Relations entre la Banque et la société civile débattues à l'Infoshop :

Disponible en: Ř§Ů„عربية, Español, English
Head Table

L’équipe SociĂ©tĂ© civile de la Banque mondiale a lancĂ© sa principale publication, Â« La Banque mondiale et ses liens de collaboration avec la sociĂ©tĂ© civile : Bilan des annĂ©es 2007 Ă  2009 Â» [pdf] le 8 dĂ©cembre dans le cadre du lancement du livre sur Infoshop. Cet Ă©vĂ©nement a eu lieu en prĂ©sence d’environ 70 employĂ©s de la Banque, des reprĂ©sentants d’organisations de la sociĂ©tĂ© civile (OSC) et d’autres personnes (voir la liste des participants (a)). La sĂ©ance Ă©tait prĂ©sidĂ©e par Edith Grace Ssempala (Conseillère en chef du dĂ©partement des Affaires extĂ©rieures) reprĂ©sentant M. Marwan Muasher, premier vice-prĂ©sident du dĂ©partement des Affaires extĂ©rieures. Le rapport a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© par John Garrison (SpĂ©cialiste principal de la sociĂ©tĂ© civile) et des commentaires ont Ă©tĂ© formulĂ©s par Chad Dobson (Directeur exĂ©cutif) du Centre d’information sur les banques multilatĂ©rales de dĂ©veloppement et par Alnoor Ebrahim (Professeur agrĂ©gĂ©) de la Harvard Business School.

Edith a ouvert la séance en remarquant que le Bilan sur la société civile illustre bien les progrès réalisés au cours des trois dernières années dans le cadre des relations entre la Banque et la société civile, dans des domaines tels que le dialogue sur les politiques, les consultations et la collaboration opérationnelle. Elle a également annoncé que la Banque était en train d’actualiser sa stratégie d’engagement envers la société civile et espérait consulter cette dernière sur un document préliminaire au cours des prochains mois. John Garrison a fait une courte présentation (a) expliquant que la Banque suit l’évolution de ses relations depuis une vingtaine d’années, mais qu’il s’agissait ici de la troisième édition du format actuel de cette publication qui a débuté en 2003. Les sources de données pour cette publication comprennent tous les documents d’évaluation du projet (PAD), les stratégies d’aide-pays (CAS) et les documents de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP) pour chacune des trois dernières années, en plus des évaluations descriptives reçues en provenance de régions, réseaux et groupes opérationnels à tous les échelons du Groupe de la Banque mondiale.

John Garrison a expliquĂ© que le Bilan montre que le dialogue sur les politiques s’est intensifiĂ© ces trois dernières annĂ©es (en particulier au cours des AssemblĂ©es annuelles et des tables rondes sur la politique alimentaire) et que les rĂ©centes consultations internationales sur la gouvernance, le changement climatique et les politiques de l’information reflètent l’amĂ©lioration des pratiques de consultation. Le rapport contient de multiples exemples de collaboration opĂ©rationnelle entre la Banque et les OSC au niveau national et rĂ©gional et fournit des donnĂ©es sur de nombreux mĂ©canismes d’octroi de subventions comme le Development Marketplace. Il dĂ©crit Ă©galement l’engagement de l’IFC, de la MIGA, du Panel d’inspection et d’autres institutions du Groupe de la Banque, ainsi que les actions d’équipes reprĂ©sentant des groupes d’intĂ©rĂŞt comme les syndicats et les fondations. Parmi les conclusions sur le rapport, John Garrison a soulignĂ© que la dĂ©fense des intĂ©rĂŞts de la sociĂ©tĂ© civile au sein de la Banque semble avoir Ă©voluĂ© ; initialement basĂ©e sur les institutions, elle est devenue plus centrĂ©e sur les problèmes et est passĂ©e d’une approche consistant Ă  « ne pas nuire Â» Ă  une approche centrĂ©e sur « faire du bien Â» qui vise Ă  influencer la Banque Ă  adopter davantage d’approches de dĂ©veloppement durable et juste sur le plan social et environnemental. En consĂ©quence de ce changement d’approche, le dĂ©fi auquel fait face la Banque actuellement est de trouver les moyens d’accroĂ®tre la participation des OSC dans les opĂ©rations de la Banque et de leur fournir le financement dont elles ont besoin.

M. Chad Dobson

Chad Dobson a commencĂ© son intervention en notant le dilemme auquel font face les OSC si elles reçoivent un financement de la Banque mondiale du fait que celui-ci peut limiter l’indĂ©pendance de leurs activitĂ©s militantes. Il a complimentĂ© la Banque pour son Bilan de la sociĂ©tĂ© civile qui montre manifestement une amĂ©lioration des relations entre les parties prenantes. La preuve la plus rĂ©cente des progrès rĂ©alisĂ©s est le nouvel accès Ă  la politique de l’information qui a Ă©tĂ© adoptĂ©e après un processus de consultation globale et participative, lequel constitue l’« exemple Ă  suivre Â» de ce type de consultations. Cette nouvelle politique signifie un changement important dans l’approche de la Banque en matière de divulgation d’informations, du fait qu’elle adopte dĂ©sormais une « prĂ©somption en faveur de la divulgation Â». Alors que, dans le passĂ©, le personnel de la Banque pouvait ĂŞtre sanctionnĂ© pour avoir publiĂ© des documents, en vertu de cette politique, il pourrait ĂŞtre rĂ©primandĂ© s’il ne le fait pas. Par contre, la mise en Ĺ“uvre de cette nouvelle politique nĂ©cessite une formation supplĂ©mentaire du personnel ainsi que des mesures d’incitation. Un dĂ©fi particulier que la Banque doit rĂ©soudre est la mise Ă  niveau de ses services de traductions, du fait que cette fonctionnalitĂ© a pris du retard et que les personnes les plus concernĂ©es par les activitĂ©s de la Banque ont le droit et le besoin d’accĂ©der aux documents sur les politiques et les projets dans leur propre langue.

Commentant le rapport, Chad Dobson a notĂ© la tendance inquiĂ©tante Ă  une rĂ©duction des activitĂ©s d’engagement de la sociĂ©tĂ© civile au niveau rĂ©gional et le manque de cohĂ©sion au niveau national, notamment la fermeture de Centres d’information au public dans quelques pays. La Banque joue un rĂ´le important pour encourager les gouvernements de pays en dĂ©veloppement Ă  suivre leurs propres politiques plus avancĂ©es en matière de participation et de consultation, aussi elle ne devrait pas rĂ©duire ses propres efforts d’engagement. Si les processus de consultation sur les politiques les plus rĂ©cents reprĂ©sentent vĂ©ritablement une avancĂ©e, ils ne sont pas aussi participatifs que les premiers (par ex., la politique forestière dans les annĂ©es 90) qui Ă©taient gĂ©rĂ©s en concertation avec la sociĂ©tĂ© civile. Il existe en fait de nombreux modèles pour la conduite de ces consultations internationales et la Banque devrait ainsi envisager diffĂ©rentes options et continuer Ă  tirer les leçons des expĂ©riences passĂ©es. Chad Dobson a fait un dernier commentaire sur le fait que le Bilan de la sociĂ©tĂ© civile ne consacrait que huit paragraphes sur les rapports sociaux entre les sexes et il pense que ce sujet devrait bĂ©nĂ©ficier d’une attention supplĂ©mentaire dans les futurs Bilans.

Alnoor Ebrahim a fait savoir que si on analyse les politiques et les pratiques d’engagement de la Banque avec les sociĂ©tĂ©s civiles, deux attentes sous-jacentes doivent ĂŞtre prises en compte : la Banque est une institution publique qui appartient aux citoyens et c’est une institution de dĂ©veloppement qui Ĺ“uvre pour lutter contre la pauvretĂ©. Ces deux caractĂ©ristiques, Ă  elles-seules, justifient les efforts de la Banque pour devenir plus transparente et plus responsable dans le cadre de sa collaboration avec la sociĂ©tĂ© civile. Si le Bilan de la sociĂ©tĂ© civile dĂ©montre de rĂ©els progrès dans les relations entre la Banque et la sociĂ©tĂ© civile au cours des trois dernières annĂ©es, il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un processus cumulatif qui a dĂ©butĂ© il y a près de 30 ans, avec le ComitĂ© des ONG Ă  la Banque mondiale en 1981, et qui s’est accĂ©lĂ©rĂ© au cours de l’ère Wolfensohn. Il apparaĂ®t Ă©galement clairement dans le rapport que l’engagement au niveau des projets continue Ă  s’intensifier.

MM. Dobson et Ebrahim

D’un autre cĂ´tĂ©, Alnoor Ebrahim a rappelĂ© qu’il reste encore beaucoup Ă  faire pour amĂ©liorer la cohĂ©sion et la qualitĂ© de la collaboration entre la Banque et la sociĂ©tĂ© civile. Le volume de participation s’est considĂ©rablement accru, mais on sait peu de chose en ce qui concerne sa qualitĂ©. Il a soulignĂ© trois dĂ©fis. Le premier est le fait que la Banque ne dispose pas d’une politique de participation en soi, mais plutĂ´t de notes d’orientation et de règles de bonnes pratiques pour le personnel. Celles-ci ne suffisent pas du fait qu’une participation effective Ă  tous les niveaux de la Banque semble ĂŞtre « l’exception plutĂ´t que la règle Â». Dans cette perspective, il propose que la Banque tire profit de la tendance positive Ă  la hausse pour codifier ses expĂ©riences en une sĂ©rie de mesures cohĂ©rentes, Ă  la fois en termes de participation dans les opĂ©rations de prĂŞts et les examens des politiques internes de la Banque.

Deuxièmement, le personnel opérationnel de la Banque semble avoir peu d’incitations l’encourageant à mettre en pratique des politiques de participation dans ses projets. Peut-être faudrait-il introduire des normes de participation dans les évaluations de performance et le système de rémunération du personnel. Le troisième défi consiste à augmenter les ressources et améliorer la synergie au sein du personnel dans le domaine de l’engagement, du fait que la plus grande partie du travail d’approche de la société civile semble être divisée parmi les réseaux et les régions, la coordination étant uniquement ponctuelle et volontaire. Le rôle systématique de soutien et d’évaluation de la qualité de la participation pourrait être confié au Groupe d’évaluation indépendante et au Groupe d’assurance qualité. Un véritable leadership, des budgets adéquats et des mesures d’incitation sont nécessaires pour hisser les politiques de participation de la Banque à un niveau supérieur.

Public

Ces prĂ©sentations ont Ă©tĂ© suivies d’une sĂ©ance de questions / rĂ©ponses oĂą un certain nombre de problèmes importants ont Ă©tĂ© soulevĂ©s, notamment la difficultĂ© Ă  dĂ©finir la sociĂ©tĂ© civile, la comprĂ©hension de la manière dont la Banque s’engage et du choix des OSC avec qui elle collabore, et le fait que les OSC ont souvent leurs propres difficultĂ©s Ă  coordonner leurs efforts de revendication. Une discussion a eu lieu pour savoir si l’adoption d’une politique de participation formelle Ă©tait dĂ©sirable sachant qu’elle pourrait limiter la crĂ©ativitĂ© du personnel de la Banque et conduire Ă  une approche de participation de routine. D’autres personnes ont indiquĂ© qu’une politique de participation n’avait pas besoin d’être normative, mais plutĂ´t mobilisatrice afin d’encourager une expĂ©rimentation et une innovation accrues dans ce domaine. Un membre du public a demandĂ© si la Banque signalait rĂ©gulièrement avoir incorporĂ© ou non les conseils et recommandations reçus des OSC dans le cadre de consultations liĂ©es aux stratĂ©gies d’aide-pays, aux politiques et aux projets. Enfin, la discussion sur la participation devrait tenir compte du rĂ´le des gouvernements et du rĂ´le crucial de la Banque pour encourager les gouvernements Ă  amĂ©liorer l’environnement porteur pour la sociĂ©tĂ© civile et ses propres pratiques participatives.


 




Permanent URL for this page: http://go.worldbank.org/VRD28HRJS0