En premier lieu, nous apprĂ©cions les efforts qui ont Ă©tĂ© faits par Catholic Relief Services et Bank Information Center pour prĂ©parer ce rapport. Nous sommes heureux de constater que les auteurs ont comme nous le souci de faire en sorte que la population tchadienne, une des plus pauvres dans le monde, puisse bĂ©nĂ©ficier au mieux des retombĂ©es du pĂ©trole. Le projet d'olĂ©oduc Tchad Cameroun a Ă©tĂ© Ă©laborĂ© en prenant toute une sĂ©rie de prĂ©cautions destinĂ©es Ă faire en sorte que les revenus du pĂ©trole permettent de financer des programmes pour la rĂ©duction de la pauvretĂ© et le dĂ©veloppement. Il est essentiel pour le succĂšs de ce projet que l'information circule et que tout le monde soit responsabilisĂ© Ă tous les niveaux, y compris dans la sociĂ©tĂ© civile au Tchad et ailleurs.  Le rapport de CRS et BIC traite de questions importantes concernant le programme de gestion des revenus pĂ©troliers. Nous souhaitons en reprendre quelques unes dans cette note.  Comment sont utilisĂ©s les revenus pĂ©troliers?  DĂšs le dĂ©but du rapport des questions fondamentales concernant le projet sont posĂ©es, en commençant par la plus critique: comment sont utilisĂ©s les revenus pĂ©troliers?  En 2004, un total de 84,6 million de dollars EU a Ă©tĂ© transfĂ©rĂ© au Tchad en provenance du compte sequestre ouvert Ă la Citibank Ă Londres dans le cadre de l'accord entre le gouvernement et la Banque. Ces fonds ont Ă©tĂ© allouĂ©s de la façon suivante: 67,7 millions de dollars EU aux secteurs prioritaires dans la lutte contre la pauvretĂ©, 4,2 millions de dollars EU pour la rĂ©gion productrice de pĂ©trole et 12,7 million de dollars EU pour le budget en gĂ©nĂ©ral. Le Fonds pour les gĂ©nĂ©rations futures a Ă©tĂ© Ă©tabli Ă Londres. A la fin de fĂ©vrier 2005, il y avait 13,3 millions de dollars EU dans ce compte.  Les allocations aux secteurs prioritaires ont Ă©tĂ© effectuĂ©es sur la base de la stratĂ©gie de lutte contre la pauvretĂ© du Tchad, dans le cadre du processus budgĂ©taire. Les dĂ©caissements de ces fonds se sont faits aprĂšs approbation par le CollĂšge de contrĂŽle et de surveillance des ressources pĂ©troliĂšres (le CollĂšge). Dans le secteur des travaux publics, une somme de 19,3 milliards de FCFA a Ă©tĂ© allouĂ©e Ă l'amĂ©lioration des routes et en particulier Ă l'asphaltage de deux tronçons de route (Bisney/Goura â 38 km â et Ngoura/Bokoro â104 km). Un montant de 4,9 milliards de FCFA a Ă©tĂ© allouĂ© Ă l'enseignement primaire, secondaire et supĂ©rieur, le gros des ressources Ă©tant affectĂ© Ă la construction d'Ă©coles et Ă l'achat de manuels scolaires, de pupitres et autres fournitures scolaires. Des fonds ont aussi Ă©tĂ© affectĂ©s dans les secteurs de l'eau, de l'agriculture, de l'Ă©levage, des affaires sociales et de l'amĂ©nagement urbain.  Dans ces secteurs, le CollĂšge a revu et approuvĂ© les dĂ©penses effectuĂ©es. Les secteurs des transports, de l'Ă©ducation et de l'amĂ©nagement urbain ont eu les plus forts taux d'approbation.  Le processus de contrĂŽle fonctionne-t-il?  La Banque mondiale a contribuĂ© Ă mettre en place le CollĂšge et est dĂ©terminĂ©e Ă en faire une institution indĂ©pendante et forte. Le CollĂšge est en place et a Ă©tĂ© en mesure de revoir les demandes de dĂ©caissements dans les dĂ©lais prescrits (cinq jours). Le CollĂšge a mis au point son manuel opĂ©rationnel et des procĂ©dures adĂ©quates de revue. Le principal dĂ©fi maintenant pour le CollĂšge est d'ĂȘtre en mesure de faire face Ă un volume plus grand de demandes d'approbation, puisque on s'attend Ă ce que les dĂ©penses financĂ©es par les revenus pĂ©troliers doublent cette annĂ©e. Le CollĂšge recherche le financement pour recruter deux analystes.    Que peut-on dire des nouveaux champs de pĂ©trole en cours d'exploration et des revenus indirects, tels les impĂŽts sur le revenu?  La loi sur la gestion des revenus pĂ©troliers ne s'applique qu'aux trois champs de Miandoum, Kome et Bolobo. En septembre 2004, dans une dĂ©claration du conseil des ministres, le gouvernement du Tchad a rĂ©itĂ©rĂ© son intention d'appliquer les mĂȘmes principes au revenus des nouveaux champs, y compris l'allocation d'une part des revenus Ă la rĂ©gion productrice et au Fonds pour les gĂ©nĂ©rations futures.   En ce qui concerne les impĂŽts sur le revenu, ils sont versĂ©s au compte sequestre comme tous les autres revenus pĂ©troliers. Ils sont alors versĂ©s au budget et sont allouĂ©s en application des prioritĂ©s dĂ©finies dans le document sur la stratĂ©gie de rĂ©duction de la pauvretĂ©.  Les efforts en cours de renforcement des capacitĂ©s donnent-ils les rĂ©sultats escomptĂ©s d'une plus grande efficacitĂ© de l'administration et d'une plus grande transparence?   La Banque mondiale a concentrĂ© ses efforts sur le renforcement de la gestion des finances publiques, avec un accent mis sur la formation pour amĂ©liorer la responsabilisation des cadres et la transparence dans la gestion de l'ensembles des ressources publiques. La Banque a aussi apportĂ© son appui au CollĂšge. Elle travaille avec les instituts locaux de formation pour leur permettre d'accroitre leur rĂŽle dans le renforcement des capacitĂ©s en matiĂšre de gestion financiĂšre. Le renforcement des capacitĂ©s est cependant une oeuvre de longue haleine. Des progrĂšs ont Ă©tĂ© accomplis, mais il reste encore beaucoup Ă faire pour que les individus et les institutions tchadiennes aient tout ce qui leur faut pour fonctionner efficacement. La Banque estime qu'il n'aurait pas Ă©tĂ© possible de terminer tous ces efforts de renforcement des capacitĂ©s avant la mise en opĂ©ration du programme de gestion des revenus pĂ©troliers. L'expĂ©rience montre par ailleurs qu'on apprend vraiment en faisant.       |