SĂ©ance de discussion ouverte entre les OSC, M. Zoellick et Mme Lagarde

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La sĂ©ance de discussion ouverte avec les OSC a attirĂ© quelque 250 reprĂ©sentants d’organisations accrĂ©ditĂ©es pour les AssemblĂ©es annuelles, autour de la directrice gĂ©nĂ©rale du FMI, Mme Christine Lagarde, et du prĂ©sident du Groupe de la Banque mondiale, M. Robert Zoellick. Les dĂ©bats ont Ă©tĂ© prĂ©sidĂ©s par Ingrid Srinath (secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale de CIVICUS) et ouverts par deux dirigeantes d’OSC qui ont ainsi fixĂ© le cadre d’ensemble : Laila Iskandar (directrice gĂ©nĂ©rale, Community and Institutional Development Group, Égypte) et Milwida M. Guevara (prĂ©sidente, fondation Synergia, Philippines).

La sĂ©ance de discussion ayant lieu au FMI, c’est Mme Lagarde qui a prononcĂ© le discours liminaire pour sa première rencontre avec les OSC en tant que directrice gĂ©nĂ©rale de cette institution. Après avoir souhaitĂ© la bienvenue aux participants et rappelĂ© le rĂ´le Ă©minent que les OSC jouent pour le dĂ©veloppement, elle a Ă©voquĂ© l’exemple de la Lettonie dont le gouvernement a consultĂ© rĂ©gulièrement les OSC au moment de mettre en Ĺ“uvre, avec succès, son plan de relance. Mme Lagarde s’est engagĂ©e Ă  accroĂ®tre la transparence du FMI et Ă  poursuivre le dialogue avec les OSC. Elle a conclu en affirmant aux OSC prĂ©sentes : « vous ĂŞtes ici chez vous Â».

CSO Townhall _2Revenant sur les politiques du Groupe de la Banque mondiale, Mme Iskandar a rappelé qu’une croissance créatrice d’inégalités – telle que la pratique l’Égypte – ne peut déboucher sur l’édification de sociétés viables ni stables. Il est temps d’explorer de nouveaux paradigmes capables de redistribuer les richesses et d’assurer la prospérité de tous. Elle a ensuite évoqué les investissements dans les combustibles fossiles auxquels les OSC sont, d’une manière générale, opposées, notant que celles-soutiendraient la politique énergétique de la Banque mondiale dès lors qu’elle financerait les énergies renouvelables et garantirait des avantages directs aux pauvres. À propos des politiques de sauvegarde de la Banque mondiale, Mme Iskandar a plaidé pour l’intégration du handicap et exprimé son inquiétude face au projet de Programme pour les résultats, qui pourrait affaiblir ces politiques de sauvegarde.

S’intĂ©ressant aux politiques du FMI, Mme Guevara a fĂ©licitĂ© l’institution, qui semble avoir renoncĂ© Ă  son culte du secret. Des rĂ©formes internes s’imposent pour promouvoir une croissance intĂ©gratrice, ce qui exige une relation de confiance entre le FMI et les OSC. Pour amĂ©liorer ces relations, trois aspects doivent ĂŞtre pris en compte : les attentes, les limites et les motifs de frustration. Elle s’est attardĂ©e sur certaines de ces frustrations, comme le fait que le FMI nĂ©gocie et discute avec des gouvernements corrompus et/ou incompĂ©tents. Le FMI devrait user de son influence pour accroĂ®tre la transparence des gouvernements et la participation, les OSC s’engageant Ă  faire de mĂŞme dans la limite de leurs moyens.

Mme Lagarde a approuvé la plupart des remarques concernant les politiques du FMI. Elle a souligné que le mode de conception des programmes était en train d’évoluer – pour mieux intégrer la dimension sociale dans les analyses – et qu’elle veillerait à ce que cela se poursuive.

M. Zoellick a notĂ© que le Groupe de la Banque mondiale et le FMI avaient 187 gouvernements et autant d’actionnaires – une configuration qui oblige les deux institutions Ă  travailler avec les autoritĂ©s et par leur intermĂ©diaire. MalgrĂ© les difficultĂ©s potentielles, cela n’exclut en rien une collaboration avec les OSC. D’ailleurs, une rĂ©cente Ă©tude du Fonds japonais pour le dĂ©veloppement social (JSDF) a constatĂ© que la Banque avait acheminĂ© directement aux OSC 60 millions de dollars, Ă  travers 26 mĂ©canismes diffĂ©rents.

CSO Townhall_3M. Zoellick a ensuite évoqué le projet d’allocation de fonds d’amorçage pour la création d’un mécanisme de soutien aux OSC et ses efforts pour intéresser d’autres donateurs (y compris des fondations privées). Il a rappelé que le Groupe de la Banque mondiale avait créé l’IFC en 1956 pour travailler avec le secteur privé et qu’il était sans doute temps d’introduire un mécanisme de soutien à la société civile. Des consultations avec des OSC sont prévues pour réfléchir à la structure de gouvernance de ce futur dispositif comme aux critères d’éligibilité, aux objectifs et finalités et aux modes de fonctionnement. Elles démarreront peu après les Assemblées annuelles.

Enfin, M. Zoellick est revenu sur le contexte gĂ©nĂ©ral dans lequel s’inscrivent toutes les initiatives de la Banque mondiale afin de « dĂ©mocratiser le dĂ©veloppement Â». Il a Ă©voquĂ© l’initiative pour des donnĂ©es ouvertes, la nouvelle politique d’accès Ă  l’information et la gĂ©olocalisation des projets de l’IDA et de la BIRD afin que les OSC soient en mesure de suivre les projets et de garantir des rĂ©sultats de dĂ©veloppement optimaux.

CSO Townhall_4Un certain nombre de thèmes ont Ă©tĂ© abordĂ©s par les OSC pendant la discussion, comme la taxe sur les transactions financières ; la nĂ©cessitĂ© de tenir compte de l’opinion de la sociĂ©tĂ© civile pour les Ă©valuations macro et l’analyse sociale ; les politiques de genre de la Banque mondiale et le pourcentage de femmes occupant des postes de direction au FMI et Ă  la Banque ; le projet de centrale au charbon au Kosovo et la question de l’implication de la Banque dans les projets impliquant des combustibles fossiles ; la politique de la Banque en faveur des handicapĂ©s ; et l’obligation pour la Banque de ne pas soutenir des politiques de croissance qui ne crĂ©ent pas d’emplois.
Pour un compte rendu exhaustif des discussions, la transcription des dĂ©bats et une vidĂ©o sont Ă  votre disposition.


Ce rĂ©sumĂ© a Ă©tĂ© prĂ©parĂ© par John Garrison et Nneka Okereke des services de liaison de la Banque mondiale avec la sociĂ©tĂ© civile (CST). Pour tout commentaire ou suggestion, envoyez un email Ă  : civilsociety@worldbank.org.



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