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Des refugiees presentent a Paris des articles faits a la main

Ne manquez pas Donna Karan. Le mois prochain, Aika Memisevic et ses compagnes de Srebrenica présenteront au monde de la haute-couture à Paris une collection originale de tricots de grande qualité.

Cette présentation de mode, qui aura lieu le 3 décembre, est parrainée par l’UNESCO, le HCR et la BM. Elle fait partie du projet Knitting Together Nations («unir les nations par le tricot ») destiné à aider les femmes réfugiées de Bosnie à gagner leur vie en vendant des articles d’une excellente qualité. Avant cette présentation, une table ronde sur le thème «les femmes, le commerce et le microcrédit en Bosnie-Herzégovine » permettra de lancer une exposition qui présentera pendant une semaine une collection unique de tricots et d’articles faits à la main, dont un certain nombre seront à vendre.

Pour des gens comme Mme Memisevic, qui ont survécu aux combats livrés à Srebrenica durant la guerre en Bosnie, le projet «unir les nations par le tricot » offre une chance de regagner un revenu pour subvenir aux besoins de leur famille. Les femmes, notamment celles qui vivent dans les campagnes, sont souvent dans des situations extrêmement difficiles, ayant perdu leur mari, leur père et leurs fils et également leur maison. Mme Memisevic et ses enfants ont été contraints de quitter Srebrenica et de s’installer dans le village de Zivinice en 1992. Au cours d’un bombardement qui a eu lieu en 1994, le fils de 12 ans de Mme Memisevic a été tué. Et depuis la tragédie de Srebrenica, tous les hommes de sa famille ont été portés disparus.

Dès la fin de la guerre, de nombreux petits programmes ont germé au niveau local pour fournir aux réfugiés une aide alimentaire, des conseils, et proposer une thérapie par le travail, grâce au soutien financier d’organisations comme le HCR. Mme Memisevic a ainsi rejoint le centre professionnel BOSPO à Tuzla qui encourage les femmes à se servir de leurs compétences en tricot, broderie et tissage pour gagner leur vie. Les nappes fantaisie, les pulls stylisés et les chaussettes confectionnées par Mme Memisevic lui vont valu d’être invitée à la présentation parisienne, ainsi qu’à créer des ouvrages au tricot dessinés par Amela, une styliste bosniaque très renommée.

Cependant, des femmes comme Mme Memisevic, qui ont la possibilité d’être autosuffisantes, n’ont généralement pas les ressources nécessaires pour monter une micro-entreprise. Une fois que ces microprêts sont disponibles, des sortes d’industries artisanales font leur apparition, permettant aux petits entrepreneurs de s’autofinancer. Pour promouvoir les micro-entreprises, la BM a créé aussitôt après la guerre le projet des initiatives locales, d’un montant de 18 millions de dollars, qui permet aux citoyens bosniaques les plus en difficulté, notamment les femmes réfugiées, d’obtenir de petits prêts.

Les quelque 7 000 micro-entreprises créées sous l’impulsion du projet généreront environ 15 000 emplois pour les plus démunis. Ce projet aide donc les réfugiés à passer du statut de bénéficiaires de l’aide humanitaire à celui de créateurs d’emplois pour eux-mêmes.

Le projet «unir les nations par le tricot », qui contribue à rétablir la coopération et la solidarité entre les ethnies divisées de Bosnie et Herzégovine, cherche aussi à ouvrir des débouchés à l’exportation pour l’artisanat bosniaque en améliorant le style, la qualité et la commercialisation des articles faits à la main.

Pour plus d'informations, contactez Patrice Dufour ou Chris Miller à Sarajevo au 387-71-440-293, par fax au 387-71-440-108 ou par e-mail : pdufour@worldbank.org.


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