M. Zoellick aborde la question de la nutrition à la conférence des OSC

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M. Zoellick a vivement plaidé pour l’investissement dans la nutrition dans son allocution à l’occasion de la grande conférence de la société civile organisée par Bread for the World (a) et Concern Worldwide (a) le 13 juin à Washington. L’une des séances plénières de cette conférence intitulée « 1 000 jours pour renforcer la nutrition des mères et des enfants : mobiliser les politiques » a été l’occasion d’une discussion entre le président de la Banque mondiale et David Beckmann, président de Bread for the World. David Nabarro (représentant spécial des Nations Unies pour la sécurité alimentaire et la nutrition), la secrétaire d’État Hillary Clinton (par vidéoconférence) ou encore le ministre britannique Andrew Mitchell ont prononcé des discours liminaires, commentés notamment par Tom Arnold (président, Concern) et Charles MacCormack (Save the Children/président pour les États-Unis).

L’objectif de cette conférence — qui a réuni plusieurs centaines de militants contre la faim et de spécialistes de la nutrition venus des États-Unis et de plus de 30 pays en développement — était de faire le point sur les avancées du Cadre pour le renforcement de la nutrition (ou « SUN » pour Scaling Up Nutrition) (a) et de la « Campagne des 1 000 jours » (1,000 Days Campaign) (a). Le but était aussi et surtout d’entretenir l’élan politique autour de ces deux initiatives lancées respectivement en avril 2010, lors des Réunions de printemps de la Banque mondiale et du FMI, et au mois de septembre suivant, lors du Sommet sur les objectifs du Millénaire pour le développement. La feuille de route SUN, qui fixe les grandes lignes et les principes régissant l’augmentation des investissements dans la nutrition, a été adoptée par plus de 100 partenaires — bailleurs de fonds, OSC, universitaires et groupes privés. La « Campagne des 1 000 jours » a été lancée afin de promouvoir la feuille de route ; cette campagne de sensibilisation mondiale se poursuivra jusqu’en juin 2013.

M. Beckmann a débuté la discussion en rappelant le rôle de chef de file joué sur le front de la nutrition par le président de la Banque mondiale, qui n’a eu de cesse de presser les dirigeants du monde entier d’accorder davantage d’attention à cette question, en particulier avec la survenue de la crise alimentaire mondiale en 2008. M. Zoellick a pour sa part insisté sur le rôle crucial que peuvent jouer les OSC et les organisations confessionnelles américaines, à la fois pour obtenir le soutien du Congrès en faveur de l’aide internationale pour le développement et pour déployer sur le terrain des programmes agricoles et de nutrition.

M. Zoellick a également souligné l’opportunité des efforts de plaidoyer des OSC en faveur de la nutrition, composante fondamentale de la réponse à la crise alimentaire mondiale. Il ne faut pas oublier, a-t-il ajouté, que la nutrition — en particulier au cours des 1 000 premiers jours d’une vie — est déterminante pour le reste de l’existence. Faute d’une nutrition adaptée, les bébés ne peuvent pas grandir, les enfants ne peuvent pas étudier et les adultes ne peuvent pas travailler. La nutrition est intrinsèquement liée à l’agriculture, à la santé, à l’éducation et à l’économie. Or cet aspect est souvent négligé par les programmes alimentaires, tandis que les initiatives liées à la productivité agricole n’en tiennent pas compte non plus. La crise alimentaire a contribué à lui donner de l’importance et à en faire l’une des dimensions de la lutte contre la faim et la pauvreté.

M. Beckmann s’est félicité de la rapidité avec laquelle la Banque mondiale avait accru ses financements pour les programmes de sécurité alimentaire au moment de la crise. M. Zoellick est revenu sur la démarche en deux temps de la Banque. Il s’agissait d’abord d’apporter une aide immédiate à travers le Programme d’intervention en réponse à la crise alimentaire mondiale (GFRP), qui a financé la mise en place de projets dans plus de 40 pays : distribution de semences, nourriture contre travail, cantines scolaires, etc. Il fallait ensuite parvenir à une concertation au sein du G8 sur l’augmentation du financement de l’agriculture dans le monde, en recul constant depuis 20 ans.

M. Zoellick a expliqué que la Banque mondiale avait non seulement augmenté son propre portefeuille de prêts destiné à l’agriculture, de 4 à 6 milliards de dollars par an, mais qu’elle avait aussi lancé le Programme mondial pour l’agriculture et la sécurité alimentaire (a)(GAFSP), qui achemine l’aide des donateurs à des programmes nationaux. La Banque a par ailleurs augmenté le financement des programmes de nutrition de la petite enfance (a): les opérations en cours s’élèvent à environ 500 millions de dollars, soit autant que celles en préparation. Les OSC ont pris une part active à 16 des programmes-pays du GFRP — en tant que bénéficiaires ou partenaires dans la fourniture des services —, de même qu’elles participent de près à la gouvernance du GAFSP, trois de leurs représentants siégeant à son comité de pilotage.

En conclusion, M. Zoellick a rappelé que la Banque avait beaucoup à apprendre du travail des organisations confessionnelles et autres OSC dans le domaine de la nutrition mais aussi, plus généralement, du développement. Outre qu’elles sont des prestataires de services efficaces auprès des habitants, les OSC peuvent aussi assurer un suivi des résultats des programmes financés par la Banque mondiale dans les pays afin d’aider l’institution à améliorer sa gouvernance et son efficacité. Enfin, M. Zoellick est revenu sur un discours prononcé il y a quelques mois sur le rôle de la société civile dans le Printemps arabe, dans lequel il affirmait que le moment était venu pour la Banque mondiale d’amplifier ses relations avec la société civile — une volonté parfaitement illustrée par cette réunion autour de la nutrition.




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