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La Banque présente son nouveau plan mondial de lutte contre le paludisme

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Washington, le 24 avril 2005 — la Banque mondiale participe aujourd’hui Ă  la JournĂ©e africaine du paludisme en lançant une nouvelle stratĂ©gie d’envergure mondiale pour aider les pays en dĂ©veloppement Ă  progresser plus rapidement dans leur lutte contre le paludisme. Ce flĂ©au, qui sĂ©vit depuis des siĂšcles, tue encore plus d’un million de personnes chaque annĂ©e, pour la plupart des enfants ĂągĂ©s de moins de cinq ans, et freine la croissance Ă©conomique dans les pays les plus touchĂ©s.

Forte d’une base de connaissances acquises le monde entier et des succĂšs rĂ©cemment remportĂ©s dans le cadre de la lutte antipaludique au BrĂ©sil, en ÉrythrĂ©e, en Inde et au Viet Nam, la Banque, fait valoir que la StratĂ©gie mondiale et le Programme renforcĂ© qu’elle vient de lancer rĂ©pondent Ă  « la nĂ©cessitĂ© d’une action dĂ©cisive de grande envergure pour obtenir des rĂ©sultats » et pour contrebalancer ce qu’elle considĂšre ĂȘtre « l’insuffisance des efforts mondiaux de lutte contre le paludisme et l’envergure limitĂ©e des efforts actuellement dĂ©ployĂ©s par la Banque par rapport Ă  ce qu’elle pourrait faire ».

ConsidĂ©rant la demande initiale des pays souhaitant recevoir un appui plus important pour lutter contre le paludisme, la Banque a posĂ© en hypothĂšse de travail qu’il serait possible d’engager au total entre 500 millions et un milliard de dollars au cours des cinq prochaines annĂ©es, compte tenu des cofinancements que la Banque attend de ses partenaires.

La Banque mobilisera ses propres ressources financiĂšres et techniques ainsi que celles de la communautĂ© de dĂ©veloppement et du secteur privĂ© pour Ă©largir l’accĂšs Ă  des moyens de prĂ©vention (comme la gestion intĂ©grĂ©e des vecteurs) et Ă  des traitements, et pour amĂ©liorer les systĂšmes sur lesquels cet accĂšs repose de maniĂšre Ă  assurer la viabilitĂ© des efforts. Ces derniers permettront d’accroĂźtre la disponibilitĂ© de moustiquaires imprĂ©gnĂ©es d’insecticides, de mĂ©dicaments antipaludĂ©ens et d’autres produits ; d’aider les pays Ă  abaisser les taxes et droits de douane frappant ces articles ; d’amĂ©liorer et d’inscrire dans la durĂ©e la lutte antipaludique menĂ©e par les pouvoirs publics et des groupes de la sociĂ©tĂ© civile ; et de forger des partenariats public-privĂ© aux fins de la conception, de la gestion et de l’évaluation des programmes. Ce faisant, la Banque utilisera les avantages comparatifs dont elle dispose au plan des Ă©tudes plurisectorielles, de l’analyse des politiques, des financements Ă  moyen et long terme, de ses capacitĂ©s d’organisation de rencontres et de l’exĂ©cution des programmes pour aider les pays Ă  obtenir des rĂ©sultats.

« Dans de nombreux pays, il est absolument crucial de lutter contre le paludisme pour rĂ©duire le nombre effroyable de mĂšres et d’enfants qui meurent chaque annĂ©e de cette maladie Ă©vitable et guĂ©rissable » explique Jean-Louis Sarbib, Premier Vice-prĂ©sident de la Banque mondiale pour le dĂ©veloppement humain. « GrĂące Ă  cette stratĂ©gie mondiale, nous nous rĂ©engageons Ă  poursuivre un effort important et soutenu contre le paludisme. Un effort qui contribuera Ă  rĂ©duire les souffrances humaines, un effort qui aura un impact positif sur la croissance Ă©conomique. »

M. Sarbib note que le paludisme Ă©rode la croissance Ă©conomique ; par exemple, lorsque les adultes sont trĂšs affaiblis par la maladie, ils ne peuvent plus travailler pour gagner leur vie. Le systĂšme scolaire est lui aussi perturbĂ© lorsque les enfants sont trop malades pour aller Ă  l’école ou lorsque les enseignants sont absents pour des raisons associĂ©es au paludisme.

L’Afrique subsaharienne est la rĂ©gion la plus touchĂ©e par le paludisme.

Bien que le paludisme sĂ©visse dans plus d’une centaine de pays du monde entier, l’Afrique est la rĂ©gion la plus touchĂ©e ; elle compte au moins 85 % du nombre total des dĂ©cĂšs liĂ©s au paludisme, contre 8 % pour l’Asie du Sud-Est, 5 % pour la rĂ©gion de la MĂ©diterranĂ©e orientale, 1 % pour le Pacifique de l’Ouest, et 0,1 % pour les AmĂ©riques. Plus de 500 millions de nouveaux cas se dĂ©clarent chaque annĂ©e dans le monde entier ; une Ă©tude rĂ©cente cite mĂȘme le chiffre de 515 millions de nouveaux cas de paludisme causĂ©s par une espĂšce de parasite particuliĂšrement virulente, le plasmodium falciparum, et ce rien qu’en 2002.

« En cette JournĂ©e africaine du paludisme, nous espĂ©rons que cette nouvelle stratĂ©gie de lutte contre le paludisme incitera les bailleurs de fond de secteur public et du secteur privĂ© Ă  suivre l’exemple de la Banque et Ă  « renforcer » leurs financements pour mieux lutter contre cette maladie en Afrique et ailleurs » a indiquĂ© Gobind Nankani, Vice-prĂ©sident de la Banque mondiale pour la rĂ©gion Afrique et membre du ComitĂ© directeur de la Banque pour le Programme renforcĂ©. « Si un nombre suffisant de nouveaux partenaires vient se joindre Ă  nous et Ă  ceux qui opĂšrent dĂ©jĂ  sur le terrain, pour accroĂźtre les financements accordĂ©s Ă  des programmes de lutte antipaludique efficaces et basĂ©s sur les rĂ©sultats, il se peut que nous arrivions Ă  combler l’important dĂ©ficit de financement auquel la plupart des pays africains continuent d’ĂȘtre confrontĂ©s lorsqu’ils combattent Ă  cette terrible maladie. »

La nouvelle stratĂ©gie de la Banque fait valoir que, en Tanzanie, par exemple, lorsque le taux d’utilisation de moustiquaires imprĂ©gnĂ©es d’insecticides pour les nourrissons est passĂ© de 10 % Ă  plus de 50 %, le taux de survie des enfants a augmentĂ© de 27 % et les cas d’anĂ©mie ont diminuĂ© de 63 %. En Ouganda, oĂč la proportion des mĂ©nages qui ont au moins une moustiquaire imprĂ©gnĂ©e ne dĂ©passe pas 15 %, le caractĂšre impĂ©ratif de la lutte contre le paludisme se fait sentir de maniĂšre plus pressante. De nombreux autres pays, notamment la RĂ©publique du BĂ©nin, le Burkina Faso, la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo, l’ÉrythrĂ©e, le Ghana, le Kenya, le Mali, le Mozambique, le NigĂ©ria, l’Ouganda, le SĂ©nĂ©gal, le Soudan et la Tanzanie, ont fait part, officiellement ou officieusement, de leurs besoins en ce domaine. En rĂ©ponse aux demandes des pays et en collaboration avec les institutions du partenariat « Pour faire reculer le paludisme » (RBM), la Banque se prĂ©pare Ă  accroĂźtre son appui au BĂ©nin, Ă  la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo, Ă  l’ÉrythrĂ©e et Ă  la Zambie.

Selon M. Nankani, les pays africains ont fait d’importants progrĂšs dans la lutte contre le flĂ©au du paludisme, avec l’appui d’institutions comme l’OMS, l’Unicef, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, et le Partenariat RBM ainsi que plusieurs organismes bilatĂ©raux et pays de l’OCDE, « mais ces progrĂšs sont trĂšs loin d’ĂȘtre suffisants. »

M. Nankani espĂšre par ailleurs que le renforcement de l’effort de la Banque aura pour effet de raviver l’intĂ©rĂȘt de la communautĂ© internationale aux fins de procurer aux familles africaines des quantitĂ©s suffisantes de mĂ©dicaments antipaludĂ©ens appropriĂ©s, en particulier des associations mĂ©dicamenteuses comportant de l’artĂ©misine (ACT), et aussi d’investir dans la recherche pour trouver des mĂ©thodes de prĂ©vention et de traitement du paludisme plus efficaces, notamment de nouveaux mĂ©dicaments contre lesquels les parasites du paludisme n’ont pas dĂ©veloppĂ© de rĂ©sistance. Il espĂšre aussi que ces efforts dĂ©boucheront sur un vaccin efficace contre le paludisme.

La pharmacorésistance des parasites est préoccupante.

Il est d’autant plus important d’utiliser des ACT que l’on a pu noter une rĂ©surgence du paludisme ; en effet le plasmodium falciparum, c’est-Ă -dire le parasite qui cause la forme la plus grave de paludisme, semble maintenant rĂ©sister aux traitements antipaludĂ©ens de premiĂšre intention traditionnels telle que la chloroquine et la sulfadoxine pyrimethamine (Fansidar). Face Ă  cette rĂ©sistance croissante aux traitements de premiĂšre intention, les pays ont entrepris de revoir leurs politiques mĂ©dicamenteuses et d’explorer la possibilitĂ© d’utiliser d’autres traitements antipaludĂ©ens.

On a pu constater dans certaines rĂ©gions de l’Asie du Sud-Est que les associations mĂ©dicamenteuses Ă  base d’artĂ©misine permettent de soigner le paludisme et d’enrayer la propagation d’un paludisme rĂ©sistant aux mĂ©dicaments. Toutefois, les ACT coĂ»tent environ un Ă  deux dollars la dose par traitement et sont donc de 10 Ă  20 fois plus chĂšres que les traitements Ă  la chloroquine qui sont, quant Ă  eux, de moins en moins actifs, pour autant qu’ils le soient encore. De rĂ©cents rapports mentionnent l’éventualitĂ© d’une crise biomĂ©dicale. Par exemple, Ă©tant donnĂ© que les associations Ă  base d’artĂ©misine sont les seuls mĂ©dicaments antipaludĂ©ens de premiĂšre intention qui peuvent ĂȘtre utilisĂ©s de maniĂšre gĂ©nĂ©ralisĂ©e et qui donnent encore des rĂ©sultats contre les parasites rĂ©sistant Ă  la chloroquine, le nombre de victimes du paludisme pourrait encore augmenter dans le cas de l’apparition et de la propagation d’une rĂ©sistance Ă  l’artĂ©misine. Il convient donc de rĂ©soudre un double problĂšme : faciliter la gĂ©nĂ©ralisation du traitement Ă  l’artĂ©misine lorsque cela est appropriĂ© tout en prĂ©servant son efficacitĂ© aussi longtemps que possible.

Le paludisme est également une question prioritaire en Asie du Sud

Si les pays africains assument l’essentiel de la charge imposĂ©e par le paludisme dans le monde entier, d’autre pays, en Asie du Sud, souffrent Ă©galement des rĂ©percussions sociales et Ă©conomiques de cette maladie. Selon l’Organisation mondiale de la santĂ©, en 2002, 3 millions de nouveaux cas de paludisme se sont dĂ©clarĂ©s en Afghanistan, les foyers les plus importants se trouvant dans les rĂ©gions frontaliĂšres oĂč ont fuit les rĂ©fugiĂ©s par suite des conflits politiques. Dans diffĂ©rents pays d’Asie du Sud, des groupes de population isolĂ©s qui n’ont guĂšre, sinon aucun, accĂšs Ă  des soins de santĂ©, souffrent aussi de maniĂšre disproportionnĂ©e des ravages du paludisme.

L’Inde, en revanche, a eu plus de succĂšs dans sa lutte antipaludique. En 2002- 2003, elle a rĂ©ussi Ă  considĂ©rablement rĂ©duire la morbiditĂ© associĂ©e au paludisme dans les États de Gujarat (58 %), de Mararashtra (98 %) et du Rajasthan (79 %) grĂące aux efforts qu’elle dĂ©ployĂ©s, et notamment le projet de lutte antipaludique auquel la Banque mondiale a fourni son appui.

« L’un des plus bel exemple de rĂ©ussite des 30 derniĂšres annĂ©es est la rĂ©duction de 85 % de l’incidence du paludisme en Asie du Sud » a expliquĂ© Praful Patel, Vice- prĂ©sident pour la rĂ©gion Asie du Sud et membre du ComitĂ© directeur de la Banque pour le programme renforcĂ©. « Le paludisme continue toutefois d’ĂȘtre un fardeau accablant et il importe de lui accorder davantage d’attention. L’Inde, par exemple, a enregistrĂ© 1,7 millions de cas de paludisme l’annĂ©e derniĂšre, qui pour la moitiĂ© Ă©tait due aux agents pathogĂšnes les plus mortels. Il nous faut absolument accroĂźtre notre assistance dans toute la rĂ©gion pour pouvoir faire des progrĂšs plus rapides que ces derniĂšres annĂ©es. »

M. Patel note que la Banque fournit son appui Ă  l’Inde depuis 1997 par le biais d’un crĂ©dit de 165 millions de dollars au titre de la lutte contre le paludisme, et qu’elle est en train de planifier un nouveau projet axĂ© sur les maladies Ă  vecteur qui donnera lieu Ă  un financement de 200 millions de dollars sur les cinq prochaines annĂ©es. Une aide est aussi fournie Ă  d’autres pays, notamment le Pakistan, le Bangladesh, Sri Lanka et l’Afghanistan dans le cadre des opĂ©rations en cours dans le secteur de la santĂ© mais il faudra trouver le moyen de poursuivre les efforts sur une plus grande Ă©chelle et d’obtenir des rĂ©sultats plus largement rĂ©partis dans ces pays.

Les leçons tirĂ©es de l’expĂ©rience

La nouvelle stratĂ©gie de lutte contre le paludisme reconnaĂźt que, si la Banque mondiale compte parmi les principaux responsables des succĂšs rĂ©cemment obtenus dans le cadre de la lutte antipaludique, notamment au BrĂ©sil, en ÉrythrĂ©e, dans certaines rĂ©gions de l’Inde, et au Viet Nam, et qu’elle a cofinancĂ© et appuyĂ© le partenariat mondial « Pour faire reculer le paludisme », ses activitĂ©s, bien qu’utiles, n’ont pas suffi pour assurer un succĂšs sur une plus grande Ă©chelle. Les efforts de l’institution ont Ă©tĂ© considĂ©rablement entravĂ©s par un manque de ressources humaines et financiĂšres. Comme en tĂ©moigne la nouvelle approche retenue, maintenant qu’elle a tirĂ© les leçons des cinq derniĂšres annĂ©es, la Banque sait que « il faudra poursuivre une dĂ©marche diffĂ©rente et plus rĂ©solue pour rĂ©ussir. »

La stratĂ©gie bĂ©nĂ©ficie d’un appui gĂ©nĂ©ralisĂ©

La Banque mondiale sait que sa nouvelle dĂ©marche de lutte antipaludique de portĂ©e mondiale a fait l’objet de nombreux examens et qu’elle bĂ©nĂ©ficie d’une approbation gĂ©nĂ©rale. De nombreux responsables nationaux, Ă©valuateurs-experts, collĂšgues du SecrĂ©tariat du partenariat RBM et un groupe de services de conseil extĂ©rieur ont fait part de commentaires formulĂ©s dans l’optique de clients, fourni des informations techniques, procĂ©dĂ© Ă  des examens critiques et formulĂ© d’utiles suggestions. Le Service Pour faire reculer le paludisme de l’Organisation mondiale de la santĂ© a communiquĂ© des donnĂ©es sur la dĂ©claration des cas de paludisme et le champ d’application des grandes interventions.

La nouvelle stratĂ©gie de la Banque et son programme renforcĂ© sont les bienvenus au moment oĂč un dynamisme general pour faire reculer le paludisme est en train de s'etablir rapidement, estime le Dr. Awa Coll-Seck, SecrĂ©taire ExĂ©cutive du Partenariat Pour Faire Reculer le Paludisme et ancien Ministre de la SantĂ© du SĂ©nĂ©gal.  "L'approche consultative Ă©tait trĂšs bonne et en accord avec les efforts du Partenariat  Pour Faire Reculer le Paludisme.  Le monde a besoin d'une Banque mondiale activement engagĂ©e dans le contrĂŽle du palusidme.  Ensemble, nous pouvons faire une grande diffĂ©rence.

La Banque a Ă©galement profitĂ© des consultations tenues avec des organismes partenaires, entre autres l’OMS, l’Unicef, le projet MACEPA (financĂ© par la Fondation Bill and Melinda Gates ), Exxon Mobil Corporation, Medecines for Malaria Ventures (MMV), la Fondation des Nations unies et des organismes bilatĂ©raux tels que USAID et des ONG. À l’avenir, la Banque poursuivra ses efforts et son appui dans le cadre gĂ©nĂ©ral du partenariat RBM, dont elle est membre fondateur et bailleur de fonds.


La stratĂ©gie mondiale de la Banque est disponible en ligne Ă  l’adresse
www.worldbank.org/malaria

Pour de plus amples informations sur les activitĂ©s de la Banque concernant le paludisme et d’autres maladies transmissibles, se rendre Ă  l’adresse:
http://www.worldbank.org/hnp




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