Banque mondiale: | Axel van Trotsenburg (202) 473-6794 | FMI: Francisco Baker (202) 623-7061 | |

WASHINGTON, 19 mars 1998 — La Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) sont convenus d'appuyer un plan de réduction de la dette de la Côte d'Ivoire dans le cadre de l'Initiative pour les pays pauvres très endettés (PPTE)1. Le volume total de l'aide que recevra la Côte d'Ivoire de ses créanciers extérieurs allégera la charge de sa dette extérieure de 345millions de dollars en valeur actuelle nette (VAN) ce qui, selon les estimations, représente, à terme, une réduction du service de la dette de 800millions de dollars. La Banque mondiale et le FMI fourniront, respectivement, 91millions de dollars et 22,5millions de dollars en valeur actuelle nette. Le point d'achèvement pour le processus d'application du plan de réduction de la dette a été fixé à mars 2001. Le plan de réduction de la dette ne sera appliqué par la Banque mondiale et le FMI que si les autres créanciers de la Côte d'Ivoire confirment qu'ils fourniront leur contribution et que les réformes convenues avec le Gouvernement sont exécutées de manière satisfaisante. La Banque mondiale fournira sa contribution sous forme, non pas des crédits habituels de l'IDA, mais de dons de l'Association d'un montant de 314millions de dollars, qui seront liés à des opérations d'ajustement spécifiques jusqu'à la date de fin du processus, dans le cadre du programme triennal mis en place pour la Côte d'Ivoire. Le FMI apportera son aide au point d'achèvement sous forme d'un don versé dans un compte-séquestre qui servira à régler le service de la dette échue envers l'institution. L'allégement de la dette procuré dans le cadre de l'Initiative PPTE permettra de libérer des ressources budgétaires pour financer des dépenses plus importantes dans les domaines de l'éducation et des soins de santé primaires, du développement rural et de la réduction de la pauvreté. Le plan de réduction de la dette dans le cadre de l'Initiative PPTE appuie les vastes réformes économiques et structurelles entreprises par la Côte d'Ivoire pour maintenir l'économie sur un sentier de croissance durable, assurer la viabilité financière du pays, réduire la pauvreté et sensiblement relever le niveau de vie de la population. À cette fin, la stratégie de réforme prévoit, fondamentalement: a) la poursuite du processus d'assainissement budgétaire de manière à réduire la dépendance du pays à l'égard de l'aide extérieure et accroître l'épargne publique, grâce à un emploi plus rationnel des ressources limitées de l'État; b) une intensification des réformes structurelles qui favorisent le développement du secteur privé et les investissements — y compris les investissements directs étrangers et de portefeuille — ainsi que la poursuite de la diversification et de la transformation de l'économie ivoirienne; et c) l'exécution d'un ambitieux programme de développement social conçu pour réduire la pauvreté grâce, surtout, à des dépenses publiques bien ciblées et efficaces dans les domaines de l'éducation et de la santé. À l'annonce de ce plan de réduction, le ministre de l'Économie et des Finances ivoirien, M. Emmanuel Niamien N'Goran, a dit que la Côte d'Ivoire se félicitait de l'approbation par les Administrateurs du FMI et de la Banque mondiale de l'importante réduction de la dette de la Côte d'Ivoire dans le cadre de l'Initiative PPTE. Cette réduction fournit un appui direct au programme triennal de la FASR adopté le 17mars 1998 par le Conseil d'Administration du FMI, et aidera la Côte d'Ivoire à atteindre ses objectifs économiques et sociaux, en allégeant sensiblement le fardeau de la dette et en accélérant les progrès accomplis au plan de la lutte contre la pauvreté. «Les mesures prévues seront mises en oeuvre avec détermination. Les économies budgétaires qui seront réalisées grâce, notamment, à l'allégement de la dette, seront utilisées pour une allocation en faveur des secteurs sociaux de la santé et de l'éducation. Le Gouvernement compte sur l'ensemble de la société ivoirienne pour la réussite de ce programme qui devrait aboutir, à terme, à conforter et à consolider la croissance économique et à augmenter le revenu par tête d'habitant et, partant, la richesse et le bien-être des Ivoiriens.» La Côte d'Ivoire est le cinquième pays admis à bénéficier de l'Initiative PPTE. Le montant total de l'allégement de la dette engagé au titre de l'Initiative est de l'ordre de 1,5milliard de dollars en valeur actuelle nette, ce qui représente une réduction du service de la dette d'environ 2,8milliards de dollars sur les années à venir. La Côte d'Ivoire est le deuxième pays admis à bénéficier de l'Initiative en application des critères relatifs aux finances publiques et à l'ouverture adoptés en avril 1997 pour les économies très ouvertes dont les finances publiques sont lourdement grevées par la dette extérieure malgré les efforts vigoureux qu'ils déploient pour lever des recettes budgétaires. Dans le cas particulier des pays qui ont une économie ouverte et qui déploient d'importants efforts pour recouvrer des recettes budgétaires, le ratio des dettes aux exportations en valeur actuelle nette peut être inférieur à 200%, le but étant que la valeur actuelle nette de la dette en pourcentage des recettes budgétaires atteigne 280% au point d'achèvement. En application des critères de finances publiques et d'ouverture, le ratio des dettes aux exportations en valeur actuelle nette a été fixé pour la Côte d'Ivoire à 141% des exportations (contre 148%, selon les projections, avant l'obtention de cette aide).
1 L'initiative PPTE donne lieu à une action coordonnée de la communauté financière internationale, y compris les institutions multilatérales, en vue de ramener à des niveaux soutenables le fardeau de la dette extérieure des pays pauvres lourdement endettés qui poursuivent des programmes de réforme et d'ajustement appuyés par le FMI et la Banque mondiale, mais pour lesquels les mécanismes d'allégement de la dette habituels ne suffisent pas. |