La Banque mondiale reste à l’avant-garde de la lutte contre la corruption, selon un rapport

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Communiqué de presse n°:2007/213/INT

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WASHINGTON, le 6 fĂ©vrier 2007— La Banque mondiale continue de jouer un rĂŽle de premier plan dans la lutte contre les pratiques de fraude et de corruption. Au cours des deux derniĂšres annĂ©es, elle a rĂ©alisĂ© des enquĂȘtes sur plus de 400 cas intĂ©ressant des projets qu’elle finance et sanctionnĂ© plus de 100 entitĂ©s engagĂ©es dans des actes illicites dans les projets, selon un nouveau rapport.

 

« Plus d’un milliard de personnes Ă  travers le monde vivent avec un dollar par jour, et la corruption menace leur espoir d’une vie de meilleure qualitĂ© et d’un avenir plus prometteur,  » dĂ©clare le PrĂ©sident de la Banque mondiale, M. Paul Wolfowitz. « Quand nous dĂ©couvrons que l’aide au dĂ©veloppement dĂ©jĂ  insuffisante, est dĂ©tournĂ©e de l'objectif visĂ©, celui de profiter aux pauvres, nous avons le devoir d’agir. Les activitĂ©s de INT nous aident Ă  nous  acquitter de ce devoir envers les pauvres, qui sont nos clients en derniĂšre analyse, en dĂ©celant et en dĂ©courageant les pratiques de fraude et de corruption, et en Ɠuvrant de concert avec d’autres services Ă  travers la Banque pour limiter les risques dans les opĂ©rations futures.  »

 

Au cours des deux derniers exercices, le Service de dĂ©ontologie institutionnelle (INT) du Groupe de la Banque mondiale a engagĂ© et menĂ© Ă  bien prĂšs de 441 enquĂȘtes extĂ©rieures sur des cas de fraude et de corruption dans les projets financĂ©s par la Banque, selon le rapport intitulĂ© Integrity Report of the World Bank Group, Fiscal Years 2005 – 2006 (Rapport sur l’intĂ©gritĂ© du Groupe de la Banque mondiale, exercices 50-06). Suite Ă  ces enquĂȘtes, la Banque a exclu de ses marchĂ©s 58 entreprises et 54 particuliers en raison des pratiques de fraude et de corruption au cours de la pĂ©riode visĂ©e par le rapport, faisant en sorte qu’ils ne soient plus admis Ă  participer Ă  des projets qu’elle finance. Depuis 1999, la Banque mondiale a sanctionnĂ© 338 entreprises et des particuliers et toutes les sanctions ont Ă©tĂ© publiĂ©es sur son site Web et ont Ă©tĂ© annoncĂ©es au public. La Banque mondiale est la seule banque multilatĂ©rale de dĂ©veloppement qui publie les noms des entreprises qu’elle a sanctionnĂ©es pour pratiques de corruption — un moyen efficace de dĂ©courager les actes illicites.

 

Le rapport indique Ă©galement que le Service de dĂ©ontologie institutionnelle a conduit, au cours des deux derniers exercices, 227 enquĂȘtes internes portant sur les fautes professionnelles commises par les membres du personnel de la Banque. INT a Ă©tabli le bien-fondĂ© de 77 de ces cas impliquant 78 membres du personnel. Tout aussi important, Ă  l’issue des enquĂȘtes sur les allĂ©gations, INT a blanchi les membres du personnel de toute faute professionnelle dans 44 cas internes. Les allĂ©gations restantes ont Ă©tĂ© soit jugĂ©es non fondĂ©es (46 cas), ce qui signifie que les Ă©lĂ©ments de preuve n’ont pas Ă©tĂ© concluants, soit renvoyĂ©es (60 cas) Ă  d’autres instances au sein de l’institution aux fins de rĂšglement. Dans le cas des allĂ©gations jugĂ©es fondĂ©es, la Banque a licenciĂ© et/ou exclu de toute nouvelle rĂ©embauche 22 membres du personnel et imposĂ© des sanctions disciplinaires Ă  11 autres pour pratiques de fraude et de corruption ; licenciĂ© et/ou exclu de toute nouvelle rĂ©embauche 5 membres du personnel pour harcĂšlement sexuel ; imposĂ© des sanctions disciplinaires Ă  5 autres pour avoir manquĂ© de se conformer aux obligations personnelles ; licenciĂ© et/ou exclu de toute nouvelle rĂ©embauche 7 membres du personnel pour conflit d’intĂ©rĂȘt ou autres violations ; et imposĂ© des sanctions disciplinaires Ă  4 autres pour conflit d’intĂ©rĂȘt ou autres violations. Les 24 fonctionnaires restants se sont conformĂ©s Ă  leurs obligations juridiques suite Ă  l’intervention de INT. Le rapport prĂ©cise que le nombre d’allĂ©gations graves impliquant les membres du personnel de la Banque reprĂ©sente moins de 1 % de l’effectif total de l’institution.

 

Le Service de dĂ©ontologie institutionnelle a Ă©tĂ© créé en 2001 en tant qu’organe d’enquĂȘte indĂ©pendant de la Banque. INT enquĂȘte sur les allĂ©gations de pratiques de fraude et de corruption dans les projets financĂ©s par la Banque, ainsi que sur les allĂ©gations de fautes professionnelles Ă©ventuelles commises par les fonctionnaires de l’institution, et soumet ses conclusions pour suite Ă  donner Ă  des entitĂ©s de prise de dĂ©cision telles que le Conseil des sanctions de la Banque (pour les cas extĂ©rieurs) et le Vice-prĂ©sident chargĂ© des Services des ressources humaines (pour les cas de fautes professionnelles commises par le personnel). Le cas Ă©chĂ©ant, INT communique les conclusions de ses enquĂȘtes pour suite Ă  donner aux autoritĂ©s des pays membres concernĂ©s.

 

Les services de la Banque mondiale et les consultants reprĂ©sentent la source la plus importante d’allĂ©gations reçues par INT au cours de l’exercice 06 : au moins 32 % de toutes les allĂ©gations, le mĂȘme pourcentage qu’au cours de l’exercice prĂ©cĂ©dent, selon le rapport. Les allĂ©gations reçues avaient trait aux activitĂ©s de prĂȘt des exercices 05 et 06 et comprenaient les dĂ©lits de fraude portant sur la passation des marchĂ©s, l’entente des soumissionnaires, les dessous-de-table et les pots-de-vin, l’usage abusif des biens des projets et l’attestation inexacte des qualifications dans les soumissions.

 

« La corruption a une incidence catastrophique sur la capacitĂ© des administrations Ă  fonctionner normalement ; sur celle du secteur privĂ© Ă  se dĂ©velopper et Ă  crĂ©er des emplois ; sur les talents et les Ă©nergies des populations Ă  ajouter de la valeur de maniĂšre productive ; et, en fin de compte, sur l’aptitude des sociĂ©tĂ©s Ă  se sortir de la pauvretĂ©, » estime Suzanne Rich Folsom, Directrice du Service de dĂ©ontologie institutionnelle. « La Banque mondiale et le Service de dĂ©ontologie institutionnelle doivent continuer de s’assurer dans la mesure du possible que les fonds confiĂ©s Ă  notre institution par ses actionnaires sont utilisĂ©s aux fins pour lesquelles ils Ă©taient destinĂ©s.»

 

L’une des principales constatations des enquĂȘtes sur les pratiques de fraude et de corruption dans les projets financĂ©s par la Banque est que les mĂ©canismes mis au point par les acteurs corrompus sont grosso modo similaires, que ce soit en Afrique, en Asie, en Europe, en AmĂ©rique latine ou au Moyen-Orient. C’est un enseignement particuliĂšrement prĂ©cieux dans la mesure oĂč il permet Ă  INT de concevoir des interventions communes Ă  l’échelle de toute la Banque. Certes INT possĂšde dĂ©sormais une connaissance intime et croissante du caractĂšre des vulnĂ©rabilitĂ©s aux pratiques de corruption dans les projets financĂ©s par la Banque, mais la connaissance de la frĂ©quence, de la portĂ©e et de la profondeur du problĂšme est moins solide, estime le rapport. Il en est ainsi en partie parce que les allĂ©gations que reçoit INT ne reprĂ©sentent qu’un sous-ensemble de l’ensemble de l’univers des activitĂ©s de corruption, mais aussi parce que INT a une capacitĂ© limitĂ©e Ă  mener activement des enquĂȘtes sur toutes les allĂ©gations qu’il reçoit.

 

Tout au long des exercices 05 et 06, indique le rapport, INT a mis au point un programme de dĂ©claration spontanĂ©e, dont le principe a Ă©tĂ© initialement approuvĂ© par le Conseil des Administrateurs de la Banque au cours de l’exercice 04. Les Ă©lĂ©ments dĂ©taillĂ©s du programme ont Ă©tĂ© approuvĂ©s par le Conseil de la Banque au cours de l’exercice 07 et le programme a Ă©tĂ© officiellement lancĂ© le 1er aoĂ»t 2006. Le programme de dĂ©claration spontanĂ©e donne aux entreprises liĂ©es par des marchĂ©s et contrats portant sur les projets de la Banque la possibilité : de mettre fin aux pratiques de corruption ; de publier volontairement et intĂ©gralement l’information concernant les actes illicites passibles de sanction par la Banque ; d’adopter un programme de respect des rĂšgles suivi pendant 3 ans par un responsable chargĂ© de veiller au respect des normes ; et d’éviter l’exclusion publique suite Ă  la publication d’infractions passĂ©es. L’entreprise obtient l’assurance de confidentialitĂ© en Ă©change d’une coopĂ©ration pleine et proactive.

 

Le rapport prĂ©sente un autre outil de diagnostic proactif utilisĂ© par INT : l’examen approfondi de l’exĂ©cution. EffectuĂ© en collaboration avec les bureaux-pays, l’examen approfondi de l’exĂ©cution porte sur les projets financĂ©s par la Banque et vise essentiellement Ă  dĂ©celer les irrĂ©gularitĂ©s ou les indicateurs d’irrĂ©gularitĂ© de la fraude, de l’entente entre soumissionnaires et de la corruption dans le processus de passation des marchĂ©s et de dĂ©caissement, dans la gestion des marchĂ©s et contrats et au stade de l’exĂ©cution des projets. Le rapport note que la Banque a effectuĂ© au Cambodge au cours de l’exercice 05 un examen approfondi de l’exĂ©cution qui a rĂ©vĂ©lĂ© un certain nombre de cas d’irrĂ©gularitĂ©s, notamment l’absence d’appel Ă  la concurrence et une gestion financiĂšre douteuse. Faisant fond sur les rĂ©sultats de cet examen approfondi de l’exĂ©cution et des examens prĂ©cĂ©dents, qui sont effectuĂ©s depuis 2002, la Banque et les pays concernĂ©s ont mis au point des mesures de redressement pour limiter l’incidence des pratiques de fraude et de corruption dans les projets financĂ©s par la Banque.

 

INT a pour objectif primordial de mener des enquĂȘtes sur les allĂ©gations de pratiques de fraude et de corruption dans les projets de la Banque et sur les allĂ©gations de fautes professionnelles commises par les membres du personnel, notamment, les pratiques de fraude et de corruption. Le rapport montre comment la Banque s’attache Ă  prĂ©sent Ă  rĂ©aliser un Ă©quilibre plus effectif entre des mesures de rĂ©action et de prĂ©vention. Le rapport note que le PrĂ©sident de la Banque a demandĂ© au Service de dĂ©ontologie institutionnelle de fournir « en amont » davantage de conseils, d’orientations et de recommandations visant Ă  attĂ©nuer les risques dans le cadre des futures opĂ©rations de prĂȘt.

 

Le rapport indique que le Service de dĂ©ontologie institutionnelle a un effectif de plus de 50 fonctionnaires et consultants qui mĂšnent les enquĂȘtes et des activitĂ©s connexes et il consacre annuellement plus de dix millions de dollars de dĂ©penses Ă  ces enquĂȘtes et activitĂ©s.

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