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Cette année, la production des pays en voie de développement devrait augmenter de 3,2 %, ce qui dépasse de peu le niveau atteint en 2001. La croissance demeurera plus forte que dans les pays riches où, malgré les signes de reprise, elle ne devrait pas dépasser 0,8 %, soit le même taux que l'an passé, selon Global Development Finance, le rapport annuel de la Banque sur le financement du développement dans le monde.
La croissance dans les pays en voie de développement devrait en principe accélérer pour atteindre 5 % en 2003. Du fait de la faiblesse persistante du cours des produits de base, ce rebond sera toutefois moins marqué dans plusieurs des pays pauvres dépendant de ces produits et sera insuffisant pour atteindre l'objectif international de réduire de moitié la proportion de la population vivant dans la pauvreté absolue, entre 1990 et 2015.
Les dirigeants politiques du monde entier ont fait de cette réduction la clé de voûte des Objectifs de développement du millénaire, adoptés l'an passé à un sommet des Nations Unies. La Banque fait aujourd'hui appel aux pays riches de respecter ces objectifs en ouvrant leurs marchés aux produits des pays en développement et à assister davantage les pays à faible revenu qui utilisent efficacement l'aide accordée.
«Au cours des dix dernières années, une nette amélioration a eu lieu dans les pays pauvres, du point de vue de leur politique, leurs institutions, ainsi que leur performance. Parallèlement à l'accroissement de l'aide qui leur parvient, l'efficacité avec laquelle celle-ci est employée a augmenté», fait observer l'économiste en chef de la Banque mondiale, Nicholas Stern. «Aujourd'hui toutefois, le ralentissement de la croissance mondiale, la baisse du cours des produits de base, ainsi que le déclin de l'aide frappent même ceux qui obtiennent de bons résultats.»
Le rapport Global Development Finance 2002 montre que la chute de l'activité économique mondiale fut exceptionnellement prononcée et étendue, le ralentissement de la croissance ayant frappé autant les pays riches que les pays en voie de développement. Il faut remonter à la première crise du pétrole, en 1974, pour observer un recul aussi marqué du PIB mondial au cours des 40 dernières années.
Les pays tributaires des exportations de matières premières sont particulièrement touchés face à la chute du cours de produits aussi divers que le café, le coton, le riz, le soja et les métaux précieux, dont les prix ont atteint ou avoisinent leur niveau le plus bas. Les pays qui vivent du tourisme souffrent aussi de la diminution des voyages depuis les actes terroristes du 11 septembre 2001 à Washington et New York.
La baisse générale du volume de prêt, le sentiment d'incertitude croissant parmi les investisseurs, ainsi qu'une caution accrue vis-à -vis des risques ont réduit l'accès aux marchés financiers pour beaucoup de pays en voie de développement. Plus stables que les ressources fournies par les marchés financiers, les investissements étrangers directs (IED), estimés à 168 milliards de dollars en 2001, ont peu baissé depuis l'année dernière, se maintenant à 15 milliards de dollars en dessous du niveau record atteint en 1999.
 Globalement, les transferts nets de capitaux privés à long terme aux pays en voie de développement ont chutés pour la cinquième année consécutive pour se stabiliser, selon les estimations, à 234 milliards de dollars en 2001. Ceci constitue une baisse de 30 milliards de dollars par rapport à l'exercice précédent et de plus de 100 milliards de dollars par rapport au chiffre record de 1997.
L'aide publique au développement (APD) a diminué, ce qui a contribué à l'écart entre l'aide disponible et les besoins des pays les plus pauvres. La guerre froide terminée, l'APD a fortement chuté au cours des années 90, a brièvement rebondi face à la crise financière de 1997 en Asie de l'Est et s'est à nouveau contractée au cours des deux dernières années. Exprimée en dollars corrigés de l'inflation, elle était en 2001 de 20 % inférieure à son niveau de 1990.
Les pays riches sont vivement incités à contribuer davantage à la réalisation des Objectifs de développement du millénaire
Selon Nicholas Stern, le rapport insiste sur le fait que les dirigeants politiques du monde entier doivent saisir l'occasion de leur prochaine réunion à Monterrey, au Mexique, dans le cadre de la Conférence internationale sur le financement du développement, pour prendre des mesures concrètes destinées à créer un partenariat solide et durable au service du développement.
«Un nombre croissant de pays pauvres adoptent actuellement les politiques, les institutions et les modes d'administration qui leur permettront de promouvoir une croissance durable profitant aux plus démunis», précise Nick Stern, l'économiste en chef de la Banque mondiale. «La rencontre de Monterrey offre aux pays riches une occasion historique de montrer qu'ils soutiennent ces efforts en continuant à ouvrir leurs marchés et en accroissant sensiblement leur aide.»
Cinq pays donateurs sont actuellement en conformité avec l'objectif fixé par la communauté internationale, consacrant au moins 0,7 % de leur PIB à l'aide au développement. La contribution du reste des pays riches se situe en-dessous de cet objectif, en dépit du fait que le besoin d'aide va en s'amplifiant.
La Banque mondiale estime que l'aide devra augmenter de 40 à 60 milliards de dollars par an pour que les Objectifs de développement du millénaire puissent être atteints, dans l'hypothèse où les résultats s'améliorent dans les pays en développement. Entre 1990 et 2015, il s'agira notamment de réduire de moitié la proportion de la population vivant sur moins de 1 dollar par jour et d'améliorer notablement la santé et l'éducation dans les pays en voie de développement.
L'ouverture du marché des pays riches aux exportations des pays en voie de développement, notamment pour les produits agricoles et les textiles, est au cœur du nouveau partenariat pour le développement. En novembre dernier, à Doha, la décision prise par la Conférence de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) de lancer un cycle de négociations commerciales multilatérales sur le développement peut faire franchir un pas important en ce sens.
«Comme promis à Doha, les pays industriels renforcent l'assistance technique qu'ils apportent aux pays en développement dans le domaine du commerce», indique Uri Dadush, le directeur du Groupe sur les politiques et les perspectives économiques, «mais l'assistance technique ne peut remplacer l'ouverture des marchés».
Intégration croissante des pays pauvres au système financier international
Même les pays les plus pauvres s'intègrent de plus en plus au système financier international, entre autre en s'ouvrant aux banques étrangères et aux investissements étrangers. Bien que ces pays rencontre encore des difficultés à emprunter sur les marchés financiers internationaux, ils attirent, proportionnellement à la taille de leur économie, un volume d'IED comparable à celui des pays en développement à revenu intermédiaire.
« Malgré un accès difficile aux marchés financiers, les pays pauvres, de par leur intégration à l'économie mondiale, sont amenés à relever les mêmes défis que les pays à revenu intermédiaire, devant notamment faire face à la mobilité des capitaux », estime William Shaw, le rédacteur en chef du rapport.
Les pays où le climat est favorable à l'investissement — grâce à de bonnes politiques, une gouvernance et des institutions solides, les infrastructures requises et des règles adéquates — sont les mieux placés pour attirer un plus gros volume d'investissements tant nationaux qu'étrangers et pour en améliorer la productivité, a-t-il déclaré. Ainsi, les IED ont augmenté bien plus rapidement dans les pays pauvres menant de bonnes politiques que dans les autres, et les premiers ont été mieux à même d'absorber les techniques et les savoir-faire de pointe qui vont souvent de pair avec ces investissements. Dans les nations pauvres où le climat d'investissement est supérieur à la moyenne, les sorties de capitaux des résidents ont été six fois moins importantes que dans les pays où cet environnement est défavorable.
De meilleures politiques permettent aussi à certains pays pauvres de diversifier davantage les IED qu'ils attirent (la part des IED qui étaient consacrés aux exportations de ressources naturelles a fortement chuté au cours des années 90). De même, les pays qui ont su créer les conditions de libre concurrence nécessaires pour attirer les banques étrangères ont vu leurs propres établissements bancaires en profiter d'un point de vue d'efficacité et de réduction du coût de l'intermédiation financière.
Un redressement attendu pour la fin de l'année
Il ressort du rapport que les conséquences économiques des événements du 11 septembre ont retardé d'environ deux trimestres la reprise prévue de l'économie mondiale. Une nette remontée des taux de croissance est toutefois attendue pour le deuxième semestre de l'année en cours, du au fait que de nombreuses actions prises par les marchés financiers suite aux attentats ont aujourd'hui été renversées et des signes de reprise aux États-Unis et dans les secteurs à haute technicité ont commencé à se faire sentir. Le rapport prévoit une croissance du PIB mondial de 3,6 % en 2003, mieux qu'en 2001 et 2002, mais moins bien que les 3,9 % de 2000.

C'est en Asie de l'Est, où les pays ont profité de mesures intérieures de relance et où le puissant dynamisme des secteurs à haute technicité pourrait une fois encore jouer en leur faveur, que la reprise devrait être la plus forte en 2003. Globalement, les pays d'Amérique latine devraient reprendre après le très faible taux de croissance enregistré en 2002, même si cette croissance devrait être moins rapide qu'en Asie ; en effet, les tensions financières restent fortes et les cours des produits de base ne devraient que légèrement se redresser. Cette faiblesse des cours des matières premières continuera aussi à brider la croissance dans certains des pays les plus pauvres, notamment en Afrique subsaharienne. En Asie du Sud, la croissance restera soutenue, alors qu'elle risque d'être freinée au Moyen-Orient et en Afrique du Nord par le récent fléchissement des prix du pétrole. La reprise en Europe centrale et orientale sera soutenue par une croissance plus rapide dans les pays de l'Union européenne, mais la récente baisse des prix pétroliers limitera la croissance en Russie et dans quelques autres pays de la CEI.
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