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Changement climatique et énergie propre

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Expert de la Banque mondiale :
Warren Evans (a)

APERÇU

  • S’attaquer au problĂšme du changement climatique est essentiel pour atteindre les objectifs de rĂ©duction de la pauvretĂ© et de dĂ©veloppement.

  • Les pays les plus pauvres risquent d’ĂȘtre les premiĂšres et les principales victimes des consĂ©quences du changement climatique.

  • Une rĂ©ponse efficace doit passer Ă  la fois par une attĂ©nuation des Ă©missions de gaz Ă  effet de serre (afin d’éviter l’ingĂ©rable) et par un processus d’adaptation aux niveaux rĂ©gional, national et local (afin de gĂ©rer l’inĂ©vitable).

  • On ne doit pas laisser le changement climatique entraver ou ralentir les progrĂšs Ă©conomiques des pays en dĂ©veloppement. Le dĂ©fi est donc double : il faut diminuer les Ă©missions de carbone Ă  l’échelle mondiale, tout en rĂ©pondant aux besoins Ă©nergĂ©tiques des populations dĂ©munies.

  • Le Groupe de la Banque mondiale s’efforce de favoriser l’accĂšs des pays pauvres aux financements consentis Ă  des conditions privilĂ©giĂ©es ainsi qu’aux technologies adĂ©quates, pour les aider Ă  faire face au changement climatique tout en maintenant le cap sur la croissance Ă©conomique, la rĂ©duction de la pauvretĂ© et les objectifs de dĂ©veloppement pour le MillĂ©naire (ODM).

Les plus pauvres sont les plus touchés

Les pays en dĂ©veloppement sont plus vulnĂ©rables au changement climatique que les pays riches, et les populations dĂ©munies sont davantage exposĂ©es aux ravages de plus en plus importants causĂ©s par les phĂ©nomĂšnes climatiques extrĂȘmes (inondations, sĂ©cheresses, tempĂȘtes). De plus, on s’attend Ă  ce que les changements climatiques rĂ©sultant de l’activitĂ© humaine aient de multiples consĂ©quences : accentuation de la variabilitĂ© du climat, diminution de la productivitĂ© agricole et augmentation de l’incidence du paludisme, de la dengue et d’autres maladies vectorielles dans les rĂ©gions tropicales et subtropicales ; rĂ©duction aggravĂ©e de la quantitĂ© et de la qualitĂ© de l’eau dans la plupart des rĂ©gions arides et semi-arides ; dĂ©gradation des Ă©cosystĂšmes et Ă©rosion de leur biodiversitĂ©. L’élĂ©vation du niveau des eaux, associĂ©e Ă  une hausse prĂ©vue des tempĂ©ratures, pourrait en outre conduire au dĂ©placement de plusieurs millions de personnes vivant dans des zones de faible altitude, telles que le delta du Gange ou du Nil, et menacer l’existence mĂȘme de petits États insulaires.

Cadre stratégique pour le changement climatique et le développement

Au cours de la pĂ©riode 2005-2007, la Banque mondiale, en collaboration avec d’autres banques multilatĂ©rales de dĂ©veloppement (BMD), a Ă©laborĂ© et mis en place le Cadre d’investissement pour les Ă©nergies propres (CEIF), avec pour triple objectif d’aider les pays en dĂ©veloppement Ă  : i) renforcer leur accĂšs Ă  l’énergie, particuliĂšrement en Afrique subsaharienne ; ii) entreprendre des actions visant Ă  favoriser une croissance Ă  faible intensitĂ© de carbone ; iii) s’adapter Ă  la variabilitĂ© et au changement du climat.

À l’occasion des AssemblĂ©es annuelles 2007 (pdf) de la Banque mondiale et du FMI, le ComitĂ© du dĂ©veloppement a saluĂ© les progrĂšs rĂ©alisĂ©s au cours de la mise en Ɠuvre de ce programme, et a appelĂ© la direction de la Banque Ă  formuler un cadre stratĂ©gique complet pour orienter les actions du Groupe de la Banque mondiale dans le domaine du changement climatique, tout en mettant l’accent sur la lutte contre la pauvretĂ©. Un an plus tard, lors des AssemblĂ©es annuelles 2008, le Cadre stratĂ©gique pour le changement climatique et le dĂ©veloppement (SFCCD) a Ă©tĂ© approuvĂ© par le ComitĂ© du dĂ©veloppement. Ce cadre a Ă©te Ă©laborĂ© Ă  partir de consultations approfondies impliquant un large panel d’acteurs. Il vise Ă  mieux comprendre les interactions entre le dĂ©veloppement et le changement climatique, l’attĂ©nuation de ses effets et les efforts d’adaptation nĂ©cessaires, tout en intĂ©grant ces facteurs dans le travail du Groupe de la Banque mondiale .

Ce cadre permet au Groupe de la Banque mondiale, en s’appuyant sur ses missions et ses compĂ©tences, d’amĂ©liorer l’efficacitĂ© et les rĂ©sultats du soutien apportĂ© aux pays en dĂ©veloppement, Ă  l’heure oĂč les efforts consacrĂ©s au dĂ©veloppement et Ă  la rĂ©duction de la pauvretĂ© sont restreints et menacĂ©s par les coĂ»ts et les risques supplĂ©mentaires induits par le changement climatique. Parce qu’il est essentiel de soutenir et de renforcer les avancĂ©es rĂ©alisĂ©es en matiĂšre de dĂ©veloppement, l’adaptation au changement et Ă  la variabilitĂ© du climat sera placĂ©e au cƓur du soutien apportĂ© par le Groupe de la Banque mondiale aux pays en dĂ©veloppement.

Il convient de souligner que les ressources allouĂ©es ne seront pas dĂ©tournĂ©es du financement des besoins fondamentaux en matiĂšre de dĂ©veloppement. L’accĂšs Ă  l’énergie restera un dossier prioritaire pour le Groupe de la Banque mondiale, qui sera traitĂ© dans le cadre du Plan d’action pour une infrastructure durable, du Plan d’action pour l’Afrique et de la future StratĂ©gie sectorielle de l’énergie. Le Groupe de la Banque mondiale s’attachera Ă  aider ses clients Ă  acquĂ©rir des ressources financiĂšres supplĂ©mentaires ainsi que des technologies, une assistance technique et des connaissances leur permettant de s’adapter aux phĂ©nomĂšnes climatiques et de les attĂ©nuer, et Ă  utiliser au mieux ces moyens dans le cadre de programmes de dĂ©veloppement nationaux, rĂ©gionaux et locaux.

  • Le Cadre stratĂ©gique pour le changement climatique et le dĂ©veloppement s’articule autour de six axes d’intervention :
  1. soutenir les actions concernant le climat dans les processus de développement déployés par les pays ;
  2. mobiliser davantage de financements innovants et obtenus à des conditions privilégiées ;
  3. faciliter le développement de mécanismes financiers aux conditions du marché ;
  4. lever des ressources auprÚs du secteur privé ;
  5. favoriser le développement et le déploiement accélérés de nouvelles technologies ;
  6. favoriser les efforts de recherche en matiÚre de politique sectorielle, la production de connaissances et le développement des capacités.

Ce Cadre a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ© Ă  partir de consultations approfondies avec les parties prenantes, notamment les pays en dĂ©veloppement clients, les partenaires de l’aide au dĂ©veloppement (agences des Nations Unies, banques rĂ©gionales de dĂ©veloppement, donateurs bilatĂ©raux), le secteur privĂ© et la sociĂ©tĂ© civile. Il permet d’articuler le travail du Groupe de la Banque mondiale, dont l’approche consiste essentiellement Ă  soutenir le dĂ©veloppement durable et la rĂ©duction de la pauvretĂ© dans un contexte nouveau, celui du changement climatique, dont les consĂ©quences sur le dĂ©veloppement appellent une action Ă  l’échelle mondiale.

Un impĂ©ratif : accroĂźtre l’accĂšs Ă  l’énergie

Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les besoins annuels d’investissement en matiĂšre Ă©nergĂ©tique des pays en dĂ©veloppement se chiffrent autour de 450 milliards de dollars pour les 25 prochaines annĂ©es. Les ressources d’ores et dĂ©jĂ  identifiables ne couvrent qu’environ 60 % de ce montant, et des dizaines de milliards de dollars seront nĂ©cessaires chaque annĂ©e pour faire face au surcoĂ»t liĂ© Ă  la transition vers une Ă©conomie Ă  faibles Ă©missions de CO2. En mars 2007, la Banque mondiale a dĂ©fini les objectifs suivants :

  • Faire passer le taux d’accĂšs Ă  l’électricitĂ© en Afrique subsaharienne d’environ 25% Ă  35 % d’ici 2015, et Ă  47 % Ă  l’horizon 2030.
  • RĂ©duire les Ă©missions de gaz Ă  effet de serre (GES) induites par les pratiques actuelles, en accordant davantage de prĂȘts pour financer des projets d’énergie propre.
  • Mettre Ă  l’essai des instruments faisant en sorte que l’adaptation au changement climatique devienne une partie intĂ©grante du processus de dĂ©veloppement.

Par ailleurs, des Ă©tudes de cas-pays portant sur la rĂ©duction des Ă©missions de CO2, destinĂ©es Ă  Ă©tudier les possibilitĂ©s d’un dĂ©veloppement Ă  faible intensitĂ© de carbone, sont actuellement en cours de rĂ©alisation en Inde, au Mexique, au BrĂ©sil, en Afrique du Sud et en IndonĂ©sie.

 

Les Fonds d’investissements climatiques 

  • Les Fonds d’investissements climatiques (FIC), dont la crĂ©ation a Ă©tĂ© approuvĂ©e par le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale le 1er juillet 2008, centralisent les efforts fournis par les Banques multilatĂ©rales de dĂ©veloppement (BMD) et les pays membres, en vue de combler les lacunes en matiĂšre de financement et d’éducation en attendant un prochain accord mondial sur le changement climatique, post-2012. Le 26 septembre 2008, les pays donateurs se sont engagĂ©s Ă  verser aux Fonds, sur une pĂ©riode de trois ans, des contributions supĂ©rieures Ă  six milliards de dollars. Les ressources fournies par les FIC, sous forme de dons et de financements concessionnels, viendront s’ajouter Ă  celles de l’aide publique au dĂ©veloppement (APD), afin que les pays puissent maintenir le cap du dĂ©veloppement et atteindre les objectifs de dĂ©veloppement pour le MillĂ©naire. Une panoplie d’instruments financiers sera utilisĂ©e dans le cadre d’une approche personnalisĂ©e visant Ă  maximiser l’impact produit dans un pays donnĂ©.

  • Les FIC sont composĂ©s de deux fonds distincts, qui forment ainsi une structure d’ensemble permettant l’obtention souple et rapide de financements Ă  conditions privilĂ©giĂ©es, destinĂ©s aux activitĂ©s favorisant le dĂ©veloppement d’une croissance Ă  faible intensitĂ© de carbone et de capacitĂ©s de rĂ©sistance aux changements climatiques :

Le Fonds pour les technologies propres accĂ©lĂšrera la transition vers un mode de croissance Ă  faible intensitĂ© de carbone, en recourant Ă  des pratiques de rĂ©duction des Ă©missions de gaz Ă  effet de serre efficaces et rentables. L’innovation en matiĂšre de technologies propres ainsi que leur mise en Ɠuvre adaptĂ©e aux besoins seront les clĂ©s de la rĂ©ussite de ces initiatives.

Le Fonds climatique d’investissement stratĂ©gique comportera plusieurs programmes ciblĂ©s, qui seront dotĂ©s de financements spĂ©cifiques permettant de mettre Ă  l’essai de nouvelles approches susceptibles d’ĂȘtre gĂ©nĂ©ralisĂ©es.

Le Programme pilote pour la rĂ©sistance aux chocs climatiques (Pilot Program for Climate Resilience) sera le premier programme entrepris dans le cadre du Fonds climatique d’investissement stratĂ©gique. Son rĂŽle consistera, en s’appuyant sur les Plans d’action nationaux d’adaptation (PANA), Ă  rechercher comment intĂ©grer la rĂ©sistance aux chocs climatiques dans la planification et la prĂ©paration des budgets liĂ©es au dĂ©veloppement. Ce programme sera alignĂ© de façon stratĂ©gique sur le Fonds d’adaptation, Ă©tabli par le Protocole de Kyoto, et y sera Ă©troitement liĂ©. Par ailleurs, le Programme d’investissement pour la forĂȘt (FIP) et le Programme de dĂ©veloppement accĂ©lĂ©rĂ© des Ă©nergies renouvelables (SREP) sont actuellement en cours d’élaboration.

Partenariat mondial pour la réduction des gaz torchés  

Dans le cadre du Partenariat mondial pour la rĂ©duction des gaz torchĂ©s, le Groupe de la Banque mondiale aide les pays producteurs de pĂ©trole et les compagnies pĂ©troliĂšres Ă  faire un usage accru des gaz naturels qui, autrement, seraient torchĂ©s ou relĂąchĂ©s dans l’atmosphĂšre et nuiraient ainsi Ă  l’environnement. D’aprĂšs les estimations de ce partenariat, quelque 150 milliards de mĂštres cubes de gaz sont brĂ»lĂ©s Ă  la torche chaque annĂ©e (soit environ 30 % de la consommation annuelle de gaz de l’Union europĂ©enne, et 25 % de celle des États-Unis), rejetant ainsi quelque 400 millions de tonnes de CO2 dans l’atmosphĂšre. À l’heure actuelle, le Groupe de la Banque mondiale s’attĂšle activement Ă  la prĂ©paration de huit projets dans cinq pays afin de remĂ©dier Ă  ce problĂšme.

Évaluer les risques climatiques et les Ă©missions de gaz Ă  effet de serre au sein du portefeuille de la Banque mondiale

Le Groupe de la Banque mondiale accordera une attention particuliĂšre au renforcement des capacitĂ©s d’adaptation et de rĂ©sistance des Ă©conomies et des populations des pays en dĂ©veloppement face Ă  l’augmentation des risques climatiques. Le processus d’adaptation impliquera la mise en place d’infrastructures plus solides, de mesures de prĂ©paration et de secours de plus grande envergure en cas de catastrophe, et de nouvelles technologies et pratiques agricoles permettant d’affronter des risques climatiques accrus. Par exemple, le Groupe de la Banque mondiale renforcera l’efficacitĂ© de ses activitĂ©s en examinant les risques climatiques liĂ©s aux investissements importants Ă  long terme dans les secteurs de l’eau et de l’hydroĂ©lectricitĂ©. Il facilitera Ă©galement le dĂ©veloppement d’applications sur mesure de produits d’assurance adaptĂ©s aux risques climatiques.

Dans le but d’amĂ©liorer les connaissances, les capacitĂ©s et l’accĂšs aux financements climatiques supplĂ©mentaires, le Groupe de la Banque mondiale dĂ©veloppe pour ses projets des mĂ©thodes d’analyse des risques climatiques et des Ă©missions de GES. Les projets menĂ©s dans le cadre du Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et du marchĂ© du carbone ont d’ores et dĂ©jĂ  recours Ă  certains de ces instruments, notamment ceux servant Ă  rendre compte des Ă©missions de GES et Ă  les Ă©valuer. Par la suite, leur utilisation sera Ă©tendue Ă  un Ă©ventail de projets plus large, Ă  des fins informatives et Ă©ducatives. Par ailleurs, la Banque sĂ©lectionnera des projets pilotes en fonction de la demande, et travaillera en Ă©troite collaboration avec ses clients et les institutions locales.

Efforts en interne

En 2006, le Groupe de la Banque mondiale a affichĂ© un bilan neutre en carbone – une premiĂšre pour une banque multilatĂ©rale de dĂ©veloppement. Cela s’applique Ă©galement aux installations de son siĂšge Ă  Washington, aux dĂ©placements de son personnel, aux Ă©tablissements accueillant ses confĂ©rences ainsi qu’aux dispositions de voyage et d’hĂ©bergement prises Ă  l’occasion des AssemblĂ©es annuelles et des RĂ©unions de printemps. Ce bilan est le fruit d’une stratĂ©gie alliant rĂ©duction de la consommation et utilisation rationnelle de l’énergie, compensation des Ă©missions de carbone et achat d’électricitĂ© verte. Le Groupe de la Banque mondiale s’est Ă©galement engagĂ© Ă  rĂ©duire ses Ă©missions annuelles de carbone de 7 % d’ici Ă  2011 pour ses activitĂ©s exercĂ©es aux États-Unis. D’aprĂšs Calvert Funds, sociĂ©tĂ© leader du secteur des investissements responsables, les obligations de la Banque mondiale peuvent prĂ©tendre au label d’investissements socialement et Ă©cologiquement responsables. Le Groupe de la Banque mondiale continue de dĂ©velopper de nouveaux produits obligataires destinĂ©s aux investisseurs qui se prĂ©occupent de l’impact social et environnemental de leurs placements.

Pour en savoir plus sur l’action de la Banque mondiale vis-à-vis du changement climatique, veuillez consulter le site :
www.worldbank.org/climatechange (a)

Contacts médias:
Roger Morier : [+1] 202 473 5675
Courriel : rmorier@worldbank.org

Robert Bisset : [+1] 202 458 5191
Courriel : rbisset@worldbank.org 

Jeff Brez : [+1] 202 458 7628
Courriel : jbrez@worldbank.org

Mis Ă  jour en septembre 2009




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