LA BANQUE MONDIALE NOMME UN NOUVEAU CONSEILLER MONDIAL POUR LES QUESTIONS RELATIVES AU VIH/SIDA

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Communiqué de presse n°:2002/130/HD

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WASHINGTON, 27 novembre 2001—À la veille de la Journée mondiale du sida organisée le 1er décembre, la Banque mondiale annonce une nomination clé dans le combat qu'elle mène contre la propagation du VIH/SIDA dans le monde et confirme qu'elle envisage de fournir un montant supplémentaire de 500 millions de dollars sous forme de prêts à taux zéro aux pays en développement qui ont mis en place de solides stratégies nationales de lutte contre le VIH/SIDA.

Debrework Zewdie, de nationalité éthiopienne, vient d'être nommée au poste de Conseiller mondial pour les questions relatives au VIH/SIDA nouvellement créé par la Banque mondiale. Mme Zewdie, qui a travaillé dans la recherche médicale, aura pour mission d'intensifier les interventions de la Banque dans la bataille contre le VIH/SIDA et de représenter l'institution dans le mouvement planétaire qui mobilise gouvernements, communautés, sociétés privées, organismes de développement et membres de la société civile résolus à endiguer une épidémie que le Président de la Banque mondiale, James Wolfensohn, qualifie de « catastrophe pour le développement ».

« Nous pensons que Debrework Zewdie, dans l'exercice de ses nouvelles fonctions, contribuera à galvaniser encore davantage les efforts que nous déployons pour apporter un soutien décisif aux pays en développement aux prises avec les ravages économiques et sociaux provoqués par le VIH/SIDA, pour sensibiliser l'opinion publique internationale et pour mobiliser à l'échelon mondial les ressources nécessaires au financement des actions de lutte et de prévention, » explique Jozef Ritzen, Vice-Président Développement humain de la Banque mondiale. « Compte tenu de sa longue expérience du développement en Afrique et de son engagement personnel dans ce domaine, je suis convaincu que Mme Zewdie s'imposera immédiatement à ce poste ».

En qualité de dirigeante de l'équipe constituée par la Banque pour la campagne contre le sida en Afrique (ACTafrica), Mme Zewdie était responsable du Programme plurinational de lutte contre le VIH/SIDA pour l'Afrique (MAP). Le premier volet de ce programme, élaboré en collaboration avec l'ONUSIDA, le Partenariat international contre le SIDA en Afrique, les principaux bailleurs de fonds bilatéraux et les grandes ONG, a été lancé cette année et a permis de fournir 500 millions de dollars d'argent frais à des pays comme le Burkina Faso, le Cameroun, l'Érythrée, l'Éthiopie, la Gambie, le Ghana, le Kenya, le Nigeria et l'Ouganda pour les aider à élargir la portée de leurs programmes de prévention, de soins et de traitement. Le Programme met par ailleurs des ressources considérables à la disposition des organisations de la société civile et des communautés qui ont mis au point certaines des interventions les plus innovantes contre le VIH/SIDA [pour en savoir plus sur Mme Zewdie, rendez-vous sur le site web à l'adresse suivante : http://www.worldbank.org/html/extdr/wbexperts/zewdie.htm].

La Banque mondiale s'emploie avec des partenaires comme MTV à sensibiliser les jeunes au VIH/SIDA. Dans le cadre des manifestations organisées pour la Journée mondiale du sida, MTV Europe, en collaboration avec la Kaiser Family Foundation et en partenariat avec la Banque mondiale et l'ONUSIDA, diffusera un documentaire vidéo de 30 minutes, Staying Alive 3, montrant des jeunes du monde entier infectés au VIH/SIDA ou affectés par la maladie. Pour de plus amples informations et pour connaître les heures de diffusion du programme dans votre région, consultez le site web : www.staying-alive.org.

« Les hommes et le sida » ("Men and AIDS") est, pour la deuxième année consécutive, le thème général de la Journée mondiale du sida. Cette année, cependant, l'accent sera mis plus particulièrement sur deux nouveaux thèmes. L'ONUSIDA a choisi cette année le slogan suivant : « Ça me concerne. Et toi ? » L'objectif de la campagne est d'insister sur la nécessité pour les hommes de prendre soin d'eux, de leurs partenaires et de leurs enfants, et de mettre en lumière le rôle des hommes, en particulier des jeunes, dans la formulation d'une riposte au sida. Pour en savoir plus sur la campagne « Ça me concerne. Et toi ? », rendez-vous sur le site web à l'adresse suivante : http://www.unaids.org/wac/2001/index.html

La Banque, qui est l'une des huit organisations parrainant l'ONUSIDA, contribue à la mise au point d'une riposte mondiale à l'épidémie. Le 1er janvier 1996, l'ONUSIDA a lancé le programme plurisectoriel élargi élaboré par les Nations Unies pour combattre le VIH/SIDA. Ce programme, qui a pris de l'ampleur, est devenu un partenariat associant des gouvernements, des ONG et des entités du secteur privé. Les huit organisations qui parrainent l'ONUSIDA sont la Banque mondiale, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le Programme des Nations Unies pour le contrôle international des drogues (PNUCID) et l'Organisation internationale du travail (OIT).

Nouvelle contribution de la Banque mondiale au financement de la lutte contre le VIH/SIDA

La Banque mondiale envisage de décaisser dans le cadre du deuxième volet du MAP une nouvelle tranche de 500 millions de dollars pour aider à combattre l'épidémie de VIH/SIDA dans les pays africains, qui abriteraient 25 des 36 millions de séropositifs recensés dans le monde. Cet apport d'argent frais prendrait la forme de crédits à taux nul de l'Association internationale de développement (IDA). Vingt pays africains ont demandé à bénéficier de ce deuxième volet du Programme (MAP 2), en sus des dix pays couverts par la première phase.

La Banque mondiale et l'ONUSIDA estiment à environ 3 milliards de dollars le montant des ressources nécessaires chaque année pour financer les programmes essentiels de prévention, de soins et de traitement sur l'ensemble du continent. Cette contribution supplémentaire servira à financer des projets couvrant plusieurs pays.

Elle déploie des efforts analogues dans les Caraïbes où, dans certaines zones urbaines, on craint que les taux d'infection aient atteint 12 %, taux comparable à celui des pays les plus gravement touchés d'Afrique subsaharienne. En fait, le VIH/SIDA est devenu l'une des principales causes de décès des hommes âgés de moins de 45 ans. D'après les statistiques officielles, plus de 360 000 personnes seraient infectées par le VIH/SIDA, mais on estime ce nombre à plus de 500 000, tous les cas n'étant pas déclarés. L'épidémie, qui a déjà fait plus de 80 000 orphelins, se propagerait des groupes à haut risque vers l'ensemble de la population.

En juin dernier, la Banque a approuvé un programme quinquennal de 155 millions de dollars en faveur de la région, qui permet à chaque pays de bénéficier séparément de prêts ou crédits (de l'Association internationale de développement) pour financer des projets nationaux de prévention et de lutte contre le VIH/SIDA. Ce programme, qui se fonde sur une large participation de la population, doit faciliter les relations entre les pouvoirs publics et les patients, les groupes de proximité, les organisations confessionnelles, les organisations non gouvernementales, les professionnels de la santé et les opérateurs privés. Les premiers prêts à l'appui de ce programme couvrant plusieurs pays d'un montant respectif de 25 millions de dollars en faveur de la République dominicaine et de 15,5 millions de dollars au profit de la Barbade – ont également été approuvés le 28 juin 2001.

On dénombre environ 2,5 millions de personnes souffrant du VIH/SIDA dans la région Asie de l'Est et Pacifique (EAP). Bien que le taux de prévalence chez les adultes reste faible pour l'ensemble de la région (moins de un pour cent), on observe une concentration/généralisation de l'épidémie dans certaines zone. Au Cambodge, au Myanmar et en Thaïlande, la proportion d'adultes infectés est maintenant largement supérieure à un pour cent. La sous-région de l'Asie du Sud-Est représente à elle seule 70 % des cas d'infection au VIH/SIDA recensés dans la région (soit 1,7 million de personnes).

Compte tenu des facteurs de risque comme la pratique courante de la prostitution, la toxicomanie, les flux migratoires et les déplacements de population à l'intérieur des frontières et entre pays, l'épidémie risque de gagner toute la région. En Chine, par exemple, l'accroissement annuel des cas d'infection par VIH atteint jusqu'à 30 %. Le nombre total de personnes vivant avec le VIH/SIDA, qui s'établissait à 600 000 en 2000, pourrait largement dépasser le million d'ici la fin de 2001.

La Banque prend une part active aux opérations de lutte contre le VIH/SIDA menées dans la région. Le montant total de l'aide fournie par l'institution aux pays de la région dans ce domaine se chiffre à 80,7 millions de dollars. Un projet de 38 millions de dollars destiné à améliorer la sécurité du sang au Viet Nam est en cours de préparation. La Banque intensifie par ailleurs ses études sectorielles et le dialogue qu'elle entretient avec les pouvoirs publics sur l'action à mener face aux problèmes posés par le VIH/SIDA dans la région.

L'Asie du Sud compte environ 4,2 millions de personnes atteintes du VIH/SIDA. La région se caractérise par un indicateur de risque élevé, mais un taux de prévalence faible. Ces chiffres restent faibles dans l'ensemble en pourcentage, moins de un pour cent de la population adulte, mais compte tenu du nombre d'habitants de la région, un accroissement d'à peine 0,1 % du taux de prévalence en Inde représente un demi-million de plus d'adultes infectés. La Banque mondiale a entrepris d'aider l'Asie du Sud à combattre l'épidémie dès 1992, en commençant par accorder à l'Inde un crédit à l'appui de la formulation de programmes. La région comptant relativement peu de pays, dont plusieurs de grande taille, comme l'Inde, le Bangladesh et le Pakistan, on a entrepris de formuler des stratégies nationales propres à chaque pays plutôt qu'un programme MAP. La Banque a fourni au total 382 millions de dollars pour financer la prévention et la lutte contre le VIH/SIDA en Asie du Sud. De nouveaux projets de prévention et de lutte contre le sida sont en cours d'élaboration pour le Sri Lanka et le Pakistan.

D'autres régions, comme l'Europe et l'Asie centrale Dans le présent document, le terme Europe et Asie centrale désigne les pays suivants : Albanie, Arménie, Azerbaïdjan, Bélarus, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Croatie, Estonie, Fédération de Russie, Georgie, Hongrie, Kazakhstan, Lettonie, Lituanie, Ex-République yougoslave de Macédoine, Moldova, Ouzbékistan, Pologne, République kirghize, République slovaque, République tchèque, Roumanie, Slovénie, Tadjikistan, Turkménistan et Ukraine. , ont vu le nombre de personnes infectées au VIH/SIDA augmenter en flèche depuis dix ans pour atteindre 700 000 personnes au total. On estime que 25 % de ces cas d'infection sont survenus ces trois dernières années. Des taux d'infection particulièrement élevés — atteignant jusqu'à 65 % — ont été observés dans des sous-groupes ayant des comportements à haut risque, en particulier les utilisateurs de drogues injectables. Si le taux de prévalence chez les adultes est considéré comme faible à l'échelon national — moins de un pour cent de l'ensemble de la population — au regard des normes internationales, le rythme auquel le nombre de cas d'infection par VIH progresse depuis quelques années est particulièrement inquiétant. L'accroissement le plus spectaculaire a été enregistré en 1999 dans la Fédération de Russie, où la proportion de la population infectée au VIH a doublé entre la fin de 1997 et la fin de 1999.

La Banque mondiale a engagé plus de 1,7 milliard de dollars pour enrayer la propagation du VIH/SIDA dans le monde. Le volume de ses opérations de prêt à l'appui de la lutte contre le VIH/SIDA a considérablement augmenté, un nombre croissant de pays sollicitant son aide financière et technique pour combattre l'épidémie.

La Banque prend une part active à l'Initiative internationale pour le vaccin contre le SIDA (IAVI). Cette organisation à but non lucratif créée par la Rockefeller Foundation a pour mandat de promouvoir la mise au point de vaccins sûrs et efficaces destinés à être utilisés dans le monde entier, en stimulant l'investissement et la demande dans ce domaine.

La Banque n'apporte pas qu'un appui financier aux pays en développement ; elle les aide aussi à placer les activités de prévention et de traitement du VIH/SIDA au premier plan de leur stratégie de réduction de la pauvreté. La Banque aide également les pays qui ont bénéficié d'un allégement de la dette au titre de l'Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) à consacrer une partie des ressources ainsi dégagées aux activités de prévention et de soin. Par exemple, il est prévu que les ressources libérées grâce à l'allégement de la dette financeront des activités de prévention et de soins pour les personnes souffrant de la maladie au Burkina Faso, au Malawi et en Ouganda.

Comme le montrent les recherches effectuées par la Banque mondiale, le VIH/SIDA a un impact catastrophique sur le développement : il affecte non seulement des familles, des communautés et des régions entières, mais aussi les moyens de subsistance et les économies nationales. Selon les estimations de la Banque, dans la moitié des pays d'Afrique subsaharienne, région la plus gravement touchée par l'épidémie, le sida réduit à lui seul la croissance annuelle par habitant de 0,5-1,2 % par an. D'ici 2010, le PIB par habitant de certains des pays les plus durement touchés risque d'être tombé de 8 %.


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