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LES PAYS EN DÉVELOPPEMENT SUBISSENT ENCORE LE CONTRECOUP DE LA CRISE MONDIALE

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Communiqué de presse n°:2000/117/S

Contacts: Phil Hay (202) 473-1796
Stevan Jackson (202) 458-5054
Cynthia Case McMahon (TV/Radio) (202) 473-2243

Washington, 7 décembre 1999 — La croissance des pays en développement est estimée à 2,7 % pour 1999 et devrait s'accélérer pour atteindre 4,2 % en 2000. Ce taux est nettement inférieur à celui que ces pays — hormis les économies en transition â€” enregistraient avant la crise. Selon un nouveau rapport publié par la Banque mondiale, bien que la reprise de l'économie mondiale soit plus rapide que prévu, les séquelles de la crise financière mondiale continuent à peser sur la production dans les pays en développement et à faire obstacle aux efforts déployés pour faire reculer la pauvreté dans le monde.

La croissance sera forte en Asie cette année et l'an prochain car les pays touchés par la crise sortent progressivement de la récession, mais elle restera très inférieure aux moyennes du passé malgré le maintien de robustes performances en Chine et en Inde. En dehors de l'Asie, l'année 1999 se soldera par une diminution du revenu moyen par habitant dans les pays en développement.

Perspectives économiques mondiales et pays en développement. L'édition 2000 de ce rapport annuel de la Banque mondiale souligne que le redressement enregistré depuis la crise financière est « fragile et inégal Â», certaines régions connaissant une reprise plus rapide que les autres.

« L'amélioration de l'environnement extérieur, l'évolution favorable des politiques des économies émergentes et la confiance croissante dont font preuve les investisseurs locaux et, dans une moindre mesure, étrangers devraient contribuer à stimuler la croissance dans les pays en développement au cours des deux prochaines années Â» déclare Uri Dadush, Directeur à la Banque mondiale du Groupe d'étude des perspectives de développement. Selon les prévisions de ce rapport, la croissance du commerce mondiale passerait de 5 % en 1999 à 6,4 % en 2000 et à 6,3 % en 2001.

Situation à moyen terme et perspectives d'une réduction de la pauvreté

 

Il est dit dans le rapport qu'à mesure que s'estomperont les effets de la crise, les pays en développement (hormis les économies en transition) devraient enregistrer une croissance moyenne de 5 % par an entre 2002 et 2008, taux beaucoup plus rapide que celui des pays industrialisés, mais néanmoins sensiblement inférieur à celui des années 90 avant la crise. Cette situation tient au fait que l'on s'attend que les flux des capitaux mettront un certain temps à retrouver leur dynamisme, qu'ils resteront instables et que les cours des produits de base, exceptionnellement bas ces derniers temps, ne connaîtront probablement pas de fortes améliorations. De plus, la crise a révélé et parfois accentué de graves faiblesses structurelles dans les pays en développement â€” particulièrement au niveau des systèmes financiers et de la comptabilité nationale â€” dont l'élimination prendra beaucoup de temps. Ces déficiences laissent les pays en développement exposés à de nouvelles phases d'instabilité.

Selon Joseph Stiglitz, Économiste en chef et premier vice-président de la Banque mondiale pour l'économie du développement, « Il est de plus en plus reconnu que pour maximiser les effets positifs de la croissance à attendre d'une plus grande ouverture, la communauté internationale doit trouver des moyens de réduire la fréquence et la gravité des crises économiques Â».

 

Pour la première fois, le rapport Perspectives économiques mondiales contient des prévisions concernant la réduction de la pauvreté dans les pays en développement. Il présente deux scénarios relatifs à la diminution du nombre des personnes vivant dans un dénuement complet â€” c'est-à-dire disposant de moins d'un dollar par jour pour vivre â€” au cours des dix prochaines années. Il conclut que, dans de nombreux pays en développement, les progrès risquent de ne pas permettre d'atteindre l'objectif fixé par la communauté internationale qui est de réduire de moitié la pauvreté d'ici Ã  2015.

  • Sur la base d'hypothèses concernant la croissance et l'évolution des inégalités, l'Asie de l'Est et l'Asie du Sud semblent être bien parties pour réduire sensiblement la pauvreté, à condition qu'aucune nouvelle crise ne vienne freiner leur progrès et que les inégalités ne s'aggravent pas. Grâce à de solides résultats et à des inégalités relativement limitées, l'Asie semble être en mesure de réduire la pauvreté de moitié même si sa croissance est légèrement inférieure à la projection de base du rapport.

  • L'Europe de l'Est et l'Asie Centrale ainsi que le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord pourraient également faire reculer sensiblement la pauvreté. Cependant, la marge d'erreur n'est pas la même. Une croissance légèrement inférieure au niveau projeté ou bien une aggravation des inégalités pourraient se traduire par des progrès limités ou même par une augmentation de la pauvreté.

  • En revanche, en Afrique subsaharienne, le nombre de personnes vivant dans la pauvreté risque d'augmenter, même si la croissance correspond aux projections de base et si les inégalités ne s'aggravent pas. L'Amérique latine a peu de chances de réduire sensiblement le nombre de pauvres.

D'après Mustapha Nabli, Conseiller économique senior du Groupe d'étude des perspectives de développement et principal auteur du rapport, « Ces différences d'une région à l'autre montrent combien il est important d'appliquer des stratégies de développement qui puissent assurer une croissance à la fois forte et équitable Â».

 

Le rapport signale une légère amélioration des perspectives en ce qui concerne les apports de fonds publics, c'est-à-dire les ressources fournies par les pays bailleurs de fonds et les institutions comme la Banque mondiale. Les pays bailleurs de fonds ont fait un grand pas en avant en décidant d'accélérer les mesures d'allégement de la dette en faveur des pays très pauvres qui suivent de saines politiques économiques. Les nouveaux principes directeurs de l'Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) devraient porter le nombre de pays admissibles de 29 à plus de 36 et doubler le volume des ressources disponibles pour l'octroi d'allégements, lesquelles pourraient ainsi atteindre 27 milliards de dollars.

Problèmes clés posés par la crise

Le rapport examine trois aspects de l'impact que la crise mondiale continue d'avoir sur la croissance et les conditions de vie dans les pays en développement, à savoir l'impact sur la pauvreté ; la persistance de problèmes structurels en Asie de l'Est ; et la tendance à la baisse des cours des produits de base et ses conséquences pour les pays fortement tributaires de leurs exportations de pétrole et de produits non pétroliers.

Tout d'abord, le rapport constate que la crise a aggravé la pauvreté en 1998 dans les pays en crise d'Asie de l'Est et en Russie, ce qui a compromis les progrès réalisés au début des années 90 dans la lutte contre la pauvreté à l'échelon mondial. En 1998, la pauvreté urbaine s'est aggravée dans tous les pays en crise d'Asie de l'Est. C'est ainsi qu'en Corée, le nombre de pauvres au sein de la population urbaine a plus que doublé, le pourcentage étant passé de 9 % en 1997 à 19 % en 1998.

Les salaires réels ont également diminué dans les pays en crise. En Indonésie, ils ont baissé en moyenne de 41 % en 1998. La flexibilité des marchés du travail a limité l'impact de la récession sur l'emploi dans les pays en crise, dans la mesure où la main d'oeuvre s'est déplacée du secteur structuré (urbain) vers le secteur informel et l'agriculture.

La crise a également contraint un grand nombre de gens à se déplacer â€” avec tous les coûts que cela implique â€” pour chercher du travail et un logement à un prix abordable, et elle a entraîné une forte chute du niveau de vie des classes moyennes. Bien que l'on se soit efforcé de ne pas toucher aux crédits affectés aux services sociaux, les dépenses publiques de santé et d'éducation ont diminué en valeur réelle dans les pays en crise d'Asie de l'Est, ce qui a eu des effets particulièrement graves sur les services en Indonésie.

Ensuite, malgré la reprise cyclique en Asie de l'Est, de graves problèmes structurels demeurent. La valeur des prêts non productifs va d'environ 30 % du PIB en Corée du Sud et en Malaisie à 60 % en Thaïlande, pourcentages très supérieurs à ceux qui avaient été enregistrés à la suite de la plupart des crises précédentes. De plus, le nombre de ces prêts continue à augmenter à mesure que de nouveaux problèmes apparaissent et que les entreprises en difficulté aggravent leurs problèmes en contractant de nouveaux emprunts pour assurer le service de leurs dettes antérieures. En Corée du Sud, en Malaisie et en Thaïlande, plus d'un quart des entreprises cotées en bourse et en Indonésie, près des deux tiers sont dans l'incapacité d'assurer le service de leurs emprunts. Cette situation continuera à freiner l'investissement jusqu'à ce que les créances soient réglées. Les coûts budgétaires de la crise sont énormes. C'est ainsi qu'en Indonésie, le coût de la recapitalisation du système bancaire pourrait représenter jusqu'à la moitié du PIB.

Selon le rapport, sans une restructuration énergique des entreprises et du système financier, le retour à une croissance durable se fera attendre, les coûts de la crise risquent d'augmenter, et les économies resteront vulnérables à de nouveaux chocs externes et internes.

Il est indispensable que l'État soutienne la restructuration du système bancaire pour préserver le système de paiement, rétablir l'offre de crédit et réduire les coûts budgétaires. Des banques saines sont également mieux à même de faciliter la restructuration des entreprises. Ce processus de restructuration doit commencer par l'évaluation des pertes subies et l'identification des responsables. Cela fait, la restructuration devrait normalement s'opérer par le jeu des forces du marché. En principe, la restructuration des entreprises ne devrait pas nécessiter de fonds publics.

Enfin, les cours des produits de base connaissent de fortes variations depuis le milieu des années 90, sous l'effet de l'évolution de la demande mondiale, des fluctuations de la production dues à des facteurs climatiques, de la réaction de l'offre aux cours élevés du début des années 90, des innovations technologiques qui ont réduit les coûts de production et de la dépréciation du taux de change, sous l'effet de la crise asiatique, dans des pays qui comptent parmi les principaux exportateurs de produits de base.

Les pays tributaires des produits de base ont dû relever le défi redoutable de la stabilisation de la consommation face aux fortes fluctuations des prix de leurs exportations durant les années 90. Dans plusieurs pays exportateurs de pétrole, des politiques inadéquates ont entraîné une diminution de l'épargne et de l'investissement. Dans l'ensemble, ces pays ne sont pas parvenus à réduire leur dépendance à l'égard des recettes pétrolières et la diminution de l'investissement ne fera que freiner davantage leurs progrès.

En revanche, les variations des prix des produits de base au cours des années 90 ne semblent pas avoir compromis les perspectives de croissance des pays exportateurs de produits non pétroliers d'Afrique subsaharienne. Les changements des revenus réels y ont été généralement plus limités que dans les pays exportateurs de pétrole et, en suivant de meilleures politiques, plusieurs pays sont parvenus à accroître leur taux d'épargne et d'investissement en dépit de la forte instabilité des cours des produits de base.

Le public pourra accéder gratuitement au texte intégral du rapport, à une présentation illustrée, à une série de questions et de réponses et à d'autres informations sur le World Wide Web immédiatement après la levée de l'embargo, sur le site :
http://www.worldbank.org//prospects/
Les journalistes sont invités à citer ce site web dans leurs articles sur le rapport.

Les journalistes peuvent accéder aux informations susmentionnées avant la levée de l'embargo par l'intermédiaire du Centre d'information en ligne mis à la disposition des médias par la Banque mondiale. Les journalistes accrédités qui n'ont pas encore de mot de passe peuvent en demander un en remplissant leur formulaire d'inscription à :
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