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Des pays fragilisés

Disponible en: العربية, русский, Español

Cette fiche thématique a été mise à jour en anglais. Elle le sera prochainement en français.

En bref

  • L'initiative en faveur des pays à faible revenu et en difficulté, connue sous le sigle anglais « LICUS », concrétise la volonté de la Banque mondiale de s'engager aux côtés d'états fragilisés. Ces derniers ont en commun un ensemble précis de problèmes qui découlent de l'inadéquation de leurs politiques, de la faiblesse de leurs institutions et de leur mauvaise gouvernance.
  • Avec 500 millions d'habitants, ces « pays à faibles revenus et en difficulté » et qui sont concernés par l'initiative « LICUS » risquent de rater les objectifs de développement du millénaire.
  • Les pays auxquels s'adresse l'initiative «LICUS » ont en commun de très bas indicateurs sociaux et économiques. Comparés aux autres pays de la catégorie « pays à faible revenu », leur PIB par habitant atteint à peine la moitié du PIB moyen de cette catégorie, leurs taux de mortalité infantile sont deux fois plus élevés, leurs taux élevé de mortalité dû au paludisme trois fois plus élevé, et leur accès à l'eau potable encore plus difficile).
  • Au niveau géopolitique, trois sur quatre de ces pays à faibles revenus et en difficulté sont le théâtre de conflits majeurs.

Aperçu général
L'initiative « LICUS » de la Banque mondiale en faveur des pays à faible revenu et en difficulté a pour objectif d'aider des pays déjà fragilisé à la combinaison dévastatrice d'une situation de gouvernance catastrophique, de politiques inadéquates et d'institutions défaillantes. Les programmes traditionnels d'aide ont échoué dans ces pays, parce que leurs gouvernements n'ont ni les capacités ni la volonté politique de bien utiliser les ressources financières dont ils disposent pour éradiquer la pauvreté. L'initiative LICUS est aujourd'hui mise en œuvre dans 15 pays, où elle aborde la formulation de stratégies nationales, les réformes institutionnelles et la création de partenariat avec leurs bailleurs de fonds dans la recherche et dans les interventions d'assistance.

Malgré les difficultés, il est crucial de rester aux cotés des pays LICUS pour leur donner une chance d'atteindre leurs objectifs de développement du millénaire. L'enjeu est, en effet, de taille : ils hébergent une population de près de 500 millions d'habitants parmi les plus défavorisés au monde. De ce fait, un désengagement total comporte le risque énorme de perpétuer la pauvreté et d'entraîner une désintégration de l'État.

En 2002, une commission interne de la Banque mondiale consacrée aux LICUS a recommandé un appui plus soutenu de la Banque mondiale et des autres bailleurs de fonds aux pays LICUS. En réponse, l'initiative LICUS a orienté ses interventions sur les axes suivants : (i) fonder les stratégies nationales sur des analyses politico – économiques plus solides, (ii) mobiliser et renforcer les forces vives nationales pour en faire un moteur de changement, (iii) mettre en oeuvre des réformes de base qui soient réalisables, et (iv) rechercher des mécanismes innovateurs pour permettre la prestation des services sociaux essentiels.

L'initiative LICUS exige une coordination très rapprochée des bailleurs de fonds car les pays qui y participent souffrent d'un manque de capacités et de niveaux de ressources très insuffisants. Cette coordination permettra aux bailleurs de fonds d'arriver à un consensus nécessaire sur les principes qui guideront l'assistance et sur les priorités nationales.

Quelles sont les réalisations actuelles à mettre au crédit de l'initiative LICUS ?

Quatorze pays ont bénéficié de travaux pilotes au titre du LICUS (1). Les stratégies pour huit de ces pays ont été discutées au Conseil d'Administration de la Banque mondiale (2). De plus, la Banque travaille en étroite collaboration avec plusieurs pays fragilisés, comme le Cambodge et le Nigeria, où des efforts concertés sont en cours pour réajuster les politiques et renforcer les institutions. Ces pays feront l'objet d'efforts particuliers au cours de l'exercice fiscal 2005. Les stratégies pilotes déjà réalisées ont permis d'identifier plusieurs approches novatrices en matière de re–engagement et de réformes dans un contexte LICUS :

  • Une stratégie axée sur trois fronts, en Angola, pour une plus grande transparence dans la gestion des revenues pétrolières.
  • Une combinaison d'initiatives en amont (dialogues avec les gouvernements, assistance techniques, exposés sur les leçons des programmes de réformes des autres pays), avec une mobilisation des communautés en aval, pour la mise en œuvre des réformes prioritaires, afin de réduire la pauvreté au Tadjikistan.
  • Un appui au renforcement des capacités de leadership au Soudan dans le cadre de la préparation d'une reprise des interventions.
  • Un appui en Somalie aux programmes de lutte conte le VIH / SIDA et mise au point d'un système de certification des exportations.
  • Identification de points de départ possibles pour organiser la reprise en République centrafricaine grâce à une collaboration de tous les bailleurs de fonds à la préparation des études nécessaire à une évaluation conjointe de la situation du pays.
  • Réduction des coûts de transaction dans l'assistance au gouvernement du Cambodge par la préparation d'un plan national pour l'harmonisation et la mise en cohérence des procédures.
  • Etablissement de priorités pour guider les efforts de réforme et de reconstruction en Haïti par la mise au point d'un Cadre intérimaire de collaboration.


Vu la nécessité d'une action beaucoup plus concertée en matière d'appui aux efforts de recouvrements et de réforme dans les pays les plus fragilisés, un certain nombre de mécanismes novateurs sont en train d'être mis en œuvre pour une meilleure coopération des donateurs sur le terrain. En effet, les efforts coordonnés de la communauté internationale en Afghanistan et au Timor - Leste ont produit des résultats encourageants dans des situations difficiles. En 2003, une mission conjointe de la Banque mondiale, des Nations Unies et des donateurs bilatéraux, a fait une évaluation des besoins du Libéria. Ses constats ont permis de développer un cadre de transition orienté vers l'obtention de résultats, cadre qui reflète la coordination remarquable entre les partenaires au développement du Liberia et le gouvernement de transition pour reconstruire le pays, en tenant compte des résultats prioritaires sur lesquels les différents acteurs se sont préalablement mis d'accord. Des efforts identiques sont en cours au Soudan, aux Comores et en République Centrafricaine et en Haïti, en vue de concilier les différents efforts de restauration de la paix et d'appui au développement économique, social et institutionnel, qui sont des gages importants dans la consolidation de la paix et de la stabilité.

Financement des pays LICUS en transition

Un fonds fiduciaire destiné à la mise en œuvre du LICUS, d'un montant de 25 millions $ EU provenant des revenus nets de la Banque, a été approuvé par son Conseil d'administration. Il permettra d'apporter un modeste appui aux pays LICUS qui ont amorcé leur transition mais sont toujours en arriérés de paiement vis à vis de la Banque et donc ne sont pas admissibles aux financement normaux. Le fonds les aidera à introduire des réformes, améliorer les prestations des services sociaux, et petit à petit se remettre en règle et avoir à nouveau accès aux financements normaux de la Banque mondiale et aux mécanismes d'allègement de la dette. A ce jour des subventions pour un montant total de 8,1 millions de dollars EU ont été approuvées pour les Comores, le Liberia et la République centrafricaine. D'autres subventions en faveur de Haïti, du Soudan et de la Somalie sont d'ores et déjà envisagées. Ces subventions permettront diverses interventions allant d'une réforme de base en matière de gouvernance et la mise en place de programmes d'urgence pour reprendre les prestations des services sociaux au renforcement des capacités en matière de direction nationale et à la création de mécanisme de coordination des bailleurs de fonds.

Importance des réformes institutionnelles

Un aspect également important de l'initiative LICUS est d'assurer que la Banque puisse déployer du personnel et des ressources en nombre suffisant pour rattraper le retard en matière de connaissances et de dialogue des pays LICUS. Le département des ressources humaines de la Banque a mis en place une stratégie de dotation en personnel pour attirer les personnes les plus qualifiées au service de l'initiative LICUS. La Direction générale la Banque ne ménage pas ses efforts pour assurer que l'initiative ait à sa disposition les ressources budgétaires suffisantes pour conduire les analyses que requiert une connaissance beaucoup plus approfondie de ces pays. De son côté, l'Institut de la Banque mondiale consacre ses efforts à améliorer l'efficacité de l'aide dans les pays bénéficiaires de l'initiative LICUS.

Pourquoi ces partenariats sont-ils cruciaux ?

Plusieurs interventions visent à concilier la construction de la paix et le développement dans les pays fragilisés.

  • Au niveau multilatéral, le secrétaire général des Nations Unies a nommé un groupe d'experts pour analyser les menaces, les défis et les changements et suggérer des solutions susceptibles de renforcer le système de sécurité collective.
  • Un projet du comité d'aide au développement (CAD) de l'OCDE (Organisation pour la Coopération et le Développement Economique) vise à faciliter les « partenariats difficiles ».
  • Plusieurs initiatives émanent des agences bilatérales : la Commission sur les Etats fragilisés aux Etats Unis, la Commission françaises sur le financement du développement, les biens publics mondiaux et la réduction de la pauvreté, le Strategy Office Unit on Failed States, une cellule stratégique du gouvernement du Royaume Uni consacrée aux Etats Fragilisés, et le Fonds néerlandais pour la stabilité).

La Banque mondiale s'est jointe au Comité d'Aide au Développement de l'OCDE et à d'autres bailleurs de fonds pour mettre en place un Groupe de Conseil et de Recherche visant à faciliter les échanges d'idées, la recherche et les leçons de l'expérience. Pour aider les bailleurs de fonds bilatéraux, ces premiers essais de recherche stratégique mettent d'abord l'accent sur de nouveaux modèles qui favorisent une cohérence stratégique accrue entre les ministères des Affaires étrangères, de la Défense et les Agences d'aide au développement. La Banque y contribue dans deux domaines :

  • L'affectation de l'aide, où des recherches préliminaires faites par le service de recherches en matière de développement de la Banque, indique que l'aide en faveur du LICUS pourrait être insuffisante et trop peu sure pour appuyer de manière durable les réformes et les politiques de réduction de la pauvreté, même en tenant compte de la faiblesse des institutions des pays concernés.
  • Les modèles de Coordination des bailleurs de fonds où la Banque aide à piloter, en collaboration étroite avec les donateurs bilatéraux et le système des Nations Unies, une approche intégrée à la restauration de la paix et au développement socio-économique.


La Banque a également lancé de nouvelles recherche portant sur les relations entre documents de stratégie de réduction de la pauvreté et l'initiative LICUS, sur les leçons à tirer des pays où il y a eu des revirements, ainsi que des études de cas montrant des exemples de mécanismes effectifs de décaissement de l'aide dans les pays LICUS.

La Banque, le PNUD, le CAD et la CE ont accepté de parrainer de façon conjointe un forum à haut niveau sur l'efficacité de l'aide et les Etats fragilisés en janvier 2005. Ce forum permettra de réconcilier les différents efforts de recherche en cours et de forger un consensus au sein de la communauté internationale portant sur des approches d'une cohérence accrue en matière d'affection de l'aide, des mécanismes de sa mise en œuvre et des instruments de coordination des bailleurs de fonds dans les Etats fragilisés, y compris les liens existants entre les efforts de construction de la paix et la relance économique et sociale.

Dernière mise à jour : Avril 2004-09-29

Contact presse

: Nicole Kekeh (202) 473 – 1782
Email:Nkekeh@worldbank.org



1. Les pays bénéficiaires de l'initiative LICUS pour l'année 2004 sont : le Burundi, Comores, Guinée Bissau, Libéria, Togo et Zimbabwe. Les pays bénéficiaires de l'initiative LICUS pour l'année financière 2004 sont l'Angola, le Centrafrique, Haïti, Papouasie - Nouvelle Guinée, Somalie, Soudan et Tadjikistan

2. Haïti (bref et informel), Tadjikistan (Stratégie d'assistance au pays), Angola (Stratégie d'appui à la transition), Somalie (Note sur une reprise des interventions dans le pays), soudan (Note sur une reprise des interventions dans le pays), Liberia (Note sur une reprise des interventions dans le pays) et Comores (Stratégie d'appui à la transition).

3. Les pays qui utilisent cette approche sont : le Timor Oriental, le Liberia, le Soudan, le CAR et les Comores

 




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