail sur le regard que la Banque et le FMI portent sur la crise financière mondiale.    L'économiste en chef de la Banque, Justin Lin, a souligné la gravité de la situation endéclarant qu'il s'agissait de la plus grave crise économique depuis celle de 1929, et il a présenté les efforts que la Banque entreprend actuellement pour venir en aide aussi bien aux pays à revenu intermédiaire qu'aux pays à faible revenu.  MM. Zoellick et Strauss-Khan ont également rappelé aux dirigeants syndicaux que les jours et mois à venir ne seront pas faciles et que les syndicats vont devoir faire des choix difficiles. 

Le groupe d'intervenants sur la crise financière mondiale. Deuxième à partir de la droite : Justin Lin, économiste en chef de la Banque

 

Plusieurs dirigeants syndicaux ont posé la question de savoir si le FMI pouvait expliquer son échec face aux signes avant-coureurs de l'effondrement du système financier mondial, et si la Banque et le FMI étaient disposés à entreprendre les nécessaires réformes du secteur financier et de sa propre structure de gouvernance.   Plusieurs ont également rappelé aux deux institutions qu'il ne faudrait pas sous-estimer la colère populaire qui ne cesse de monter dans de nombreux pays avec la perte annoncée de millions d'emplois dans l'année qui vient.  L'OIT prévoit en effet la suppression de 20 millions d'emplois d'ici fin 2009.  


D'un autre côté, les représentants syndicaux ont approuvé le projet de la Banque de financer des plans de relance budgétaires dans les pays en développement, mais ils ont instamment demandé que soient ciblés les secteurs qui peuvent avoir le plus grand impact pour stimuler l'économie et protéger les emplois, dans le sillage des mesures que l'administration américaine devrait en principe prendre.   Guy Ryder, le secrétaire général de l'ITUC, a déclaré que " l'action des pouvoirs publics et des institutions financières internationales pour protéger des emplois décents est essentielle face à la crise de l'emploi qui se profile dans le monde entier, et jettera les bases de la reprise économique " (voir
le communiqué de presse de l'ITUC)

 

Robert Holzmann (HDNSP) à  l'atelier sur la parité hommes-femmes

Parmi les autres sujets abordés pendant la réunion qui aura duré 3 jours figuraient : l'adoption des principales normes de travail applicables aux opérations de la Banque, la réponse de la Banque face au changement climatique, la réforme du régime de retraite, et la cohérence dans des politiques de travail décentes.   Se félicitant de l'adoption par l'IFC des principales normes de travail de l'OIT et de leur application aux indicateurs de performance de l'institution, l'ITUC a engagé la Banque à accélerer le processus de pleine application des mêmes procédures à ses directives pour la passation des marchés.  Les syndicats ont une fois de plus dénoncé la manière dont les règlementations du travail sont traitées dans le rapport Doing Business, se demandant comment des pays appliquant certaines des normes de travail les plus défavorables (comme le Bélarus et l'Égypte) pouvaient être classés non loin des meilleurs.

 

La dernière journée de la réunion était l'occasion d'évaluer la qualité des relations entre les trois parties prenantes et de convenir ensemble des mesures à prendre pour les consolider.   Les participants ont globalement reconnu que le niveau de dialogue, de partage de l'information et de confiance a sensiblement augmenté durant les six dernières années.  On ne saurait en dire autant des relations au niveau des pays qui restent essentiellement ponctuelles et variables, allant d'étroites avec certains pays à quasi-inexistantes avec beaucoup d'autres.  Les participants ont convenu que des efforts doivent être faits pour décentraliser davantage la Banque – rapports entre syndicats au niveau des pays.

Marche à suivre

 

Une série d'engagements ont été pris à l'occasion de cette rencontre pour consolider davantage les relations entre la Banque et l'ITUC, notamment : deux réunions techniques en 2009 sur la réforme du régime de retraite et sur les indicateurs de Doing Business ; le détachement d'un délégué syndical au service HDNSP pour travailler sur les questions de règlementation du travail et de réforme ; la mise en place de points focaux Banque-ITUC pour la parité hommes-femmes ; et le suivi plus étroit de la gestion des relations syndicales au niveau des pays.  

 

Rachel Kyte (vice-présidente de l'IFC) et Guy Ryder (secrétaire général de l'ITUC) s'adressant aux participants à la réception

Ces réunions interviennent à une période significative assombrie par la crise financière, ce qui a apporté tension et pragmatisme dans les débats.    Les dirigeants syndicaux n'ont pas hésité à condamner le rôle perçu que la Banque et le FMI ont joué dans la crise financière, et ils ont préconisé une structure de gouvernance des Institutions de Bretton Woods qui soit transparente et qui associe toutes les parties. 

 

Ceci étant, la gravité de la situation, à laquelle est venue s'ajouter la bonne volonté que ce processus d'engagement a suscitée au cours des six dernières années, semble avoir plutôt créé la plus fructueuse des atmosphères des réunions de haut niveau tenues à ce jour.  M. Zoellick l'a bien traduit dans ses propos en déclarant que " la situation actuelle va être douloureuse pour tous, y compris les syndicats et leurs travailleurs, aussi devons-nous nous serrer les coudes pour minimiser ses conséquences sur les pauvres ".  




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