La Banque mondiale, le FMI et les syndicats discutent des politiques de création d’emplois dans le monde

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Réunion annuelle 2011 ITUC, Banque mondiale, FMI

La secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale (CSI) (a) , Sharan Burrow, s’est récemment entretenuemavec le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, et le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn. Au menu des discussions : la reprise économique mondiale, les politiques de création d’emplois et un certain nombre d’autres questions intéressant les trois institutions. Les échanges, organisés à Washington du 18 au 20 janvier 2011, se sont déroulés lors d’une réunion de haut niveau qui a rassemblé près de 90 dirigeants de centrales syndicales de 35 pays. Les représentants syndicaux ont pu rencontrer des membres de la direction et du personnel du FMI et de la Banque mondiale, ainsi que les Administrateurs des deux institutions. Cette réunion de haut niveau – quatrième rendez-vous bisannuel de ce type depuis 2002 – s’inscrit dans le cadre d’un accord de collaboration (a) noué entre la Banque, le FMI et la CSI, et prévoyant la tenue d’ateliers techniques annuels, un échange permanent d’informations et des détachements de personnel.

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Ces deux jours et demi de discussions ont permis des échanges de vues francs et substantiels sur un large éventail de sujets – depuis la volatilité des prix alimentaires à la protection sociale en passant par les normes fondamentales du travail (voir l’ordre du jour) (a) . M. Zoellick a rappelé que, face à la crise économique et financière mondiale, « les gouvernements devaient réfléchir à des stratégies pour motiver les travailleurs et les aider à trouver du travail – surtout les jeunes qui arrivent sur le marché de l’emploi ». Pour Mme Burrow, « devant la crise persistante du chômage à travers le monde, il est impératif que le FMI et la Banque mondiale reconnaissent l’importance du maintien des plans de relance économique à l’échelle mondiale tant que la reprise ne sera pas confirmée ». M. Strauss-Kahn a convenu qu’il était indispensable de « s’attaquer à la crise de l’emploi, et notamment au drame du chômage de longue durée, avec toutes ses conséquences sur le plan social ». Les syndicats ont également fait part de leurs préoccupations devant la nouvelle flambée des prix alimentaires qui risque surtout de frapper les travailleurs et les autres groupes vulnérables des pays à faible revenu.

Les débats ont permis de dégager des points de convergence entre la Banque mondiale et la CSI sur trois sujets : la création d’emplois, la sécurité alimentaire et la protection sociale. Alors que la Banque a lancé des consultations autour de sa nouvelle stratégie (a) en matière de protection sociale, la CSI a reconnu avec la Banque que les pays dotés de systèmes solides de protection des revenus (allocations chômage, travaux publics, transferts monétaires…) étaient bien mieux armés pour contrer les effets de la crise financière sur les travailleurs. Les syndicats souhaiteraient que la Banque avance plus rapidement sur la révision des indicateurs d’embauche des travailleurs (EWI) utilisés dans le classement Doing Business, ainsi que sur l’adoption des normes fondamentales du travail dans l’ensemble des opérations du Groupe de la Banque mondiale.

Kwasi Adu-Amankwah (Secrétaire général pour l'Afrique, ITUC), Sharan Burrow (Secrétaire général, ITUC) and Mr. Zoellick (Président de la Banque mondiale)

Les participants ont formulé un certain de nombre de recommandations visant à resserrer les liens entre la Banque mondiale et la CSI. Les deux organisations ont ainsi affirmé vouloir œuvrer ensemble à la décentralisation au niveau national des pratiques de collaboration mises en place au plan international. À cet égard, les responsables de la Banque ont indiqué qu’ils enverraient un courrier à tous les directeurs-pays pour les inciter à se rapprocher des organisations syndicales locales. Le service en charge des questions de protection sociale au sein de la Banque mondiale a également proposé de promouvoir des activités conjointes de renforcement des capacités relatives à l'action syndicale, avec notamment la participation de représentants syndicaux aux cours intensifs de la Banque mondiale sur les marchés du travail mais aussi, éventuellement, sur les filets de protection sociale et les retraites.



Ordre du jour de la réunion (a)
Relations Banque mondiale - CSI (a)
Stratégie sur la protection sociale (a) de la Banque mondiale
Confédération syndicale internationale (a)  




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