Info-presse en ligne
Ressources pour les journalistes accrédités
Accès membres / Devenir membre

La réduction des disparités entre hommes et femmes favorise la réduction de la pauvreté et l'accélération de la croissance

Disponible en: English, Português, Español
Communiqué de presse n°:2001/253/S

Contacts:
Lawrence MacDonald (202) 473-7465
Lmacdonald@worldbank.org
Ana Elisa Luna (202) 473-2907
Alunabarros@worldbank.org
Cynthia Case McMahon (TV/Radio) (202) 473-2243
Ccase@worldbank.org



WASHINGTON, 8 mars 2001--
Les pays qui défendent les droits des femmes et leur offrent plus largement accès aux ressources et à l'éducation y gagnent dans les domaines de la pauvreté, de la croissance économique et de la corruption, révèle un nouveau rapport de la Banque mondiale, EnGendering Development – Through Gender Equality in Rights, Resources and Voice (Stimuler le développement par l'égalité entre hommes et femmes).

Dans les pays où l'écart entre femmes et hommes dans des domaines tels que l'éducation, l'emploi et les droits de propriété est relativement réduit, non seulement les taux de malnutrition et de mortalité juvéniles sont plus bas, mais en outre l'administration et le commerce sont plus transparents et la croissance économique est plus rapide, facteurs qui contribuent, en retour, à réduire encore les disparités entre les sexes.

« Les progrès de l'égalité des droits entre hommes et femmes sont au cœur de la notion de développement en tant que quête de liberté, de possibilité pour les individus de choisir et de prendre leur avenir en main », dit Nicholas Stern, économiste en chef et premier vice-président de la Banque mondiale pour l'économie du développement. « Les faits présentés dans ce rapport prouvent que l'éducation, la santé, la productivité, le crédit et la gouvernance ont tout à gagner de la participation des femmes », conclut-il.

Publié à l'occasion de la Journée internationale de la femme, jeudi 8 mars 2001, ce rapport représente l'étude la plus vaste jamais effectuée sur les liens entre le statut des femmes et les progrès économiques dans les pays en développement. Les recommandations formulées dans le rapport sont le fruit de vastes recherches et de contacts avec de nombreuses associations de femmes. Le rapport préliminaire a également fait l'objet de multiples consultations en ligne, et les résultats des recherches ont été examinés lors de la Session extraordinaire de l'Assemblée générale de l'ONU organisée l'an dernier sur le thème « L'égalité des sexes, le développement et la paix pour le XXIe siècle ».

« Les inégalités entre les sexes sont très étroitement associées à la pauvreté », affirme Elizabeth King, co-auteur du rapport, qui fait remarquer : « L'écart entre hommes et femmes dans des domaines tels que la santé et l'éducation est plus marqué dans les pays pauvres que dans les pays riches et, dans un même pays, c'est parmi les pauvres qu'il est le plus large. Les observations effectuées dans différents pays et les études de cas montrent que le développement économique et les changements institutionnels sont deux conditions nécessaires à l'amélioration de la condition des femmes. »

Les femmes et les filles ne sont pas les seules victimes de l'inégalité entre les sexes, qui affecte l'ensemble de la société. Le rapport recommande que les pays dans lesquels les inégalités sont le plus prononcées adoptent des mesures précises pour améliorer la condition des femmes et des filles, par exemple l'égalité des droits fonciers et autres droits de propriété. Il recommande également que les pays mettent en place des infrastructures et des services (approvisionnement en eau, transports, éducation, santé et crédit) mieux conçus pour répondre aux besoins des femmes. Il convient aussi d'éliminer les dispositions défavorisant les femmes au travail et d'élargir leur participation à la vie politique.

« Les pays qui pratiquent la discrimination sexuelle paient un lourd tribut, sous forme de pauvreté, de croissance lente, de gestion déficiente des affaires publiques et de faible qualité de la vie », signale Andrew Mason, co-auteur du rapport. « Certes, la hausse des revenus et le développement économique favorisent l'égalité entre hommes et femmes sur le long terme, mais la croissance ne peut, à elle seule, donner les résultats souhaités. La société progresse plus rapidement si elle adopte des mesures spécifiques pour réduire les disparités. »

Selon le rapport, les pays qui ouvrent aux femmes l'accès aux ressources et aux opportunités voient s'accélérer leur croissance économique. En Afrique, par exemple, si les femmes rurales avaient plus facilement accès aux ressources productives, y compris à l'éducation, à la terre et aux engrais, l'augmentation de la productivité agricole pourrait atteindre jusqu'à 20 %.

Il ressort d'études comparatives entre les pays que, si le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, l'Asie du Sud et l'Afrique subsaharienne avaient su réduire les inégalités entre hommes et femmes dans l'éducation pendant la période 1960-90, comme l'a fait l'Asie de l'Est, le PNB par habitant de ces régions aurait augmenté plus rapidement, à raison de 0,5 et 0,9 points de pourcentage par an, différence sensible par rapport aux taux de croissance effectifs.

Le rapport confirme également que les filles et les femmes ont réalisé des progrès substantiels depuis quelques dizaines d'années. Ainsi, le taux de scolarisation primaire des filles a doublé en 25 ans au Moyen-Orient, en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne. L'espérance de vie des femmes a augmenté de 15-20 ans en 50 ans dans les pays en développement, au point que, pendant les années 90, les femmes sud-asiatiques ont commencé, pour la première fois, à vivre plus longtemps que les hommes.

Pourtant, les femmes continuent à se voir refuser des droits égaux à ceux des hommes sur certaines ressources importantes. En Asie du Sud, la scolarité des filles est moitié moins longue que celle des garçons et les taux de scolarisation secondaire des filles ne représentent que les deux tiers de ceux des garçons. La propriété des terres et d'autres formes de capital est caractérisée par une profonde inégalité. En Amérique latine, la plupart des femmes chefs de famille en zone rurale ne possèdent pas de terres ou uniquement des parcelles minuscules et éparpillées. Il en est de même en Afrique subsaharienne, où les femmes sont les principales productrices de cultures vivrières. Dans l'ensemble du monde en développement, les entreprises dirigées par les femmes sont souvent sous-capitalisées, ont plus de difficulté à obtenir du crédit et utilisent moins d'intrants et de machines que les entreprises dirigées par les hommes.

Outre leurs effets directs sur le niveau de vie des femmes et leur aptitude à gagner de l'argent, ces facteurs réduisent le pouvoir dont disposent les femmes pour affecter les ressources familiales et influer sur des décisions familiales aussi fondamentales que le nombre des enfants. Cette impuissance à influer sur l'affectation des ressources se répercute négativement sur le bien-être des enfants. Elle rend aussi la situation des femmes plus précaire en cas de crise personnelle ou familiale.

En politique, les femmes restent largement sous-représentées dans les instances nationales et locales. C'est ainsi qu'elles occupent moins de 10 % des sièges parlementaires dans tous les pays, à quelques exceptions près. En Europe orientale, la représentation des femmes est tombée de 25 à 7 % depuis le début de la transition économique et politique.

Les pays qui réduisent l'inégalité entre hommes et femmes peuvent se voir largement récompensés. Certains avantages, tels que la chute de la mortalité infantile et juvénile, l'amélioration de la nutrition et la baisse des taux de fécondité, ont déjà été amplement prouvés. Le rapport démontre que les avantages comprennent en outre une prévalence plus faible du sida, une corruption moins répandue, une productivité plus grande de l'économie et une croissance plus rapide, tous aspects qui n'avaient pas été associés à l'égalité des sexes jusqu'à présent. Les pays dans lesquels les femmes ont plus de droits et participent davantage à la vie publique sont moins gangrenés par la corruption, dans les affaires et dans l'administration publique. Le rapport relève que, selon plusieurs chercheurs, plus les femmes ont d'influence dans la vie publique, plus la corruption recule. Cette observation est valable même lorsque l'on compare des pays jouissant de libertés civiles, de niveaux d'éducation, d'institutions juridiques et de niveaux de revenu identiques.

Le rapport vient étayer les activités entreprises par la Banque mondiale pour lutter contre les inégalités entre hommes et femmes dans le cadre des programmes et des projets qu'elle soutient dans les pays en développement. Parmi les activités de la Banque mondiale, on peut citer :

· Éducation : Au cours de la période 1996-2000, la Banque a prêté 3,4 milliards de dollars en faveur de l'éducation des filles. Les programmes de la Banque mettent principalement l'accent sur les 31 pays dans lesquels l'écart entre garçons et filles aux niveaux primaire et secondaire est particulièrement important.
· Santé, nutrition et population : À ce jour, la Banque mondiale a prêté plus de 4 milliards de dollars en faveur d'activités de population et de santé génésique dans le monde. En 1999, les deux tiers des prêts accordés dans ces deux domaines comprenaient des activités visant à promouvoir l'égalité des sexes.
· Programmes d'épargne et de crédit : Dans un grand nombre de secteurs, la Banque incorpore à ses projets des programmes d'épargne et de crédit visant à répondre aux besoins des femmes, et elle collabore avec ses partenaires pour renforcer les programmes de microfinancement.

« Des progrès importants ont été accomplis dans le domaine de la parité hommes-femmes au cours des dernières années, tant dans les activités de la Banque mondiale que dans les pays qui recherchent notre aide », explique Karen Mason, directeur (Parité des sexes et développement) à la Banque mondiale. « Ceux d'entre nous qui travaillent sur les questions de parité sont fiers de ce qui a été accompli, mais nous ne savons que trop combien il reste à faire. Nous espérons que ce rapport aidera les dirigeants à mieux comprendre le rôle crucial de la parité hommes-femmes dans le développement », conclut-elle.

---


Une préparation concertée

Ce rapport a fait l'objet de vastes consultations, faisant intervenir des chercheurs, des dirigeants, des leaders locaux de pays en développement, des organisations non gouvernementales, des représentants du secteur privé et des organismes bailleurs de fonds. Les auteurs se sont adressés aux membres du Groupe consultatif externe sur les questions d'inégalité entre les sexes pour obtenir, dès le début de la rédaction, les observations et suggestions de groupes de la société civile concernant la note conceptuelle du rapport, via des listes de diffusion électroniques. Un débat électronique de cinq semaines a également généré plus d'une centaine de contributions entre le 29 mai et le 30 juin 2000.

Le 6 juin 2000, une version préliminaire du rapport a été présentée à un atelier de travail à l'ONU, dans le cadre de la Conférence Femmes 2000, et les grands thèmes du rapport ont été communiqués à de nombreux responsables et défenseurs de la cause des femmes.

De plus, désireux d'obtenir le maximum d'observations empiriques, les auteurs ont invité des chercheurs de la Banque et d'ailleurs à présenter des études sur différents sujets, qui comblent certaines lacunes dans la documentation existante. On peut consulter beaucoup de ces études sur le site web du rapport : http://www.worldbank.org/gender/prr.



Pour plus de renseignements sur le rapport et les activités de la Banque mondiale marquant la Journée internationale de la femme, voir le site de la Banque mondiale, à : http://www.worldbank.org/



Permanent URL for this page: http://go.worldbank.org/3LK2E5SAA0