| Le Groupe de la Banque mondialea fermé son Département du tourisme il y a près de 20 ans mais n'en apas cessé pour autant d'utiliser letourisme comme outil de développement. Le 23 juin prochain,l'Organisation mondiale du tourisme et la Banque mondiale parraineront une conférenceau siège de la Banque sur le thème« Le tourisme au XXIe siècle », afinde sensibiliser les pays aux possibilitésde développement international offertes parle tourisme. On parlera de la contribution quepeuvent apporter le patrimoine culturel et le financement du tourisme audéveloppement durable de ce secteur. Cette rencontresera la première de ce genre organisée parles deux institutions. « Les institutions internationalesde développement comme la Banque mondiale ont un rôle croissant à jouer dans lapromotion du tourisme » affirme Richard Dickinson, vice-président chargé dela politique et des communications au World Travel and Tourism Council(WTTC), première association mondiale dedirecteurs de sociétés de tourisme privées. Selon Dickinson, le Groupe de laBanque mondiale peut aider à formuler des plansde redressement, par exemple pour les pays d'Asie de l'Est fortement tributairesdu tourisme, et favoriser l'investissementprivé dans le secteur des services qui est enexpansion dans les marchés émergents.Le développement de l'infrastructure locale etdes services de santé et d'éducation profiteaux populations locales, tout en attirant les investisseurs, améliorant ainsi le climatgénéral de l'investissement dans le secteur touristique. « Nos objectifs sont les mêmes queceux de la communauté financièreinternationale » souligne Deborah Luhrman, directricedes communications à l'OMT, une associationde 138 offices nationaux du tourisme, qui comptent eux-mêmes plus de350 adhérents. « Le tourisme est une excellente sourcede devises ; il permet d'améliorer les routeset les infrastructures, et de créer desemplois dans les régions rurales,particulièrement recherchées des touristes » conclut-elle. Le tourisme et la Banque D'après Iain Christie, spécialistetechnique du développement du secteur privéau Bureau régional Afrique, le rôle dutourisme dans le développement est un sujetépineux et complexe. Pour que le tourismese développe de façon durable, il fautexaminer de près les questions d'environnementet s'assurer de la rentabilité deséquipements. En outre, en partenariat avec le secteurpublic, il faut instituer un cadreréglementaire favorisant la croissance économique etle recul de la pauvreté. Comme les projets de logementet d'urbanisme, le tourisme exige des infrastructures (routes, eau etassainissement, hôpitaux, communications ettransports) pour attirer les hôteliers et les voyagistes.Par sa connaissance et sa vaste expérience deces secteurs, la Banque est bien placéepour offrir des conseils aux gouvernements soucieux de développer le tourismed'une façon qui soit à la fois économiquementet écologiquement viable et qui profite aux populations locales. Quantité de pays veulent se servirdu tourisme pour attirer les devises et l'investissement, mais ne savent pas paroù commencer. « C'est là que la Banque intervient »observe Karin Millet, directrice généralede l'Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI). « Ellepeut proposer un cadre administratif, juridique et réglementaire relatif au secteurtouristique, et donner des conseils aux pays pour l'élaboration de stratégies propres à attirer les investissements. Il est logique quenous mettions nos compétences au service du secteur le plus vaste et un des plus dynamiquesde l'économie mondiale » explique-t-elle. D'après des études du WTTC, letourisme est le premier créateur d'emplois dansle monde. En 1997, il représentait 10 % dutotal des emplois mondiaux et on estime que 230 millions d'emplois seront créés dansle secteur en 1998. D'ici à 2010, ce nombredevrait atteindre 328 millions. Au niveau mondial,les voyages et le tourisme ont un chiffred'affaires de 4 400 milliards de dollars. D'après les statistiques de laConférence des Nations Unies sur le commerce etle développement (CNUCED), le tourisme est le seul grand secteur du commerceinternational où les pays pauvres affichent régulièrementun excédent dans le domaine des services. « Pour chaque chambre d'hôtel, un oudeux emplois sont créés » affirme CarolynCain, consultante au service tourisme de laSociété financière internationale (SFI),l'institution du Groupe de la Banque mondiale qui travaille avec le secteur privé. « Un hôtelde 300 chambres équivaut à 600 emplois. » Cependant, beaucoup de pays,notamment en Afrique subsaharienne, commencentà peine à exploiter des richessesécologiques et un patrimoine naturel, des artsindigènes et une culture qui leur offrent unattrait unique face à des destinations concurrentes. « Pour que le tourismesoit économiquement et écologiquementviable, il faut que les pays sachent tirer parti deleur avantage comparatif » affirme Christie.Pour promouvoir le tourisme, ajoute-t-il, « ilfaut que les gouvernements coopèrent avecles entreprises, les institutionsfinancières internationales telles que laBanque mondiale, et les organisationstouristiques ». Ces partenariats peuventfavoriser l'investissement étranger direct, principalement dans la constructionde grands hôtels et les transports aériens ; etle développement des petites et moyennes entreprises (restaurants, petitshôtels, sociétés de transport et voyagistesfinancés par des capitaux locaux) ; etdes microentreprises, notamment artisanales, et de la petite agriculture.Pour plus d'informations, contacter Phillip Assis au (202)458-4644, email : passis@worldbank.org. |