Contact: Lawrence MacDonald (202) 473-7465 lmacdonald@worldbank.org Damian Milverton (202) 473-6735 Cell: (202) 288-9029 dmilverton@worldbank.org WASHINGTON, 27 septembre 2002 â Les pays riches devraient aider les pays en dĂ©veloppement Ă rĂ©duire leur pauvretĂ© et Ă Ă©difier des sociĂ©tĂ©s prospĂšres et stables, en supprimant les obstacles Ă la participation des pays pauvres au commerce international. Câest ce quâa aujourdâhui dĂ©clarĂ© M. Nicholas Stern, Economiste en Chef de la Banque Mondiale. âAmĂ©liorer lâaccĂšs au marchĂ© des pays en dĂ©veloppement est lâune des mesures primordiales que les pays riches devraient mettre en Ćuvre dans le cadre de la lutte mondiale contre la pauvretĂ©â, explique M. Stern, qui assure Ă©galement les fonctions de Premier Vice-President Ă la Banque Mondiale. Il ajoute : âIl serait hypocrite dâencourager les pays pauvres Ă ouvrir leurs marchĂ©s tout en imposant des mesures protectionnistes visant Ă bĂ©nĂ©ficier des intĂ©rĂȘts particuliers. Les pays riches devraient montrer lâexample.â Les obstacles aux exportations des pays en dĂ©veloppement aux pays Ă revenus Ă©levĂ©s comprennent: les tarifs et les quotas, les subventions agricoles massives, les mesures anti-dumping, une rĂ©glementation restrictive concernant lâorigine des produits, ainsi que des normes de produit appliquĂ©es arbitrairement par des bureaucrates â et qui parfois ressemblent fort Ă un protectionnisme dĂ©guisĂ©. Cependant, les pays en dĂ©veloppement mĂšnent Ă©galement des politiques protectionnistes qui contribuent Ă freiner leur propre croissance ainsi que la rĂ©duction de leur pauvretĂ©, et affectent leurs partenaires commerciaux qui sont dâautres pays en dĂ©veloppement. Pour M. Stern, la libĂ©ralisation du commerce, comme toute rĂ©forme, devrait avoir pour effet lâaccroissement de la productivitĂ© des ressources employĂ©es. Une telle situation crĂ©e des opportunitĂ©s nouvelles mais aussi, inĂ©vitablement, un certain dĂ©calage. âCes transitions prennent du temps, elles doivent ĂȘtre gĂ©rĂ©es avec soin. Il faut aider les individus Ă rechercher ces nouvelles opportunitĂ©s suscitĂ©es par la rĂ©formeâ, explique M. Stern qui ajoute : âCeci est vrai dans tous les pays, mais ce sont les pays riches les plus Ă mĂȘme de soutenir le coĂ»t dâune telle transitionâ. Plusieurs responsables des politiques commerciales des pays Ă revenus Ă©levĂ©s comprennent lâimportance de lâenjeu. Ils ont proposĂ© des mesures visant Ă ouvrir davantage leurs marchĂ©s. Mais la progression est trop lente. âMaintenant, il faut agirâ, dĂ©clare M. Stern. M. Uri Dadush, directeur du nouveau dĂ©partement du commerce de la Banque mondiale, a expliquĂ© que les pays Ă revenus Ă©levĂ©s ont pris dâimportantes mesures visant Ă ouvrir leurs marchĂ©s, particuliĂšrement aux pays les plus pauvres. âMais des Ă©checs se sont Ă©galement produits, et certains problĂšmes importants nâont pas encore Ă©tĂ© rĂ©solusâ, a-t-il ajoutĂ©. En effet, ce nouveau dĂ©partement a Ă©tĂ© rĂ©cemment mis en place dans le but dâintĂ©grer les nouvelles activitĂ©s lancĂ©es pour soutenir lâeffort de dĂ©veloppement commercial des pays en dĂ©veloppement. Celon M. Dadush, les initiatives telles que lâinitiative europĂ©enne « Tout sauf les armes », la Loi amĂ©ricaine pour la Croissance et lâOpportunitĂ© pour lâAfrique et dâautres initiatives venant du Japon, du Canada, de la Nouvelle ZĂ©lande et de la NorvĂšge, ont contribuĂ© de maniĂšre significative Ă amĂ©liorer lâaccĂšs aux marchĂ©s aux pays les plus pauvres. NĂ©anmoins, dâimportants problĂšmes subsistent. La Banque mondiale encourage les pays riches Ă affronter dâurgence ces problĂšmes, sans attendre le rĂ©sultat de nĂ©gociations prolongĂ©es avec lâOMC. M. Gobind Nankani, Vice-PrĂ©sident du rĂ©seau de rĂ©duction de la pauvretĂ© et de gestion Ă©conomique de la Banque, a dĂ©clarĂ© que des mesures immĂ©diates prises par ees pays Ă revenus Ă©levĂ©s encourageraient la libĂ©ralisation des Ă©changes dans les pays en dĂ©veloppement. âLes pays en dĂ©veloppement ont du mal Ă comprendre pourquoi ils devraient ouvrir encore davantage leurs marchĂ©s alors que les pays Ă revenus Ă©levĂ©s persistent dans une attitude protectionnisteâ, a-t-il expliquĂ©.Stern was joined at the press conference by Certaines des difficultĂ©s auxquelles se heurtent les pays en dĂ©veloppement exportateurs qui tentent de pĂ©nĂ©trer les marchĂ©s des pays Ă revenus Ă©levĂ©s sont dĂ©crites dans une Ă©tude issue conjointement par la Banque mondiale et du FMI, LâaccĂšs aux marchĂ©s pour les exportations des pays en dĂ©veloppement â enjeux. Ce rapport prĂ©cise que malgrĂ© lâinitiative rĂ©cente des grands pays industrialisĂ©s pour offrir aux pays les plus pauvres un accĂšs privilĂ©giĂ© au marchĂ©, âde larges poches de protection persistent pour des produits prĂ©sentant un intĂ©rĂȘt particulier pour les pays en dĂ©veloppementâ. Les mesures restrictives affectent frĂ©quemment des produits que les pays en dĂ©veloppement produisent les plus efficacement. Par exemple, aux Etats-Unis et au Canada, les pics tarifaires (tarifs plus Ă©levĂ©s que la moyenne) sont concentrĂ©s dans les secteurs du textile et des vĂȘtements; en Europe et au Japon, ce genre de tarifs sont appliquĂ©s aux produits agricoles, alimentaires, et les chaussures. âCe modĂšle de protection Ă©rige un ensemble inextricable dâobstacles pour les pays qui tentent de se lancer dans le dĂ©veloppement technologiqueâ, prĂ©cise le rapport. Le rapport explique que les tarifs et les quotas sur les exportations textiles Ă destination des pays dĂ©veloppĂ©s coĂ»tent aux pays en dĂ©veloppement lâĂ©quivalent de 27 millions dâemplois. Dans les pays industrialisĂ©s, les emplois dans le textile protĂ©gĂ©s par ces barriĂšres coĂ»tent environ 35 emplois dans le secteur Ă©quivalent des pays Ă faible revenu. Dans les pays Ă revenus Ă©levĂ©s, les tarifs imposĂ©s sur les produits alimentaires et textiles contribuent Ă augmenter les prix de ceux-ci, ce qui affecte les budgets des foyers Ă faibles revenus. Les hausses tarifaires â tarifs rĂ©duits sur des matiĂšres premiĂšres non traitĂ©es, mais qui augmentent fortement Ă chaque Ă©tape de transformation correspondant Ă un apport en valeur ajoutĂ©e â menacent les industries de transformation et lâemploi dans des secteurs dans lesquels les pays en dĂ©veloppement seraient compĂ©titifs en dâautres circonstances. Les produits concernĂ©s incluent beaucoup de denrĂ©es tropicales, comme le cacao, le cafĂ© et le coton. DâaprĂšs le rapport, dans les pays riches les subventions agricoles se sont Ă©levĂ©es Ă $311 milliards en 2001. Ces subventions, qui vont essentiellement Ă de grosses entreprises agro-industrielles, coupent lâherbe sous le pied des paysans pauvres des pays en dĂ©veloppement. âCes aides augmentent largement en fonction du volume de production, dâoĂč il rĂ©sulte une production excĂ©dentaire en concurrence avec lâoffre faite sur les marchĂ©s par les paysans des pays en dĂ©veloppementâ, explique le rapport. Par exemple, les agriculteurs africains produisent le coton le moins cher du monde, mais ils ne peuvent soutenir la concurrence internationale de producteurs qui reçoivent annuellement $4,8 milliards de subventions. Les prix du sucre aux Etats-Unis et en Europe sont trois fois plus Ă©levĂ©s que les cours mondiaux, en raison de la protection et des subventions accordĂ©es Ă la production de betterave Ă sucre, au dĂ©triment du BrĂ©sil et dâautres producteurs tropicaux de canne Ă sucre. Pendant ce temps, les rĂ©glementations des normes de produit et des procĂ©dures de production âdeviennent de plus en plus complexes et pesantesâ â selon le rapport. Par exemple, pour ĂȘtre en conformitĂ© avec les normes amĂ©ricaines, les industriels indiens qui traitent la pulpe de mangue doivent prouver non seulement que leurs produits sont conformes aux critĂšres de qualitĂ©, mais ils doivent aussi conserver des archives dĂ©taillĂ©es concernant la totalitĂ© des livraisons effectuĂ©es par les petits producteurs de fruits. Les mesures anti-dumping frappent avec une acuitĂ© particuliĂšre les petits pays et les petites entreprises, incapables de prouver devant des tribunaux que leur prix de vente nâest pas infĂ©rieur au coĂ»t de production. La menace de lâintroduction de ce genre de mesures, les frais juridiques importants, ainsi que lâincertitude des rĂ©sultats dĂ©courage les investissement dans les industries prometteuses de pays en dĂ©veloppement. Les barriĂšres commerciales que les pays en dĂ©veloppement Ă©rigent eux-mĂȘmes posent Ă©galement un problĂšme important. Les tarifs mis en place par les pays en dĂ©veloppement coĂ»tent Ă leurs exportateurs environ $57 milliards par an, trois fois les tarifs payĂ©s aux pays riches. Les pics tarifaires et les actions anti-dumping sont mĂȘme plus frĂ©quents dans les pays en dĂ©veloppement que dans les pays riches. âLes pays en dĂ©veloppement ont fait beaucoup pour ouvrir leurs marchĂ©s. Un surcroĂźt de libĂ©ralisation leur apportera encore des bĂ©nĂ©fices, indĂ©pendamment de l'attitude des pays riches. Mais ces bĂ©nĂ©fices seront bien plus importants si les pays riches montrent lâexemple, et aideraient les pays pauvres Ă surmonter le coĂ»t trĂšs lourd de la transitionâ, explique M. Stern. La Banque mondiale, et dâautres organisations, soutiennent lâeffort entrepris par les pays en dĂ©veloppement pour libĂ©raliser leurs Ă©changes et Ă©liminer les obstacles posĂ©s par lâinfrastructure â par exemple en amĂ©liorant les rĂ©seaux intĂ©rieurs de transport, les infrastructures portuaires, le fonctionnement des douanes. Afin de soutenir ces efforts, la Banque mondiale a mis en place un nouveau dĂ©partement du commerce, avec pour mission d |