Des artisans du Panama et du Mexique se sont rendus au siège de la BM la semaine dernière pour exposer leurs ouvrages et expliquer comment ils les vendent sur Internet. Ils sont venus pour parler de PEOPLink, une ONG qui met les artisans des pays en développement en contact avec les nombreux marchés qui apparaissent sur le cyberespace. Trois femmes, vêtues de costumes traditionnels du Panama et du Mexique de très belle facture, se sont entretenues avec les cadres de la BM. Adriana Gonzales, qui est membre de la coopérative Mola au Panama, a expliqué dans sa langue maternelle que le tissage des «molas » (un motif complexe fait de couches de tissu coloré cousues entre elles et représentant des animaux ou des figures géométriques, utilisé dans des jupes, robes ou décorations) est pour elle une occupation importante. « C est davantage qu un simple mola. Cela fait partie du développement de la femme, de notre bien-être économique, et surtout de la culture du Panama », a-t-elle précisé. Mme Gonzales et ses deux collègues, Rosa Martinez et Oralia Garcia, sont venues du Panama et du Mexique pour participer à un programme de formation organisé par PEOPLink et financé en partie par le Programme d information pour le développement infoDev. Ce programme mondial, géré par la BM et financé par 17 donateurs publics et privés, aide la population des pays en développement à utiliser l informatique et les technologies de la communication. PEOPLink apprend aux femmes habitant dans des villages isolés à se servir de l imagerie numérique et de l informatique pour numériser leurs produits et les envoyer par e-mail au siège de l organisation (au Maryland). Les images sont ensuite placées sur Internet et sur le marché du cyberespace. Comme l explique Daniel Salcedo, directeur général de PEOPLink : « Nous traitons les problèmes d aujourd hui avec la technologie de demain. Et trois facteurs le permettent : la chute rapide du prix des ordinateurs, Internet et l imagerie numérique. « La mondialisation et les communications électroniques sont en train de transformer le monde et le mode de fonctionnement de la société. » Ainsi, des femmes comme Mmes Gonzales, Martinez et Garcia peuvent promouvoir leur environnement social et culturel. « PEOPLink nous permet de raconter notre histoire et nous aide à être présentes sur la scène internationale. Nous ne voulons pas rester à l écart. Nous voulons que le monde comprenne notre culture et notre société. Nous voulons apprendre et enseigner », souligne Mme Gonzales. L an dernier, la coopérative Mola a enregistré des ventes d un montant de 100 000 dollars, et investi les bénéfices dans des cours et du matériel pour fabriquer plus de molas. En vendant leurs ouvrages sur Internet et en supprimant les intermédiaires, les artisans perçoivent 60 à 70 % des bénéfices. Ils ne recevraient que 10 % s ils passaient par des détaillants. Les artisans du monde entier rencontrent les mêmes problèmes de marketing et de vente en raison du manque d informations. Les solutions qu a trouvées PEOPLink pour certains d entre eux, telles que ces coopératives en Amérique latine, peuvent être appliquées à d autres. PEOPLink va bientôt étendre ses services aux Philippines, au Bangladesh et à l Inde. Pour plus d informations, visitez le site Web de PEOPLink : www.peoplink.org. ou le site Web d'infoDev. | Rectificatif: | | L'article Le SIDA et un projet d'oléoduc entre le Tchad et le Cameroun (Banque Mondiale Actualités Vol. XVI, N° 32) laissait entendre que le projet d'oléoduc avait déjà été approuvé. En fait, le projet est toujours en cours de préparation. Si les évaluations et négociations s'avèrent concluantes, le projet sera soumis aux Administrateurs de la Banque au second semestre 1998. | |