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UN RAPPORT DE LA BANQUE MONDIALE SOULIGNE L’IMPORTANCE DU SUCCÈS DES NÉGOCIATIONS COMMERCIALES À CANCUN

Un progrĂšs dĂ©cisif Ă  l’OMC ferait renaĂźtre la confiance, augmenterait les revenus
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Communiqué de presse n°:2004/055/S
Communiqué de presse n° 2004/055/S
Personnes à contacter : Amy Stilwell
+1 202-458-4906 astilwell@worldbank.org
Lawrence MacDonald
+1 202-473-7465
lmacdonald@worldbank.org


WASHINGTON, le 3 septembre 2003  — Selon un nouveau rapport de la Banque mondiale diffusĂ© aujourd’hui, la conclusion d’un accord commercial rĂ©pondant aux prĂ©occupations des pays en dĂ©veloppement pourrait relancer la croissance mondiale et faire sortir de la pauvretĂ© jusqu’à 144 millions de personnes d’ici 2015. Ce rapport est rendu public Ă  la veille d’une rĂ©union des ministres du Commerce qui doit se tenir Ă  Cancun la semaine prochaine, et au cours de laquelle sera examinĂ© l’avancement des nĂ©gociations de l’OMC sur les objectifs de dĂ©veloppement convenus Ă  Doha.

Le rapport intitulĂ© Global Economic Prospects 2004: Realizing the Development Promise of the Doha Agenda est un examen dĂ©taillĂ© de l’économie mondiale et des perspectives Ă  court terme. Il offre Ă©galement une analyse rigoureuse des problĂšmes commerciaux mondiaux, en particulier de ceux qui figurent parmi les prioritĂ©s Ă  l’ordre du jour des discussions de la rĂ©union de l’OMC ce mois-ci.

Officiellement, les rĂ©unions de Cancun constituent une Ă©tape intĂ©rimaire dans les discussions qui doivent se conclure le 1er janvier 2005 et elles doivent permettre de procĂ©der Ă  une Ă©valuation des progrĂšs enregistrĂ©s Ă  ce jour. Cependant, les rĂ©unions interviennent dans le contexte d’un ralentissement de l’économie mondiale et des Ă©changes internationaux. Comme le fait observer le rapport, les nĂ©gociations commerciales sont bloquĂ©es en raison de dĂ©saccords sur des questions qui revĂȘtent une importance toute particuliĂšre pour les pays en dĂ©veloppement, notamment l’agriculture, l’abaissement des droits de douane sur les produits manufacturĂ©s, l’octroi d’un traitement spĂ©cial aux pays en dĂ©veloppement et la question des brevets pharmaceutiques dans les pays pauvres. Une avancĂ©e Ă  Cancun pourrait faire renaĂźtre la confiance des investisseurs et donner une impulsion permettant de conclure, dans le cadre de l’OMC, un accord plus consĂ©quent susceptible de relancer les Ă©changes. Un tel rĂ©sultat se traduirait, Ă  plus ou moins brĂšve Ă©chĂ©ance, par une hausse des revenus dans le monde, ce qui aboutirait, Ă  terme, Ă  une rĂ©duction considĂ©rable de la pauvretĂ© au niveau mondial.

Les derniĂšres Perspectives de l’économie mondiale laissent entrevoir une croissance anĂ©mique de 1,5 % en 2003 dans les pays industrialisĂ©s, bien en deçà du potentiel de ces pays. Le rapport prĂ©voit de meilleurs rĂ©sultats l’an prochain, la croissance des pays industrialisĂ©s devant atteindre 2,5 %. Les pays en dĂ©veloppement sont relativement plus dynamiques que les pays industrialisĂ©s, avec une croissance de 4 % en 2003 et, si la reprise se poursuit, une croissance de 4,9 % en 2004 (voir les prĂ©visions de croissance au tableau qui figure en fin de communiquĂ©). Les projections portant sur la croissance des Ă©changes commerciaux Ă  l’échelle mondials sont de 4,6 %, soit une lĂ©gĂšre progression par rapport Ă  l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente, mais un taux encore infĂ©rieur de moitiĂ© Ă  ce qu’il Ă©tait en l’an 2000.

Nicholas Stern, Économiste en chef de la Banque mondiale estime qu’il est important que les pays riches prennent l’initiative de parvenir Ă  un rĂ©sultat Ă©quitable lors des nĂ©gociations de Cancun.

« Ce sont les acteurs dominants et ils reprĂ©sentent deux-tiers du marchĂ© mondial », affirme M. Stern. « Ils pourraient jouer un rĂŽle moteur en rĂ©duisant la protection agricole, en abaissant le niveau des droits de douane et en veillant Ă  ce que les pays les plus pauvres puissent avoir accĂšs Ă  des mĂ©dicaments abordables au mĂȘme titre que d’autres pays en dĂ©veloppement plus importants ».

Le rapport fait Ă©galement observer que les pays en dĂ©veloppement, et particuliĂšrement les pays dynamiques Ă  revenu intermĂ©diaire, peuvent contribuer Ă  la rĂ©alisation d’un «  bon accord de Doha  » en acceptant d’adopter des mesures de libĂ©ralisation commerciale qui relanceraient les Ă©changes au niveau mondial et serviraient par la mĂȘme occasion leurs propres intĂ©rĂȘts.

« Les nĂ©gociations s’approchent d’un point critique  » dĂ©clare Uri Dadush, Directeur du DĂ©partement du Commerce Ă  la Banque mondiale. « Si les ministres parviennent Ă  s’entendre pour rĂ©duire les obstacles qui limitent les dĂ©bouchĂ©s des producteurs pauvres — en particulier pour les produits agricoles et les produits manufacturĂ©s Ă  forte intensitĂ© de main-d’Ɠuvre —  cela contribuera Ă  relever le niveau de vie de ces derniers. Si tel n’est pas le cas, une occasion unique aura Ă©tĂ© perdue ».

La suppression des obstacles aux exportations des pays en développement
accélérerait leur croissance

Le rapport dĂ©nonce les iniquitĂ©s du systĂšme mondial des Ă©changes qui entravent la croissance induite par les exportations dans les pays en dĂ©veloppement. Ainsi, dans le domaine de l’agriculture, le soutien que les japonais accordent Ă  leurs producteurs de riz s’élĂšve Ă  700 % des coĂ»ts de production, ce qui a pour effet d’exclure les exportations de la ThaĂŻlande et celles d’autres pays producteurs. Les subventions budgĂ©taires directes dont bĂ©nĂ©ficient les producteurs de l’Union europĂ©enne coĂ»tent environ 100 milliards de dollars par an et dĂ©priment les cours mondiaux du sucre, des produits laitiers et du blĂ©. Ces subventions ont Ă©galement pour effet d’accroĂźtre les prix payĂ©s par les consommateurs. Les États-Unis dĂ©pensent tous les ans 50 milliards de dollars en subventions directes au seul secteur agricole. Les subventions accordĂ©es aux agriculteurs amĂ©ricains au titre de la culture du coton s’élĂšvent Ă  plus de trois milliards de dollars par an (soit un montant trois fois supĂ©rieur Ă  l’aide que les États-Unis accordent Ă  l’Afrique) ce qui a pour effet de dĂ©primer les cours mondiaux du coton et d’évincer des agriculteurs pauvres mais efficaces en Afrique de l’Ouest.

« Les exportateurs des pays en dĂ©veloppement doivent gĂ©nĂ©ralement payer davantage que les exportateurs des pays riches pour pĂ©nĂ©trer des marchĂ©s Ă©trangers  », affirme Richard Newfarmer, conseiller Ă©conomique auprĂšs du DĂ©partement du Commerce et du Groupe sur les perspectives de dĂ©veloppement au sein de la Banque mondiale et principal auteur de ce rapport. « Les pays industrialisĂ©s prĂ©lĂšvent des droits qui sont en moyenne de l’ordre de 1 % sur les produits manufacturĂ©s en provenance d’autres pays industrialisĂ©s, mais ils perçoivent des droits de 5 % sur les importations en provenance d’Asie de l’Est, de 6 % sur les importations du Moyen-Orient et de 8 % sur les importations d’Asie du Sud. Ainsi, le montant en dollars des droits de douane versĂ©s par la Mongolie aux États-Unis Ă©quivaut Ă  celui payĂ© par la NorvĂšge, alors que le volume des importations en provenance de la Mongolie ne reprĂ©sente que 3% des produits importĂ©s de NorvĂšge. », dĂ©clare M. Newfarmer. « Peut-on rĂ©ellement affirmer qu’un tel systĂšme exploite pleinement tout son potentiel de dĂ©veloppement en faveur des pauvres  ? »

Le rapport fait valoir qu’un « bon  » accord dans le cadre l’OMC pourrait se traduire par des gains de revenus de l’ordre de 290 Ă  520 milliards de dollars qui bĂ©nĂ©ficieraient aussi bien aux pays riches qu’aux pays pauvres, ce qui permettrait de tirer de la pauvretĂ© 144 millions de personnes supplĂ©mentaires d’ici 2015 (voir encadrĂ©).

Quels gains de revenus peut-on attendre de la baisse des droits de douane?

Le rapport Perspectives Ă©conomiques mondiales 2004 prĂ©sente un scĂ©nario simple qui dĂ©montre comment l'abaissement des barriĂšres commerciales dans le domaine de l'agriculture et une rĂ©duction des crĂȘtes tarifaires pourraient favoriser la croissance et permettre de lutter contre la pauvretĂ©.

Dans le cas de figure envisagé :

  • Les pays riches ramĂšnent les droits de douane Ă  10 % pour les produits agricoles et Ă  5 % pour les produits manufacturĂ©s ;
  • Les pays en dĂ©veloppement, Ă  titre de rĂ©ciprocitĂ©, abaissent ces mĂȘmes droits Ă  15 % pour les produits agricoles et Ă  10 % pour les produits manufacturĂ©s ;
  • Tous les pays Ă©liminent leurs subventions aux produits agricoles, « dĂ©couplent » les subventions intĂ©rieures pour minimiser les distorsions commerciales, et suppriment certains droits, quotas, et droits antidumping spĂ©cifiques.

Cette formule se traduit par des gains qui reprĂ©sentent environ les trois-quarts du montant des gains qu'il serait possible d'atteindre si l'on procĂ©dait Ă  une libĂ©ralisation complĂšte des Ă©changes. Si les rĂ©formes dĂ©crites ci-dessus Ă©taient mises en Ɠuvre progressivement sur une pĂ©riode de cinq ans allant jusqu'Ă  2010, et qu'elles s'accompagnaient d'une rĂ©ponse rĂ©aliste sur le plan de la productivitĂ©, les pays en dĂ©veloppement bĂ©nĂ©ficieraient d'un revenu supplĂ©mentaire de prĂšs de 350 milliards de dollars d'ici 2015. Les pays riches tireraient Ă©galement profit de cette situation en enregistrant des gains de l'ordre de 170 milliards de dollars. Tout cela aurait pour effet, d'ici 2015, d'aider 144 millions de pauvres Ă  se hisser au-dessus du seuil de subsistance de 2 dollars par jour.

Les membres de la communauté internationale doivent coopérer
afin d’obtenir un rĂ©sultat positif

Nicholas Stern souligne que pour rĂ©aliser de tels gains, il fallait que tous les pays se sentent responsables des rĂ©sultats des nĂ©gociations de l’OMC.

« Les pays riches doivent prendre l’initiative — en rĂ©duisant la protection agricole, en abaissant les droits Ă©levĂ©s prĂ©levĂ©s sur les produits manufacturĂ©s, et en ouvrant plus largement l’accĂšs Ă  des mĂ©dicaments d’un prix abordable », affirme M. Stern. « Cela n’a aucun sens que les pays riches incitent les pays en dĂ©veloppement Ă  adopter des mesures favorables Ă  la croissance et qu’ils adoptent ensuite des politiques commerciales qui rĂ©duisent les perspectives de croissance de ces mĂȘmes pays en dĂ©veloppement ».

Le Rapport sur les perspectives Ă©conomiques mondiales fait observer que les pays en dĂ©veloppement, en particulier les pays Ă  revenu intermĂ©diaire, peuvent contribuer Ă  la conclusion d’un « bon » accord de Doha en prenant des initiatives propres. En ouvrant leurs frontiĂšres aux Ă©changes, ils peuvent rĂ©duire le coĂ»t des produits importĂ©s et devenir plus concurrentiels au plan international. Cela crĂ©e de nouvelles opportunitĂ©s pour les petits exploitants agricoles ainsi que pour les petites et moyennes entreprises, ce qui signifie davantage d’emplois pour les pauvres.

« Un haut niveau de protection dans les pays Ă  revenu intermĂ©diaire est aussi dommageable pour les pays pauvres qui les entourent que les obstacles au commerce dans les pays riches », affirme M. Dadush. Ainsi, les exportateurs latino-amĂ©ricains de produits manufacturĂ©s sont-ils confrontĂ©s, en AmĂ©rique latine, Ă  des droits qui sont en moyenne sept fois supĂ©rieurs Ă  ceux perçus par les pays industrialisĂ©s. Les exportateurs est-asiatiques doivent faire face, dans d’autres pays de l’Asie de l’Est, Ă  des droits qui sont 60 % plus Ă©levĂ©s que ceux imposĂ©s par les pays riches.

Le rapport incite tous les acteurs de la communautĂ© internationale Ă  faire des « concessions » qui, en dĂ©finitive, profitent tout autant Ă  ceux qui les offrent qu’à leurs partenaires commerciaux :

Les pays industrialisĂ©s trouveront un intĂ©rĂȘt Ă  abaisser leur protection douaniĂšre et Ă  rĂ©duire les subventions agricoles — dont la plupart sont accordĂ©es Ă  de grands exploitants dont les revenus sont dĂ©jĂ  supĂ©rieurs Ă  ceux d’une famille moyenne dans l’Union europĂ©enne, au Japon et aux États-Unis. Ces mesures coĂ»teront aux familles de ces rĂ©gions environ 1 000 dollars par an en moyenne. Le dĂ©mantĂšlement de la protection agricole entraĂźnera une baisse du prix des denrĂ©es alimentaires et des produits Ă  forte intensitĂ© de main-d’Ɠuvre, pour les consommateurs de ces pays. Une telle mesure contribuera du mĂȘme coup Ă  accroĂźtre les revenus des agriculteurs pauvres dans les pays en dĂ©veloppement. En retour, les pays riches pourraient avoir un accĂšs Ă©largi aux marchĂ©s des services qui sont encore protĂ©gĂ©s dans les pays Ă  revenu intermĂ©diaire.

Les pays Ă  revenu intermĂ©diaire disposeront de meilleurs services tĂ©lĂ©phoniques et de meilleurs services financiers si un plus grand nombre de concurrents Ă©trangers sont autorisĂ©s Ă  pĂ©nĂ©trer sur les marchĂ©s des services — et ils auront par ailleurs accĂšs aux marchĂ©s des pays riches Ă  de meilleurs conditions et aux marchĂ©s dynamiques d’autres pays en dĂ©veloppement. Les exportateurs de produits agricoles des pays Ă  revenu intermĂ©diaire sont ceux qui ont le plus Ă  gagner de la libĂ©ralisation de l’agriculture, dans la mesure oĂč la rĂ©duction des subventions dans les pays industrialisĂ©s et la surproduction que ces pays connaissent crĂ©eraient de nouvelles opportunitĂ©s.

Les pays Ă  faible revenu qui, de nos jours, taxent fortement leurs importations constateront qu’ils ont tout Ă  gagner de rĂ©formes intĂ©rieures visant Ă  abaisser les coĂ»ts des intrants importĂ©s et Ă  dĂ©velopper la concurrence nationale (entraĂźnant de ce fait un accroissement de la productivitĂ©), et que de telles rĂ©formes se traduiront par une hausse des exportations. Cela leur permettra de s’affranchir de leur trop grande dĂ©pendance Ă  l’égard des prĂ©fĂ©rences commerciales qui leur sont accordĂ©es par les pays riches pour des raisons d’opportunitĂ© politique, et de s’orienter vers une production basĂ©e sur leurs avantages comparatifs. En dĂ©pit de leur grande popularitĂ©, les prĂ©fĂ©rences commerciales n’ont pas rĂ©ellement administrĂ© la preuve, en pratique, qu’elles constituaient le meilleur moyen d’accroĂźtre les possibilitĂ©s d’exportation. Étant donnĂ© que les critĂšres de provenance sont compliquĂ©es et les rĂšglements administratifs incertains, 40 % seulement des produits admis Ă  bĂ©nĂ©ficier d’un accĂšs prĂ©fĂ©rentiel entrent effectivement sur le territoire des pays riches au titre de ce rĂ©gime.

Les bailleurs de fonds et les organismes multilatéraux doivent également contribuer
à améliorer le systÚme commercial mondial

« Ce n’est pas parce que l’on abaisse les barriĂšres qui protĂšgent un marchĂ© qu’un pays peut soudain se mettre Ă  exporter » prĂ©cise M. Newfarmer. « Il faut pour cela investir dans les ports, les routes et l’éducation, ainsi que renforcer les institutions locales, comme l’administration des douanes et des impĂŽts. Les donateurs peuvent apporter les ressources — financiĂšres et humaines —nĂ©cessaires Ă  ces investissements critiques ».

Le Rapport sur les perspectives Ă©conomiques mondiales fait observer que l’amĂ©lioration des ports, des douanes et d’autres infrastructures liĂ©es aux Ă©changes commerciaux pourrait accroĂźtre le commerce mondial de quelques 380 milliards de dollars sur une pĂ©riode de plusieurs annĂ©es.

« De plus, les organismes de dĂ©veloppement se doivent d’aider les pays pauvres Ă  adopter les mesures qui s’imposent pour faire face Ă  l’élimination progressive des rĂ©gimes prĂ©fĂ©rentiels, Ă  la hausse du prix des importations alimentaires ou Ă  la diminution des recettes douaniĂšres rĂ©sultant des rĂ©formes intĂ©rieures » ajoute M. Newfarmer.

La reprise mondiale est timide mais elle est bien orientée

Pour la troisiĂšme annĂ©e consĂ©cutive, la croissance de l’économie mondiale se situe bien en deçà de son potentiel, le taux attendu pour 2003 Ă©tant de 2 % (voir tableau). Le rythme des activitĂ©s a marquĂ© un ralentissement Ă  la fin 2002 et au dĂ©but 2003, en raison d’évĂšnements qui ont eu pour effet de miner la confiance, notamment l’intensification des prĂ©paratifs de guerre en Irak, les tensions transatlantiques, et les prĂ©occupations liĂ©es au syndrome respiratoire aigu sĂ©vĂšre (SRAS).

« L’économie mondiale ne tourne pas Ă  pleine puissance » affirme M. Hans Timmer, responsable de l’équipe chargĂ©e de l’analyse des tendances mondiales, « mais les tendances actuelles donnent Ă  penser que les choses devraient s’amĂ©liorer en 2004  ».

Dans une grande partie de l’Asie du Sud l’activitĂ© Ă©conomique se maintient Ă  un niveau plutĂŽt satisfaisant. Les pays de l’Asie de l’Est et du Pacifique ont connu un certain ralentissement de leur croissance en raison du SRAS, mais l’apparente maĂźtrise de ce phĂ©nomĂšne a ouvert la voie Ă  la poursuite d’une croissance rapide. Par contre, l’Afrique est toujours confrontĂ©e Ă  une situation Ă©conomique difficile. En dĂ©pit de l’amĂ©lioration du prix des produits de base de la rĂ©gion, ceux-ci se situent encore bien en dessous de la tendance Ă  long terme. La guerre a eu des effets nĂ©gatifs sur les rĂ©sultats enregistrĂ©s au niveau rĂ©gional au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, tandis que dans de nombreux pays d’Europe et d’Asie centrale la croissance a Ă©tĂ© lĂ©thargique du fait des rĂ©percussions de la situation en Europe de l’Ouest, en particulier en Allemagne. L’AmĂ©rique latine commence Ă  Ă©merger d’une grave rĂ©cession, maintenant que l’Argentine renoue avec la croissance, que l’incertitude prĂ©cĂ©dant les Ă©lections au BrĂ©sil s’estompe et que l’économie mexicaine redĂ©marre.

D’aprĂšs les projections, la croissance mondiale devrait s’accĂ©lĂ©rer pour atteindre 3 % en 2004. On commence Ă  voir les premiers signes d’une reprise Ă©conomique aux États-Unis, notamment une augmentation des commandes, de la production et des exportations, et un renforcement des marchĂ©s boursiers. La production japonaise a atteint 2,3 % au cours du second trimestre de l’annĂ©e, ce qui est plus Ă©levĂ© que prĂ©vu, mais la conjoncture en Europe reste atone. Le retour de la confiance dans les centres de l’OCDE constitue l’élĂ©ment clĂ© d’une reprise des dĂ©penses d’équipement et d’une croissance plus robuste.

La croissance des pays en dĂ©veloppement atteindra vraisemblablement 4,9 % en 2004 favorisĂ©e par une reprise des Ă©changes mondiaux, la rĂ©sorption progressive des tensions mondiales et la reprise de la demande intĂ©rieure. L’AmĂ©rique latine devrait enregistrer les gains les plus importants.

Un retour Ă  une croissance plus robuste en Inde devrait exercer un effet d’entraĂźnement sur toute la rĂ©gion de l’Asie du Sud, mais on s’attend Ă  des gains plus modestes en Europe et en Asie centrale, reflĂ©tant le rythme plus lent de la reprise de l’activitĂ© Ă©conomique dans l’Union europĂ©enne. La reprise de la croissance ne sera pas aussi perceptible au Moyen-Orient et en Afrique du Nord en raison de la persistance d’incertitudes liĂ©es Ă  la situation politique et Ă©conomique. Il en ira de mĂȘme en Afrique subsaharienne en raison du rĂŽle que jouent certains facteurs notamment l’insuffisance des gains enregistrĂ©s par les produits de base et l’atonie de la croissance europĂ©enne. En 2005, les taux de croissance pourraient progresser lĂ©gĂšrement pour s’établir aux alentours de 4,8 %, soit un niveau similaire Ă  ceux enregistrĂ©s antĂ©rieurement en 2000 et en 1996-1997.

« La nette amĂ©lioration, dans le plupart des rĂ©gions, des composantes essentielles de la politique Ă©conomique — rĂ©duction des dĂ©ficits budgĂ©taires, maĂźtrise de l’inflation et plus grande ouverture aux Ă©changes — constitue une base solide pour l’obtention de gains de productivitĂ© en 2004 », affirme M. Timmer. « Mais la persistance de problĂšmes structurels dans les pays riches — et notamment le double dĂ©ficit amĂ©ricain et la performance dĂ©cevante des banques japonaises et europĂ©ennes — risque de prĂ©cipiter une chute dĂ©stabilisante du dollar amĂ©ricain ou de provoquer d’autres chocs de confiance inattendus mais susceptibles de donner un coup d’arrĂȘt Ă  la reprise des investissements. Si ces risques se matĂ©rialisent, nul ne peut prĂ©dire ce qui arrivera. »

Projections du PIB mondial, 2003-2005 /1

Variations en pourcentage

2000

2001

2002

2003

2004

2005

Monde

4,0

1,3

1,9

2,0

3,0

2,9

Pays Ă  haut revenu

3,7

0,9

1,6

1,5

2,5

2,4

Pays de l’OCDE

3,6

1,0

1,6

1,5

2,5

2,3

États-Unis

3,8

0,3

2,4

2,2

3,4

2,8

Japon

2,8

0,4

0,1

0,8

1,3

1,3

Zone Euro

3,5

1,5

0,8

0,7

1,7

2,1

Pays non-membres de l’OCDE

6,6

-1,1

2,4

2,1

4,1

4,4

       

Ensemble des pays en développement

5,1

2,9

3,3

4,0

4,9

4,8

Asie de l’Est et Pacifique

7,2

5,5

6,7

6,1

6,7

6,6

Europe et Asie centrale

6,6

2,2

4,6

4,3

4,5

4,1

Amérique latine/Caraïbes

3,5

0,3

-0,8

1,8

3,7

3,8

Moyen-Orient/Afrique du Nord

4,1

3,2

3,1

3,3

3,9

3,5

Asie du Sud

4,2

4,9

4,2

5,4

5,4

5,4

Afrique subsaharienne

3,2

3,2

2,8

2,8

3,5

3,8

Memo

      

Pays en développement hors Chine/Inde

4,6

1,7

2,0

3,1

4,1

4,1

Source : Banque mondiale, Groupe sur les perspectives de développement.
Note : /1 PIB en dollars constants de 1995.

Extrait du rapport

 

 

 




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