APERÇU: - L’agriculture constitue l’activité principale de 75 % des populations pauvres et rurales.
- Au XXIe siècle, l’agriculture reste un instrument fondamental de croissance économique, de réduction de la pauvreté et de la faim, particulièrement en Afrique.
Au cours de l’exercice 2007, la Banque a de nouveau accru ses investissements dans le programme opérationnel national relatif à l’agriculture et au développement rural. Ceux-ci ont atteint la somme de 3,1 milliards de dollars, principalement versés en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne.
Au cours de la même période, les investissements de la Banque en faveur de l’agriculture et du développement rural ont augmenté pour la quatrième année consécutive, passant de 3 milliards de dollars durant l’exercice 2006 à 3,2 milliards de dollars en 2007 (soit 12 % de la totalité des prêts de la Banque). L’Asie du Sud est le principal destinataire de cette augmentation, où les prêts de la Banque ont quasiment doublé (de 670 millions de dollars pour l’exercice 2006 à 1,2 milliard de dollars pour l’exercice 2007). Au cours de la même année, les prêts octroyés à l’Afrique subsaharienne ont également augmenté, passant de 550 à 580 millions de dollars. Activités phares de l’exercice 2008 pour le programme relatif à l’agriculture et au développement rural de la Banque mondiale
« Nous travaillerons de concert avec les pays, particulièrement avec ceux d’Afrique, et avec nos institutions partenaires de manière à tirer parti de l’opportunité que représente la hausse de la demande en produits alimentaires. Notre Rapport sur le développement dans le monde 2008 sur l’agriculture au service du développement montre la voie à suivre. Nous pouvons contribuer à créer une « révolution verte » en Afrique subsaharienne en aidant les pays à accroître leur productivité tout au long de la chaîne de valeur agricole et en aidant les petits exploitants agricoles à briser le cercle de la pauvreté. Nous allons presque doubler le montant des prêts pour l’agriculture que nous accordons en Afrique, montant qui passera de 450 millions à 800 millions de dollars, et nous pouvons aider les pays et les agriculteurs à gérer les risques systémiques en recourant notamment à des produits financiers novateurs pour les protéger de la variabilité du climat et de phénomènes comme la sécheresse. Nous pouvons aussi mettre la technologie et la science à leur service pour accroître les rendements », a déclaré le président de la Banque mondiale, Robert B. Zoellick, le 2 avril 2008. Rapport sur le développement dans le monde 2008 : « L’Agriculture au service du développement ». Au mois d’octobre 2007, la Banque a publié son Rapport sur le développement dans le monde (RDM) 2008. La Banque a mobilisé son personnel pour mettre en œuvre les éléments clés du RDM afin de tirer parti de l’agriculture pour :
a) réduire la pauvreté et stimuler la croissance économique, particulièrement en Afrique ;
b) diminuer les inégalités de revenu entre les régions rurales et urbaines des pays plus urbanisés à revenu intermédiaire ;
c) contribuer à la viabilité de l’environnement. Un groupe de travail multisectoriel et interrégional supervise les efforts de mise en œuvre de ce Rapport, et un effort de promotion particulièrement solide mobilise maintenant plus de 40 pays ; d’autres pays devraient encore s’y ajouter plus tard en 2008. La Plateforme mondiale des donateurs pour le développement rural, qui compte 29 agences donatrices actives dans les domaines de l’agriculture et du développement rural, aide également à promouvoir et à communiquer les messages du RDM sur la nécessité d’une plus grande quantité et qualité d’investissements dans l’agriculture pour le développement.
Changement climatique, agriculture et ressources naturelles. Le changement climatique affecte de façon disproportionnée les pauvres des régions rurales vivant de l’agriculture en raison des risques accrus de mauvaises récoltes, d’infestation d’insectes, de sécheresse, d’inondation, de mortalité du bétail, de destruction des récifs coralliens et de la distribution changeante des ressources de la pêche. Au cours de l’exercice 2008, la Banque mènera des études stratégiques sur la réduction des contributions et l’adaptation à l’impact du changement climatique. Trois études permettront d’examiner l’impact du changement climatique sur l’agriculture et la sécurité alimentaire, les efforts d’adaptation au changement climatique relatifs à l’agriculture et aux ressources naturelles et l’adaptation nécessaire en fonction des systèmes de production fermiers et des paysages. Comme la déforestation représente 20 % des émissions de CO2 dans le monde entier, la collaboration entre la Banque et certains pays visant à trouver des moyens d’éviter la déforestation est particulièrement importante. La Banque soutient un partenariat auquel participent bon nombre d’organisations de la société civile visant à trouver des mécanismes qui permettraient une participation efficace et équitable des communautés rurales aux marchés émergents du Paiement pour services environnementaux (PES). En outre, une étude ultérieure permettra d’examiner la viabilité des biocarburants à base de cellulose International Assessment of Agricultural Science & Technology for Development (Évaluation internationale des sciences et technologies agricoles pour le développement ou IAASTD). L’IAASTD continue de progresser. Cette initiative est co-sponsorisée par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, le Fonds pour l’environnement mondial, le Programme des Nations Unies pour le développement, l’Organisation mondiale de la santé, le Programme des Nations Unies pour l’environnement, l’UNESCO et la Banque mondiale. La dernière réunion plénière intergouvernementale d’évaluation des rapports préliminaires est prévue en avril 2008, après quoi les rapports finaux seront publiés.
Les priorités stratégiques et le programme de travail relatif à l’agriculture et au développement rural de la Banque mondiale pour l’exercice 2008 Politique agricole et rurale. Les politiques internationales et nationales influencent la capacité des pays pauvres à utiliser leur potentiel agricole pour stimuler la croissance et réduire la pauvreté.
- Dépenses gouvernementales en agriculture. La Banque travaille en collaboration avec le ministère du Développement international du Royaume-Uni à l’évaluation des dépenses publiques en agriculture. Des études de cas et des formations seront mises au point afin d’aider les spécialistes à mieux analyser les politiques relatives aux dépenses en agriculture et à fournir de meilleurs conseils dans ce domaine.
- Libéralisation équitable du commerce agricole. Ces vingt dernières années, les exportations agricoles en provenance de pays en voie de développement ont baissé, en partie à cause du protectionnisme dans ce secteur et du montant élevé des subventions agricoles dans les pays riches et pauvres. La Banque continue à analyser et à plaider la cause d’une réforme du commerce agricole mondial. Elle a publié un rapport en deux volumes sur la Réforme du commerce agricole dans les pays en voie de développement, et une étude suivra sur le commerce, la pauvreté et les liens avec l’environnement (en collaboration avec le Fonds mondial pour la nature).
Production agricole. Les changements observés dans le secteur agricole sont causés par une demande changeante de la part des consommateurs, par de meilleures connaissances et par l’utilisation de nouvelles technologies en réponse à de nouvelles opportunités et menaces.
- Soutien à l’innovation. La Banque soutient des systèmes novateurs en vue d’améliorer la productivité agricole. La Banque a en particulier mis l’accent sur la mise en place de plateformes multi-intervenants pour mettre les agriculteurs pauvres en relation avec la génération technologique et avec les opportunités du marché, y compris l’utilisation de technologies de l’information et de communication. Le travail relatif à l’innovation dans le domaine des systèmes agricoles est également étroitement lié à l’éducation supérieure en Afrique.
Pour traiter de la question de l’égalité dans la croissance agricole, la Banque compile actuellement un guide sur L’égalité des sexes dans les modes de vie agricoles. Le Rapport sur le développement dans le monde 2008 a eu pour effet d’accroître l’intérêt porté à l’échelle mondiale au potentiel de la biotechnologie agricole et à sa réglementation. Pour donner suite à ce rapport, la Banque a entamé une évaluation de son travail dans le domaine de la biotechnologie agricole. De plus, la Banque prépare actuellement un diagnostic sur la viabilité de l’aquaculture, le sous-secteur alimentaire qui connaît la croissance la plus rapide à l’échelle mondiale. Ce rapport mettra l’accent sur la nécessité de promouvoir les connaissances relatives à une aquaculture bénéfique aux pauvres et à une bonne gouvernance de l’aquaculture pour répondre aux enjeux environnementaux.
- Gestion de la menace de l’apparition des zoonoses. Le bétail est l’un des secteurs secondaires de l’agriculture dont la croissance est la plus rapide dans les pays en voie de développement. La production de viande a doublé ces 15 dernières années, avec notamment une augmentation annuelle de 7 % pour la volaille. Toutefois, cette croissance n’est pas sans effet sur l’environnement et la santé humaine. La Banque continue de mettre en œuvre différents programmes sous l’égide du Programme mondial de lutte contre la grippe aviaire (GPAI). En partenariat avec la FAO et l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), la Banque a publié un rapport intitulé « Enhancing Control of Highly Pathogenic Avian Influenza through Compensation: Issues and Good Practice » (Amélioration du contrôle de la grippe aviaire hautement pathogène au moyen d’un système de compensations : problèmes et bonnes pratiques) dont le résumé est maintenant disponible en espagnol, en français, en russe et en chinois. La Banque et l’OIE mènent actuellement des études sur la gestion des effets externes en lien avec le bétail, sur le bétail et les voies de réduction de la pauvreté, ainsi que sur le financement des pertes animales épizootiques dans les pays en voie de développement et en transition. Sur demande de la conférence ministérielle sur l’épidémie de grippe aviaire et autres épidémies, la Banque et le Bureau du coordonnateur du système des Nations Unies sur la grippe (UNSIC) élaborent une stratégie qui va au-delà de la grippe aviaire et qui englobe d’autres maladies. Cette stratégie sera présentée lors de la prochaine conférence ministérielle au Caire en octobre 2008.
- De l’eau pour l’agriculture. L’agriculture consomme près de 80 % de l’eau utilisée dans le monde entier. Pour améliorer le rendement des cultures par une meilleure gestion de l’eau, la Banque joue de nouveau un rôle proactif en procédant à des investissements dont les effets devraient se faire sentir sur le plan de l’action gouvernementale, de la technique et de la gouvernance. Le Plan d’action Afrique classe la gestion de l’eau pour l’agriculture parmi les priorités. Les investissements qui habilitent les groupes d’utilisateurs locaux et encouragent les partenariats entre les secteurs publics et privés sont d’une importance capitale pour améliorer la performance de ce secteur secondaire.
Agriculture et marchés ruraux. L’accès aux finances et aux terres ainsi qu’aux marchés d’importation et d’exportation reste un défi à relever pour la plupart des agriculteurs des pays en voie de développement.
- Possession des terres. La hausse des prix des produits alimentaires et le potentiel d’investissements supplémentaires de taille dans les biocarburants ont fait considérablement augmenter la demande en terres et ont entraîné une appréciation continue du prix des terres. Pour veiller à ce que ces tendances contribuent à la réduction de la pauvreté et à une meilleure productivité plutôt qu’à des conflits et à des problèmes sociaux, la Banque, en collaboration avec ses partenaires (FAO, UN-Habitat, agences bilatérales et réseaux d’universitaires et d’ONG) tirent parti des opportunités offertes par les nouvelles technologies (technologies de l’information, télédétection, e-gouvernance) et de la modification des lois sur la propriété terrestre dans bon nombre de pays pour encourager des réformes politiques et institutionnelles.
- Climat d’investissement en milieu rural. Les activités commerciales traditionnelles en zone rurale (l’interdépendance des marchés, l’accès à l’investissement en capital, les services-conseils sur le plan commercial et l’application du droit commercial et des réglementations) jouent un rôle essentiel pour faciliter le développement du secteur privé et améliorer les services. La Banque est en train d’évaluer le climat d’investissement rural dans plusieurs pays et a publié un manuel de formation à l’intention de son personnel pour gérer de telles évaluations sur une échelle plus large.
- Services financiers en milieu rural. L’accès à des services financiers est indispensable si l’on veut développer l’économie rurale et aider les agriculteurs pauvres à se constituer des biens pour être moins vulnérables aux aléas de la vie. La Banque continue d’examiner des façons d’offrir une gamme élargie de services financiers aux pauvres des régions rurales, comme l’illustre le rapport « Providing Financial Services in Rural Areas: A Fresh Look at Financial Cooperatives » (Offrir des services financiers dans les régions rurales : un regard neuf sur les coopératives financières). Dans le cadre d’une autre étude, l’accent est mis sur les questions financières plus générales concernant l’irrigation, le drainage et l’agriculture.
- Gestion des risques liés aux denrées agricoles. Une assurance contre les fluctuations des cours des matières premières et les intempéries climatiques offre aux paysans et aux institutions des pays en voie de développement de meilleurs outils pour faire face à ces menaces et leur permet d’avoir un plus grand accès au crédit. La Banque est en train de mettre en œuvre une deuxième série de tests pilotes, d’études de faisabilité et d’évaluations des instruments de gestion des risques liés au changement climatique au Malawi, en Tanzanie, en Amérique centrale (conjointement avec la Banque interaméricaine de développement), à Madagascar, en Thaïlande, au Viet Nam (conjointement avec la Banque asiatique de développement), au Kenya et en Inde.
- Aide apportée aux agriculteurs pour favoriser leur accès aux marchés. La Banque continue de travailler pour améliorer l’accès des agriculteurs pauvres aux marchés d’importation et d’exportation, et plus particulièrement pour coordonner le développement de la chaîne d’approvisionnement et l’évaluation des risques de la chaîne d’approvisionnement agricole. Il faut également satisfaire les normes sanitaires et phytosanitaires (SPS) nécessaires pour pouvoir accéder aux marchés en soutenant les investissements effectués dans les laboratoires SPS, y compris la publication du rapport « Food Safety and Agricultural Health Management in CIS Countries: Completing the Transition » (Sécurité alimentaire et gestion de la santé agricole dans les pays de la CEI : finalisation de la transition). La productivité agricole dépend également des investissements chez les exploitants qui, à leur tour, dépendent de la stabilité du régime foncier et de l’efficacité des marchés fonciers. Les problèmes en lien avec le régime foncier constituent une autre partie importante du programme de travail de la Banque.
Agriculture et ressources naturelles. La demande accrue en produits alimentaires, en aliments pour animaux et en bioénergie met en péril les ressources d’eau, de terres et de forêts déjà en baisse. Pour faire face à ces demandes de ressources naturelles et aux défis qui les accompagnent, le travail de la Banque met l’accent sur la gestion des ressources durables, y compris les questions de gouvernance. - Amélioration de la pérennité des ressources naturelles. La Banque continue de travailler à l’initiative Gouvernance et police des forêts (FLEG), qui inclut la création d’outils de diagnostic, l’organisation de réunions avec les parties prenantes et la production d’un futur rapport sur l’exploitation forestière pour appuyer la réforme de la gouvernance. La Banque travaille également à l’élaboration d’approches basées sur la richesse pour assurer une gouvernance durable de la pêche dont l’objectif est d’enrayer la perte de 50 milliards de dollars par année en rentes économiques. Une consultation sur la pêche illégale et la corruption a également été organisée.
- Amélioration des pratiques de gestion. La préparatifs vont bon train en vue de la création d’un Partenariat mondial sur les forêts visant à consolider les partenariats actuels et à en conclure de nouveaux, à renforcer les activités de la Banque de le domaine forestier et à trouver de nouvelles manières d’éviter la déforestation. La Banque analyse les bonnes pratiques en matière de gestion des ressources naturelles et a récemment publié un guide pour aider les spécialistes du développement intitulé « Forests Sourcebook: Practical Guidance for Sustaining Forests in Development Cooperation » (Conseils pratiques pour le maintien des forêts dans le cadre de la coopération au développement et pour la gestion des terres et des paysages : un guide). Un autre ouvrage intitulé « Managing Land and Landscapes: a Sourcebook » (Gestion des terres et paysages : un guide) va bientôt paraître. Le Programme pour la pêche (PROFISH) aide les pays à parvenir à un consensus sur les stratégies applicables au secteur de la pêche pour mieux les intégrer dans le cadre d’une planification économique nationale. PROFISH soutient également l’élaboration de projets (actuellement en Mauritanie, au Pérou et en Inde) et effectue aussi du travail d’analyse sur l’empreinte des flottes de pêche, l’impact du changement climatique sur la pêche et l’adaptation au changement climatique dans le secteur de la pêche.
Pour en savoir plus, veuillez visiter le site Internet à l’adresse: www.worldbank.org/rural (a) Mise à jour : mars 2008 Roger Morier : (202) 473-5675 ; Courriel: Rmorier@worldbank.org |