JAKARTA, 6 janvier 2005 — S’adressant aux dirigeants des pays membres de  l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) lors d’une rencontre spéciale organisée après le tsunami consécutif au tremblement de terre, le Président de la Banque mondiale James D. Wolfensohn a lancé un appel aujourd’hui afin que le redressement à long terme des régions dévastées aide aussi à briser le cycle de la pauvreté, et à restaurer l’espoir d’un avenir meilleur pour les personnes touchées par la catastrophe.  « Rebâtissons de manière à renforcer la sécurité des pauvres et à les rendre moins vulnérables aux futures catastrophes » a indiqué  M. Wolfensohn. « Et rebâtissons de façon à réduire les futurs conflits et à restaurer l’espoir d’une paix durable. C’est bien plus que restaurer l’alimentation en eau, les services d’assainissement et les routes. Il s’agira de reconstruire des communautés et les vies de nombreuses personnes qui ont été traumatisées par la dévastation causée par la tragédie».  M. Wolfensohn a souligné que l’objectif immédiat doit être de s’assurer que les victimes de cette tragédie reçoivent les secours d’urgence dont ils ont absolument besoin — eau, nourriture, assainissement et médicaments — alors que la communauté internationale joint ses efforts pour aider les pays sinistrés à faire la transition du secours humanitaire au redressement à long terme. « Nous devons aider les gens à se relever de la catastrophe pour leur permettre ensuite de reconstruire leurs vies » a affirmé M. Wolfensohn.  Depuis 1980, la Banque mondiale a financé, à hauteur de 40 milliards de dollars, 550 projets mis en oeuvre à la suite de catastrophes. Tout comme dans la plupart des catastrophes survenues ces récentes années, M. Wolfensohn a relevé que les pauvres ont été les plus vulnérables aux effets du tsunami, vu qu’ils sont plus susceptibles d’occuper les emplacements dangereux, les moins convoités tels que les plaines inondables, les berges des fleuves, les pentes escarpées et les terrains gagnés sur la mer.  M. Wolfensohn a déclaré aux participants à la rencontre que, selon l’expérience de la Banque mondiale, quatre points cruciaux devraient être pris en compte pour que la région parvienne à se remettre des effets du tsunami:  « Premièrement, nous devons veiller à ce que les communautés soient associées à l’évaluation de leurs besoins et à l’élaboration de leurs propres programmes de redressement conçus localement. Deuxièmement, l’aide d’urgence doit demeurer simple et axée sur les priorités de redressement les plus urgentes. Troisièmement, le redressement à long terme et la planification du développement doivent intégrer la réduction des risques liés aux catastrophes afin d’éviter, à l’avenir, des pertes dues aux cataclysmes. Quatrièmement, la communauté internationale doit coordonner ses interventions et aider les pays dans la transition du secours à la reconstruction », a souligné M. Wolfensohn. Le Président de la Banque mondiale a par ailleurs qualifié la catastrophe de « véritable test pour la communauté internationale et de sa volonté d’assister les personnes les plus vulnérables et les plus pauvres du monde ». Il a fait remarquer que ce test intervient à l’orée de l’année 2005, une période considérée par nombre de personnes comme “L’Année du développementâ€, qui se situe 10 ans avant l’année 2015, date cible à laquelle les dirigeants du monde avaient promis de réduire la pauvreté de moitié dans le monde par rapport à ses niveaux de 1990.  En conclusion, M. Wolfensohn a lancé un appel en faveur du partenariat: “Cet effort massif de reconstruction doit tous nous amener à travailler ensemble et dans l’humilité. L’objectif pour nous tous qui sommes réunis ici est de rester unis au cours des mois et des années à venir, dans l’effort visant à aider la région à se remettre de cette tragédie. Unis pour réduire la vulnérabilité des personnes aux futures catastrophes. Nous le devons aux victimes de cette tragédie ».  |